jeudi 21 juillet 2011

Adaptation au changement climatique : un plan national


Alors que près de 200 scientifiques spécialistes du climat sont réunis à Brest, depuis le 18 juillet dernier (relire article du blog du 12/07/2011), pour une réunion de travail préparatoire à la rédaction du prochain rapport du GIEC (*) - le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat - rapport attendu pour 2014-, la ministre de l’écologie a présenté le 20 juillet 2011, le plan français d’adaptation au changement climatique.

Ce plan, qui fera l’objet d’un suivi annuel et d’une évaluation finale fin 2015, afin de préparer la suite, a été dévoilé en présence de Jean Jouzel, vice-président du GIEC.

Rappelons d’emblée que les experts du GIEC, réunis à Brest, estiment en particulier qu’une hausse de +2°C est inéluctable d’ici la fin du siècle, quels que soient les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourront être déployés. Ces changements climatiques auront des conséquences très importantes sur la ressource en eau, la biodiversité, le niveau de la mer…. et affecteront de nombreux secteurs d’activités (agriculture, tourisme, infrastructures, urbanisme, santé…).

Pour la ministre de l’écologie la lutte contre les changements climatiques repose sur deux leviers :
- la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement.
- l’adaptation de la société à ce climat modifié : il s’agit de se préparer dès maintenant pour prévenir les risques humains, environnementaux, matériels, et financiers.


« Ce plan retient plus de 80 actions, déclinées en près de 230 mesures pour la période 2011-2015. Aux 171 millions € directement dédiés aux nouvelles mesures s’ajoutent 391 M€ au titre des Investissements d’Avenir qui participeront de près ou de loin à l’adaptation, notamment dans les domaines de la biodiversité, de la santé, ou de l’agriculture. Par ailleurs, plusieurs mesures déjà financées dans le cadre du plan sécheresse et du plan submersion rapide (500 M€ sur 2011-2016) participent également de son financement. »

Les axes du plan d’adaptation au changement climatique, dont la majorité des actions seront engagées en 2011 et 2012. Elles visent notamment à :

- Adapter la politique d’aménagement du territoire : élévation du niveau de la mer, déformation des rails sous l’effet de la chaleur, dégradation des routes due à des cycles de gel/dégel plus fréquents sont autant de risques à prendre en compte dès maintenant.
Pour s’assurer que les investissements publics (route, barrage…) prévus pour 50 ans ou plus restent toujours efficaces face aux nouveaux aléas climatiques, le plan prévoit de renforcer l’observation des côtes françaises, d’intégrer le risque de submersion dans les plans littoraux ou encore de revoir les normes techniques pour la construction des routes.

Nous rappellerons que s’agissant des effets de la montée du niveau des océans, les impacts du réchauffement climatique en Bretagne sont d’ores et déjà mesurables avec le phénomène bien décelable du «grignotage du littoral». Un rapport de synthèse de 2004 du Conservatoire du littoral en faisait déjà état : «Élévation du niveau moyen de la mer (...), tempêtes plus fortes et plus fréquentes (...), accélération de l'érosion des plages et des falaises (...), submersions temporaires ou permanentes sur les espaces côtiers bas (...), accentuation de la salinisation des eaux souterraines littorales.» 


Ainsi l’on sait que si le niveau marin est en hausse depuis 200 ans, cette hausse n'est pas uniforme. Et a priori, moindre en Bretagne (2 mm par an à Brest contre une moyenne de 3 mm). Mais cette hausse est plus rapide sur les derniers 100 ans. Avec l’augmentation prévisible à l'horizon 2100, du niveau de la mer de 30 à 60 cm, la menace est bien réelle notamment pour l'Ile de Sein.

Pour aller plus loin relire les articles du blog concernant la submersion marine :
- 2/03/2011 : Bretagne, 52 communes devront se doter d'un plan de prévention des risques de submersion marine
- 5/05/2010 : L'Etat revoit les mesures de protection du littoral dans le Finistère
- 4/12/2009 : La Bretagne face à la montée des eaux

Les autres piliers du plan :
- Economiser et optimiser l’utilisation de l’eau : 2 milliards de m3 par an est le déficit estimé à l’horizon 2050 pour satisfaire les besoins en considérant une stabilité de la demande. Le plan prévoit donc un ensemble de mesures pour économiser 20% d’eau prélevée en 2020, à travers l’action des Agences de l’eau, des programmes de détection et réduction des fuites dans le réseau et d’aide à la récupération des eaux de pluie ou des eaux usées.

- Développer les savoirs sur les maladies émergentes et renforcer les dispositifs de surveillance : le réchauffement du climat devrait accélérer dans les prochaines années l’apparition ou l’amplification de certaines pathologies (dont les allergies) ou vecteurs de maladies. Des études seront lancées en 2011 pour renforcer la surveillance des pollens mais aussi des insectes vecteurs et des microorganismes qui pourraient profiter du réchauffement climatique. Un groupe de veille santé-climat sera également créé au sein du Haut conseil de la santé publique (HSCP) chargé d’évaluer les données, d’alerter et de faire des recommandations aux pouvoirs publics.

- Diversifier les espèces et prévenir les incendies de forêts : l’assèchement du sol et la hausse des températures conduiront à terme à la disparition de certains végétaux, à la multiplication des feux de forêts et à leur extension vers de nouvelles zones jusqu’ici épargnées. Le plan prévoit donc d’adapter de nouvelles générations d’arbres à travers la diversification des ressources génétiques, d’identifier des espèces résistantes et d’aider financièrement les exploitants forestiers à engager cette mutation.

Pour mémoire :

Cette question du changement climatique, des impacts sur les océans et des énergies de la mer comme une réponse à la limitation des gaz à effet de serre a été l’axe central des entretiens Science et Ethique 2009 .




L’impact de ce réchauffement va bien au delà de la montée du niveau des mers. Comme le rappelait le Professeur Michel Ricard, président des entretiens, dans le cadre de l’émission Thalassa « Après nous le déluge » du 13 novembre 2009 : 

« Les ressources océaniques qui font l'objet d'une exploitation par l'Homme
sont nombreuses, qu'elles soient biologiques ou minérales. Quelles que soient ces ressources, elles sont menacées par la surexploitation : les gisements minéraux connus seront épuisés dans les prochaines décennies. Quant aux ressources biologiques, de graves menaces pèsent sur elles en raison de la méconnaissance réelle ou voulue du fonctionnement des écosystèmes marins (…)

 Outre ces menaces nombreuses et graves qui résultent de la surexploitation, il faut considérer les conséquences de l'augmentation des gaz à effet de serre qui provoquent à la fois un réchauffement des eaux océaniques et une augmentation de l'acidité de ces eaux.

Le réchauffement des eaux va avoir deux conséquences : d'une part, une baisse de la production végétale et animale des eaux de surface et, d'autre part, une migration des espèces vers des eaux plus froides et l'apparition de nouvelles espèces, ainsi qu'une perturbation des périodes de production. Ces deux phénomènes se conjugueront pour causer un appauvrissement marqué des ressources océaniques avec une aggravation du contexte socio-économique. L'augmentation de l'acidité des eaux, causée par une augmentation de la quantité de CO2 atmosphérique capté par les océans, provoque des perturbations de la fixation du calcaire dissous dans les océans par les organismes comme le plancton, les mollusques (huîtres, moules,…), les algues calcaires (présentes dans les eaux tempérées) et les coraux.

Ce phénomène entraînera également un appauvrissement des ressources océaniques exploitées par l'Homme et, au delà, aura des conséquences sur l'environnement dont la portée ne peut pas encore être évaluée ».


Relire également l'article du blog du 7/12/2019 : "Pouvoirs et démocratie en Bretagne à l'épreuve du changement climatique à l'horizon 2030", sur le rapport du CESER Bretagne.





Prenez date :
les 17 et 18 novembre 2011, participez aux entretiens « Science et Ethique » à Brest - Océanopolis
sur le thème : Quelle économie et quelle croissance ? la bleue ? « plans climat-énergie territoriaux, énergies de la mer, métiers ».


(*) Le GIEC est l’organe international de référence sur le changement climatique. Son rapport est le document qui, tous les six ou sept ans depuis 1988, fait le point sur les connaissances et les impacts avérés ou envisageables de l’élévation de la température globale. Le quatrième et dernier rapport date de 2007. Le rapport du groupe scientifique est attendu pour 2013, soit un an avant la publication du rapport de synthèse final.. La rédaction de ce rapport doit durer plus de deux ans. Brest accueillant la deuxième réunion de rédaction, après une première en Chine à l’automne dernier et une prochaine programmée au printemps 2012 au Maroc.

"Le rapport du groupe scientifique est publié un peu en avance de façon à ce que les scientifiques qui étudient les impacts du changement climatique et les aspects socio-économiques puissent s’appuyer sur ce qui est dans ce rapport", a indiqué Jean Jouzel membre du bureau du Giec. Pour le cinquième rapport dans son ensemble, 831 auteurs ont été retenus du monde entier, dont "60% de nouveaux auteurs", a souligné Rajendra Pachauri, président du Giec avec notamment "plus d’auteurs des pays en développement et plus de l’ex-Union soviétique".


Article RH 3B Conseils
Sources : GIEC / Ministère de l'Ecologie
Foto : Christine Naud

mercredi 20 juillet 2011

La Bretagne hostile au projet de PCP

Nos évoquions le 4 juillet dernier (relire l’article du blog du 4/07/2011) le projet de réforme pour la politique commune des pêches, présenté par la Commissaire européenne Maria Damanaki, le 13 juillet 2011, et les remous que ce projet suscitait dans la filière pêche avant même sa publication officielle.

En Bretagne dont la pêche est un des secteurs économiques traditionnels , le projet fait des vagues… Ainsi la Région conteste-t-elle les orientations et les mesures préconisées par la Commission européenne.

Pour le Président du Conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, ce « paquet PCP » qui déterminera les activités de la pêche pour les 10 années à venir n'est pas acceptable en l’état : « Pour la première fois, la Commission européenne ne considère plus la pêche comme un enjeu économique et social et s'apprête à assumer des pertes d'emplois et des baisses d'activités conséquentes ».
La Région considère que l’Europe, a renoncé à ouvrir le chantier de la pêche durable, se limitant à la gestion des ressources.

Trois points font l’objet de vives critiques du Président Le Drian :

- Sur la question des QIT
Le Conseil régional considère que «la Commission souhaite rendre obligatoire un système de QIT rebaptisés pour l'occasion "concessions de pêche transférables". « Ce système de droits transférables constituent une privatisation de la ressource halieutique qui va à l'encontre d'une gestion équilibrée, responsable et partagée de ce patrimoine commun. Alors que la Commissaire reconnaissait il y a quelques jours que "les stocks sont une ressource commune", en les privatisant elle se décharge de toute responsabilité. L'instauration de QIT ouvre la porte à la concentration et à la spéculation prenant le risque d'une financiarisation déconnectée de l'activité économique de la pêche. »

- Sur "Le débarquement des captures" (ou l'interdiction des rejets)

Si la Région Bretagne partage l’importance d’une réduction progressive des rejets notamment grâce à l'utilisation d'engins de sélectivité, le débarquement de toutes les captures lui apparaît contradictoire avec les objectifs environnementaux affichés. En effet, derrière le "zéro rejet" se dissimule le développement des industries minotières et la transformation des ressources en farines animales. De plus, le Président Le Drian souligne "l'infaisabilité et les risques d'insécurité à bord induits par une telle mesure sans renouvellement et modernisation des navires."

- Sur "La régionalisation accrue"
La Commission entend "régionaliser" les mesures de préservation de la ressource au niveau des bassins maritimes. « Cette proposition qui aurait pu permettre une meilleure prise en compte des réalités territoriales cache en réalité un retour à une gestion nationale de la PCP. Ce sont en effet les Etats qui prendront les décisions, notamment en matière de droits de pêche transférables. Les Régions n’auront pas leur mot à dire et resteront exclues des conseils consultatifs (CCR) par bassin maritime. »

La Bretagne compte faire entendre sa voix et avance ses propositions :

La taille des navires seule ne suffit pas à définir une pêche durable. La Région Bretagne croit en une pêche diversifiée en équilibre sur trois piliers : l'économie, l'environnement et le social.

« Pour gérer la ressource de manière réellement durable, il est indispensable de définir sans a priori des critères pertinents de durabilité. Quelques exemples : l’énergie consommée ou le nombre d’emploi créés par kilo de poisson débarqué, ou encore la sélectivité des engins de pêche. Nous proposons donc un référentiel de pêche durable. »
« Toutes les dimensions du développement durable méritent d'être intégrées, car la pêche ce sont avant tout des hommes et des territoires sur lesquels la Commission reste muette ».

Le Président Le Drian regrette "que la modernisation et le renouvellement de la flotte soient totalement absents du texte, de même que l'innovation est limitée à la question des contrôles. Ce sont pourtant des leviers essentiels pour améliorer à la fois les économies d'énergie, la sélectivité, la compétitivité, le confort à bord et plus largement la sécurité des hommes. »

Pour préserver la ressource, il faut d’abord la connaître, ce qui n’est pas suffisamment le cas aujourd’hui. Or la Commission renvoie la responsabilité de la qualité de l’expertise scientifique aux Etats, ce qui est déjà le cas aujourd’hui. Il faudrait pourtant dégager des moyens supplémentaires et coordonner les efforts au niveau européen, en s’appuyant entre autre sur l’expertise des pêcheurs eux-mêmes. "Les stocks halieutiques n’ont que faire des frontières des Etats" rappelle le Président Le Drian.

Pour la Région les impacts socio-économiques sur les territoires de la nouvelle PCP sont insuffisamment pris en compte. Mais d'ores et déjà les études d'impacts jointes au paquet PCP font état de 10 à 20 % de suppressions d'emplois directs embarqués, ce qui impliquera la perte de dizaines de milliers d'emplois dans l'ensemble de la filière.

Pour la Région Bretagne, il s'agit aujourd'hui du début d'une bataille qui sera longue, notamment au niveau du Parlement européen, conséquence directe de la codécision introduite par le traité de Lisbonne.
Pour faire valoir ses propositions d’alternatives au projet de règlement PCP, la Région Bretagne s'est alliée avec les autres Régions françaises dans le cadre de l’Association des Régions de France et collabore avec les Régions européennes dans le cadre de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) - dont Jean-Yves Le Drian assure la présidence). « Il est indispensable que les Régions se fassent entendre auprès des instances européennes pour une préservation des enjeux socio-économiques de leurs territoires et que le gouvernement français prenne la mesure de la gravité de la situation. »

Pour aller plus loin :

- Relire également quelques-uns des articles parus dans le blog : le 10/11/2009, le 29/04/2010, le 03/05/2010

- Consultez les statistiques de la PCP

- Vous pouvez retrouver les débats des entretiens Science et Ethique 2004 qui abordaient ces problématiques au travers du thème « Les pêches et les avancées scientifiques ».







Les questions liées à la pêche (gestion de la filière, ressources halieutiques, gestion durable des espèces, biodiversité du littoral, PCP, conflits d'usages, avancées scientifiques et techniques) sont autant de sujets traités années après années lors des entretiens Science et Ethique.

Vous pouvez vous référer aux archives des entretiens et retrouver l'ensemble des interventions des acteurs de la filière de la pêche et les débats en vidéos.



Vous trouverez notamment les interventions des représentants du comité régional des pêches maritimes :

André Le Berre (président),
 Gérald Hussenot (secrétaire général),
 Violaine Merrien (chargée de mission).

Article RH 3B Conseils
Sources : Région Bretagne

mardi 19 juillet 2011

Brest : port des énergies marines renouvelables

photo DCNS


Brest (France-UE) 19/07/2011 - 3B Conseils. Le 18 juillet, Jean-Yves Le Drian s’est rendu sur le site de DCNS-Brest pour rencontrer l'équipe qui assemble la première hydrolienne OpenHydro du projet de parc hydrolien EDF au large de Paimpol-Bréhat.

L’occasion pour le président du Conseil régional de réaffirmer l’ambition de la Bretagne de devenir une région française leader dans le domaine des énergies marines renouvelables et pour le positionnement du port de Brest comme port des énergies marines en Bretagne. D'après le Télégramme, Jean-Yves Le Drian devrait rencontrer le 28 juillet prochain, René Ricol, Commissaire général à l'investissement.

En effet, dès 2007 le CESR Bretagne avait fait une auto saisine sur les énergies de la mer (voir Guy Jourden aux entretiens Science et Ethique à Brest) et avait publié en 2009, une étude qui fait référence. Le Conseil régional de Bretagne avait également largement participé en 2008 à l'initiative IPANEMA.
« Nous souhaitons que la Bretagne devienne la référence de l'énergie marine, insiste le président du Conseil régional.
Brest possède tous les atouts présentés par Fabrice Huret en 2008 (qui présenté François Cuillandre maire de Brest) et Thierry Faret en 2010 aux entretiens.

Brest métropole océane (BMO) est particulièrement impliquée dans le domaine des énergies marines. Rappelons notamment son action au travers du SMBI - dont les quatre partenaires du Syndicat Mixte Brest Iroise sont le Conseil régional de Bretagne, le Conseil général du Finistère, la Chambre de commerce et d’industrie de Brest et Brest métropole océane - qui mène déjà une politique active pour faire de Brest le port breton des énergies marines.

Le projet d'excellence IEED - France Energies Marines

Nous avons évoqué dans le blog des énergies de la mer (Ici) le 2 juin dernier, le projet du consortium France Energies Marines porté par Ifremer dans le cadre de l’appel à projets du Gouvernement au titre des investissements d’avenir pour la constitution d’un Institut d’Excellence des Energies Décarbonées (IEED) (lire également l'article du 29/10/2010). L’Etat doit se prononcer définitivement début septembre et un accord a été conclu pour qu'EDF prenne la présidence du premier conseil d'administration.

Rappelons que le projet de centre de recherche et d'essais France énergies marines, coordonné par Yann-Hervé De Roeck - IFREMER (voir son intervention lors des entretiens Science et Ethique 2010) porte sur un montant de 140 millions d'euros.

« La Région Bretagne, EDF et DCNS sont engagés dans la mise en place d’une filière industrielle française sur les énergies marines, centrée sur Brest, par le biais, en particulier, de leur soutien sans réserve à l’IEED France Energies Marines.

 Dans le cadre du Pacte électrique breton conclu en début d’année, l’assemblage et la prochaine mise à l’eau de l’hydrolienne-test témoignent de la volonté de la Bretagne de miser sur le développement des énergies renouvelables afin de réduire sa dépendance énergétique ».

Pour aller plus loin dans ce domaine, suivez également l'actualité mondiale des énergies de la mer sur le blog des énergies de la mer et le nouveau portail des énergies de la mer en français et en anglais www.mer-veille.com.


Prenez date : les 17 et 18 novembre 2011 pour participer aux entretiens « Science et Ethique » à Brest - Océanopolis sur le thème : Quelle économie et quelle croissance ? la bleue ?
« plans climat-énergie territoriaux, énergies de la mer, métiers »


Article Régis Hébert /BB 3B Conseils
Sources : Région Bretagne / Télégramme /Ouest-France
Photos : DCNS / BMO

lundi 18 juillet 2011

Sciences Marines : l'UBO chef de file des universités françaises au Marine Board











La recherche universitaire française fait son entrée au MARINE BOARD. L’Université de Bretagne Occidentale (UBO) a rassemblé autour d’elle 8 universités expertes en sciences de la mer dont elle sera le chef de file, et ainsi représentera la France aux côtés de l’IFREMER et le CNRS au MARINE BOARD. Un nouveau pas dans la reconnaissance de son expertise qu’elle développe dans les sciences marines.



Le MARINE BOARD est une organisation indépendante non gouvernementale et paneuropéenne, qui vise à façonner l'avenir de la recherche marine en Europe via la création d’un espace européen en recherche marine (European Marine Research Area).

Son rôle est essentiel dans le développement de la coopération entre les différents organismes nationaux impliqués dans la recherche scientifique marine (instituts de recherche nationaux, ministères, universités, agences de financement de la recherche).



Photo : Delegates at the Marine Board / Plenary Meeting 

( 2011 - Tallinn, Estonia) en présence d'Yves-Marie Paulet IUEM-UBO

Ses objectifs sont la définition d’une stratégie Européenne globale et l'élaboration de positions communes sur les priorités de recherche dans ce domaine.



Le MARINE BOARD compte une trentaine de membres (*), dont un consortium regroupant 9 universités françaises et les stations marines qui leur sont associées (Université de la Méditerranée, Université Pierre et Marie Curie, Bordeaux 1, Université des Sciences et Technologies de Lille, Université du Littoral Côte d’Opale, Université de Caen-Basse Normandie, Université de Nantes et de La Rochelle, Université de Bretagne Occidentale).


L’UBO est élue coordinatrice de ce consortium pour une période de deux ans et représentera ces universités françaises au sein du MARINE BOARD, aux côtés des deux autres membres qui représentent la France, l’IFREMER et du CNRS.




Le MARINE BOARD, dans sa mission, répond à 4 grands principes :

- Forum : partager les connaissances, identifier des priorités et développer des positions et perspectives communes et collaborer.

- Synergie : apporter une valeur ajoutée « européenne » aux programmes de recherche nationaux en facilitant l’accès partagé aux installations nationales de recherche marine, promouvoir la synergie entre les programmes et organisations internationales.

- Stratégie : identifier les questions scientifiques, même inter-disciplinaires, d’importance stratégique pour la recherche marine Européenne, initier des études et analyses et fournir des recommandations pour les gestionnaires de programmes nationaux et européens, les bailleurs de fonds, les décideurs politiques autant que la communauté scientifique.

- Voix : exprimer une vision collective des priorités dans le domaine de la recherche marine afin d’établir une stratégie Européenne permettant d’apporter des réponses aux défis scientifiques et sociétaux.



Pour mémoire :


Rappelons l'intervention aux entretiens Science et Ethique en 2003 " Les mers, un océan de richesse ?" de John Marks pour ESF Marine Science Board (revoir son intervention).



Cette intervention s'intégrait dans le cadre de la table-ronde 3 : "Le triangle des (in)certitudes : Recherche/Industrie/Éthique".

Le thème de l'intervention de John Marks portait sur : 
L’organisation de la recherche européenne pour la connaissance des océans, financement et transfert des connaissances. Les collaborations européennes. Rôles de la recherche et des scientifiques.






(*) Les membres du Marine Board :

- BELGIUM : Belgian Science Policy Office (BELSPO), Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS), Fonds voor Wetenschappelijk Onderzoek - Vlaanderen (FWO)

- CROATIA : Institute of Oceanography and Fisheries (IZOR)
- CYPRUS : Cyprus Oceanography Center

- ESTONIA : Estonian Academy of Sciences

- FINLAND : Suomen Akatemia / Finlands Akademi Suomen ympäristökeskus (SYKE) Finnish Environment Institute

- FRANCE : Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Institut Francais de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER), Marine Universities of France

- GERMANY : Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG), German Research Foundation Hermann-von-Helmholtz-Gemeinschaft deutscher Forschungszentren (HGF), Association of National Research Centres Leibniz-Institut für Meereswissenschaften an der Universität Kiel (IFM-GEOMAR), Leibniz Institute of Marine Sciences

- GREECE : Hellenic Centre for Marine Research (HCMR)

- IRELAND : Marine Institute

- ITALY : Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR), National Research Council Istituto Nazionale di Oceanografia e di Geofisica Sperimentale (OGS), National Institute of Oceanography and Experimental Geophysics

- THE NETHERLANDS : Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek (NWO), Netherlands Organisation for Scientific Research, Royal Netherlands Institute for Sea Research (NIOZ)

- NORWAY : Havforskningsinstituttet Institute of Marine Research, Norges Forskningsradet The Research Council of Norway, Universitetet i Bergen (UiB), Marine Strategic Board I University of Bergen

- POLAND : Institute of Oceanology of the Polish Academy of Sciences (IO-PAN) Polish Academy of Sciences

- PORTUGAL : Centro de Investigação Marinha e Ambiental (CIMAR), Centre of Marine and Environmental Research, Fundação para a Ciência e a Tecnologia (FCT), Science and Technology Foundation

- ROMANIA : Institutul National de Cercetare - Dezvoltare Marina "Grigore Antipa" (INCDM), National Institute for Marine Research and Development "Grigore Antipa"

- SPAIN : Consejo Superior de Investigaciones Cientificas (CSIC), Council for Scientific Research, Instituto Espanol de Oceanografia (IEO), Spanish Institute of Oceanography

- SWEDEN : Havsmiljöinstitutet Swedish Institute for the Marine Environment

- TURKEY : Türkiye Bilimsel ve Teknik Arastirma Kurumu (TUBITAK), Scientific and Technological Research Council of Turkey

- UNITED KINGDOM : Natural Environment Research Council (NERC), National Oceanography Centre (NOC)


Les observateurs européens : 
European Commission DG Research & Innovation
European Commission DG Maritime Affairs and Fisheries



Article RH 3B Conseils

Sources : UBO / ESF Marine Board

vendredi 15 juillet 2011


Fonte des glaces polaires et réchauffement océanique


New York (Etats-Unis ) 15/07/2011 - 3B Conseils - BB. Le dernier bulletin de la mission pour la Science et la Technologie de l'Ambassade de France aux Etats-Unis signale les conclusions d'une étude de l'Université d'Arizona, publiée dans Nature Geosciences le 3 Juillet [1].

Le changement climatique ne se traduirait pas uniquement par un réchauffement de l'atmosphère, mais aussi par une augmentation de la température moyenne des océans. Ce phénomène contribuerait à faire fondre les calottes polaires à un rythme plus rapide que celui précédemment estimé.

Cette étude, basée sur un ensemble de 19 modèles climatiques, évalue l'impact du réchauffement des couches océaniques superficielles sur les calottes glacières d'ici la fin du siècle, alors que la recherche dans ce domaine se concentre habituellement sur l'impact de l'augmentation de température atmosphérique.
"D'après ce que je sais, cette étude est la première à quantifier et à comparer [...] le réchauffement de l'océan à proximité des calottes du Groenland et de l'Antarctique en utilisant un ensemble de modèles" déclare Jianjun Yin, auteur principal de l'étude et professeur assistant en sciences de la terre à l'Université d'Arizona.



Suivant un scénario moyen d'émission de GES, les chercheurs ont évalué que la température de la couche océanique comprise entre 200 et 500 m devrait augmenter de 1°C en moyenne d'ici 2100. Certes, cette augmentation ne serait cependant pas égale : limitée au niveau de l'Antarctique (0,5°C), celle-ci serait nettement plus importante le long des côtes du Groënland (jusqu'à 2°C). Mais l'augmentation de température de l'océan devrait, en tout état de cause, contribuer fortement à la fonte des calottes glacières.

" [L'impact] du réchauffement océanique est très important par rapport [a celui du] réchauffement atmosphérique puisque l'eau a une capacité thermique bien plus importante que l'air", affirme Yin. Ainsi, la partie immergée des calottes polaires et des glaciers aura tendance à fondre plus rapidement que la partie émergée.

Cette fonte plus rapide entraînera une érosion de la base des formations de glace, menaçant la stabilité de l'ensemble et pouvant aller jusqu'à faire basculer des pans entiers de glace dans l'océan, créant des icebergs et accélérant encore la fonte des glaces. Cette fonte accélérée pourrait entraîner une hausse du niveau des mers d'une ampleur plus importante que prévue. "Cela signifie qu'à la fois le Groenland et l'Antarctique vont probablement fondre plus rapidement que ce que la communauté scientifique avait envisagée" déclare Jonathan T. Overpeck, co-auteur et co-directeur de l'Institut de l'Environnement de l'Université de l'Arizona.

"Cette étude renforce l'hypothèse de voir une augmentation du niveau de la mer de près d'un mètre d'ici la fin du siècle et de bien plus dans les siècles à venir."

 Cette étude fait écho à plusieurs recherches récentes qui font état de nouveaux mécanismes soupçonnés de jouer un rôle important dans la fonte des calottes polaires. Par exemple, une étude parue dans la revue Climate Dynamics [2] montre que la baisse des chutes de neige en été dans la région de l'Arctique - moins 40% en 20 ans - a pour conséquence une diminution de l'albédo moyen de la glace polaire, donc une augmentation de l'énergie solaire absorbée et une fonte accélérée.

Sources :
- "Warming Ocean Layers Will Undermine Polar Ice Sheets, Climate Models Show" - ScienceDaily - 04/07/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/dEWnF
- "Study: Warming oceans destroy ice sheets" - Arizona Daily WildCat - TALED Amer - 13/07/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/E5ib7
- "University of Arizona-led research sounds alarm on rising sea levels" - The Arizona Republic - RYMAN Anne - 09/07/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Bt6Xv

Le rédacteur est Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org