Affichage des articles dont le libellé est Côtes d'Armor. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Côtes d'Armor. Afficher tous les articles

mardi 5 octobre 2010

Les scolaires costarmoricains à la découverte des énergies de la mer, du changement climatique et des nouveaux enjeux

Depuis quatre ans les centres de culture scientifique de Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou et Trégastel, avec 3B Conseils organisent les « Journées Science et Ethique découverte» sur les énergies renouvelables de la mer.

Ces journées proposées par l’Association pour la Promotion de l’Ethique des Sciences et des Technologies pour un Développement Durable (APESTDD) présidée par le Professeur Michel Glémarec rencontrent chaque année un véritable succès auprès des jeunes avides de culture scientifique.

L’édition 2010 des Journées Science et Ethique « découverte » se déroule depuis hier et jusque ce soir avec 230 participants Les jeunes partent à la découverte de leur territoire avec leurs enseignants. Chaque classe (du CE1 à la 5ème) participe à plusieurs animations (3 au maximum) tout au long de la journée et chaque élève se voit remettre un document pédagogique ( le carnet de bord) élaboré par l'APESTDD et 3B Conseils.

Les scolaires riverains du littoral costarmoricain qui ont été les premiers à découvrir l’énergie et les métiers de la mer de demain sont accueillis comme tous les ans, par des animatrices et animateurs spécialisés, des professionnels de la mer, des élus… qui présentent et commentent les plans climat, l’intégration des énergies renouvelables de la mer dans un mix énergétique. L’arc Manche Atlantique offre des zones littorales favorables pour l’implantation des hydroliennes et éoliennes posées ou flottantes.

Pour comprendre les enjeux et utiliser les ressources naturelles de la mer et du littoral, il faut connaître son environnement.
La charte des espaces côtiers de Bretagne est exemplaire. La gestion intégrée des zones côtières (GIZC) doit tenir compte de la multiplicité des métiers de la mer civils et militaires. Les impacts sur le milieu marin et sur la vie économique et sociale du territoire concernent directement les futures générations.

C’est ainsi que les classes partagent avec les animateurs, les informations sur le changement climatique, ses impacts sur les territoires, les techniques d’exploitation pour récupérer les énergies de la mer : éolienne, hydrolienne, marémotricité… à partir des ressources naturelles : vent, marée, houle, courant…, la surveillance par satellites des océans..
Une présentation particulière est proposée cette année sur le métier de câblier, les navires et son évolution depuis 150 ans.

Le circuit découverte propose :
- Une conférence sur l’origine des marées et les ressources énergétiques marines au Planétarium de Bretagne (Philippe Adrian, Brigitte Cabioch) ;
- La découverte des moulins à marée de Ploumanac’h (Perros-Guirec) et de Trégastel (Marie Le Scanve de la Maison du Littoral) ;
- Une animation sur les satellites de surveillance des océans et une présentation des navires câbliers avec la Cité des télécoms (Sylvie Guignard, Christophe Lebris, Violaine Paturel) ;
- Une dégustation de produits culinaires à base d’algues est proposée par le Lycée hôtelier Saint Joseph de Lannion (Philippe Couloigner).


Article RH 3B Conseils
Sources APESTDD / 3B Conseils

lundi 28 juin 2010

Le prix «Christian Le Provost, océanographe» : derniers pour y concourir ...


Le prix «Christian Le Provost, océanographe» est destiné à promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions, qu’il s’agisse d’applications au climat, aux écosystèmes marins, à l’exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers, qu’il s’agisse enfin d’études de processus, expérimentales ou de modélisation.

Il vise à récompenser un jeune chercheur qui aura contribué significativement par ses travaux au développement de la connaissance ou des applications. L’océanographie est une science jeune par rapport aux autres «géosciences».


Par ce prix, le Conseil Général des Côtes d’Armor et les institutions de recherche partenaires entendent stimuler la communauté des océanographes. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 juin 2010.

La décision d’attribution du prix interviendra en septembre 2010 et le prix sera remis lors de la journée du 22 octobre à Saint-Brieuc , sous l’égide des grands organismes de recherche et du Conseil Général des Côtes d’Armor.

Renseignements et inscription sur le site de l’association » Christain Le Provost, océanographe » .

Pour mémoire le prix 2009 (doté de 7 000 €), décerné par un jury international de scientifiques, avait été remis le 23 octobre 2009 à Fabrice Ardhuin, ingénieur au Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) à Brest.



Fabrice Ardhuin (34 ans) explore, parmi les thématiques délaissées par la recherche océanographique en France, les sujets susceptibles de faire avancer l'océanographie opérationnelle. Ces développements ouvrent une nouvelle ère d'applications pour la prévision des vagues, de la télédétection à la modélisation des courants à la surface de l'océan. Il est l'auteur de 35 publications dans son domaine de recherches.



Relire l'article du blog du 29 octobre 2010 et le discours de M. Claudy Lebreton, président du Conseil général.



Par ailleurs rappelons que le Prix « Christian Le Provost, océanographe » a été à l’honneur lors du 50è anniversaire de la CIO de l’UNESCO.
Un des objectifs affichés de cet anniversaire est « d’améliorer le niveau de sensibilisation du public à l'importance de la collaboration et la participation aux sciences de la mer, à tous les niveaux de la société (par exemple, la société civile, les médias, les gouvernements, les organisations internationales) ».
Dans cette logique, la France, en tant qu’état membre contributeur, a choisi de mettre à l’honneur pour cette occasion la création du prix « Christian Le Provost, océanographe ».

Sources : Association Christine Le Provost / RH - 3B Conseils

mercredi 2 juin 2010

Un comité scientifique sur les algues en Bretagne.



Le dispositif d’action contre les marées vertes se densifie en Bretagne. Il y avait le comité de pilotage installé le 10 mars 2010 puis le comité régional de suivi, en place depuis le 12 avril dernier. Ces deux structures ayant pour objets d’une part de réunir les financeurs et a d'assurer la mise en application des propositions validées.

Un troisième organisme vient désormais compléter cette architecture, avec son installation par le Préfet de région, M. Michel Cadot. Ce comité scientifique a pour rôle d'émettre des avis d'experts sur les mesures du volet préventif de l'action et d'en évaluer l'efficacité.

Présidé par un juriste de l'université de Nantes, le professeur Jean-Claude Helin, il est composé de 21 scientifiques (agronomie, sciences du sol, hydrologie, zootechnie mais aussi sociologie, géographie et économie) qui devront éclairer les choix du comité de pilotage (les financeurs institutionnels) et du comité de suivi (l'organe de concertation).

Pour le préfet de région «les quantités d'ulves ont progressé jusqu'en 2000, puis se sont stabilisées entre 10.000 et 20.000 tonnes pour le Finistère, et 25.000 à 45.000 tonnes dans les Côtes-d'Armor».
À ce problème, correspondait une «pratique ancienne de ramassage à la charge des communes et des conseils généraux.

En 2009, pour la première fois l'État est intervenu avec une prise en charge de près de la moitié du coût du ramassage et au travers d’un plan de 134 millions sur cinq ans.

Ce plan concerne huit baies, à l'aval de vingt-trois bassins versants.
Trois de ces baies sont situées dans les Côtes-d'Armor :
- la baie de la Fresnaye,
- la baie de Saint-Brieuc
- la baie de Saint-Michel-en-Grève.

Les cinq autres se situent dans le Finistère :
- l'anse de Locquirec,
- l'anse de l'Horn-Guilec,
- l'anse de Guissény,
- la baie de Douarnenez,
- la baie de Concarneau.

Le préfet indique pour une augmentation des crédits d’intervention d’une année sur l’autre : «la participation de l'État a été fixée à 400.000€ sur un total de 900.000€», rappelle le préfet pour qui en 2010 « la volonté d'augmenter les tonnages ramassés portera la contribution de l'État à 700.000€». S’agissant du transport, la participation de l'État passerait de 500.000€ en 2009 à 1,2 million d’euros cette année.

Enfin l’Etat a décidé de financer à 80% la réalisation de deux unités de traitement dans le secteur de Saint-Brieuc ce qui représente 12,8 millions d'euros d'investissement. En revanche, le fonctionnement restera à la charge des collectivités. «Mais il existe des pistes de valorisation pour réduire les coûts».

Ainsi dès l’ été 2010 ces deux unités de traitement devrait permettre de pour sécher 25 000 tonnes d'algues pour la première, la seconde permettant d'en composter 10 000 tonnes.

Relire également les articles du blog du 28 avril 2010 et 26 mai 2010.


Sources : préfecture de Région / Le télégramme / RH – 3B Conseils

mercredi 26 mai 2010

La lutte contre les algues vertes en Bretagne… suite


Dans l’article du blog du 28 avril 2010, nous évoquions l’ouverture de la campagne de ramassage des algues vertes en Côtes d’Armor et les demandes pressantes des élus locaux (Plestin-les-Grèves, Trédrez-Locquémeau, Tréduder et Saint-Michel-en-Grève) de voir l’Etat s’engager résolument sur le plan financier….
l’Etat ayant reconnu sa responsabilité, ils souhaitaient qu’il assume dès lors la charge intégrale des sommes qui vont être mobilisées pour cette campagne.

En effet, l’enveloppe dévolue aux opérations de ramassage des algues vertes par l’Etat n’est que de 700 000 € pour toute la Bretagne or, le seul coût du ramassage et du transport dans la Baie de Lannion est en effet estimé à 323 000 €.
Or, au terme des conclusions du rapport de la commission interministérielle il est prévu que l’Etat n’en finance que la moitié. Cette répartition déjà jugée insuffisante aux yeux des acteurs locaux, ne pourra sans doute pas être tenue selon eux.

Mais pour l’État c’est non ! celui-ci refuse de revoir à la hausse sa participation au financement du ramassage des algues vertes sur le littoral. A ce jour 3700 tonnes ont déjà été recueillies contre 1700 tonnes sur la même période il y a un an (en mai 2009).
Les maires des quatre communes concernées qui voient ainsi leur recours gracieux rejeté, envisagent désormais la saisine du tribunal administratif pour obtenir gain de cause.

Pour les Côtes d’Armor cette gestion risque de se révéler d’autant plus problématique en termes financiers notamment que les Baies de Lancieux et de La Fresnaye font actuellement l’objet d’une observation particulière quant à la prolifération des algues vertes.

Le ramassage des algues en mer

Il convient de rappeler que les algues vertes se développent surtout entre mai et octobre, lorsque les eaux du littoral se réchauffent. Elles s'échouent sur les plages, et en se décomposant, elles peuvent émettre des gaz toxiques. Les tissus contenant du soufre dégagent ainsi de l’hydrogène sulfuré, gaz très dangereux pour la santé.
Le phénomène des "marées vertes", apparu il y a une trentaine d'années, est favorisé par les rejets de nitrates dans l'eau, dus à l'agriculture et à l'élevage intensifs, mais aussi à certaines activités urbaines et industrielles.

De fait, une réduction importante des engrais et effluents azotés épandus sur les sols permettrait de réduire les marées vertes. Une diminution des apports a été amorcée depuis 2000 mais les effets sur la prolifération des algues vertes ne sont pas encore sensibles car le temps de réaction des bassins versants peut aller de 2 à 10 ans suivant leur typologie. Les résultats des politiques engagées ne sont donc pas spectaculaires pour l’instant.

A l’issu de son déplacement en Côtes d’Armor durant l’été 2009 le Premier ministre avait donc annoncé l’expérimentation du ramassage des algues en mer, en espérant que cette mesure permettra d'éviter de telles proliférations.

Le chalutage des algues vertes en rade de Brest.

Le plan de l'État en Bretagne (article du blog du 4 février 2010)qui se décline autour de trois axes (la gestion les algues échouées, la réduction des flux de nitrate vers les côtes et l’amélioration des connaissances du phénomène) prévoit de tester le ramassage des algues vertes en mer, notamment dans l'anse du Moulin-Blanc où BMO ramasse entre 200 à 300 tonnes par an sur la plage. Selon les années, de 300 tonnes en hiver à 3.000 tonnes en été sont présentes dans les eaux du Moulin-Blanc.

Brest Métropole Océane vient de tester au cours du mois d’avril cette mesure de récupération en mer. Pour son vice-président chargé de la rade et du littoral Thierry Fayret, BMO en avait déjà l’idée depuis plusieurs années mais, «il fallait trouver les partenaires et les subventions», ce qui a pu être réalisé en lien avec l’Ifremer, le Ceva (Centre d'étude et de valorisation des algues) et le comité local des pêches.

Thierry Fayret insiste également sur la volonté du Sage de l'Elorn (Schéma d'aménagement et de gestion de l'eau) dont il assure également la vice-présidence de parvenir d’ici à 2021, à 22mg d'azote par litre contre 34 à 35. Cependant le seuil de disparition pour les algues vertes s’établit à 10mg. Il faut donc pour lui agir sur les deux tableaux de façon concomitante et continuer de « considérer la baisse des nitrates et des phosphates comme le plus important».

Pour le ramassage en rade de Brest, l’option choisie a été de chaluter les algues au moyen d’un cadre métallique et d’un filet positionnés à l’arrière d’un bateau, en effectuant des traits au fond. Puis de les emmener dans le chenal de l'Élorn où, larguées à plus de vingt mètres de fond, et sans luminosité, elles devraient péricliter.

Les tests du mois d’avril effectués avec deux bateaux sur quatre jours ont permis de « récolter » 100 tonnes. Reste cependant à valider le fait que ces les algues plongées au fond, dans le chenal, finissent bien par se décomposer et ne sont pas déplacées par les flux.

Affaire à suivre…..


Sources : BMO / Télégramme / RH - 3B Conseils

lundi 3 mai 2010

La commissaire européenne à la pêche attendue en Côtes d’Armor

Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche, en fonction depuis le 9 février dernier est annoncée le 7 mai prochain, pour une visite en en Baie de Saint Brieuc, à l’invitation du député Alain Cadec vice-président de la commission pêche au Parlement européen.

Ce déplacement est assurément attendu par l’ensemble de la filière bretonne de la pêche et doit permettre d’établir des discussions sur le terrain sur les priorités affichées par la commission européenne, telles que Maria Damanaki les a exprimées lors de son audition devant la commission pêche le 19 janvier 2010.

Celles-ci sont au nombre de trois priorités :

Première priorité : mettre en œuvre la politique commune de la pêche (PCP) dans le prolongement des travaux engagés par son prédécesseur avec la publication du livre vert en avril 2009.

Elle avait ainsi dressé les pistes qui lui semblent se dégager pour la réforme, évoquant les premiers enseignements de la consultation terminée à la fin 2009 (voir l’article du blog du 29 avril 2010 ).
En matière de gestion, elle envisage une décentralisation du processus de décision, de manière à impliquer et à responsabiliser les acteurs. Elle entend également modifier le système d’attribution des quotas, pour en faire un outil d’équilibrage de la flotte par rapport à la ressource, tout en protégeant la petite pêche côtière.

- Seconde priorité : améliorer l’application de la PCP actuelle, particulièrement en matière de durabilité et de respect des règles.
Si la durabilité des pêches est un objectif primordial, il faut l’entendre pour Maria Damanaki dans les trois dimensions du terme : environnementale, économique et sociale.
Il lui importe en effet de restaurer les stocks sains, pour rétablir la prospérité économique du secteur et maintenir le tissu social des zones côtières. Cela passe par un respect strict des règles en vigueur, surtout en matière de captures, de rejets et de lutte contre la pêche illégale.

Son programme en matière de pêche comprend le paquet « réforme de la PCP », des plans pluriannuels, un règlement sur l’étiquetage « pêche durable», une communication pour renforcer le fonctionnement des organisations régionales de gestion des pêches et des initiatives ciblées pour intensifier la mise en œuvre de la PCP dans chaque bassin maritime.

- Troisième priorité : la consolidation de la politique maritime intégrée de l’Union européenne qu’elle entend inscrire dans une perspective durable, puisqu’il s’agit de mieux exploiter le potentiel des mers et océans, pour contribuer à la croissance économique, à la création d’emplois et cela à moindre coût pour l’environnement.

Lors de son audition, elle a cité plusieurs secteurs qui lui semblent déterminants pour l’avenir maritime de l’Europe, notamment les sources d’énergies alternatives et les réseaux transeuropéens d’énergies (*), les autoroutes de la mer, le transport à courte distance, les nouvelles technologies marines.
L’approche stratégique par bassins maritimes lui semble indispensable pour proposer des solutions sur mesure dans chacune des régions maritimes.

(*)Pour en savoir plus sur les énergies renouvelables de la mer en Europe et dans le monde consulter le blog des énergies de la mer.

Le programme de Maria Damanaki porte dans l’immédiat sur la planification de l’espace marin, l’intégration de la surveillance maritime, la connaissance du milieu marin, l’amélioration de la gouvernance maritime en Méditerranée, la croissance et l’emploi et le financement des actions futures.


Par ailleurs le député Alain Cadec qui recevra la commissaire européenne en Côtes d’Armor, doit présenter devant la commission pêche le 5 mai prochain, son rapport sur un plus grande transparence dans la traçabilité environnementale et sociale pour le importations de produits de la pêche (Voir l’article du 12 mars 2010 ).


Pour aller plus loin, relire également l’article du 23 mars sur la surveillance maritime à l’échelon européen



Sources : Union européenne / Parlement européen / RH – 3B Conseils
Photo commission européenne

mercredi 28 avril 2010

Algues vertes : lancement de la campagne de ramassage en Côtes d’Armor



Si le débat sur les algues vertes n’est pas récent, il reste cependant très sensible car il interpelle notamment tout un pan de l’économie régionale, les modes de production agricole certes mais pas exclusivement.

Dès la fin des années 1960 certaines parties du littoral breton - principalement les baies de Lannion, de Saint-Brieuc, et de Douarnenez -, sont ainsi touchées par une augmentation des échouages d’algues vertes sur le rivage, suscitant rapidement les premières prises de conscience du phénomène de marées vertes au début des années 1970.


Si l’eutrophisation, à l’origine de cette manifestation apparaît rapidement être issue des pratiques agricoles intensives, cette activité ne saurait être stigmatisée. En effet, la mauvaise gestion des stations d’épurations et/ou le mauvais état des systèmes d’assainissement contribuent largement à accentuer ce phénomène.

Mais c’est essentiellement à partir des années 1980 que ces problèmes entraînent des nuisances importantes pour les communes impactées, perturbant les différents acteurs et secteurs économiques du littoral.

La dégradation des algues sur l’estran engendre en effet une gêne visuelle, olfactive et sanitaire en dégageant de l’hydrogène sulfuré, non seulement nauséabond mais aussi néfaste pour les espèces vivantes du milieu. 

Afin de remédier à cette problématique, plusieurs solutions ont été envisagées : ramassage, compostage, épandage, mise en dépôt, lutte en amont contre l’eutrophisation… Autant de mesures qui engendrent un coût considérable, qui incombe jusqu’à présent pour une grande part aux collectivités territoriales.

En Aout 2009, le Premier ministre était venu constater la propagation de l'algue verte Ulva sp communément appelée Ulve ou laitue de mer sur la plage de Saint-Michel-en-Grève dans les dans les Côtes-d'Armor : des algues vertes qui se développent surtout entre mai et octobre, lorsque les eaux du littoral se réchauffent.
Elles s'échouent sur les plages, et en se décomposant, elles peuvent émettre des gaz toxiques. Les tissus contenant du soufre dégagent ainsi de l’hydrogène sulfuré, gaz très dangereux pour la santé.

C’est lors de ce déplacement à Saint-Michel-en-Grève, le 20 août dernier que François Fillon avait annoncé le lancement d'une mission interministérielle chargée de proposer un plan de lutte contre les algues vertes, un plan doté de 134 millions d'euros (voir article du blog du 4 février 2010) sur la période 2010-2014   qui se décline autour de trois axes en trois points :  la gestion les algues échouées, la réduction des flux de nitrate vers les côtes et l’amélioration des connaissances du phénomène.

Dans la baie de Lannion-Trégor où la communauté d'agglomération a reçu délégation des communes littorales concernées, un certain nombre de nouveaux dispositifs ont donc été retenus cette année avec une problématique pour les élus locaux : comment ramasser plus et mieux, afin de contenir, voire éliminer, les risques sanitaires liés à la décomposition des végétaux marins?

L'épandage, solution privilégiée encore cette année, tiendra compte des valeurs agronomiques des végétaux et sera inscrit au cahier de fertilisation des exploitants.
Sur les sites de Saint-Michel-en-Grève et de Plestin-les-Grève, une expérience sera également menée au large des côtes où une dizaine de prototypes de collecteurs seront déployés, du 15 juin au 15 août, afin de déstocker au maximum les plages.

Reste une question épineuse celui du financement des opérations puisqu’en effet, et contrairement la participation du conseil général des Côtes d’Armor est pour 2010 suspendue..
Les élus locaux se retournent donc vers l’Etat pour la prise en charge des frais de ramassage.

Relire également l'article du blog du 24 août 2009.

Sources : Télégramme / RH - 3B Conseils

jeudi 29 octobre 2009

Le Conseil général des Côtes-d'Armor promeut la culture scientifique et technique océanique.

Remise du Prix scientifique "Christian Le Provost, Océnographe"


le 23 octobre dernier, le président du Conseil Général des Côtes d'Armor, Claudy Lebreton a remis le premier prix "Christian Le Provost, océanographe" (*) au lauréat Fabrice Ardhuin, ingénieur au Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) à Brest en présence de Dominique LE QUEAU, directeur de l'INSU et des représentants du monde scientifique.




Fabrice Ardhuin (34 ans) explore, parmi les thématiques délaissées par la recherche océanographique en France, les sujets susceptibles de faire avancer l'océanographie opérationnelle. Ces développements ouvrent une nouvelle ère d'applications pour la prévision des vagues, de la télédétection à la modélisation des courants à la surface de l'océan. Il est l'auteur de 35 publications dans son domaine de recherches.



Ce prix doté de 7 000 € (financé cette année par le Conseil général des Côtes-d'Armor), a été décerné par un jury international de scientifiques. Il est destiné à promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions (climat, écosystèmes marins, exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers etc.). Il vise à récompenser un jeune chercheur qui aura contribué significativement par ses travaux au développement de connaissances et d'applications.



Le Conseil général des Côtes-d'Armor promeut la culture scientifique et technique océanique. Il est impliqué dans une politique locale d'aménagement et de développement durable des espaces marins et des activités liées à la mer.

Nous publions ci après le discours de président Claudy Lebreton

"Du fait de mes origines, de mon enfance, des activités et des passions qui ont été les miennes jusqu'à maintenant, je suis obligé de dire que je suis un terrien. Je suis quelqu'un qui ressent, réfléchit et pense la nature et la destinée des hommes en ayant les deux pieds sur terre. Comme beaucoup, pendant très longtemps, je n'ai conçu "l'immensité bleue", la mer, que vue de la terre ou en vue des terres.

Cependant, depuis une dizaine d'années environ, depuis notamment la rédaction par le Sénateur Pierre-Yvon Trémel d'un premier grand rapport sur la "stratégie maritime des Côtes d'Armor", j'ai acquis la conviction que ce sont la mer et les océans qui vont redonner du sens et de l'espoir à l'humanité et lui offrir une nouvelle chance.

Dans son essai "Regards sur le monde actuel", dés 1931, Paul Valéry a prophétisé que "Le temps du monde fini commençait". 80 ans plus tard, beaucoup de faits lui donnent pleinement raison: le bouleversement climatique sous l'effet des gaz à effet de serre, la pénurie prévue de l'eau, l'épuisement annoncé dans les proches décennies de nombreuses matières premières à commencer par le pétrole mais aussi la crise alimentaire annoncée sous la pression démographique, la disparition des forêts tropicales, le recul accéléré de la biodiversité, etc,.

Mais si l’ère des terres vierges et des territoires libres est close, comme le pensait Valery, la planète est-elle pour autant totalement connue et possédée par les terriens que nous sommes ? Certainement pas…

Pensant que l'expansion de nos activités terrestres pouvait être éternelle, nous avons négligé l'évidence, à savoir que notre planète ne devrait pas s'appeler "Terre" mais "Océan". Les mers et les océans couvrent 71% de la surface de notre planète. Alors qu'un changement de civilisation est à l'œuvre, qu'un nouveau monde doit naître, il est grand temps de faire nôtre cette évidence.

Terriens, nous voulions croire que tout était poussière et retournerait à la poussière, or en vérité, pour ce qui constitue le vivant, tout vient de la mer et y retourne. La mer est la matrice de la création et nous avons sa mémoire dans le sang.

Ainsi à la différence près de la concentration en chlorure de sodium, il existe une analogie quasi parfaite entre notre plasma sanguin et l'eau marine. Les neuf dixième de l'évolution du vivant se sont déroulés sous l'eau.

"C'est par la mer qu'il convient de commencer toute géographie" a écrit Jules Michelet". Pendant des siècles, nous avons vogué vers des continents inconnus, voulu voler vers des astres inconnus, je pense à la lune ou encore à Mars, en espérant les fouler de nos pieds, sans comprendre que l'inconnu primordial est notre espace océanique. L'homme n'a exploré que 5 % des océans. Les abysses constituent le plus vaste habitat de notre planète.

Est-ce pour nous rappeler à l'ordre marin de nos origine et de la nature, pour nous faire comprendre qu'ils ne sont ni des espaces sans limite de chasse-cueillette, ni les poubelles de nos errements terrestres, mais qu'ils sont les grands régulateurs de la vie que notre arrogance dédaigne, que les océans s'apprêtent à augmenter leur niveau et s'acidifient au risque de brûler les dernières cartouches d'une vie soutenable pour l'humain dans ce coin du cosmos ?

On m'objectera avec raison que, jusqu'à très récemment, on ne savait pas.

On ne savait pas que :
- c'est la mer qui produit 50 % de l'oxygène que nous respirons grâce à des millions de micro-organismes que l'on commence seulement à connaître;
- ce sont les océans qui, grâce à ces micro-organismes, sont le plus grand puit à carbone de notre planète en absorbant 50 % des gaz à effet de serre;
- c'est l'espace marin qui emmagasine la majorité de la chaleur solaire;
- ce sont les océans qui régulent le climat, interviennent dans le cycle et la répartition planétaire de l'eau et influent directement sur l'air que nous respirons;
- ce sont la flore et la faune océanique qui recèlent la plus fantastique chimiothèque et pharmacopée naturelles susceptibles de soigner les maladies d'aujourd'hui et du futur;
- on ne se savait pas non plus que sans compter les poissons et les mammifères marins, les algues, les coquillages et les crustacés sont un grenier alimentaire stratégique à très haut pouvoir nutritif pour faire face aux famines menaçantes du futur;
- on ne réalisait pas que les énergies de la mer (vents, marées et courants, vague et houle, hydrothermie mais encore algues énergétiques) constituent un des maillons les plus prometteurs de l'hybridation des ressources énergétiques alternatives qu'il nous faut inventer pour demain;
Par exemple, ce n'est que depuis ans que l'on sait que 400 000 hectares de bassins de micro-algues peuvent produire en carburant propre l'équivalent de consommation annuelle mondiale tout en piégeant le CO2 et les métaux lourds alors qu'il faudrait 118 % de l'Hexagone en agro-carburant à base de tournesol pour compenser les 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole annuellement consommées en France par le transport
- etc

Il ne serait pas difficile de multiplier les exemples de connaissances nouvelles sur l'espace marin qui s'accumulent et qui fusent de toute part aujourd'hui.

Je pense que nous sommes à une période critique et charnière. Je crois que la mer et les océans sont au centre des défis que l'humanité doit relever. Je pense même qu'ils sont la clef de ces défis. Nombreuses sont les disciplines scientifiques et les sciences de l'ingénieur concernées par le devenir des mers et des océans et par la façon dont nous allons devoir - non plus les exploiter comme par le passé- mais les connaître pour vivre mieux avec eux et grâce à eux.

L'espace marin et océanique, je l'ai dit, est encore en grande partie un espace inconnu mais nous en connaissons désormais assez pour savoir qu'il est impossible de leur imposer le traitement destructeur et dévastateur que nous avons fait subir aux ressources vivantes, animales et végétales mais aussi fossiles et minérales des espaces terrestres.

La mer et les océans sont sans doute le plus vaste domaine d'innovation utile dont nous disposons dans la perspective du développement durable.

Continuer de les mettre en danger par obligation économique pour certains, mais aussi par ignorance, dédain ou cupidité pour d'autres, comme nous le faisons, ce alors qu'ils sont très certainement notre dernier espoir, c'est à mes yeux, nous condamner.

Dans ce département, dont le nom même rappelle qu'il est la Terre de la Mer, il est clair que la promotion de la culture océanique doit être une priorité. Cela explique notamment le soutien que nous apportons au film de Jacque Perrin "Océans" dont la sortie mondiale devait se faire cette semaine, au moment de la remise de ce prix, mais qui a du être reculée.

Cette culture océanique ne peut être qu'une culture du développement durable, qu'une invitation à penser, agir et innover écologiquement.

Interface entre terre et mer, littoral touché plus qu'aucun autre depuis vingt ans maintenant par le phénomène des algues vertes, nous sommes bien placés pour savoir que le retour à un mieux-vivre ensemble demain ne sera pas lié à une croissance "verte" ou une croissance "bleue" mais, pour reprendre l'expression du scientifique et journaliste Yan de Kerorguen à une croissance qui résulte du mélange de ces deux couleurs, une "croissance turquoise".

Nous avons de nombreux atouts pour devenir ce territoire "turquoise" Je ne vais pas les énumérer. Leur mise en œuvre ne peut cependant pas résulter d'un coup de baguette magique. Nous devons réunir nos forces et nos compétences autour de symboles, faire converger vers notre territoire les connaissances les plus essentielles et alimenter une nouvelle pédagogie vis-à-vis de l'espace marin et océanique et des opportunités qu'il offre désormais aux terriens que nous sommes trop restés dans nos mentalités.

Pour ce faire, il y a deux ans nous avons choisi de soutenir le développement de l'association "Le cercle Polaire" car les pôles arctiques et antarctique sont les sentinelles du devenir de l'espace océanique et du changement climatique. Comprendre ce qui s'y passe, c'est comprendre la dynamique de la planète et ce qui nous attend…

Lorsqu'un an plus tard, Madame Denise Le Provost et son fils Bertrand, sont venus au Conseil Général pour nous expliquer la carrière scientifique de Christian Le Provost, ses apports à la connaissance des océans, la façon avec laquelle il avait travaillé avec de nombreux laboratoires de recherche pour contribuer à la naissance de l'océanographie opérationnelle mais encore la place que les Côtes d'Armor occupaient dans son cœur, il nous a semblé que le risque devait être pris de créer un Prix Scientifique en Océanographie portant son nom.

Je dois vous avouer que j'ai été impressionné lorsque j'ai découvert pour la première fois la liste des personnalités qui ont accepté de faire partie du Conseil Scientifique de ce Prix. De même, aujourd'hui, je suis impressionné par la présence à la première remise de ce prix des représentants des grands instituts et laboratoires de recherche en océanographie et en sciences de l'Univers.

En vous voyant ainsi réunis en Côtes d'Armor, je me dis que ce Prix symbolise certes l'attention extrême que nous devons apporter désormais à l'espace marin mais aussi –et peut-être surtout- l'état d'esprit avec lequel nous devons le faire.

Je n'ai pas eu l'honneur de connaître Christian Le Provost mais au delà de sa passion pour les océans, pour la recherche et la connaissance, cinq mots me semblent caractériser ce qu'il symbolise au travers de l'existence de ce prix et de votre présence aujourd'hui: L'ouverture, la créativité, la confiance, la détermination et l'enthousiasme.

Puisse cet état d'esprit souffler sur la nouvelle politique de la mer que nous souhaitons désormais soutenir dans les Côtes d'Armor mais aussi en Bretagne au coté des autres départements bretons. Nous allons en avoir besoin au cours des années qui viennent si nous voulons être une terre exemplaire de la croissance "turquoise".

Nous aurons besoin de votre soutien et de vos encouragements pour avancer dans ce sens et pour poser les bases de l'ingénierie écologique marine dont les Côtes d'Armor et la Bretagne peuvent être demain les fers de lance.

Merci à vous tous, merci à vous Madame Denise Le Provost, à vous Bertrand, à vous Monsieur Bruno Voituriez pour la Présidence du Conseil Scientifique de ce Prix dont, d'ors et déjà, nous sommes très fiers en remettant cette médaille à Monsieur Fabrice Ardhuin, premier lauréat de ce prix. Merci enfin à vous Monsieur Ardhuin car vos travaux portent en grande partie sur l'hydrodynamique des espaces côtiers et le génie côtier, deux domaines dont les applications nous concernent au premier chef en Côtes d'Armor.

Ce prix vous l'avez compris symbolise pour nous l'avenir vers lequel il faut nous tourner. "



sources : Conseil général des Côtes d'Armor / Photo CG22 / Photo Thierry Jeandot - GG22 /RH - 3B Conseils