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vendredi 5 août 2011

Etude publiée par l'ONU sur la pollution pétrolière au Nigeria

photo Eliane Gilligan / FoE - Shell à K-Dere, Ogoni


Abuja (Nigéria) - 5/08/2011 - 3B Conseils - BB. Shell devra payer une indemnité de £ 250 millions ou 410 millions $ après avoir admis sa responsabilité pour les deux déversements dans l'Ogoniland, suite à une réclamation en justice intentée au Royaume-Uni.

Le Financial Times a rapporté que l'accord est intervenu après une poursuite en recours collectif portée devant la Haute Cour par la communauté Bodo dans le delta du Niger contre Shell et sa filiale, Shell Petroleum Development Company of Nigeria (SPDC).

C'est le cabinet d'avocats Leigh Day & Co, Martyn Day, qui représentait la communauté Bodo.

L'AFP, a annoncé que l'ONU avait présenté la première étude scientifique d'envergure sur la pollution liée au pétrole dans le sud du Nigeria, le plus important producteur de brut en Afrique.

Cette enquête qui examine l'impact de la pollution dans l'Ogoniland, une région du delta du Niger, la zone pétrolifère du pays, a été menée pendant deux ans par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue).


Elle devait être présentée au président nigérian Goodluck Jonathan, puis à la presse.

 Le Nigéria fournit 40% du pétrole américain.

L'Ogoniland est la région d'origine de l'activiste et défenseur de l'environnement Ken Saro-Wiwa, dont l'exécution en 1995 par le régime militaire, alors en place provoqua une vague internationale de condamnations.


Shell, première compagnie étrangère venue au Nigeria et historiquement la plus importante dans le pays, fut contraint de quitter l'Ogoniland en 1993 après des violences liées à la pauvreté et alors que beaucoup d'habitants ont dénoncé des dégâts environnementaux.


Selon les activistes, la pollution liée au pétrole a ravagé l'environnement de l'Ogoniland, où vivent essentiellement des pêcheurs et des agriculteurs.

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La question de l'attribution de la responsabilité de la pollution est épineuse. De nombreux défenseurs de l'environnement dénoncent la négligence des compagnies pétrolières.


Shell affirme de son côté que la plupart des fuites sont causées par des activités illégales tels que le vol de brut, prélevé directement sur les oléoducs, et le raffinement clandestin. 

Le Pnue a souligné que l'étude n'attribuera pas de responsabilités. Elle vise à localiser les contaminations pétrolières et à évaluer leur nature, leur étendue et leur impact.

Sources 


(©AFP / 04 août 2011 16h17), Nigeria. Petroleum, pollution and poverty in the Niger Delta , Amnesty International , 2009, Journal ISF Nancy Avril 2010.
Veille : Brigitte Bornemann

lundi 29 novembre 2010

Climat : après l'échec de Copenhague, les négociations de la dernière chance à Cancun



Un an après Copenhague (COP 15), les 194 pays impliqués dans les négociations sur le climat se réunissent, à Cancun (Mexique) - COP 16 - durant 12 jours pour de nouvelles discussions sur la lutte contre le changement climatique - à compter de ce lundi 29 novembre et jusqu’au 10 décembre-.

Les débats de cette seizième conférence des parties sur le climat, seront sans doute âpres et sont perçus comme les négociations de la dernière chance pour restaurer la confiance et doivent impérativement redonner élan et crédibilité à ce long processus, initié sous l’égide l'ONU, il y a 18 ans, afin de trouver une réponse au défi du changement climatique.

Il y a un an, la conférence des Nations–Unies sur le climat de Copenhague, avait frôlé l’échec et produit qu’un accord a minima par une vingtaine de chefs d'Etat, fixant un objectif de limitation du réchauffement à 2 degrés, sans calendrier et les véritables moyens pour y parvenir.

Pour la nouvelle Secrétaire exécutif de la convention-cadre des Nations unies pour le changement climatique, Christiana Figueres (qui a succédé à Yvo de Boer) la nouvelle philosophie de ces négociations consiste à "Aller pas à pas, construire un accord après l'autre" pour elle il est clair après Copenhague « qu'il n'y a pas d'accord miraculeux qui va résoudre le problème du changement climatique". Néanmoins, si "la planète est généreuse, nous ne pouvons pas lui demander d'attendre plus longtemps", a-t-elle ajouté. "L'urgence augmente chaque jour", a-t-elle souligné, appelant les parties à faire preuve "d'engagement" et de "compromis".

A Cancun les regards se porteront vers les Etats-Unis et la Chine, les deux principaux émetteurs de CO2 de la planète, qui arrivent les mains vides à ces négociations. Rappelons qu’en octobre dernier lors de la dernière réunion préparatoire de Tianjin (nord-est de la Chine) ces deux protagonistes avaient quitté les débats, s'accusant mutuellement de bloquer les négociations. Dès lors un accord même modeste, n'est pas assuré. (Relire également l'article du 15/06/2010)

Un texte a été établi pour servir de base aux négociations de Cancun prévoyant d'aborder des thèmes comme la déforestation – et le mécanisme REDD+ qui consiste à verser des compensations financières aux pays qui réduisent la dégradation de leurs forêts –, le marché de quotas d'émissions de CO2 ou les mesures d'adaptation.

A Cancun on attendra donc des avancées concrètes sur ces points importants comme la lutte contre la déforestation ou la création d'un Fonds vert, par lequel doit transiter une partie des 100 milliards de dollars (75 milliards d'euros)par an promis d'ici 2020 aux pays les plus pauvres.

A Copenhague en effet les pays industrialisés se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an aux pays les plus pauvres d'ici à 2020. Une partie significative de ces fonds devrait transiter par le Fonds vert. Les pays en développement souhaitent que le Fonds vert soit rattaché à l'ONU, d'autres comme les USA veulent lui donner plus d'indépendance et un rôle d'appoint aux fonds déjà existants.
La question de l'origine de ces fonds se pose aussi : le groupe consultatif de l'ONU préconise des "financements alternatifs", comme des taxes sur les transports et les transactions financières.


Pour retrouver les enjeux du changement climatique, des énergies fossiles et des énergies renouvelables de la mer, de l’aménagement des villes et ports de demain consulter les archives des entretiens Science et Ethique :


2009 « L'Heure bleue ; le changement climatique et les énergies de la mer »

Article RH 3B Conseils
Source AFP / Le Monde

mardi 15 juin 2010

La Conférence de Bonn sur le climat : une rencontre pour rien ?



Les 5000 délégués de 185 pays réunis à Bonn pour la première conférence post-Copenhague sur les changements climatiques, a vu chacun des protagonistes, camper sur ses positions.

C’est à cette occasion qu’Yvo de Boer qui pilote depuis dix ans les négociations sur le climat laissera sa place en juillet prochain à Cristiana Figueres (*) au poste de Secrétaire exécutif de la convention-cadre des Nations unies pour le changement climatique.
La désignation de Mme Figueres intervient à un moment-clé des négociations internationales sur le climat, six mois avant la 16ème conférence des parties à la Convention-climat de Cancun (Mexique) et six mois après celle de Copenhague 2009, où a été fixé des orientations politiques - mais pas d’accord contraignant - visant à doter la communauté internationale d’un cadre d’action collective pour lutter contre le changement climatique après 2012.

En quittant son poste Yvo de Boer dresse un constat pessimiste, indiquant que «les engagements actuels et les plans [de réduction des GES] de l'ensemble des pays ne vont pas arrêter la croissance des émissions au cours des 10 prochaines années». Pour lui « les engagements actuels des pays industrialisés ne permettent pas d'atteindre l'objectif de réduction de 25 à 40 % des GES (gaz à effet de serre) , que le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) a défini pour que l'humanité ait une chance sur deux — seulement! — de limiter la hausse du climat à 2 °C.»

Cependant certains experts considèrent que les engagements des pays riches vont même se solder par une augmentation des émissions mondiales de 12 à 19 % en 2020 par rapport aux niveaux de 1990. A cela s’ajoutera de façon inexorable les émissions exponentielles des pays émergents. Dès lors une partie de la communauté scientifique considère que l'humanité pourrait « perdre le contrôle du climat parce que la spirale climatique s'alimenterait d'elle-même grâce à la libération du méthane enfoui dans le pergélisol et au fond des mers ».


Les avancées lors de la conférence de Bonn apparaissent dès lors bien dérisoires au regard des vrais enjeux, puisque l’on y a essentiellement défini des objectifs à très longue portée, portant sur une réduction de 80 % des émissions anthropiques d'ici 2050 pour les pays industrialisés, ce qui équivaut, en réalité, à différer le problème sur des gouvernements qui ne seront en place que dans 15 ou 20 ans.

Pour l’ONU «un progrès important devient possible à Cancún sous la forme d'un accord global sur des mesures opérationnelles qui permettraient aux pays de prendre plus rapidement des mesures plus musclées dans tous les volets des changements climatiques». On veut y croire ….. Pourtant, cela signifie ouvertement qu’il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’à des mesures techniques à la marge mais pas d’accord en 2010 portant sur des mesures réellement contraignantes visant à stabiliser la hausse du climat, reportant de fait un éventuel accord en 2011 à la conférence des Parties en Afrique du Sud, à un mois de la dernière année du protocole de Kyoto.


La responsable des pourparlers sur la définition d'objectifs de moyen terme (2020), Margaret Mukahanana-Sangarwe, a donc proposé un texte pour tenter de sortir de l’impasse actuelle et fournir une base d'une négociation officielle pour la Conférence de Cancún.

Partant de l'entente de Copenhague, où pays développés et émergents ont convenu de limiter la hausse du climat à 2 °C, le groupe sur la définition d'objectifs de réduction de long terme a proposé de les traduire par une réduction de 25 à 40 % des GES d'origine humaine d'ici 2020.
Mais ce document évite de dire par rapport à quelle année de référence cela s’appliquerait.


Plusieurs pays émergents craignent dès lors l'abandon par les pays développés d'un Kyoto 2 au profit d'une simple entente aussi volontaire que floue d'un Copenhague élargi. Pour ces pays en développement la confiance ne peut être rétablie que si les engagements financiers promis en décembre se concrétisent. Dans l'entente de Copenhague les pays industrialisés ont promis de verser de 30 à 100 milliards par année d’ici et 2020 aux pays en développement qui vont subir l'essentiel des impacts d'un bouleversement climatique dont ils ne sont pas responsables..


Retrouver également les enjeux du changements climatiques aux travers des entretiens Science et Ethique 2009 sur la thématique « L’Heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer ».

Les recherches scientifiques et technologiques sur les énergies de la mer arrivant à une étape décisive et s’inscrivant dans une concurrence mondiale. A la veille de la Conférence des Nations-Unies sur le climat à Copenhague, les entretiens avaient souhaité démontrer l’intérêt des énergies renouvelables de la mer, les enjeux dans le cadre du développement de l’aménagement du littoral européen, l’impact sur la biodiversité et les acteurs du monde de la mer.



(*) Mme Cristina Figueres est membre de l’équipe de négociation du Costa Rica depuis 1995, et est une professionnelle incontestée des questions climatiques. Ces dernières années, elle a apporté son expertise dans le domaine du renforcement des mécanismes de marché établis par le protocole de Kyoto, et a joué un rôle essentiel dans la négociation du Sommet de Copenhague.
Par ailleurs il est important de rappeler que le Costa Rica s’est fixé pour objectif la neutralité carbone d’ici 2021



Sources : AFP / France Diplomatie / RH - 3B Conseils
Visuels : AFP / GIEC

jeudi 12 novembre 2009

Les entretiens Science et Ethique à l'émission THALASSA : "Après nous le déluge ?"



Après l’émission « Ça va chauffer », diffusée en mai 2007 qui mesurait les risques que le réchauffement climatique faisait courir à la planète, Thalassa propose, à quatre semaines de la conférence des Nations-unies sur le climat, ce vendredi 13 novembre sur France3, une émission spéciale depuis Copenhague au Danemark : « Après nous le déluge ? ».

Thalassa dressera ainsi un état des lieux sur ce qui est fait et surtout sur ce qui reste à faire pour ralentir un processus inexorable. Pour qu’après nous, ce ne soit pas le déluge…

C’est une certitude, le réchauffement de la planète est en marche et le niveau de la mer va monter d’un mètre au minimum d’ici 2100.
Les émissions de gaz à effet de serre doivent impérativement baisser de moitié d’ici 2050.

Dans le cadre de cette émission spéciale, les entretiens Science et Ethique sont les invités de Thalassa avec l’interview de Professeur Michel Ricard, Président des entretiens Science et Ethique. Les entretiens avaient pour thème en octobre 2009 à Océanopolis-Brest : " l'Heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer".

L’année 2009 est capitale en matière de lutte contre le changement climatique. C’est en effet lors de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui aura lieu du 7 au 18 décembre 2009 à Copenhague que les 187 pays signataires de la Convention sur le climat devront négocier l’après Kyoto en dégageant un accord pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre à partir de 2013.

L’heure n’est plus au bilan, il est à l’action !

La Commission européenne a déjà fixé des objectifs pour 2012 :
 les « 3 fois 20 ».
En effet, le paquet législatif "énergie-climat" a fait l'objet d'un accord politique entre les 27 chefs d'Etat et de gouvernement lors du Conseil européen de Bruxelles des 11 et 12 décembre 2008 avant d’être adopté par le Parlement européen et le Conseil des Ministres en décembre 2008.

Ce plan d'action qui entend mettre en place une politique commune de l'énergie et lutter contre le changement climatique vise à atteindre d'ici 2020, l'objectif ambitieux des "3 fois 20" :
- une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre
- une amélioration de 20% de l'efficacité énergétique,
- une part de 20% d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergie de l'UE.

Tels sont les enjeux de la conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain.

Pour l’humanité, c’est une occasion historique de se mesurer à un vrai  défi et de le résoudre de manière décisive, si l’on veut éviter que le changement climatique ne tourne au chaos climatique.

Nous vous invitons à suivre la diffusion de cette émission du 13 novembre à 20h35.

Retrouvez également sur le Web :
les 3 questions au Professeur Michel Ricard et à Brigitte Borneman, déléguée générale des entretiens et fondatrice de 3B Conseils sur le site de Thalassa

Sources : Thalassa – France3 / RH- 3B Conseils