mercredi 22 décembre 2010

Les ports s'adaptent pour les éoliennes offshore


France- Royaume-Uni (U.E.) - 21/12/2010 - 3B Conseils - Les objectifs à atteindre en 2020 vont accélérer la création des équipements portuaires nécessaires. Pour les éoliennes offshore il faut aménager non seulement des espaces capables d’accueillir les navires les transportant, mais aussi prévoir l’accueil des industries qui les fabriquent et les assemblent.

En France, Le Havre et Nantes-Saint-Nazaire viennent de signer un accord de coopération pour faire « émerger une filière industrielle française ». Cet accord avait été évoqué à Brest lors des entretiens Science et Ethique 2010 (18 et 19 octobre).

Ces deux ports bénéficient d’une situation géographique très favorable qui leur permet d’envisager l’installation des éoliennes offshore dans l’Arc Atlantique et au large des côtes anglaises.

L’objectif de l’accord est double : tout d'abord créer une filière pour assembler, stocker et fabriquer tous les composants puis installer les éoliennes sur site ; mais aussi de faire la grande connexion avec les Ports Normands Dieppe, Fécamp, Cherbourg et Rouen (cf. Conférence Le Havre 29/09/2009).

Pour en savoir plus rendez-vous sur le blog energiesdelamer.blogspot.com

Article IdB
Source : La Tribune / Le Havre développement /3B Conseils.

mardi 21 décembre 2010

"2010 : Année de la biodiversité", vue par le Professeur Michel Glémarec







A quelques jours de la fin de l’Année internationale de la biodiversité 2010 qui a vu BMO promue Brest capitale maritime de la biodiversité, nous publions ici la vision du Professeur Michel Glémarec - professeur honoraire d'Océanographie biologique à l'Université de Bretagne Occidentale (UBO) à Brest, est créateur du laboratoire d'océanographie biologique, associé au CNRS.

Michel Glémarec qui est un des plus éminents spécialistes de la biodiversité du littoral et qui fut un des experts dans le procès de l’Amoco Cadiz devant les tribunaux américains, s’attache aussi à transmettre cette passion des sciences dans le domaine de la mer à tous les publics.
A ce titre il préside l’Association pour la Promotion de l’Ethique des Sciences et Technologies pour un Développement Durable (APESTDD) qui porte les journées Science et Ethique découverte à l’intention des scolaires du Finistère et des Côtes d’Armor.

Il est par ailleurs l’auteur d’un remarquable ouvrage " La biodiversité du littoral vue par Mathurin Méheut", publié cette année aux éditions du Télégramme.

Ainsi, dans son livre qui mêle art et science, Michel Glémarec réorganise l'œuvre de Mathurin Méheut pour la présenter par habitat. Les peintures de Méheut présentent les caractéristiques de ces milieux avec les différentes espèces, les couleurs contrastées et les mouvements des algues... Au total 140 dessins, dont 50 planches en couleurs, reproduisant plus de 160 espèces.

Relire les articles du blog du 17/02/2010 , du 15/11/2010




2010 : Année de la biodiversité. De quoi s’agit-il ? ou Comment intéresser le citoyen sans nécessairement le culpabiliser ?

" Le terme de biodiversité reste quelque peu ésotérique. Inventé en 1985 il n’est apparu qu’en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Certains objectifs destinés à protéger la biodiversité devaient être atteints en 2010 mais devant l’impossibilité de les réaliser les échéances sont repoussées à 2020. Si la biodiversité est bien le « tissu vivant de la planète » il est évident que ce terme a été galvaudé en fonction des spécialisations des scientifiques concernés, systématiciens, généticiens, écologistes... sans compter les autres disciplines qui s’en sont emparé ainsi que les médias. Le risque est bien de voir l’année 2010 considérée plus comme une échéance alors qu’elle doit être une étape dans l’évaluation de l’érosion de ce « tissu vivant ».

Avant de culpabiliser tout citoyen qui, homme de bonne volonté, est sensibilisé au problème il est nécessaire de préciser de quoi l’on parle tout en l’intéressant au milieu naturel qu’il connaît, qui lui est proche. Le littoral breton offre ainsi nombre d’exemples marins qui interpellent le professionnel de la mer comme le promeneur.

La biodiversité est dite spécifique lorsque l’on compte les espèces dans un secteur donné, il s’agit de la richesse spécifique. Si toutes les formes de vie sont recensées on est face à de milliards d’espèces dont beaucoup sont encore à décrire. Les espèces sont composées de variétés génétiques et de nouveaux outils de biologie moléculaire repoussent les limites de cette diversité. Tout cela reste bien hermétique, les systématiciens en charge de décrire les nouvelles espèces ne sont plus formés, ce type de biodiversité pourrait donc s’amenuiser sans que personne ne s’en aperçoive. Les recherches de nouvelles molécules pour résoudre les problèmes de santé humaine sont activement recherchées, bactéries, algues, animaux marins de toutes sortes sont mis à contribution. Le principe de précaution est donc le mot clé pour sauvegarder ce patrimoine qui pourrait être utilisé dans un avenir mal cerné aujourd’hui.

La biodiversité écologique a deux aspects :

Le premier repose sur la reconnaissance d’habitats différents, parois rocheuses, vasières des estuaires, plages sableuses, vastes étendues de graviers… et cette diversité est la plus élevée qui soit en Bretagne aux confins de deux mers, la Manche et le Golfe de Gascogne. Leurs caractéristiques hydrodynamiques sont différentes et par là bien d’autres caractéristiques sédimentaires notamment. Dans le contexte européen 25 grands habitats peuvent ainsi être reconnus, il en va bien différemment sur les côtes d’Aquitaine ou également en baie du Mont-Saint-Michel au paysage monotone sous cet aspect. Certains des habitats bien connus en Bretagne sont de véritables « pompes à diversité » grâce à la complexité architecturale qu’ils présentent, ce sont les herbiers, les bancs de maërl, les étendues rocheuses….

Le deuxième aspect concerne le nombre d’habitants de ces habitats. Réunis en peuplements les individus appartenant à différentes espèces et groupes alimentaires ont développé entre eux des rapports de coexistence qui autorisent une certaine permanence temporelle de ces communautés. L’analyse des échanges de matière entre les différents niveaux alimentaires (trophiques) introduit la notion d’écosystème, c'est-à-dire la biodiversité fonctionnelle. Supprimer un maillon de la chaîne, éliminer trop de prédateurs qui contrôlent le système, c’est introduire un dysfonctionnement.

L’érosion de la biodiversité peut se traduire très simplement par la disparition de l’habitat. C’est le cas des bancs de maërl, symbole d’une diversité spécifique et fonctionnelle maximales, qui sont devenus un habitat relique en Bretagne. Ceci par prélèvement direct pour différents usages ou par recouvrement par une couche de vase dans le sud de la Bretagne ou en rade de Brest. Sur ce même site la construction du port militaire s’est faite au détriment d’un vaste espace sableux et de la faune correspondante. L’exploitation d’agrégats marins concerne aussi les accumulations de sable dunaire. Cet habitat n’héberge jamais une faune diversifiée, ce n’est parfois qu’une seule espèce de mollusque consommée par son prédateur habituel le turbot, c’est aussi l’habitat du lançon espèce qui est un appât recherché par la pêche récréative et professionnelle. Si la biodiversité ne peut être un argument pour protéger ces dunes l’impact économique en est un.

En baie de Morlaix , les cordiers roscovites au nombre de 5 à 7 ont, dés le début du 20ème siècle, exploitaient les populations de Sélaciens (ange de mer, aiguillat, émissole, pocheteaux, torpille…). En amenuisant le rôle de ces grands prédateurs, on assiste au développement des poissons de la famille des Gadidés (lieu, morue, julienne…), mais qui se raréfient aujourd’hui. L’exploitation s’est donc déplacée vers un niveau inférieur ce qui induit des modifications de l’ensemble de l’écosystème et de sa biodiversité fonctionnelle. Le bar était ainsi beaucoup moins abondant, il y a quelques décennies.

L’apparition d’une marée verte traduit l’impossibilité pour les petits crustacés herbivores de consommer toute cette masse végétale. Celle-ci en formant des tapis épais au fond des anses affectées modifie considérablement les conditions de vie des crustacés concernés.

Lors d’une marée noire telle celle de l’Amoco Cadiz la toxicité du pétrole a entraîné une très forte mortalité des espèces les plus sensibles comme les crustacés prédateurs. On assiste durant 2 à 3 ans à la prolifération d’espèces liée à l’excès de matière organique, mais cet accroissement de diversité ne favorise en rien le bon fonctionnement du système qui n’est guère contrôlé. Seul le retour des prédateurs en quantité adéquate sera la garantie du bon fonctionnement du système 6 à 8 années après l’accident.

Depuis quelques années des espèces introduites à partir de contrées plus chaudes que la Bretagne ont un comportement invasif au détriment des espèces indigènes. Ces invasions sont favorisées par l’amenuisement d’une ressource au niveau alimentaire correspondant. En rade de Brest la surexploitation des Coquilles Saint Jacques a libéré de la place pour les Crépidules Les exemples ne manquent pas. Au niveau de la pêche dans le Golfe de Gascogne l’apparition et le développement d’espèces « exogènes », ou d’affinité plus chaude, ont été favorisés par la surexploitation de prédateurs comme le merlu. Chez les peuplements d’invertébrés ces témoins d’un réchauffement climatique sont beaucoup plus discrets, quelques espèces limitées au Golfe de Gascogne et à l’Iroise tentent de gagner la Manche.

Ces quelques exemples montrent combien cette biodiversité fonctionnelle évolue dans le temps, elle est dynamique. Malgré une forte exploitation, il y aura toujours du poisson dans la mer, ce ne sera pas les mêmes espèces qui seront concernées et les conséquences économiques sont toujours difficiles à appréhender. Dans un pays comme la Bretagne où l’oralité prend toute sa place, il est aisé de faire comprendre que la défense de la biodiversité, une fois bien définie, est une cause défendable auprès du citoyen qui se sent ainsi concerné.
Tout cela nécessite information et pédagogie. Tourner un caillou sans le remettre en place un jour de grande marée c’est perturber le peuplement sous-jacent pour plusieurs années, c’est aussi modifier temporairement le paysage en voyant les algues vertes remplacer les algues brunes. Passer d’un camaïeu de bruns au vert homogène cela ne présage rien d’encourageant pour la bonne santé du littoral et pour sa biodiversité fonctionnelle."
Professeur Michel Glémarec.

Pour aller plus loin retrouver les différentes interventions de Michel Glémarec aux entretiens Science et Ethique



2006 : La biodiversité du littoral :
Session : TR1 : La biodiversité des habitats littoraux, histoire et évolution
Intervention : Vivre contre ... ou avec la nature ? selon Robert Barbault
Session : TR 4 : Place du citoyen et des élus dans les prises de décision
Intervention : Présidence


2005 : Le littoral et les avancées scientifiques :
Session : TR 1 : Un littoral, des approches diversifiées
Intervention : Les habitats côtiers et les types d’utilisation du littoral : la vision des naturalistes





2002 : Milieux Extrêmes d’un monde à l’autre, Terre, Mer et Espace :
Session : Rappel historique : Brest du port de guerre au pôle d'excellence scientifique
Intervention : Discours d'Ouverture
Session : TR 1 : Éthique et centres de recherche - Responsabilité scientifique, sociale et environnementale
Intervention : Discours
Session : Conclusion de Michel Glémarec
Intervention : Conclusion et synthèse

2000 : Vagues de pollution, impacts et prévention :
Session : TR1 : Vingt mille barils sous les mers, Science, politique et marées noires
Intervention : Discours de Michel Glémarec


Article RH 3B Conseils
Sources : CG29 / Michel Glémarec / entretiens Science et Ethique
photo Christine Naud

lundi 20 décembre 2010

Esonet : des observatoires permanents au fond des océans pour surveiller la mer en temps réel


L'Ifremer vient de présenter à Marseille les premiers résultats du programme européen Esonet (« European Seafloor Observatory Network « ) - créé en 2007 par l’Union européenne et coordonné par l’Ifremer - qui vise à l'implantation dans les prochaines années sur douze sites sous-marins en Europe d'observatoires permanents placés au fond des océans pour surveiller la mer en temps réel.
Réunis pendant trois jours, une centaine de scientifiques européens associés à Esonet ont débattu sur les résultats de travaux préparatoires en vue de l'installation des observatoires sur des sites sous-marins sensibles, tels que les failles sismiques. Onze sites hauturiers et un site côtier ont été d'ores et déjà répertoriés dans les eaux européennes, en océan Arctique, en mer Noire et au large de la Turquie.


Esonet comprend un réseau d'observatoires fonds de mer permanents, pluri-disciplinaires implantés dans des zones clefs des marges continentales européennes, et s'intéresse particulièrement aux marges océaniques au-delà de la limite du plateau continental et jusqu'à des profondeurs de 4000 mètres.
Ces zones sont en effet moins bien connues que le plateau continental lui-même et non couvertes par les systèmes de recueil de données océaniques existants.

Intégrant des scientifiques de différentes équipes européennes (50 partenaires de 14 pays – 13 de l’Union européenne plus la Turquie - 300 chercheurs et ingénieurs associés aux travaux), Esonet a pour but de définir des objectifs scientifiques communs et permettra, à terme, une surveillance continue sur les plans géophysiques, biogéochimiques, océanographiques et biologiques.
Il a notamment pour objectif d'établir les bases d'une composante marine de GMES (Global Monitoring for Environment and Security) en liaison avec l’initiative INSPIRE de l'Union Européenne.

La mise en place des observatoires à long terme est cruciale pour les scientifiques européens afin de conserver leur position de leader mondial acquise par la mise en œuvre des précédents programmes-cadre de la Commission Européenne. En effet, seuls des observatoires de surveillance à long terme des océans, équipés de capteurs puissants, peuvent permettre la mesure continue d’un grand nombre de paramètres. Cette capacité est cruciale pour observer les processus naturels qui peuvent être épisodiques ou qui, statistiquement, exigent des séries de mesures sur une grande période de temps afin d’en extraire le signal qui est masqué par le bruit à haute fréquence.

Les programmes prédécesseurs à ESONET ont identifié de tels processus dans tous les domaines des sciences marines. Les plus importants sont :
- les émissions épisodiques de méthane du fond de la mer affectant le changement climatique,
- la relation entre des tremblements de terre et des éboulements des pentes sous-marines
- les processus biogéochimiques à court terme ayant une influence sur les écosystèmes marins.


En attendant que le financement nécessaire à l’installation des observatoires soit disponible il est indispensable de mettre continuellement à jour ces objectifs en fonction des nouveaux résultats scientifiques disponibles, de préciser ces objectifs et d’adapter les exigences technologiques à ces nouveaux objectifs scientifiques.

Les observatoires ESONET fourniront des informations sur les changements climatiques, des alertes concernant les risques naturels et une base pour la gestion durable des mers européennes.
Un réseau d'observatoires à travers l'Europe débouchera sur des avancées scientifiques sans précédent dans la connaissance de la géologie sous-marine, des écosystèmes et de l'environnement marins. Des progrès techniques très rapides sont escomptés.

Le Réseaux d’excellence (NoE) a pour objectif la mise en place d’infrastructures placées au fond de la mer et dans la colonne d'eau permettant l’alimentation des instruments en énergie, la communication des données en temps-réel et l’envoie d’instructions aux appareils.
Des zones clefs, situées dans les eaux européennes, ont été identifiées à partir des objectifs spécifiques des programmes scientifiques en rapport avec les risques naturels potentiels, les points chauds géographiques et les processus écosystémiques. Ces infrastructures de fond de mer fourniront des plates-formes pour le déploiement d'instrumentation dans la colonne d'eau et sur la géosphère.

Ces objectifs doivent être réalisés, dans le cadre du NoE, par la mise en place de nouvelles structures organisationnelles avancées reliant des instituts scientifiques, des industries, des gouvernements et des agences européennes et en initiant le processus d'intégration.

Le processus d'intégration du réseau d’excellence ESONET est un effort permanent pendant toute la durée du projet, qui sera basé sur:
• La création de groupes actifs partageant leurs connaissances, leurs méthodes et leurs ressources,

• L’intervention auprès des institutions de financement (CE incluse), des parties prenantes, des utilisateurs potentiels et des projets internationaux, sous la forme d’une seule entité,


• Une action conjointe pour une forte coopération avec les autres projets de mise en réseau dans les domaines des sciences de la mer, des technologies océaniques, de la gestion des données océanographiques (GEOSS, MERSEA, GMES, EUROCEANS), et des infrastructures (SEADATANET),


• La mise en place de relations fonctionnelles avec les projets précédemment cités (fournisseur de connaissance ou de données, coopération, objectifs scientifiques complémentaires, moyens d'intervention marins ou sous-marins complémentaires),


• Faire progresser les politiques liées à l’infrastructures des observatoires sous-marins en Europe,


• La surveillance en ligne des infrastructures pour rendre l'investissement plus sûr, en y incluant un contrôle qualité qui ne devra pas être sous-estimé (voir le projet C STA),


• La regroupement des mesures des paramètres océanographiques, géologiques et biologiques en une même station afin d’augmenter la rentabilité comparativement aux déploiements à court terme.


Article RH 3B Conseils
Sources : AFP / Ifremer

jeudi 16 décembre 2010

Electricité, la Bretagne ne sera plus une péninsule électrique

France (UE) 16/12/2010 - 3B Conseils - L'alerte orange déclenchée mardi a été maintenue mercredi. "D'après les données Météo France, mardi et mercredi étaient les jours les plus froid de la semaine, avec des températures inférieures de 6 à 7 degrés aux normales saisonnières. RTE avait rappelé les bretons à la plus grande vigilance.

Pic d’hiver
RTE a indiqué que la France avait battu deux fois son record de consommation d'électricité, mardi 14 décembre, avec un premier pic de 93.752 mégawattheures à 18h45, suivi d'un second de 94.200 MWh, à 18h55.
EDF a indiqué que 52 réacteurs (sur 58) du parc nucléaire étaient en service hier. Vers 19 heures, près des deux tiers de la consommation (62%) étaient satisfaits par le nucléaire, 16% par le parc hydraulique, 6% par les centrales au charbon, 4% par les centrales au gaz, 3% par les centrales au fioul, 2% par l'éolien. Il a également fallu importer 4.000 MWh.


Pour remédier aux risques de pénurie, le préfet de région Michel Cadot a signé le 14 décembre le Pacte Electrique Breton. Celui devrait être signé à son tour par Jean-Yves Le Drian après le vote de l'assemblée le 6 janvier 2011. Il vise à résoudre sur le long terme la problématique régionale du manque de production d'énergie électrique. Brest métropole océane, va accueillir une nouvelle usine de 450 MW qui sera construite vraisemblablement à Guipavas (Finistère). Elle fonctionnera à partir du gaz. L'Etat va désormais lancer l'appel d'offres nécessaire. Ce devrait être dans les premiers mois de 2011. Sans attendre le choix de l'opérateur, les pouvoirs publics viennent de demander à GRTgaz d'étudier le renforcement de l'alimentation en gaz pour approvisionner cette future usine. Un premier projet avait été initié il y a deux ans à Ploufragan dans le département des Côtes-d'Armor, mais il avait été suspendu par le préfet car il rencontrait de nombreuses protestations.


Le montant à investir dans la prochaine usine qui fonctionnera principalement en hiver pour alimenter en électricité la Bretagne, n'est pas encore communiqué. Il devrait être supérieur aux 100 millions d'euros prévus pour le précédent dossier ceci en attendant que les énergies renouvelables de la mer viennent renforcer également la production d'électricité avant 2020.


La situation en Finistère : Le parc de production finistérien comptabilisait en 2008 une capacité installée totale de près de 600 MW, dont 113 MW d'éoliennes terrestres, 465 MW de centrales thermiques à flammes (295 MW à Brennilis et 170 MW à Dirinon), 7 MW d'hydraulique (Saint-Herbot) et 15 MW de cogénération.

La production extérieure appelée pour les besoins de la Bretagne sont :

1) la centrale thermique de Cordemais (Loire-Atlantique, 2 460 MW au total). L'électricité produite est acheminée vers la « Bretagne sud » à 60% par les lignes HT 225 kV et à 40% par les lignes HT 440 kV ;

2) les centrales nucléaires de Chinon (Indre-et-Loire, 3 600 MW), voire de Civaux (Vienne, 3 000 MW) qui permettent d'alimenter la « Bretagne sud » à partir de Cordemais ;

3) la centrale nucléaire de Flamanville (Manche, 2 600 MW) qui permet d'alimenter la «Bretagne nord» à partir de Launay.

D'après Enerzine, le Finistère importe annuellement plus de 94% de l'électricité qu'il consomme, non seulement de Bretagne, mais surtout des régions limitrophes. Il doit également importer près de 400 MW lors des pics de consommation.

Si aucune action n'était entreprise pour augmenter les capacités de production d'électricité en Finistère, le déficit annuel et la couverture des pics risquaient de se traduire par des coupures significatives du courant dans les prochaines années, faute de capacités de production locales suffisantes. A moyen terme (d’ici 2015), le Finistère doit faire face :

- à un pic de consommation de l’ordre de 1 000 MW chaque hiver (déficit conjoncturel) qui, compte tenu d’un parc actuel d’environ 600 MW, serait comblé par une capacité d’environ 400 MW, qui si elle est de pointe, doit être maîtrisable (non intermittente) ;

- et à des besoins annuels (déficit structurel) de l’ordre de 5,5-6,8 TWh/an. Pour couvrir 20% de ce déficit structurel annuel, il faudrait une capacité comprise entre 140 MW (pour un fonctionnement de 8000 h/an en base) et 730 MW (pour 1500 h/an en pointe).

Article : BB
Source : Usine Nouvelle - Stanislas du Guerny, Télégramme (15/12/2010), enerzine.com. RTE.

mercredi 15 décembre 2010

Pacte électrique en Bretagne, ERM à la rescousse

France (UE) 15/12/2010 - 3B Conseils - Le développement économique d'une région est une priorité, mais encore faut-il que l'énergie soit constante. La fin de l'année 2009 et l'hiver 2010 avaient révélé la faiblesse des équipements et de l'approvisionnement en énergie.
DES CONSTATS
La Bretagne connaît une situation de fragilité électrique croissante due à plusieurs facteurs :
− la situation péninsulaire de la Bretagne,
− sa faible production électrique (8% seulement de la consommation),
− la forte croissance démographique et le dynamisme économique qui augmentent les besoins en proportion plus importante.

Michel Cadot, Préfet de la région Bretagne, et Jean-Yves Le Drian, Président du Conseil régional*, ont signé mardi 14 décembre 2010, le Pacte électrique breton. Cette signature*, est l'aboutissement des réunions de concertation et de travail qui se sont déroulées tout au long de l’année 2010 dans le cadre de la Conférence bretonne de l’énergie*. Les trois autres partenaires à la mise en œuvre opérationnelle du Pacte sont :
- l’ADEME, représentée par son président Philippe Van de Maele,
- l’ANAH, représentée par sa directrice générale Isabelle Rougier,
- RTE, représenté par son président Dominique Maillard.

Précision apportée le 16 déc.
: En définitive, Jean-Yves Le Drian signera définitivement le pacte après le vote de l'Assemblée régionale qui se tiendra le 6 janvier 2011.

Le Pacte repose de manière indissociable sur trois axes clés : maîtrise des consommations d’électricité, développement des énergies renouvelables et sécurisation de l’approvisionnement électrique. Le communiqué de presse du Conseil régional souligne les points suivants :
Un programme de maîtrise de l’énergie requiert la mobilisation de tous et notamment l’appui de l’ADEME et de l’ANAH, pour renforcer les dispositifs de rénovation thermique des logements privés et sociaux, et l’animation territoriale des politiques énergétiques au plus près des collectivités, entreprises et particuliers.
L’objectif, est de diviser par 2, à l’horizon 2015 (-950 GWh), puis par 3, à l’horizon 2020 (-1 200 GWh), la croissance de la consommation bretonne d’électricité. Ainsi, les partenaires s’engagent à mettre en oeuvre des actions MDE (maîtrise de la demande d’électricité), qui permettent de ramener cette augmentation annuelle de 2,6 %, actuellement, à environ 1 %, en 2015.
▪ Le déploiement massif des énergies renouvelables qui vise à augmenter la part de production électrique de la Bretagne (34 % d’autonomie à l’horizon 2020, contre 8,5% aujourd’hui) et à contribuer à répondre aux objectifs du Grenelle de l’environnement, mobilisera tous les types de filières (éolien terrestre et offshore posé et flottant, énergies marines, photovoltaïque, biomasse…) avec un objectif de puissance installée de 3 600 MW en 2020, soit 4 fois plus qu’aujourd’hui.
Cette ambition s’appuiera sur les dispositifs financiers nationaux (tarifs d’achat et appels à projet). Elle passera aussi par l’élaboration de schémas régionaux de planification, par l’accompagnement des territoires et la mobilisation des collectivités, en favorisant le déroulement des procédures administratives, et la mise en place, par la Région Bretagne, d’un fonds d’investissement dédié.
▪ La sécurisation de l’approvisionnement électrique passe par une solution globale de renforcement du réseau de transport de l’électricité : création, d’ici 2018, d’un filet de sécurité, liaison souterraine entre Lorient et Saint-Brieuc de 225 kV, et mise en place dans l’aire de Brest, à l’horizon 2015, d’un moyen de production d’appoint de type centrale cycle combiné gaz d’une puissance d’environ 450 MW. Parallèlement, le Pacte préconise l’expérimentation à grande échelle de réseaux électriques intelligents permettant un meilleur équilibre consommation-production et le stockage de l’énergie.
Sans attendre la mise en place de ce plan d’actions, État et Région sont déterminés à obtenir, dès l’hiver 2011, des premiers résultats en matière de modération de la pointe de consommation, en accélérant résolument le programme partenarial Ecowatt (dispositif d’alerte en périodes de pointe hivernale, mis en place par RTE) et en encourageant le déploiement de boîtiers d’effacement diffus (60 000 unités installées gratuitement chez les particuliers d’ici à 2012, contre 10 000 expérimentées à ce jour par EDF et Voltalis). C'est l'occasion de rappeler que les 5 démonstrateurs sur les énergies de la mer qui viennent d'obtenir un premier financement ont tous un acteur de l'enseignement supérieur en basé en Bretagne ou dans les Pays de Loire comme partenaire (UBO, ENSTA Group Brest, ENIB, Ecole navale à Brest et Ecole centrale de Nantes ... voir article du 8 décembre sur le blog des énergies de la mer energiesdelamer.blogspot.com).

MW ambition à l'horizon 2020
Éolien terrestre 1 800, éolien offshore ancré et flottant-1 000, hydroliennes- 10, barrage de la Rance constant avec 240, hydraulique 36, photovoltaïque 400, biomasse dont méthanisation 120, incinération de déchets constant 12.

Article : BB
Source : Conseil régional de Bretagne, CESR Bretagne, www.plan-eco-energie-bretagne.fr.