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mardi 29 juin 2010

Ecocéane à la rescousse de la Floride dans la lutte contre la marée noire ?

Nous évoquions dans un article de ce blog du 7 mai 2009 le développement par Ecocéane, société installée à Paimpol et spécialisée dans les navires de service et de dépollution, du bateau Catamar. 



Dans l’article du 10 mai 2010 nous indiquions également que des contacts étaient en cours, entre Ecocéane, l’ambassade des États-Unis et le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), afin de venir en aide aux États-Unis pour contrer la marée noire.

Dans cette perspective et si les accords étaient conclus, neuf navires d’Ecocéane pourraient y participer. Chez Ecocéane, on confirmait d’ailleurs les discussions, les navires n’attendaient que le signal de départ pour partir en Louisiane.

L'affaire semble désormais bien engagée comme le révèle le site internet de l'hebdomadaire Le Point, selon lequel l'État de Floride aurait fait l'acquisition, via une société privée, de neuf bateaux fabriqués par la société bretonne Ecocéane (*)..

Toujours d’après le Point, "le premier bateau acheté est déjà à Miami, les huit autres quitteront le chantier de Paimpol à partir de jeudi", selon qui "l'État de Louisiane pourrait emboîter le pas de la Floride".


L’objectif est de contribuer à la récupération du pétrole échappé au large de la Louisiane. La Floride qui cherche actuellement à se préserver des conséquences de la marée noire, comme l'explique un article du Miami Herald.
Le quotidien de Floride évoque un nouveau plan de lutte, financé par BP, qui passe par l'achat d'au moins trois unités.

Alors que les bateaux pompeurs traditionnels ne récupèrent que 25 % d'hydrocarbures pour 75 % d'eau, la flotte d'Ecocéane qui n'aspire que du pétrole recueille ainsi jusqu'à l'équivalent de 6.000 barils par demi-journée.
De plus ces catamarans peuvent être reliés à des tankers afin d'évacuer le pétrole au fur et à mesure.

(*) Basée à Paimpol, la société Ecocéane a été créée en 2004, après le rachat d'Armor Techniques, fabricant de barges en aluminium. Elle est dirigée par Éric Vial,. La Société est présente dans une vingtaine du pays, dont l’Australie, le Brésil, l'Angola, le Nigeria….




Pour mémoire, après le naufrage et la marée noire de l'Erika et avant celui du Ievoli-Sun d'une part, les entretiens Science et Ethique 2000 ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre. Retrouver les débats de ces journées.



Sources : Ecocéane / Le Point / RH – 3B Conseils
Photo Ecocéane

mardi 26 octobre 2010

Le navire dépollueur du futur : le « Work-glop » d'Ecocéane


Nous avons parlé à plusieurs reprises ( voir articles du 29/06/2010 , du 10/05/2010 et du 07/05/2009) de la Société Ecocéane , créée en 2003, qui se consacre exclusivement à la recherche, au développement, à la construction, et à la commercialisation de navires, dans le domaine de la dépollution en mer. Elle détient notamment les brevets, pour le ramassage des hydrocarbures et déchets solides flottants en mer.

Déjà connue pour son action dans le domaine des navires de nettoyage (Cataglop, Ecoglop…) la Société Ecocéane dont le chantier naval est localisé à Paimpol dans les Côtes d’Armor, avait lancé un bateau dépollueur pour la haute mer, « Le Catamar » pouvant récupérer 100 m3 d’hydrocarbure par heure (sans créer d’émulsion) et capable de nettoyer jusqu’à 40.000 m2 par heure de surface d’hydrocarbure. En outre ce navire est opérationnel 24 h/24 en raison de son équipement en radar détectant les nappes.

Comme nous l’évoquions précédemment lors de la marée noire dans le Golfe du Mexique, la société Ecocéane vendu à la société américaine AshBritt 10 bateaux (5 Cataglop CG92 de 9,20 mètres et 5 Cataglop CG66 de 6,60 mètres) - et loué sur neuf mois son navire hauturier de récupération d'hydrocarbures de 18 mètres, le Catamar -.

Aujourd’hui Ecocéane poursuit son développement dans le domaine du bateau dépollueur du futur avec les « Work-glop », une nouvelle gamme de navires (WG 106 – WG 117 – WG 128) dont l'objectif n'est plus seulement de proposer exclusivement des dépollueurs, mais des bateaux de travail classiques équipés des dispositifs de dépollution.

Embarqués sur les tankers ou les plates-formes pétrolières, ces navires placés au plus près des autoroutes de la mer et des zones à risques pourraient ainsi intervenir au plus vite.

Ce navire polyvalent de 12,80mètres de long sera mis à l'eau début 2011. Capable de transporter 3,5 tonnes de fret, ou 12 passagers, il est aussi bateau de dépollution en cas de pépins...

Le Workglop (au coût d'environ 1,5million d'euros) utilise les techniques de dépollution mises au point par Ecocéane. Les bateaux filtrent l'eau qui passent entre leurs coques. Les macro-déchets sont stoppés par un panier et les hydrocarbures passent dans un séparateur avant d'être stockés sur d'autres navires.

Le Workglop sera capable de travailler jusqu'à force 6 et transférer en continu jusqu'à 80m³/heure d'hydrocarbures. Les marchés potentiels sont énormes, en France, certes mais les courants peuvent être aussi porteurs aux Etats-Unis.

Ecocéane vient d’ailleurs d'y créer une filiale: pour vendre aux Etats-Unis, il faut que les bateaux soient construits dans le pays.

Article RH 3B Conseils
Sources et photo Ecocéane

lundi 10 mai 2010

Des navires de dépollution bretons sur la marée noire en Louisiane ?



Retour sur l’accident


Le 20 avril 2010, à 80 km des côtes de la Louisiane, la plateforme pétrolière exploitée par British Petroleum (BP) « Deepwater Horizon », subit une explosion majeure et prend feu. Cet accident fait 17 blessés et 11 disparus, les 115 autres personnes présentes étant évacuées par les Coast Guards américains.

Deux jours plus tard, alors que d’importants moyens de lutte antipollution sont rapidement dépêchés sur place, la plateforme sombre et les observations réalisées par les robots sous-marins téléopérés font état de ce que 159 m3 pétrole brut s’échapperaient quotidiennement du riser situé à une profondeur de 1 500 m. Quelques jours plus tard, ces estimations initiales sont révisées à la hausse. Les fuites seraient cinq fois plus importantes que prévu, avec 800 m3 de pétrole brut.

Le 23 avril, les hydrocarbures déversés forment déjà en surface une nappe de 1,6 km de large sur 8 km de long. Trente deux navires et 5 aéronefs sont mobilisés pour épandre des dispersants et mettre en œuvre des récupérateurs.

Le 25 avril , la reconnaissance aérienne révèle des irisations s’étalant désormais sur une surface de 32 km² et contenant du pétrole brut émulsifié.

Le 28 avril, des essais de brûlage in situ avec des barrages anti-feu sont réalisés puis vite interrompus par de forts vents sur la zone. Cette option présente en outre l’inconvénient de générer d’épaisses fumées très polluantes et de laisser des résidus flottants. Ce même jour, les vents rabattent les nappes vers les côtes de la Louisiane qui constituent une zone particulièrement sensible d'un point de vue écologique (*) mais aussi économique.

Le 29 avril, les premières plaques touchent des marais proches de l'embouchure du Mississippi.
Le 30 avril, après la Louisiane, c’est au tour de l’Alabama, de la Floride et du Mississippi de décréter l’état d’urgence. Parallèlement, le gouvernement fédéral des Etats-Unis déclare cette pollution "catastrophe nationale".

Le 1er mai, la superficie de la nappe est évaluée à 1 500 km2, soit la taille d'une grande agglomération comme Londres. Depuis le 2 mai, la pêche est interdite dans les eaux fédérales impactées par la pollution. BP envisage alors de contracter avec les pêcheurs pour qu'ils déploient des barrages flottants le long du littoral.
Les 5 et 6 mai, des conditions météorologiques favorables ont permis la reprise d'opération de brûlage de fragments de nappe.

En parallèle du traitement des effets, la lutte s’organise également pour enrayer la source du problème. Pendant plusieurs jours, quatre robots sous-marins ont tenté de fermer le bloc obturateur du puits qui aurait dû se déclencher automatiquement. Deux autres actions sont maintenant conduites en parallèle : couvrir le puits et le tuer.
La fabrication de deux coffrages métalliques de plus de 100 tonnes a été achevée en Louisiane, visant à être descendue jusqu’au plancher océanique de façon à « coiffer » la fuite principale située à 1 500 m de profondeur et capter vers la surface 80 % du pétrole s’échappant du gisement mais cette opération engagée semble rencontrer des difficultés opérationnelles.


Suivre les observations et mesures effectuées sur la pollution, sur les sites Air Now et pour les images satellitaires.

L’intervention de la technologie française ?

Nous évoquions dans un article de ce blog en date du 7 mai 2009 le développement par Ecocéane, société installée à Paimpol et spécialisée dans les navires de service et de dépollution, du bateau Catamar.

Des contacts sont actuellement en cours, entre Ecocéane, l’ambassade des Etats-Unis et le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), afin de venir en aide aux Etats-unis pour contrer la marée noire. Dans cette perspective et si les accords sont conclus, neuf navires d’Ecocéane pourraient y participer.
Chez Ecocéane, on confirme les discussions en cours, les navires n’attendraient que le signal de départ pour partir en Louisiane.


(*) Plus de 600 espèces animales, en particulier le pélican brun et une tortue des mers déjà en danger, sont menacées par la nappe.
134 espèces d'oiseaux au total sont menacées, de même que 445 espèces de poissons, 45 mammifères et 32 reptiles et amphibiens -alligators, grenouilles et serpents des mers -, selon les autorités du Département de la vie sauvage et des pêches de Louisiane. Le grand dauphin, le lamantin et différentes baleines risquent aussi d'être affectés de même que les coyotes, renards et ratons laveurs dont les habitats pourraient être pollués.


Relire également l’article du 17 décembre 2009 sur le Cedre (centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux).





Rappel : après le naufrage et la marée-noire de l'Erika, les entretiens Science et Ethique 2000, ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre, sur le thème "Vagues de pollutions: impacts et prévention des pollutions marines et telluriques sur les écosystèmes marins côtiers et révision de la loi sur l'eau".

Sources : Cedre / Ecocéane / RH – 3B Conseils
photo US Coast Guards

jeudi 8 juillet 2010

Forum de Valeurs Vertes : l’exploration et l’exploitation du pétrole en eaux profondes ?

Après le naufrage de Deepwater Horizon, Valeurs Vertes organise un forum de discussion internet sur le thème « comment envisager l’exploration et l’exploitation du pétrole en eaux profondes ?

- Une catastrophe écologique peut-elle se transformer en catastrophe économique majeure ?

- La plateforme d’exploration pétrolière de BP qui pollue le Golfe du Mexique peut-elle remettre en cause l’exploration en eaux profondes ?

- Existe-t-il des procédés fiables pour juguler cette catastrophe et éviter les prochaines ?

- Les technologies de pointe de certaines entreprises françaises peuvent-elles y trouver un champ d’application ?

C’est sur toutes ces questions que Valeurs Vertes au travers de son entend susciter le débat autour de spécialistes dont :

- Michel Girin (*) : CEDRE
- François Kal
aydjian : IFP
- Yann Barthélémy :
FNE
-et d’autres notamment de l'
INERIS

Participer au forum de Valeurs Vertes ICI

Nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce blog la catastrophe dans le Golfe du Mexique :
- le 10 mai 2010 : « Des navires de dépollution bretons sur la marée noire en Louisiane ? »
- le 16 juin 2010 : « La marée noire américaines sur les côtes européennes à l’automne ? »
- le 29 juin 2010 : « Ecocéane à la rescousse de la Floride dans la lutte contre la marée noire".

Comme l’indiquait il y a quelques jours le CEDRE, durant l’effort engagé par les autorités américaines pour lutter contre la pollution de la plateforme Deepwater Horizon n’a pas faibli.

Les valeurs annoncées le 30 juin restent impressionnantes : 42 700 personnes engagées, 850 km de barrages, 1 500 km de barrages absorbants, 106 000 m3 d’émulsion récupérés, 6 000 m3 de dispersants utilisés dont 2 200 m3 à partir du fond et 275 opérations de brûlage qui auraient permis de disperser dans l’atmosphère environ 38 000 m3 d’hydrocarbure.

Cependant, la controverse sur le débit de rejet du puits se poursuit. Les quantités quotidiennes s’échappant du fond de la mer sont maintenant estimées à 7000 voir 8000 m3/ jour.

Après 71 jours cela représente un volume d'environ 500 000 m3. Les autorités américaines annoncent que 700 km de littoral sont pollués dont 400 km en Louisiane. Enfin 89 916 demandes d’indemnisation ont été présentées et 138 millions de dollars ont déjà été versés.

La société Ecocéane a vendu à la société américaine AshBritt 10 bateaux (5 Cataglop CG92 de 9,20 mètres et 5 Cataglop CG66 de 6,60 mètres) et loué pour neuf mois son navire hauturier de récupération d'hydrocarbures de 18 mètres, le Catamar.

Pour en savoir sur les moyens mis en œuvre sur zone, plus lire également les articles parus sur le blog Défense et Environnement
- 11/05/2010 : L’US Army en renfort
- 31/05/2010 : Le Corps des ingénieurs de l’armée de terre donne son feu vert à la construction d’une île artificielle
- 09/06/2010 : Des casques bleus de l’environnement ?
- 06/07/2010 : Un dirigeable de l'US Navy dans la lutte contre la marée noire


Par ailleurs rappelons que les entretiens Science et Ethique en 2003 ont traité de ces questions de forages eaux profondes, de l’exploration et l’exploitation du pétrole en eaux profondes.

Les mers et les océans présentent des enjeux scientifiques, géopolitiques et économiques mondiaux. Etudiés depuis l’espace jusqu’aux abysses, leur connaissance et leur exploitation s’appuient sur les recherches et les innovations technologiques, relèvent du droit de la mer et concernent tous les domaines de l’océanographie : géosciences, physique, biologie, spatial...



La connaissance actuelle des grandes profondeurs permet d’atteindre des richesses énergétiques et minérales toujours en cours de réévaluation. L’exploitation industrielle vise désormais les marges continentales, au-delà des plateaux continentaux, jusqu’à 3000 mètres de profondeur.



Des démarches scientifiques sont menées au niveau mondial par les Etats, les grands organismes, les centres de recherches publics et privés, les universités... pour mettre en commun les moyens de la recherche et de l’ingénierie océanique.

Il est devenu nécessaire d’étudier et d’exploiter les océans différemment et d’évaluer de manière précise la diversité et la fragilité des richesses de la mer et des océans. Ceci suppose une intervention à des niveaux européens et internationaux et une réelle prise de conscience citoyenne pour une gouvernance de l’océan.

Dans son intervention aux entretiens Science et Ethique 2003, Alain Morash s'était penché sur les technologies au service de l'exploration scientifique des océans. Revoir son intervention sur le thème : « Un exemple de collaboration industrie-recherche publique en grands fonds océaniques »


(*) Relire également l’article du blog du 2 juillet 2010 présentant le livre de Michel Girin (Cedre) sur « Les pollutions chimiques accidentelles du trasport maritimes", aux éditions Quae.

Sources : Valeurs Vertes / CEDRE/ AFP / RH

jeudi 7 mai 2009

Lutte contre la pollution marine : le CATAMAR, un bateau dépollueur pour la haute mer.

Déjà connue pour son action dans le domaine des navires de nettoyage (Cataglop, Ecoglop…) la Société Ecocéane dont le chantier naval est localisé à Paimpol dans les Côtes d’Armor, vient de lancer son nouveau bateau dépollueur pour la haute mer.

Le Catamar peut ainsi récupérer 100 m3 d’hydrocarbure par heure, sans créer d’émulsion et il est capable de nettoyer jusqu’à 40.000 m2 par heure de surface d’hydrocarbure. Il sera opérationnel 24 h/24 en raison de son équipement en radar détectant les nappes.

La conception de ce bateau pour plus de 5 millions d’euros a été soutenue par l’Etat pour 1,5 million d’euros et par Oséo pour 1 million d’euros. Son coût de commercialisation s’élèvera à 4,8 millions d’euros en prix de base.

Les débouchés commerciaux pour le Catamar sont d’autant plus importants qu’une version simplifiée à 4,2 millions d’euros est prévue dans un proche avenir. Plusieurs pays pétroliers africains se sont montrés intéressés.

Le Catamar est également conçu pour récupérer jusqu’à 2.000 m3 de déchets flottants par jour.
Source : Ecoceane / RH/ 3B Conseils