mercredi 8 septembre 2010

Pour une nouvelle stratégie de recherche en Biodiversité marine ?

Le président de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), Jean-Pierre Perrot, a remis fin août 2010 à la secrétaire d’Etat à l’écologie un rapport intitulé “Quelles priorités pour une stratégie Ifremer de recherche en biodiversité marine” ?

Ce rapport se présente aussi comme mettant en œuvre les choix opérés lors du “Grenelle de la mer” qui s’est tenu en 2009 - et dans le prolongement du Grenelle de l’environnement – et s’inscrit dans le cadre de “l’année internationale de la biodiversité” 2010.

Le rapport définit cinq axes prioritaires pour la recherche en biodiversité marine. Il a été réalisé à la suite des travaux d’un groupe de quatorze experts (*) français et étrangers, présidé par Gilles Boeuf, président du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Pour le président de l’Ifremer au travers de ce rapport, il s’agit notamment de permettre un état des lieux effectif de la biodiversité marine et de sa répartition, de comprendre les interactions entre l’activité humaine et les processus écologiques régissant la biodiversité ainsi que d’élaborer des scénarios d’évolution et de définir des mesures de protection.

Les cinq axes prioritaires du rapport portent sur :
- définir et cataloguer les caractéristiques de la biodiversité marine et sa distribution géographique ;
- comprendre les processus écologiques et évolutifs qui régissent la variété, la quantité et la qualité des gènes, des populations, communautés, écosystèmes dans l'espace et le temps, aussi bien que les conséquences économiques et politiques des interactions de ces processus avec les usages ;
- élucider les mécanismes par lesquels les composantes de la biodiversité influencent les fonctions des populations, communautés et écosystèmes et assurent la production durable des services écosystémiques ;
- comprendre et prévoir comment la biodiversité, les fonctions et services des écosystèmes répondent aux pressions humaines et environnementales, et comment les usages humains répondent et s'adaptent aux changements de la biodiversité ;
- proposer des mesures incitatives, outils de gestion, procédés et politiques pour protéger, conserver ou restaurer la biodiversité de façon efficace.

Sept nouveaux projets de recherche devront être lancés pour concrétiser ces orientations, dont deux projets phares portant sur les algues toxiques et sur la biodiversité des écosystèmes profonds permettant ainsi d’affirmer le rôle prépondérant de l’Ifremer en termes de compétences et de capacités technologiques dans ces domaines.

Télécharger le rapport





Pour aller plus loin sur la Biodiversité marine retrouver les comptes-rendus des entretiens Science et Ethique 2006 sur le thème « la biodiversité du littoral".

- Biodiversité des habitats littoraux, histoire et évolution ;
- Outils et modèles de recherche pour étudier les écosystèmes ;
- Parcs naturels, aires marines protégées, biosphères ... ;
- Place du citoyen et des élus dans les prises de décision.






(*)
le groupe des experts : Président : Gilles BOEUF
Experts : Christophe BÉNÉ, Gary CARVAHLO, Philippe CURY, Bruno DAVID, Daniel DESBRUYÈRES, Luc DOYEN, Philippe GOULLETQUER (secrétaire scientifique de l’expertise collégiale), Philippe GROS, Susan HANNA, Simon JENNINGS, Harold LEVREL, Olivier THÉBAUD, Jacques WEBER
Administration : Élisabeth LASSALLE, Florence RIVET

Article RH 3B Conseils
sources : MEEDDM / documentation française
photo Ifremer

mardi 7 septembre 2010

Faut-il donner un prix à la biodiversité ?


La 10ème « Conférence des parties » des pays signataires de la Convention sur la diversité biologique (*), adoptée en 1992 au Sommet de la Terre de Rio, se tiendra à Nagoya au Japon se réunira en octobre prochain (18 au 29/10).

C’est en effet lors du Sommet de la Terre de 1992, qu’a été consacrée l’existence de la Convention sur la diversité biologique (CDB), première convention internationale concernant la biodiversité. Cette convention est ratifiée à ce jour par environ 190 pays (dont la France depuis le 1er juillet 1994).

La Convention sur la diversité biologique a pour objectifs « la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques » (article premier) . Elle est ainsi le premier accord mondial complet à prendre en compte tous les aspects de la diversité biologique : les ressources génétiques, les espèces, les écosystèmes.

Elle reconnaît dans son préambule que la conservation de la diversité biologique est « une préoccupation commune à l'humanité », et fait partie intégrante du processus de développement. Afin d'atteindre ses objectifs, la convention entend favoriser un partenariat renouvelé entre les pays. Ses dispositions sur la coopération scientifique et technique, sur l'accès aux ressources génétiques et sur le transfert de technologies sans danger pour l'environnement sont à la base de ce partenariat.

C’est donc à Nagoya que tout ce que la planète compte de politiques, de scientifiques et de représentants d’associations concernés par l’état de la biodiversité, se retrouvera et devra constater que les objectifs du Sommet de la Terre, où les chefs d’État s’étaient engagés à réduire de façon significative, d’ici 2010, l’érosion de la biodiversité, sont en deçà des objectifs initiaux.

Depuis peu, une autre approche, qu’on espère plus stimulante, prend de l’ampleur : la mise en avant de l’importance économique des services rendus par les écosystèmes : par exemple la purification de l’air et de l’eau, le recyclage de la matière organique, la régulation du climat, ou encore la production de biens de consommation.

Aujourd’hui, le principal indicateur de richesse utilisé, le PIB, ne tient pas compte de la valeur de la nature et des pertes engendrées par son érosion. C'est tout l'enjeu des discussions à venir : mesurer le coût économique de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes.

À Nagoya, l’économiste indien Pavan Sukhdev devrait remettre les conclusions finales de l’étude « Économie des écosystèmes et de la biodiversité », qu’il coordonne depuis mai 2007 à la demande de l’Union européenne ( Voir le rapport d'étape). Inspirée du rapport de Nicholas Stern sur le coût du changement climatique, Il s'agit avec cette étude de fournir une évaluation complète et convaincante afin de défendre la biodiversité et redonner à la nature un prix.

Au terme de la première phase des travaux de Pavan Sukhdev déclarait que "si nous n'adaptons pas les politiques appropriées, le déclin actuel de la biodiversité et la perte de services rendus par les écosystèmes vont se poursuivre et dans certains cas vont même s'accélérer. Certains écosystèmes sont susceptibles de souffrir de dommages irréparables." Les premières victimes de cette dégradation seraient les pays les plus pauvres.

Si rien n'est changé de façon radicale "d'ici 2050, une diminution de 11 % des zones naturelles restantes en 2000 est à craindre, principalement en raison de la conversion de ces terres à l'agriculture, du développement des infrastructures et du changement climatique.
Près de 40 % des terres actuellement exploitées pour des formes d'agriculture peu intensive pourraient être converties en terres d'agriculture intensive, ce qui entraînerait des pertes supplémentaires de biodiversité. Enfin, 60 % des récifs coralliens risquent de disparaître d'ici 2030 du fait de la pêche, des maladies, des espèces allogènes envahissantes et du blanchissement des coraux lié au changement climatique. Ce qui causerait un appauvrissement de la vie sous-marine.
Ce phénomène coûterait 100 milliards de dollars, 27 millions d'emplois mais aussi des pertes en apport de protéines à une population de près d'un milliard de personnes".


On se souvent par ailleurs que Bernard Chevassus-au-Louis avait coordonné en 2009 des travaux analogues pour le Centre d’analyse stratégique.



(*) Cette convention vise trois objectifs :
• la conservation de la biodiversité ;
• l’utilisation durable des espèces et des milieux naturels ;
• le partage juste et équitable des bénéfices issus de l’utilisation des ressources génétiques.
Elle est à l’origine de l’élaboration de stratégies pour la biodiversité au niveau pan européen, communautaire et national.


Article RH 3B Conseils
Sources Commission européenne / IUNC

lundi 6 septembre 2010

Tara-Océans boucle sa première année d’expédition océanographique




Nous évoquions sur le blog il y a un an (voir article du 3/09/2009) le départ de la mission autour du monde, pour une durée de trois ans de Tara-Océans, la goélette océanographique qui réalise depuis six ans maintenant des expéditions en faveur de l’environnement.
La précédente : 18 mois de dérive sur la banquise. De septembre 2006 à mars 2008 (programme scientifique européen Damoclès), dans le cadre de l'Année polaire internationale, Tara avait effectué une dérive arctique mémorable, (prisonnière de la banquise) entre la Sibérie et le Spitzberg.


La goélette océanographique Tara Océans vient donc de conclure sa première année d’expédition qui l’a menée au cours de 34 escales de Lorient au Cap en Afrique du Sud, sur un périple de plus de 50.000km sur l'Atlantique, la Méditerranée, la Mer Rouge, la Mer d'Oman et l'océan Indien.

Les différentes missions de Tara ont pour objet la recherche scientifique relative à l’impact du réchauffement climatique sur les écosystèmes, mais également de sensibiliser le grand public aux questions environnementales et de diffuser les données scientifiques à des fins éducatives.

Avec cette mission engagée en septembre 2009, pour une durée de trois années, «Tara Océans» entend observer les micro-organismes marins impliqués dans le processus de piégeage et de stockage du gaz carbonique avec notamment la très performante rosette CTD (Conductivity Temperature Depth), mise au point au laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer.



Depuis septembre 2009, 70 scientifiques appartenant à de grands laboratoires de recherche internationaux, se sont relayés pour recueillir des milliers d'échantillons de plancton et de phytoplancton, de micro-organismes marins (virus, bactéries, larves de poisson, plancton mais aussi coraux) à l'origine de la vie sur la planète.

Les concepteurs du projet rappelaient que « 98 % de la biomasse des océans est constituée de micro-organismes et que l’on ne connaît pas 10 %. Le plancton a un rôle important, par la photosynthèse. A travers ce processus, l’océan assainit l’atmosphère, il y a un équilibre permanent entre atmosphère et océan. Pourtant on ne connaît pas grand-chose de ces échanges. On s’achemine vers une acidification et un réchauffement des océans : quel est l’impact de l’augmentation de la température des océans, de l’augmentation du carbone dans l’atmosphère et les océans ? Notre objectif est de traverser le maximum d’océans et d’accumuler des échantillons pour pouvoir les comparer et comprendre au bout du voyage le fonctionnement des écosystèmes et pouvoir anticiper ce qui se passera plus tard ».


L’approche est donc multidisciplinaire et l’enjeu est de comprendre l’écosystème dans son ensemble.

L’équipage est relevé tous les trois mois, comme les quatre membres de l'équipe médias chargée de réaliser trois documentaires grand public. Quant aux scientifiques, leurs vacations seront en moyenne de trois semaines. Avec cinq scientifiques à son bord en permanence et une centaine d'autres qui suivront la mission à terre, Eric Karsenti, directeur scientifique de l'expédition, considère qu’ils pourront « étudier en détail toute la chaîne du vivant ».

Tara Océans va désormais faire route vers Rio de Janeiro, première escale en Amérique Latine de cette deuxième année d'expédition océanographique inédite.

Cette seconde année dans l'hémisphère sud conduira Tara du Brésil, à l’Argentine, la Terre de Feu et la péninsule antarctique, puis mettra le cap sur le Pacifique avec les côtes chiliennes, l'île de Pâques, les Galapagos, avant de faire route vers les Îles Marquises, Papeete et enfin la Nouvelle-Zélande, le terme de la deuxième année de mission.

Article RH 3B Conseils
Sources Mission Tara Océans
Photo fond Tara

vendredi 3 septembre 2010

La valorisation des produits de la mer: une journée pour les professionnels de la filière


Dans le cadre de son plan régional pour la pêche et l’aquaculture, la Région Bretagne encourage les initiatives menées pour mieux valoriser les produits de la mer (en lien avec les technopoles et les pôles de compétitivité Mer et Valorial) : création de nouveaux produits, démarches qualité, traçabilité et éco-étiquetage, amélioration de la mise en marché... Elle soutient aussi l'action des réseaux professionnels pour développer les labels et améliorer et l’attractivité des produits de la mer auprès des consommateurs.

Le 10 septembre prochain à Lorient, l’'association interprofessionnelle Normapêche Bretagne et la Région Bretagne invitent les professionnels de la pêche et de l’aquaculture à la 3e Journée sur la valorisation des produits de la mer.

Cette Journée valorisation des produits de la mer réunit tous les professionnels de la pêche et de l'aquaculture (de l'amont à l'aval) pour se pencher sur ces cinq thèmes principaux, à travers conférences et débats (voir le programme ICI ):

- Quelles sont les attentes du consommateur ? - comment développer des signes de qualité, de quelle façon structurer la filière pour mieux valoriser les produits ? - quel est l’intérêt de l’étiquetage durable ? - comment valoriser co-produits et des espèces invasives ?….., autant de sujets qui y seront abordés.

Inscriptions auprès d'Isabelle LETELLIER : 02.97.37.94.99 / isabelle.normapeche@orange.fr


Par ailleurs, s'agissant des questions liées à la vie des déchets de la filière pêche et au recyclage de ces déchets à bord des navires, rappelons que les Journées Science et Ethique découverte à destination des scolaires organisées par 3B Conseils à Concarneau, avaient retenu comme thème central pour 2009 : « A la pêche aux déchets », en traitant notamment des questions liées à la vie des déchets de la filière pêche et au recyclage de ces déchets à bord des navires.







Un co-produit est une matière créée en même temps que la capture et la transformation d’un poisson : pêches accessoires (poissons capturés accidentellement), têtes de poissons, écailles,... C’est un produit inévitable, mais que l’on peut utiliser et valoriser !

En Bretagne, la pêche produit 70.000 tonnes de co-produits chaque année . La gestion des déchets issus de la pêche (vieux filets, huiles de fritures, chute d’emballage,...), mais aussi les déchets ménagers produits à bord des bateaux de pêche, est réglementée par des lois françaises et internationales.

Ainsi, il existe de nombreuses utilisations des co-produits. Ils sont d’ailleurs très largement employés pour faire des produits de beauté, de la nourriture pour les animaux. Les scientifiques et les industriels cherchent de nouvelles applications.




Relire l'article du blog du 26 mars 2010 sur les journées découvertes à Concarneau.


Article RH 3 B Conseils
Sources : Normapêche / Région Bretagne

lundi 23 août 2010

Urgent, un vacataire scientifique

Rennes (France - UE) - 3B Conseils - 23 août 2010

Pour son exposition « Laboratoire de Merlin », l'Espace des sciences recrute un animateur scientifique du 1er septembre au 2 janvier 2011, placé sous la responsabilité des médiateurs du centre de culture scientifique et technique...
Envoyer CV et lettre de motivation avant le 28 août 2010
Pour tous renseignements, contacter un médiateur de l'Espace des sciences, tél : 02 23 40 66 40. pour en savoir plus : http://www.espace-sciences.org/jsp/fich

Infos : BB