jeudi 3 mars 2011

Flotte océanographique française : création d’une Unité mixte de service

le Marion-Dufresne


Dotée d’un budget annuel de 60 millions d’euros (fonctionnement et d’investissement de la flotte) l’Unité mixte de service « flotte océanographique française » vient de voir le jour à l’initiative des opérateurs français de la recherche océanographique.

Au travers de cette nouvelle entité - créée pour une première période de quatre ans-, l’Ifremer, l’Institut polaire Paul-Emile Victor (IPEV), le CNRS, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), entendent mieux coordonner la programmation des navires et réfléchir en commun aux futurs navires océanographiques.

Cette création fait suite aux conclusions du Comité stratégique et technique de la flotte (C.S.T.F.) en charge de la réflexion sur la stratégie concernant les moyens navals de recherche océanographique. La Flotte Océanographique Française pourra ainsi se maintenir dans le peloton de tête des flottes internationales et plus particulièrement au niveau européen, grâce aux avancées technologiques significatives en matière de systèmes sous-marins et de carottage.

L’U.M.S. Flotte océanographique française aura pour objectifs :
- d’élaborer la programmation intégrée des navires et des équipements lourds de ses membres, prioritairement au service de la communauté scientifique tout en respectant les spécificités et les engagements contractuels des organismes,
- de coordonner les politiques d’investissement et d’anticiper le renouvellement de la flotte nationale,
- d’intégrer la nécessaire dimension européenne de la flotte.

Pour le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche : « La Flotte océanographique constitue un outil indispensable pour répondre aux besoins croissants de la communauté scientifique en matière d’exploration des mers et océans, soulignés lors du Grenelle de la Mer, en particulier pour accroître nos connaissances de la terre solide et de son histoire, pour maintenir des observations sur le long terme, pour préserver la biodiversité, pour étudier la circulation océanique et les phénomènes biogéochimiques associés qui sont déterminants pour le climat et la biosphère, et, d’une manière plus générale, pour contribuer à la découverte et à l’exploitation des fonds et des ressources marines vivantes, minérales et énergétiques encore largement méconnues aujourd’hui. »

Rappelons que jusqu’alors le gestionnaire technique de la flotte de l’Ifremer et de l’IRD était la GENAVIR à Brest qui emploie 250 marins et qui intégreront cette nouvelle structure.

La recherche océanographique française est composée de :

- Sept navires hauturiers :
Marion-Dufresne, Le Pourquoi pas ?, L’Atalante, Thalassa, Le Suroît, Antéa et Alis, capables de réaliser des campagnes océanographiques sur tous les océans (hors zones polaires). De 30 à 120 mètres de long, ils sont capables d’effectuer des levés bathymétriques des fonds marins, de déployer des systèmes sous-marins profonds afin de prélever des échantillons ou bien encore de réaliser des carottes de sédiments non déstructurées.
(Photo : Le Pourquoi Pas ?)

Une convention de partenariat passée avec la Marine nationale permet un accès au Beautemps-Beaupré, tandis que le partenariat Ocean Facilities Exchange Group (OFEG) conclu avec six autres pays européens permet de mieux coordonner l’activité des navires. Le projet européen Eurofleets en cours devrait permettre de renforcer l’intégration européenne de la flotte.

- Des engins sous-marins profonds :
comme le sous-marin Nautile ou le robot télé-opéré Victor6000 capables de travailler à 6000 mètres de profondeur, uniques en Europe, des sonars remorqués, des équipements de sismique ou de prélèvement (carottage jusqu’à 60 m sur le Marion-Dufresne ou encore le pénétromètre Penfeld) peuvent être mis en œuvre depuis la majorité des navires hauturiers.


- Six navires côtiers :
L’Europe, Gwen Drez, Thalia, Côtes de la Manche, Tethys II et Haliotis, utilisés en Manche-Atlantique et Méditerranée permettent la réalisation de campagnes scientifiques nombreuses et variées avec une capacité à assurer un continuum de moyens entre le littoral et l’hauturier.


Article RH 3B Conseils
Sources : ministère de l'enseignement supérieur
photos : ministère de l'enseignement supérieur / Ifremer

mercredi 2 mars 2011

Bretagne : 52 communes devront se doter d'un plan de prévention des risques de submersion marine


Il y a un an, la tempête Xynthia frappait les côtes atlantiques. Sa violence et ses conséquences - digues éventrées, maisons submergées, habitants victimes de la montée des eaux - ont amené l’Etat à engager un état des lieux général du littoral français : le réexamen des mesures en vigueur, la fiabilité des infrastructures de protection…., l’ensemble du dispositif en matière de risques de submersion marine (voir aussi article du blog du 5/05/ 2010).

La submersion marine est liée à la conjonction de phénomènes météorologiques comme hydrodynamiques (marée, courants...) est sans doute amener à devenir une réalité plus forte encore en raison de l’élévation du niveau de la mer liée au réchauffement climatique. Dès lors, c’est l’ensemble des acteurs locaux, des communes au services de l’Etat, qui est mobilisé sur cette question dont on a vu le caractère particulièrement sensible chez les populations récemment touchées sur la façade atlantique

Au moment de la tempête Xynthia on comptait en France 6738 Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN) inondations approuvés et 3373 prescrits sur le territoire national.
Peu de PPRN prenaient néanmoins en compte le risque de submersion marine. Ainsi, sur 864 communes littorales, seuls 46 PPRN avaient été approuvés et 71 effectivement prescrits.

Pour répondre à cette situation, un plan national de prévention des submersions et crues (60 actions) doté de 500 M€ d'ici 2016 - prélevé sur le « fonds Barnier », le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM) – a été récemment présenté par la ministre de l’écologie.

Concernant la submersion marine et la vigilance météo, un programme ''vagues-submersions'' visant à améliorer les systèmes de prévision, d’avertissement, de vigilance et d'alerte doit être mis en œuvre d'ici fin 2011, sous la responsabilité de Météo France.
Il est apparu nécessaire en effet de progresser dans la mise en place d’un volet « fortes vagues submersions marines » - volet coproduit par Météo France et le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM) -, en redéfinissant le niveau de vigilance par département, en fonction des prévisions de niveau de mer et d’amplitude des vagues relativement au large et en s’appuyant sur des seuils de sensibilité des zones côtières, en liaison avec les services de l'État et des collectivités locales.

Ainsi, pour chacun des départements littoraux Météo France définira grâce au code couleur en vigueur – orange, rouge - un niveau de vigilance sur les zones côtières les plus sensibles.

En outre, le réseau national de radars hydrométéorologiques devrait également être renforcé d’ici à 10 ans avec un dotation de 10,6 millions d'euros, dont 1,4 millions en 2011).

Avec cette révision générale des PPR, depuis juin 2010 les préfets des départements et les services déconcentrés de l’Etat ont donc été largement mis à contribution pour approuvés pas moins de 500 nouveaux plans. Ainsi fin janvier 2011, ce sont désormais 8.420 communes qui étaient couvertes par un PPR naturel approuvé ( 85% concernant également le risque d'inondation).

D’ici 3 ans, 242 nouvelles communes littorales devraient être couvertes par un Plan de prévention des risques littoraux (PPR-littoraux) et 68 communes qui en possèdent déjà un, faire l’objet d’une révision générale selon les critères intégrant : les risques pour la vie humaine, la préservation des espaces non construits soumis à pression foncière
 et la préservation des espaces non construits.

S’agissant de la Bretagne, cinquante-deux communes bretonnes vont devoir se doter d'un plan de prévention des risques de submersion marine (PPR-SM) ou réviser celui existant. Mais sans attendre, de nouvelles normes sont appliquées dans les communes littorales rendant de nombreux terrains inconstructibles.

La méthode: relever la côte.
L'élément nouveau, avec le relèvement de la côte, c'est désormais la prise en compte d'un aléa futur lié au réchauffement climatique. Les effets de la montée du niveau des océans, les impacts du réchauffement climatique en Bretagne sont en effet d’ores et déjà mesurables avec le phénomène bien décelable du «grignotage du littoral».

Si le niveau marin est en hausse depuis 200 ans, cette hausse n'est pas uniforme. Et a priori, moindre en Bretagne (2 mm par an à Brest contre une moyenne de 3 mm). Mais cette hausse est plus rapide sur les derniers 100 ans.

Dans ce cadre le département du Finistère peut faire l’objet d’une attention particulière puisqu’il est le premier département en linéaire côtier, avec ses 1 250 kilomètres de côtes - ce qui représente près du quart du linéaire littoral français métropolitain, et ses 118 communes littorales (sur 283).



Un rapport de synthèse de 2004 du Conservatoire du littoral dressait ainsi le diagnostic : «Élévation du niveau moyen de la mer (...), tempêtes plus fortes et plus fréquentes (...), accélération de l'érosion des plages et des falaises (...), submersions temporaires ou permanentes sur les espaces côtiers bas (...), accentuation de la salinisation des eaux souterraines littorales.»

Avec l’augmentation prévisible à l'horizon 2100, du niveau de la mer de 30 à 60 cm, la menace est bien réelle notamment pour l'Ile de Sein.



Relire également les articles du blog du 26/04/ 2010 sur la modélisation des vagues et du 4/12/2009 sur la Bretagne face à la montée des eaux.)


Article RH 3B Conseils
Sources : ministère de l'écologie / préfecture / Télégramme

mardi 1 mars 2011

Le projet IDEALG sur la valorisation des macroalgues, retenu par l'Etat


Association de dix-huit partenaires * de la région (organismes de recherche, centre technique et entreprises), le projet IDEALG piloté par l’Université européenne de Bretagne (UEB) à la station biologique de Roscoff (UPMC-CNRS) est l’un des cinq projets lauréats de l’appel d’offres national « Biotechnologies Bioressources ». Un projet d’avenir pour valoriser les macroalgues. Ce projet d’une durée de 10 ans sera doté de 10 M€.

La Bretagne dispose de ressources naturelles importantes mais la culture d’algues y reste limitée en tonnage et les quelques 70 PME (1 600 emplois) qui transforment cette biomasse à des fins cosmétiques, alimentaires ou agricoles, n’utilisent que très peu encore les outils biotechnologiques. Seul un fort potentiel de recherche et d’innovation dans le domaine des ressources marines peut assurer l’avenir industriel de cette filière qui doit aussi intégrer dans son développement d’importants enjeux environnementaux.

IDEALG s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Grenelle de la mer de même que dans les priorités de la Région Bretagne, qui souhaite voir émerger, sur son territoire, des activités liées à la valorisation des ressources marines.

L' équipe en biologie et en génomique de Roscoff entend mettre les biotechnologies marines au service de la filière algues. Ce projet sur dix ans associe des organismes de recherche, un centre technique (le CEVA) et cinq entreprises investies dans la valorisation et l’aquaculture des algues.

Si le programme porté par la Station Biologique comporte plusieurs volets de recherche fondamentale (biologie, biochimie, génomique, physiologie, métagénomique, écologie), il intègre également 3 volets de recherche appliquée à l’aquaculture, aux biotechnologies et à la chimie, destinés à favoriser une production de masse et la sélection de variétés nouvelles.
Une évaluation sociétale, économique et environnementale est prévue avant transfert aux partenaires privés, dans le respect du milieu marin et de sa biodiversité.

* IDEALG associe 18 partenaires, dont un centre technique, le CEVA à Pleubian, et 
5 entreprises basées en Bretagne.
Les organismes de recherche associés dans IDEALG sont : l’UEB, la Station Biologique de Roscoff (CNRS-UPMC), l’Ifremer, les Universités de Bretagne occidentale (UBO) et de Bretagne Sud (UBS), université de Rennes I , université de Nantes, l’ENSC Rennes, AgroCampus Ouest et l’INRA.

Les entreprises sont : C-Weed aquaculture à St Malo, Aléor à Lézardrieux, France Haliotis à Plouguerneau, Bezhin Rosko à Roscoff, Danisco à Landerneau et Copenhague qui seront impliquées dans la valorisation et les développements de l’aquaculture des algues.

Impliquer les scolaires dans leur « Histoire d’algues » 

: deux nouvelles journées découverte en 2011.

En 2009 au Conquet et à Lanildut s’est déroulé la première « Journée Science et Ethique découverte » visant à présenter aux scolaires une activité économique qui s’est développée dans ces deux communes du littoral autour de la pêche et de l’exploitation du champ d’algues de l’archipel de Molène. 



Les algues sont un enjeu économique et social important pour les communes qui bordent le Parc marin et d’une manière générale pour les activités pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires. 



Les jeunes ont aussi pu découvrir le rôle important que revêt le plus grand champ d’algues européen de l’archipel de Molène. C’est un site de reproduction, d’alimentation pour la faune exploitée par les hommes et une ressource en matière première pour l’industrie chimique. 

Dans d’autres sites, des micro-algues seront exploitées pour les énergies du futur comme bio-carburant. 


Lors de cette journée, les scolaires sont à la rencontre des plus anciens qui ont connu de manière artisanale et semi-industrielle l’exploitation des algues.

Voir les vidéos des journées découverte au Conquet réalisée par l'école Saint-Joseph du Conquet


Deux nouvelles journées découverte sur les Algues pour la rentrée scolaire 2011 est actuellement en préparation notamment avec le soutien de la Communauté de communes du Pays d'Iroise (CCPI).

Les Journées Science et Ethique découverte sont placées sous le patronage d'APESTDD (Association pour la promotion de l'éthique des sciences et technologies pour un développement durable) dont le président est le professeur Michel Glémarec et sont organisés par 3B Conseils.

Pour aller plus loin : quelques chiffres pour mieux connaître les algues (chiffres 2009) :



- La filière algue française réalise un chiffre d’affaire d’environ 150 millions d’euros, elle emploie 1000 personnes dont 240 récoltants professionnels.


- La France est aussi le deuxième producteur mondial de carraghénanes (E 407), le cinquième producteur mondial d’alginate (E 400, 401, 403, 402, 404, 405) et le huitième producteur d’agar 
(E 406) avec 60 000 tonnes d’algues fraîches déchargées.


- Lanildut est le premier port goémonier européen de déchargement des algues en France, avec 30 000 tonnes annuels de laminaires sur les 45 000 tonnes débarquées en Bretagne.

Relire également l'article du blog du 03/07/2010 sur la radiographie du champs d'algue de Molène


Source Région Bretagne
Photo : CEVA

lundi 28 février 2011

Préfecture du Finistère : le secrétaire général Jacques Witkowski part, Martin Jaeger arrive

Quimper (France - U.E) - 28/02/2011 - 3B Conseils - Jacques Witkowski, Secrétaire général de la préfecture du Finistère a été nommé secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, par décret du président de la République le 22 février dernier. Il avait rejoint la préfecture du Finistère, en juin 2008. Il est remplacé par 
le secrétaire général pour les affaires régionales auprès du préfet de Corse, Martin JAEGER, 57 ans, qui est nommé sous-préfet hors classe.

Article : BB
Sources : Acteurs publics - Le Télégramme

jeudi 24 février 2011

Accords en vue entre le CESE et le CESR Bretagne

Rennes (France - UE) - 24/02/2011 - 3B Conseils - Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) doit rencontrer aujourd'hui les membres du Bureau du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESER) de Bretagne afin d’échanger sur les modalités de coopération et les travaux des deux assemblées. L'objectif est d'intégrer les initiatives et innovations régionales aux réflexions conduites au niveau national par le CESE.

Rappelons que le rapport passionnant du CESER Bretagne publié en mars 2009 "Des énergies marines en Bretagne : à nous de jouer !" et dont les rapporteurs sont Guy Jourden et Philippe Marchand avec l'assistance technique de Fanny Tartarin, a été repris au niveau national par Gisèle Gautier, Sénatrice de Loire Atlantique dans le cadre de son rapport sur les nouveaux métiers des énergies marines renouvelable remis à Nathalie Kosciusko-Morizet en janvier dernier.

Afin, à signaler que l’assemblée des Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux (CESER) de France a renouvelé ses instances. Alain EVEN, Président du CESER de Bretagne, a été réélu président, pour un mandat de 3 ans.

Article : BB
Source : CESR Bretagne, Sénat.