vendredi 26 mars 2010

Journées Science et Ethique découverte de Concarneau : le retour d’expériences



Les Journées Science et Ethique découverte de Concarneau à destination des scolaires, avaient retenu comme thème central en octobre 2009 : « A la pêche aux déchets », en traitant notamment des questions liées  à la vie des déchets de la filière pêche et au recyclage de ces déchets à bord des navires, un nouvel enjeu s’ouvrant ainsi aux pêcheurs et aux transformateurs: adapter les bateaux et gérer les déchets. 225 élèves de Concarneau et Trégunc se sont ainsi penchés sur le thème des déchets.

les « Journées Science et Ethique découverte de Concarneau », ont créées en 2006 par 3B Conseils avec la participation du Musée de la pêche, du Marinarium, de Cap vers la nature, du Lycée des métiers Saint Joseph Saint Marc de Trégunc, le Centre Européen de Formation Continue Maritime, la Conserverie Gonidec et ANSEL.

Ces Journées sont des parcours pédagogiques traitant de la thématique des entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole mais adapté à un territoire précis et à un public de scolaire (du CE1 à la 4ème).

La démarche consiste à relier le local au mondial à partir de la même thématique que la conférence des experts des entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole, en l’adaptant aux différentes communes. Ces journées peuvent s’inscrire dans le cadre de « l’Ecole Agit » lancée par le Ministère de l’Education nationale.

Le programme 2009 entendait se pencher sur la gestion des déchets dans la filière pêche et la valorisation des co-produits de la pêche. A quoi servent les déchets ? et dans l’avenir pourra-t-on produire de l’énergie à partir des déchets de poisson ?

Un co-produit est une matière créée en même temps que la capture et la transformation d’un poisson : pêches accessoires (poissons capturés accidentellement), têtes de poissons, écailles,... C’est un produit inévitable, mais que l’on peut utiliser et valoriser ! 

En Bretagne, la pêche produit 70.000 tonnes de co-produits chaque année . La gestion des déchets issus de la pêche (vieux filets, huiles de fritures, chute d’emballage,...), mais aussi les déchets ménagers produits à bord des bateaux de pêche, est réglementée par des lois françaises et internationales.

Ainsi, il existe de nombreuses utilisations des co-produits. Ils sont d’ailleurs très largement employés pour faire des produits de beauté, de la nourriture pour les animaux. Les scientifiques et les industriels cherchent de nouvelles applications.

Dans le prolongement de ces deux Journées découverte 2009 à Concarneau les classes participantes du Collège des Sables Blancs ont poursuivi un travail sur ce thème et achever des réalisations faites à partir des informations obtenus lors de ces Journées.

Ces travaux des 6e du collège des Sables-Blancs - affiches et jeux de société - qu'ils ont réalisés suite aux journées Science et Éthique, en octobre dernier, ont fait l’objet d’une présentation aux différents partenaires et à la presse le 11 mars dernier lors d’un point presse (voir article du Télégramme du 12 mars 2010).

A cette occasion Radio-Rivages a effectué un reportage qui sera diffusé ce samedi 27 mars 2010 à 11H00 (fréquences Brest 89 / Quimper 92.6 / Quimperlé 99.6).

Sources : Le Télégramme / RH - 3B Conseils

jeudi 25 mars 2010

TOPLIPID : des produits sains à base d’actifs marins issus de microalgues




Le Pôle Mer Bretagne vient de labelliser un nouveau projet touchant aux actifs marins issus de microalgues.

L’objectif du projet TOPLIPID qui est également colabellisé avec le pôle Mer Bretagne, par l'IAR et le pôle Valorial vise à développer des actifs marins issus de microalgues riches en acides gras polyinsaturés qui contribueront notamment à la lutte contre les effets du vieillissement.

Prêt de 200 000 cas de maladies dégénératives du type DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age), Alzheimer…. sont diagnostiqués chaque année. Avec l’allongement de la durée de la vie, ce chiffre continue d’augmenter. Le Gouvernement et le ministère de la Santé et des Sports ont fait de ce problème de société une de leurs priorités.

La littérature scientifique met en évidence qu’une alimentation riche en acides gras oméga-3 et oméga-6 diminuent le risque d’apparition de ces pathologies.
Ces acides gras polyinsaturés (AGPI) peuvent être d’origine animale ou végétale. On les trouve par exemple dans le colza, le pépin de raisin ou encore le lin. Si ces acides gras d’origine végétale contribuent à la prévention des maladies cardio-vasculaires, elles ne montrent pas d’effet préventif significatif sur les maladies neuro-dégénératives.

Les huiles de poissons, et notamment de poissons gras, naturellement riches en acides gras polyinsaturés à longue chaîne, sont connues pour leur effet protecteur. Mais il est difficile de s’appuyer sur cette seule ressource qui se raréfie. De plus, l’odeur de ces huiles de poisson et la nécessité de les purifier de tout polluant imposent un traitement spécifique augmentant les coûts de production.

Certaines microalgues riches en huile peuvent constituer une source alternative d’omega-6. Elles font déjà l’objet de productions spécifiques en vue d’extraire des molécules intéressantes dont les applications industrielles sont nombreuses en agroalimentaire ou en nutrition-santé via les compléments alimentaires et les cosmétiques notamment pour la prévention de maladie type DMLA.

TOPLIPID vise à identifier et caractériser les souches de microalgues les plus pertinentes, et à optimiser les milieux de culture afin d’obtenir les rendements maximaux de production en termes de cellules algales comme de fraction huileuse.

Des technologies de séchage des micro-algues respectueux de l’environnement seront mises au point pour extraire la fraction huileuse. Les huiles obtenues seront caractérisées du point de vue de leur composition lipidique, de leur profil toxicologique et de leurs effets physiologiques.

En fonction des résultats obtenus, les fractions huileuses seront formulées de manière à disposer d’un profil lipidique en rapport avec les utilisations souhaitées. Des formes pharmaceutiques seront adaptées aux marchés des compléments alimentaires, de la cosmétique et de la santé.

Les partenaires de TOPLIPID :
Les entreprises : Soliance basé à Pleumeur Bodou porteur du projet développe, est spécialisé dans le développement d’ingrédients à haute valeur ajoutée issus des végétaux, des micro-organismes et des micro-algues ;
Yslab à Quimper développe et fabrique des produits d’hygiène et de santé, compléments alimentaires, produits cosmétiques, à partir des ressources marines.

Le centre de recherche : Université de Nantes : le laboratoire EA 2160 « Mer, molécules, santé », participe à l’amélioration des connaissances sur les réseaux trophiques marins et les valorise par la mise en évidence d’organismes ou de métabolites d’intérêt pour la santé humaine ou à forte valeur ajoutée industrielle.


Sources : Pôle Mer Bretagne / RH - 3B Conseils

mercredi 24 mars 2010

Les Pôles Mer à Oceanology International



Treize adhérents du Pôle Mer Bretagne et Pôle Mer PACA ont participé à l’opération collective organisée par les deux Pôles Mer sous le pavillon France. Une présence française plutôt remarquée à Londres, à l’occasion du plus grand évènement européen des sciences marines "Oceanology International" qui s’est tenu du 9 au 11 mars dernier.

Des adhérents des Pôles présents sur l’espace France, sur leur propre stand, ont renforcé l’effet de masse de la présence française.

Côté Bretagne, quatre adhérents du Pôle Mer ont pu exposer leurs produits et services sur le stand collectif : ENSIETA, Météostratégy, CADDEN et Technopôle Brest-Iroise.
Les exposants ont également développé leurs contacts lors de la convention d’affaires organisée par Entreprise Europe Network, et à l’occasion d’un moment convivial associant les membres des deux Pôles Mer et Ubifrance.

L’édition 2010 a été marquée par la richesse et la qualité de l’offre des 550 exposants venant de près de 30 pays, avec plus de 6000 visiteurs. Le panel des produits et services présentés a illustré les enjeux du monde maritime de demain : AUV, balises, équipement de forage, systèmes de cartographie, capteurs… Les innovations et les efforts déployés par les sociétés spécialisées ont mérité, rien qu’à eux, le détour.

Le programme européen EMSAC « European Marine Science Applications Consortium», a été officiellement lancé à l’occasion de ce salon en présence des différents partenaires. L'Agence Economique du Sud Est de l'Angleterre (SEEDA), porteur du projet EMSAC, a présenté le projet au cours d’une réception à laquelle ont assisté plusieurs membres du Pôle Mer Bretagne.

EMSAC, réseau européen de pôles d’innovation régionaux associe les acteurs du Sud-Est de l’Angleterre, la Région Bretagne, la Région PACA et la Région de Göteborg, et concerne la gestion des ressources marines, principalement côtières et estuariennes. Ce projet d’une durée de trois ans est financé par la Commission européenne à travers le Programme « FP7- Régions 2009 ».


Lire également l'article du 26 février 2010 " Les Pôles Mer, partenaires du réseau européen EMSAC pour la gestion des ressources marines".

Sources : Pôle Mer Bretagne / Oceanology International / RH - 3B Conseils

mardi 23 mars 2010

Surveillance maritime à l’échelon européen : assurer l’interopérabilité des systèmes



Lors de son déplacement à Brest en décembre dernier, dans le cadre des Assises de la mer, le Premier ministre avait annoncé un certain nombre de mesures dans le domaine maritime. Celles-ci devaient trouver leur traduction dans le Livre bleu intitulé « Stratégie nationale pour la mer et les océans », adopté par le CIMer - dans le droit fil des orientations issues notamment du Grenelle de la mer (article du 22 décembre 2009).

Ce Livre bleu qui retient comme approche une politique intégrée dans le cadre de la politique maritime de l’Union européenne entend redessiner une nouvelle ambition maritime pour la France, deuxième domaine maritime mondial.

Parmi les actions annoncées la création d’une fonction de garde-côtes qui pourrait être destinée notamment à sécuriser la navigation au large des côtes, intercepter les trafics; lutter contre les pollutions ; prévenir les accidents de mer ; protéger la biodiversité marine.

Pour le Premier ministre (voir article du 3 décembre 2009) « Tout cela relève de l’action de l’Etat en mer et recouvre aujourd’hui 45 missions différentes qui impliquent plus de dix départements ministériels. La coordination de l’ensemble des bateaux, des aéronefs, des centres de secours en mer mais aussi à terre est une tâche complexe…. La Marine Nationale, la Gendarmerie maritime, les Douanes, les Affaires maritimes, la Police, la Justice, et les Sauveteurs en mer agissent ensemble pour assurer la sécurité de nos concitoyens et la protection de notre environnement. Eh bien pour que cette organisation soit opérationnelle en tout temps, il lui faut une forte gouvernance interministérielle. »

Le Premier ministre avait ajouté « Je pense qu’on peut optimiser l’utilisation des moyens des différentes administrations. Et pour cela il est nécessaire de passer d’une logique administrative à une logique de mission. J’ai demandé dans cet esprit, que l’on réfléchisse à la création d’une fonction « garde-côtes ». Il ne s’agit pas de créer un nouveau service de l’Etat. Il s’agit d’abord de mettre en place un comité directeur de la fonction garde-côtes qui rassemblera les responsables de toutes les administrations agissant en mer, sous l’autorité du Secrétaire général de la mer. Nous allons créer un centre opérationnel de la garde-côtes, qui rassemblera les données de situation maritime provenant de toutes les administrations. Et nous allons expérimenter dans un premier temps, un centre unique d’action de l’Etat en mer, d’abord en Polynésie, là ou notre zone économique est la plus étendue. Et nous nous servirons de cette expérimentation pour poursuivre l’expérience. Je pense que la fonction de garde-côtes donnera plus de visibilité à l’action de l’Etat en mer, et permettra de mieux dialoguer avec nos partenaires européens. »

De son côté, la Commission européenne entend également se saisir des questions touchant à la surveillance maritime et assurer l’interopérabilité des différents systèmes tant sectoriels, nationaux qu’européens en allant vers une meilleure intégration de ces services pour en assurer une meilleure efficacité.

En effet, la Commission considère que les différents systèmes de contrôle et de suivi déjà utilisés pour assurer la sûreté et la sécurité maritimes, la protection de l’environnement marin, le contrôle des pêches, le contrôle des frontières extérieures et d’autres activités de contrôle de la mise en œuvre de la réglementation fonctionnent aujourd’hui de façon trop cloisonnée entre les différents secteurs. La position exprimée par la Commission est que pour qu’elle soit optimale, l’exploitation des océans doit se faire dans des conditions idéales de sécurité et de respect des règles.

Or, actuellement, les activités maritimes de maintien de l’ordre sont assurées par différents services comme la surveillance du trafic, la protection de l’environnement, le contrôle des pêches, les secours en mer, la surveillance des frontières, les garde-côtes, la marine militaire, lesquels opèrent indépendamment les uns des autres, collectant parfois sans le savoir les mêmes informations ou n’ayant pas la possibilité de partager ces données, faute de protocoles compatibles ou d’accord politique préalable.

Afin de rendre plus efficace le système, la Commission préconise donc la mise en place d’une vaste coopération non seulement verticale, entre les différents corps, mais également horizontale, entre les services des différents États membres et même, dans certains cas, des États tiers.

Mais il s’agit d’aller plus loin qu’une simple coopération. La Commission a en effet réuni un groupe d’experts des États membres pour travailler à la mise en place d’une véritable interopérabilité des services.
Ces travaux ont nourri la nouvelle communication de la Commission européenne intitulée «Sur la voie de l’intégration de la surveillance maritime: un environnement commun de partage de l’information pour le domaine maritime de l’Union européenne» . Il s’agit d’indiquer la marche à suivre pour établir une plateforme d’informations commune à tous les services chargés de la surveillance maritime, préalable indispensable à la mise en place d’une véritable interopérabilité.

Jusqu’à présent en effet, chaque corps a son propre système d’information. Par exemple, le système de surveillance des navires par satellite (VMS – Vessel Monitoring System), qui permet de localiser par satellite les bateaux de pêche, et le système d’authentification automatique (AIS – Automatic Identification System), qui permet de localiser par antennes côtières les navires de transport, ne sont accessibles que, respectivement, par les services de contrôle des pêches et par les services de surveillance du trafic maritime, sans superposition.

La Commission a donc passé en revue tous les systèmes utilisés dans l’Union européenne, et propose maintenant aux États membres de passer à «un environnement commun de partage de l’information».

Autrement dit, il faudra assurer l’interopérabilité des systèmes sectoriels, nationaux et européens, ce qui demande un gros travail en matière de développement de normes, de procédures communes et d’interconnexion des systèmes. Mais le jeu en vaut la chandelle, car cela permettra d’améliorer la qualité et l’efficacité de la surveillance et de diminuer les coûts.

Ces avantages auront des retombées positives sur la sécurité nationale, sur la sécurité et la sûreté maritimes, sur la protection du milieu marin, sur le contrôle des frontières et sur l’application de la législation en général.

En matière de surveillance maritime, la Commission veut assurer l’interopérabilité des systèmes sectoriels, nationaux et européens, ce qui demande un gros travail en matière de développement de normes, de procédures communes et d’interconnexion des systèmes.

Dans ce cadre, deux expériences pilotes sont en cours pour évaluer les obstacles rencontrés dans ce travail : l’une dans la Méditerranée et le proche Atlantique et l’autre, dans les bassins du nord de l’Europe. Il s’agira de mettre en commun les informations et les données concernant la surveillance des frontières, les douanes, le contrôle des pêches, la sécurité maritime, les opérations de recherche et de sauvetage, la pollution marine, la sûreté maritime des navires et des ports, la prévention et l’éradication des activités criminelles et l’efficacité de la navigation et du transport. Les résultats et les enseignements de ces deux projets pilotes permettront de généraliser cette interopérabilité dans toute l’Union européenne.

Pour mémoire,après le naufrage et la marée noire de l'Erika et avant celui du Ievoli-Sun d'une part et les problèmes de pollutions agricoles d'autre part, les entretiens Science et Ethique 2000 ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre.

Sources : Union européenne / Secrétariat général à la mer / 3B Conseils

lundi 22 mars 2010

35 000 ans d’histoire du vivant : un inventaire des animaux et des végétaux en France

Comprendre la biodiversité, son évolution tel est l’objet du travail colossal engagé sous la responsabilité de Cécile Callou, originaire des Côtes d’Armor, Maître de conférence au Muséum d’Histoire Naturelle, chargée de mettre en place le nouvel inventaire national du patrimoine naturel .

Développé par le Muséum national d'histoire naturelle et le CNRS, il permet de connaître la localisation d'une espèce, animale ou végétale, en France, depuis 35 000 ans, et de la situer dans son environnement. Ces informations désormais en ligne constituent une base de données unique au monde, consultable par tous.

Le site met en ligne les informations relatives au patrimoine naturel en France (espèces végétales, espèces animales, milieux naturels et patrimoine géologique) et son évolution récente à partir des données disponibles au Muséum national d'Histoire naturelle et celles du réseau des organismes partenaires.

L'inventaire national du patrimoine naturel est l'aboutissement d'un long travail qui associe scientifiques, collectivités territoriales, naturalistes et associations de protection de la nature en vue d'établir une synthèse sur le patrimoine naturel en France.

Ces milliers d'informations qui ont été saisies pour alimenter la base de données suivant rigoureusement les règles scientifiques, sont doublement vivantes. Elles le sont d’abord parce que ce site est un outil pour la connaissance et la gestion du vivant, et également parce qu'il évolue en fonction des apports de tous les partenaires.
Ainsi, près de 3 000 espèces animales et plus de 1 000 espèces végétales sont répertoriées, ainsi que plus de 4 000 sites archéologiques.

Ce travail offre un passionnant voyage dans l'histoire du vivant, à la croisée de plusieurs disciplines scientifiques et des sciences humaines. Le projet comme le rappelle Cécile Collou est parti d'un constat, dans les années 1980 : « Les fouilles se sont multipliées avec le développement de l'archéologie préventive, préalable aux grands travaux (TGV, autoroutes). Elles ont donné lieu à quantité de rapports et d'études. Si tout cela restait dormir dans des kilomètres d'archives, ce serait stérile pour la recherche et la connaissance ».

Par ailleurs en complément, pour en savoir plus sur la biodiversité du littoral, consultez les archives des entretiens Science et Ethique 2006.



Sources : MNHN / Ouest-France / RH – 3B Conseils