mercredi 4 août 2010

Etude du front thermique en Mer d’Iroise


Nous évoquions dans l’article du blog du 02/08/2010 la nouvelle campagne scientifique du navire de recherches océanographiques « Le Suroît » d'Ifremer aux Açores – située sur la dorsale médio-Atlantique – zone de séismes.

Huit scientifiques, géologistes et géophysiciens de l’IUEM à Brest - l'Institut universitaire européen de la mer – vont en effet tenter de localiser lesdits séismes à la jonction des plaques d’Amérique du Nord et de l’Eurasie.

Une nouvelle mission scientifique baptisée Fromvar - qui s’inscrit dans le cadre du projet Epigram - est actuellement en cours aux larges des côtes bretonnes qui associe huit chercheurs, sous la direction de Louis Marié du Laboratoire de physique des océans et de Marc-André Gutscher du Laboratoire du domaine océanique de l’IUEM. Sont également associés à cette mission la Station biologique de Roscoff, le CNRS, l’UBO, l’Ifremer ou encore l’IRD.

Embarqués à bord du navire de recherche océanographique Côtes-de-la-Manche, les huit scientifiques doivent étudier la structure hydrologique – température et salinité - de la mer d’Iroise et notamment le front thermique.

Leur objectif est de comprendre où se trouve la séparation – thermocline - entre les deux couches d’eau grâce à des mesures acoustiques, sismiques, lesquelles seront comparées avec des mesures directes de la température des eaux, afin de tenter d’améliorer les modèles de prévision.


Article RH 3B Conseils
Sources Ifremer / IUEM /

mardi 3 août 2010

« Radiographie » du champ d'algues de Molène

Situé dans le Parc marin d’Iroise, le champ d'algues de Molène est le plus important d’Europe, il est aussi reconnu comme l’un des plus diversifiés. Il fait actuellement l’objet d’une surveillance et d’un examen attentif par les scientifiques et selon les observateurs du Parc celui-ci se porte bien – a contrario du champ d'algues en Bretagne-Sud qui connaît une certaine régression-.

Le parc marin d’Iroise a initié un programme ambitieux pour mieux connaître son champ d'algues situé à la jonction des eaux froides du nord et des eaux chaudes du sud. Cette situation particulière lui confère également une diversité étonnante où cohabitent des algues venues de Norvège (laminaria digitata et hyperborea) et du Portugal (saccorhira polyschides). C’est richesse l’est aussi au niveau de la biodiversité, le champ d’algue constituant un habitat pour de nombreuses espèces comme les dauphins ou les phoques témoignant de la bonne qualité du milieu…. comme le signale Philippe Le Niliot, responsable scientifique du Parc.

Le programme du Parc marin pour connaître le champ d'algues de Molène mobilise d’important moyens comme une cartographie complète, réalisée avec le Service hydrographique de la Marine (SHOM) à partir d'un avion capable de balayages électroniques sur 240m de largeur et jusqu'à 20m de profondeur. A cela s’ajoute des levés bathymétriques avec l’Ifremer et des actions de terrains menées par les agents du parc.

Cette « radiographie » du champ d'algues doit permettre d'observer son évolution et de prendre si besoin des mesures d'adaptation pour en assurer le caractère durable. Cette une gestion responsable pour la préservation de la ressource se fera en lien avec les scientifiques, les professionnels et les élus représentés au sein du Parc marin.

Cette bonne vitalité du champ d’algue de Molène se retrouve également dans son exploitation goémonière depuis plus de 170 ans. Le port de Lanildut est d’ailleurs le premier port européen de débarquement des algues (voir article du blog du 23 juillet 2010 sur le Forum de l’algue qui se tient chaque année à Lanildut).


Cette exploitation permet une extraction chaque année, de 50.000 tonnes de laminaria digitata, algue située à un niveau peu profond (jusqu'à cinq-six mètres) au moyen du « scoubidou ». Cependant la demande de laminaires - pour la cosmétique ou l’alimentaire notamment - étant en croissance exponentielle, les goémoniers sont passés à l'exploitation de l'espèce hyperborea que l'on trouve jusqu'à 30 mètres de profondeur, avec une récolte de 12.000 tonnes effectuée au moyen du procédé dit du «peigne».


Pour aller plus loin dans la connaissance des algues :

Les journées Science et Ethique découverte
En 2009 au Conquet et à Lanildut s’est déroulé la première « Journée Science et Ethique découverte » visant à présenter aux scolaires une activité économique qui s’est développée dans ces deux communes du littoral autour de la pêche et de l’exploitation du champ d’algues de l’archipel de Molène. 



Les algues sont un enjeu économique et social important pour les communes qui bordent le Parc marin et d’une manière générale pour les activités pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires. 



Les jeunes ont aussi pu découvrir le rôle important que revêt le plus grand champ d’algues européen de l’archipel de Molène. C’est un site de reproduction, d’alimentation pour la faune exploitée par les hommes et une ressource en matière première pour l’industrie chimique. 

Dans d’autres sites, des micro-algues seront exploitées pour les énergies du futur comme bio-carburant. 


Lors de cette journée, les scolaires sont à la rencontre des plus anciens qui ont connu de manière artisanale et semi-industrielle l’exploitation des algues.

Une nouvelle journée découverte sur les algues sera organisée pour les élèves des deux communes dans les semaines suivant la rentrée scolaire 2010.


La maison de l’algue à Lanildut
Centre d'interprétation de l'algue, situé sur le port de Lanildut, au second hangar, elle est ouverte de juin à septembre. 
La Maison de l’Algue présente une exposition ludique qui retrace la place des algues dans le monde vivant, permet d’identifier les différentes familles d’algues, les zones de récolte, et de mesurer l’importance nationale du champ d’algues de la Mer d’Iroise.

Elle offre également la possibilité de revivre l’épopée des goémoniers d’autrefois en découvrant leurs bateaux, leurs outils de travail, mais aussi des maquettes,des films et des photographies qui témoignent de l’âpreté de leur vie quotidienne. La visite des 11 fours à goémon encore visibles à Lanildut aide à mesurer l’ancienneté de ce métier sur la commune.


Dans la Maison de l’Algue, des fiches et ateliers pédagogiques sont proposés gratuitement aux petits comme aux plus grands : découverte de l’utilisation traditionnelle des algues ainsi que celles d’aujourd’hui, identification des algues, initiation à la cuisine aux algues, réalisation d’un herbier marin ou d’un tableau d’algues…!
Des panneaux de l’exposition « les énergies de la mer : l’or bleu » réalisées par 3B Conseils sont présentés au public.


Le musée des goémoniers à Plouguerneau
Depuis 1985, le musée des goémoniers et de l’algue à Plouguerneau a pour pour objectif la collecte, la sauvegarde, la mise en valeur et la transmission du patrimoine maritime et culturel. L’originalité de cet écomusée se situe dans le fait que, présentant l’évolution de son territoire de référence, il affirme la modernité des écomusées à travers l’évocation du métier de goémonier. En fait, celui-ci est fortement lié au « pays » depuis le début du XIXe siècle et, aujourd’hui plus que jamais, les industriels ont recours aux algues récoltées sur la côte Nord du Finistère pour la fabrication de nombreux produits de consommation courante.

Ce métier a connu des mutations technologiques et des changements dans ses pratiques du XIXème siècle à nos jours. Les goémoniers sont bien moins nombreux qu’autrefois mais leur récolte d’algues (laminaires) est plus que jamais d’actualité et indispensable à nombre de filières agroalimentaires, cosmétiques, pharmaceutiques, paramédicales et autres.

Artcle RH 3B Conseils
Sources : Parc marin d'Iroise / Télégramme

lundi 2 août 2010

"Le Suroît" de l’Ifremer va traquer les séismes aux Açores


Après sa mission baptisée «Aspex», en mai dernier qui l’a mené du sud de la Bretagne jusqu'au plateau des Landes, le long de la côte basque, afin de comprendre ce qui fait se déplacer les masses d'eau sur le plateau continental (*) dans le golfe de Gascogne - à des profondeurs comprises entre 50 et 200 mètres -, le navire de recherches océanographiques « Le Suroît » (**) d'Ifremer, a appareillé pour une nouvelle campagne.

Celle-ci va le mener aux Açores – située sur la dorsale médio-Atlantique – zone de séismes. Huit scientifiques, géologistes et géophysiciens de l’IUEM à Brest - l'Institut universitaire européen de la mer - sous la direction de Julie Perrot vont tenter de localiser lesdits séismes à la jonction des plaques d’Amérique du nord et de l’Eurasie.

Pour les scientifiques deux raisons sont possibles : des failles ou des remontées magmatiques (remontées de roches à 1300 degrés).
Ils vont étudier sur zone les processus hydrothermaux et leurs conséquences biologiques sur la faune et également les « fumeurs » - des cheminées se formant en profondeur où l’on retrouve des sulfates et métaux rares (avec un intérêt économique quant à l’exploitation de ces ressources).

S’agissant des tremblements de terre, jusqu’à présent les scientifiques disposaient essentiellement de données recueillies à partir des stations terrestres. Désormais grâce à des hydrophones les données sont plus précises.

(*) Les appareils de relevés posés sur le fond mesurent la température et la salinité de l'eau, ainsi que les courants entre le fond et la surface, tous les deux mètres. les données fournies pour tenter de comprendre le phénomène. 



(**) Le Suroît, construit en 1975 et modernisé en 1999, est un navire de 56 m de long et de 11 m de large. Il fait partie de la flotte scientifique gérée par GENAVIR.
Ses équipements scientifique totalement renouvelés lui permettent d'entreprendre des missions très diverses : bathymétrie, carottage, dragage, chalutage à perche, sismique haute résolution et très haute résolution, bathysonde/hydrologie, engins remorqués du type SAR, mouillages, travaux de station.
Selon le type de mission, son équipage compte de 16 à 23 personnes, et il peut accueillir jusqu'à 17 scientifiques.


Article RH 3B Conseils
Sources : Ifremer / Télégramme
Photo Ifremler

vendredi 30 juillet 2010

Idées de sortie : Exposition « Coquillages & crustacés »


Tout l’été, le musée des Beaux-arts de Brest accueille une exposition très originale… de coquillages. De la vidéo à la sculpture, de la photo à la peinture, 30 artistes fascinés par les coquillages composent un bazar kitch entre les œuvres plus classiques et marines du musée brestois.

Conservatrice du musée brestois, Françoise Daniel évoque "une juxtaposition d’œuvres qui s’ignorent superbement" pour situer cette exposition très décalée. Dans les différents espaces du musée, entre les grandes représentations passées du port de Brest, trônent en effet une clinquante vierge de Fatima en bigorneaux, un délirant berceau à roulettes "du même matériau avec des coques en plus", de superbes et vrais coquillages exotiques provenant des collections d’Océanopolis ou "d’officiers-coquillards" du temps de la Royale…

Au sous-sol du musée, c’est une plongée dans l’art brut et singulier que nous proposent une trentaine d’artistes contemporains fascinés par les formes organiques des coquillages et crustacés. D’un mur à l’autre, un homard constitué de clés anglaises regarde des coquillages gravés par des bagnards.

Plus loin, la coquille saint-Jacques de la vénus de Boticelli est cuisinée à la sauce puzzle, Salvatore Dali en pince peut-être pour les étoiles de mer et les bigorneaux peints de Paul Amar, la coquille-logo d’un pétrolier toise les têtes de Maisonneuve, une cabine de plage accueille les « bonshommes » de Sybille Parant… Une exposition à visiter en fredonnant le refrain d’une langoureuse chanson de Brigitte Bardot…

Cette exposition est réalisée en partenariat avec le Musée des arts modestes (MIAM) à Sète, dans le cadre de l’année de « Brest 2010, capitale de la biodiversité marine » et des 20 ans d’Océanopolis.


En savoir plus : Musée des Beaux-arts de Brest, 24 rue Traverse, 29200 Brest

Tél. : 02 98 00 87 96 / Mél. : musee-beaux-arts@brest-metropole-oceane.fr


Ouvert tous les jours, sauf les lundi et dimanche matin, de 10h à 12h et de 14h à 18h. Ouvert le lundi pour les groupes sur rendez-vous

Article RH 3B Conseils
Sources Ville de Brest

jeudi 29 juillet 2010

Le « Navire du Futur » et le grand emprunt national

« Navire du futur » est un programme de recherche qui vise à développer des bateaux plus économes, plus propres, plus sûrs et plus intelligents, afin de renforcer l'avance technologique et la compétitivité de la filière navale française. Ce programme a été étudié par l'un des 7 comités opérationnels du Grenelle de la mer, qui ont rendu leur rapport fin juin au ministère de l'écologie, de l'énergie du développement durable et de la mer MEEDDM.

L’éco-conception concerne les bâtiments des cinq marines : Marine marchande, défense, pêche, plaisance et scientifique. Pour les professionnels de la mer, le bateau du futur doit être équipé de modes de propulsion économes en énergie et en émission de CO2. La maintenance et la fin de vie des bateaux sont intégrées dans la démarche écologique pour atteindre un objectif : produire des navires plus sûrs, plus propres et plus économes en énergie.

Parmi les pistes de travail pour le développement du « navire du futur » : le navire de l'après-pétrole, l'hydrogénier, le navire sans équipage, le navire modulaire « multi purpose », le train des mers ou « sea train », le navire lourd ultra-rapide à faible consommation, l'île flottante.

Le groupe Navire du Futur (COMOP) a ainsi proposé, afin de fédérer les acteurs de la recherche, de créer un Centre de l'innovation et de la Recherche Appliquée dans le Naval (CIRAN), dont la mission serait de coordonner les compétences et les moyens d'essais. Il aurait aussi à identifier les investissements nécessaires et pourrait être épaulé par un outil financier comme une fondation. Le groupe propose également l'étude et la construction d'un navire d'expérimentation des technologies innovantes, « un démonstrateur », afin de valider à la mer un ensemble d'équipements et de systèmes. L'investissement serait de l'ordre de 50 millions d'euros. Des navires plus petits, à vocation régionale, dont certains dédiés spécifiquement à l'Outre-mer, pourraient également être réalisés.

En visite à Saint-Nazaire le président de la République a annoncé que les chantiers STX France - dont l'Etat est actionnaire à 33,34 % - bénéficieraient via le grand emprunt d'une enveloppe dans le cadre du projet « Navire du Futur », afin de réaliser ce démonstrateur.


Dans ce cadre des technologies du futur adaptée à la navigation, le projet SIGRAN par le DNCS et labellisé fin 2009 par le Pôle Mer Bretagne a pour ambition d’intégrer les technologies de réalité virtuelle parmi les outils qui équipent les passerelles de navigation des navires.

La réalité virtuelle permet, en temps réel, une immersion dans un monde graphique et une interactivité avec cet univers. Ces technologies peuvent intervenir utilement avant même le lancement du navire, pour des démonstrations avant vente, revues de conception, validation de l'aménagement de locaux, gestion simulée de systèmes complexes, préparation du montage. Elles permettent aussi le travail collaboratif associant le client dans le processus de conception, pour prendre en compte au mieux les critères fonctionnels d'aménagement, les facteurs humains et les contraintes de maintenance.

Durant la navigation, SIGRAN va plus loin encore en superposant des éléments virtuels au monde qui nous entoure, pour enrichir la réalité. Par-dessus la représentation en 3D du réel, l'outil peut offrir une visualisation de l'ensemble des informations acquises par des capteurs : c'est la réalité augmentée, qui permet par exemple de « gommer » la nuit ou la brume en environnement côtier pour « voir quand même ».


Voir aussi l' article du blog du 15 juillet 2010 sur le volet « navire de pêche du futur »


(*) STX France à Saint-Nazaire travaille depuis plusieurs années sur les problématiques des navires verts. Dans le cadre du programme ECORIZON et d'un projet de R&D notamment financé par la région des Pays-de-la-Loire, STX France avait présenté, en 2009, Eoseas, un concept spécialement étudié pour réduire l'emprunte environnementale des bateaux.

Article RH 3B Conseils
Sources STX / mer et marine / Pôle mer Bretagne
Photo STX France