lundi 17 mai 2010

"Peut-on penser hexagonal pour la gestion de la fin de vie des systèmes d'armes et des matériels militaires ? "

A la place des industries de défense dans notre économie comme dans la tradition séculaire de la Bretagne est venu s’agréger, depuis quelques années, une problématique nouvelle, qui si elle intéresse directement notre région en dépasse largement les frontières : celle de la fin de vie des navires militaires, mais au-delà de l’ensemble des systèmes d'armes et des matériels militaires.

Cette question désormais présente dans le public après les pérégrinations de la coque Q790 (ex-Clémenceau), fait déjà l’objet de réflexions et d’actions très précises tant d’associations et d’élus, que des autorités politiques et militaires.

Ainsi, le cycle de conférences « Défense et Environnement, une nouvelle manière de penser » porte notamment cette réflexion au niveau européen de l’impact des activités militaires sur l’environnement en tant de paix, guerre et post-conflit.

« Défense et Environnement » permet depuis quatre ans de croiser les expériences, les avancées technologiques, scientifiques, environnementales et bien sûr juridiques et politiques sur ces questions.

Des sujets qui sont également abordés quotidiennement dans le blog de veille internationale Défense et Environnement.

Dès lors il nous est apparu intéressant de signaler l'éditorial de Brigitte Bornemann (fondatrice et déléguée générale du cycle de conférences Défense et Environnement) et Xavier Lebacq (consultant et ancien ingénieur général de l’armement) paru sur le portail du site de Prorecyclage :

"Peut-on penser hexagonal pour la gestion de la fin de vie des systèmes d'armes et des matériels militaires ? "



Nous reproduisons ci-dessous cet éditorial :




"Le recyclage des produits issus du démantèlement des installations et matériels ainsi que le traitement des déchets résiduels sont des secteurs industriels en pleine croissance à l’échelle mondiale. Ils s’inscrivent directement dans le développement durable de nos sociétés. Des règlementations de plus en plus strictes ont vu le jour aux niveaux international, européen et national. 



Pour les industries de défense et le ministère de la défense, l’éco-conception et la gestion de la fin de vie des systèmes d’armes et des matériels sont désormais considérées comme incontournables.



Quelles sont les contraintes réglementaires ?



Un véritable « arsenal » de réglementations encadre désormais le monde des déchets et des activités de recyclage et il s’applique d’une façon ou d’une autre au monde de la défense, sans jeu de mots ! 



La convention de Bâle régente les transferts transfrontaliers des déchets et son "Ban amendment", transcrit dans la réglementation européenne exclut toute exportation de déchet dangereux hors OCDE. Les directives sur installations classées pour la protection de l'environnement (IPCE), sur l’eau et sur l’air sont maintenant reprises dans le code de l’environnement, qui s’applique pleinement au plan national aux activités de démantèlement.



S'y ajoutent la convention de Rotterdam qui impose l’information sur les produits dangereux dans toute exportation, la réglementation européenne REACH qui va imposer la traçabilité de tous les produits et le bannissement dans l’UE de ceux qui sont dangereux et la convention de Hong-Kong qui va imposer un démantèlement des navires civils protégeant les travailleurs et l’environnement ; cette convention entrera en vigueur dans les prochaines années. Ajoutons à la liste la convention sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets, dite convention de Londres, qui interdit toute immersion de déchets..



D’autres réglementations spécifiquement militaires émergent, telle que la convention sur l’interdiction et la destruction des armes à sous-munitions qui conduit à un vaste programme de démantèlement de munitions dans le monde.



Quelle est la situation actuelle en France ?



Plus de 200 000 tonnes de matériels militaires français sont aujourd’hui stockées en attente de démantèlement dans nos bases. Le nouveau format des armées va porter le tonnage total à plus de 350 000 tonnes dans les dix ans à venir. Cela pourrait engendrer la création ex nihilo en France d’environ 200 emplois, voire moins car il convient de tenir compte de la concurrence européenne et des industries déjà existantes pour traiter les démantèlements de matériels civils et militaires en Europe. 



Un tel tonnage reste faible à l’échelle des millions de tonnes du monde civil et doit être certes sérieusement relativisé en termes de perspectives industrielles et d’emplois. Les coûts dépendront de nombreux critères tels que le degré de pollution, la complexité des systèmes, le cours des métaux, la localisation des démantèlements et les coûts de main d’œuvre …



Les munitions, avec leurs risques pyrotechniques de vieillissement, de démantèlement et leurs contraintes de stockage, ont été plus régulièrement éliminées. Bien que l'on puisse optimiser leur recyclage à parfois plus de 95% de la matière, leur démantèlement conduira toujours à une dépense de plusieurs millions d’euros. En effet, la nature et les contraintes pyrotechniques des installations de démantèlement ont un coût significatif par rapport aux revenus du recyclage. 



Des crédits avaient déjà été prévus par la DGA pour le démantèlement de missiles nucléaires, la « dénucléarisation » de nos sous-marins à propulsion nucléaire (enlèvement du combustible nucléaire et traitement différé de la tranche réacteur), la destruction des munitions chimiques de la première guerre mondiale (opération SECOIA), ainsi que le démantèlement de certaines installations industrielles. A ces crédits, il a été ajouté plus de 100 millions d’Euros sur les 6 ans à venir pour les opérations de démantèlements de munitions conventionnelles, navires, matériels terrestres, aéronefs et équipements électroniques. 



Le démantèlement des 22000 roquettes sous-munitions antipersonnel du système d’armes MLRS, roquettes désormais interdites par la convention de Dublin, absorbera une partie de ces crédits et il pourrait s’étaler sur environ 8 ans. 



Le démantèlement des navires complexes, anciens et amiantés qui sont considérés comme des déchets dangereux s’est imposé dans le périmètre de l’UE ou de l’OCDE selon la nature des opérations. Il coûtera aussi quelques millions d’Euros, même si l’objectif global reste de vendre certains navires au démantèlement comme sont parvenus à le faire nos homologues britanniques avec la remontée actuelle des cours de métaux...




Va-t-on vers des filières françaises propres aux matériels militaires?



La problématique est que, face à un tissu industriel européen déjà existant, les tonnages militaires n’appelleraient pas à eux seuls a priori de politique industrielle spécifique par rapport au jeu concurrentiel européen.



Mais, dès lors que les bases navales doivent servir en priorité au soutien et au maintien en condition des navires de la marine, vers quelles installations industrielles iront nos navires à démanteler ? Si l’on n'y prend pas garde, les chantiers déjà existants en Europe, bénéficiant déjà de synergie industrielle avec le recyclage civil et de coûts horaires plus faibles qu’en France démantèleront tous nos navires de surface. 



La création de quelques dizaines d’emplois en France pour démanteler une part de nos navires pendant une dizaine d’année n’est-elle pas quand même un enjeu ? Gardons-nous d’appréciations trop rapides au seul critère de coûts directs des démantèlements en période de chômage ! Le rapport de la mission parlementaire de Monsieur Pierre Cardo apportera son éclairage sur ces questions.



Ayons aussi à l’esprit que, au delà du caractère affectif que l’on peut garder pour nos vieilles coques de surface, il est souhaitable que nos coques de sous-marins soient déconstruites en France pour des raisons certes toutes aussi affectives mais surtout au titre de la protection de notre technologie dans le domaine de la propulsion et de la dissuasion nucléaire. 



Le cas spécifique des munitions mérite aussi une analyse particulière au titre de la sécurité des munitions, leurs éléments pyrotechniques mais aussi du contenu technologique. Cela pourrait justifier une filière française judicieusement dimensionnée et capable aussi de gagner des parts de marché sur le créneau du démantèlement international : les stocks à éliminer dans certains pays ne manquent certes pas !



Quant aux aéronefs, véhicules terrestres et déchets électroniques militaires, les tonnages et technologies en jeu ne permettent raisonnablement pas d’envisager des filières spécifiques d’autant que l’avantage économique probable à les démanteler au plus près de leur site de stockage conduira naturellement à fournir de la charge, en France pendant 10 ans, pour environ une cinquantaine d’emplois. Les industries de service à l'environnement sont bien placées dans ce domaine et peuvent créer des synergies avec les démantèlements de matériels civils.



Peut-on ou doit-on mutualiser les moyens de démantèlement ou de destruction au niveau mondial ou européen ?



Chaque pays d’Europe a ses propres stocks et flux de matériels à éliminer. Chacun a sa propre organisation pour traiter la question et les priorités sont encore diversement appréciées. Des échanges d’informations ont vu le jour dans le cadre de l’OTAN. Son agence, d'entretien et d'approvisionnement la NAMSA est déjà prestataire de service pour détruire les mines terrestres anti-personnel, et démanteler des munitions conventionnelles. Elle pourrait peut-être demain proposer ses services pour mutualiser les démantèlements de navires, véhicules et aéronefs. Cette prestation de service viendrait alléger la charge des services de soutien dans la contractualisation et le suivi des opérations de démantèlement.



En guise de conclusion



Bien que les matériels militaires ne représentent pas un volume important et que leur démantèlement ne suppose pas la création de nombreux emplois ni d’avancées technologiques particulières, ces démantèlements peuvent revêtir des aspects de sensibilité particulière en période de rareté de création d’emplois et en matière de protection de notre savoir faire technologique. Ces aspects suggèrent une réflexion nuancée sur la juste part à démanteler en France."



Lire l'article du 5 avril 2010 de Défense et Environnement sur la mission parlementaire de Pierre Cardo.

Sources : BB / RH- 3B Conseils

vendredi 14 mai 2010

Projet VAMINC : des actifs marins pour apaiser l’inflammation de la peau


Le Pôle Mer Bretagne, pôle de compétitivité à vocation mondiale, vient de labelliser un nouveau projet dans le domaine des actifs marins : VAMINC.

"Développer des produits apaisants pour la peau est aujourd’hui l’un des objectifs de l’industrie cosmétique. L'enjeu est important : la moitié de la population est concernée par les problèmes de « peau sensible » et un tiers par les démangeaisons cutanées", comme l'indique les initiateurs du projet.

Ainsi, depuis quelques années la cosmétique s’intéresse beaucoup aux substances qui ont un effet sur les interactions entre la peau et le système nerveux : les neuro-cosmétiques. Les molécules d'origine marine représentent une source innovante de ces produits actifs naturels.

Le projet VAMINC vise ainsi à étudier, in vitro, les effets de ces actifs marins sur l'inflammation neurogène cutanée : élancements, sensations de brûlures, sensations de froid douloureux et picotements, grâce à un modèle de culture en laboratoire et de neurones et de cellules de l’épiderme mis au point notamment au Laboratoire de Neurobiologie Cutanée de l'Université de Bretagne Occidentale (UBO).

Les actifs marins repérés pourront être directement mis sur le marché par les sociétés productrices ou, en fonction des accords, incorporés dans différentes formulations avant commercialisation sur les marchés nationaux et internationaux.

Les partenaires du projet VAMINC :
Les entreprises :
Polaris (Pleuven), porteur du projet, expert en lipides nutritionnels, fournit des industriels en huile de très haute qualité,

Polymaris Biotechnology (Morlaix), société spécialisée dans la recherche, la caractérisation et la valorisation de biomolécules glucidiques issues de sa collection privée de microorganismes marins,

Proclaim (Rennes), société de recherche sous contrat spécialisée dans les tests d’efficacité des produits cosmétiques et de nutrition-santé,

les Laboratoires Dermatologiques d’Uriage (Courbevoie) lesquels développent et commercialisent en pharmacie et en parapharmacie, en France et à l’étranger, des produits cosmétiques pour l’hygiène et le soin de la peau, en particulier pour les peaux ayant un niveau de réactivité plus élevé que la moyenne,

Le centre de recherche :
CHU Morvan (Brest) , UBO EA 4326 Laboratoire de neurobiologie cutanée (Brest)

Sources : Pôle Mer Bretagne / RH – 3B Conseils
crédit photo Pôle Mer

mercredi 12 mai 2010

La 6ème nuit européenne des musées - 15 mai 2010

Lancé en 1999 en France à l’initiative du ministère de la culture et de la communication, le « Printemps des musées » proposait à tous les musées de France d’ouvrir gratuitement leurs portes au public un dimanche de printemps.

Depuis 2001, les musées d’Europe ont un rendez-vous privilégié tous les ans au printemps avec le public.
En effet, dès 2001, ce « Printemps des musées » s’est ouvert à tous les musées des 47 pays signataires de la convention culturelle du Conseil de L’Europe et a été placé dès lors sous le patronage du Secrétaire général du Conseil de l'Europe.

La Nuit européenne des musées s’est inscrite dans cette dynamique en invitant tous les musées d’Europe à ouvrir leurs portes simultanément pour une soirée festive au mois de mai.
Le samedi le plus proche du 18 mai, date de la Journée internationale des musées de l’ICOM (Conseil international des musées) depuis 30 ans, a été adopté pour célébrer cette « Nuit des musées » de toute l’Europe.

L’édition 2010 de cette 6ème nuit européenne des musées qui se déroule le samedi 15 mai en France et en Europe est l'occasion de sensibiliser un large public à la richesse du patrimoine que sont les collections des musées à travers des animations originales.


Parmi l’ensemble des manifestations culturelles prévues à travers la France, les entretiens Science et Ethique et 3B Conseils vous recommandent celles organisées par ses partenaires des entretiens Sciences et Ethique et des Journées Science et Ethique découverte).


Les événements :

BREST


Musée des Beaux-Arts


- Exposition Coquillages et crustacés : visites commentées(19:00 - 22:00)
- Concert et impromptus de musique baroque (18:00 - 21:00) par Emmanuel Rousson, professeur de clavecin au conservatoire de musique, de danse et d'art dramatique de Brest métropole océane, et ses élèves.
- Défilé de mode à l'inspiration de la collection du musée (21:00 - 22:00) par des élèves du lycée professionnel Jules Lesven de Brest ayant réalisé des vêtements en lien avec des œuvres de la collection du musée.



Musée national de la Marine

- Visite libre de l'exposition permanente et de l'exposition temporaire : «Un marin, une école, Tall Ships Atlantic Challenge ». (19:00 - 23:00)
- Mise en lumière d'un modèle ou d'une œuvre avec les commentaires d'un guide et la participation des amis du Musée national de la Marine, de 19h à minuit.


CONCARNEAU




Marinarium et Musée de la pêche


3 circuits… : 20h30, 21h30, 22h30

Le Marinarium, Cap vers la nature, le Musée de la Pêche et le service du Patrimoine de la ville de Concarneau s’associent pour conduire le public sur un parcours découverte « A la pêche aux déchets pour l’océan de demain »…………

Deux animations : « Tout est bon dans le poisson ou comment valoriser les co-produits de la pêche » et « Merci les sales bêtes » par Cap vers la Nature.



PLEMEUR-BODOU

Cité des Télécoms


Visite du musée et du jardin (19:00 - 00:00)
La Cité des télécoms vous invite à un parcours insolite au coeur du monde passionnant et sans cesse en mouvement des télécommunications, avec des jeux, des animations, son Jardin des sciences pour les plus jeunes et un spectacle son et lumière sous l'immense bulle blanche du Radôme, classé monument historique.


RENNES


Espace des Sciences


Les expositions de la salle Eureka et de la salle de la Terre seront en visite libre. (20:00 - 00:00)
- Exposition les Roches armoricaines
Que nous racontent les pierres? En observant et en touchant directement les roches, venez découvrir comment elles nous racontent l'histoire géologique de notre région. Ce voyage dans le temps est emaillé d'étapes surprenantes: des volcans en activité dans la région de Saint-Brieuc, des requins nageant dans les eaux qui recouvraient Rennes... Une histoire retracée sur 6 épisodes grâce à une centaine de roches récoltées dans le Massif Armoricain, mais aussi à des multimédias, des films et un mini-simulateur de tremblement de terre qui dévoilent l'évolution des paysages depuis 650 millions d'années. 


- Meurtre à l'Espace des sciences
Un crime a été commis. Que s'est-il passé? Dans cette exposition, après avoir découvert et observé la scène de crime, le visiteur doit mener l'enquête lui-même. Pour démasquer le coupable, il devra se rendre dans huit laboratoires scientifiques pour rechercher les indices nécessaires à la conclusion de son enquête.


PARIS

Palais de la Porte dorée – Aquarium Tropical


- Visite libre de l'aquarium et de l'exposition "Dans le sillage des requins" (19:00 - 22:00)

- Présentation de planches du story-board du film "Océans". (19:00 - 21:00)
L'auteur des planches, Vincent Coperet, sera présent et commentera son travail : comment passer du rêve des réalisateurs Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, à des images concrètes qui serviront de guide aux cameramen.


Bonne nuit des Musées………

Sources : Nuit des musées / RH – 3B Conseils

mardi 11 mai 2010

« Politiques et sciences de la mer : ensemble pour une politique maritime intégrée » - La Baule 17 et 18 mai 2010



Pour faire face à la complexité des enjeux maritimes et aux carences et insuffisances de la connaissance de la mer, les utilisateurs de la recherche marine doivent pouvoir contribuer à la définition des orientations de la recherche et des diverses politiques sectorielles et thématiques qui la sous-tendent.

La nouvelle gouvernance de la recherche marine et maritime décidée dans le cadre du Grenelle de la Mer et réaffirmée dans le Livre bleu de la Stratégie Nationale pour la Mer et les Océans, doit faciliter ces interactions entre gestionnaires, usagers et scientifiques.

Le colloque « Politiques et sciences de la mer » des 17 et 18 mai à La Baule propose un débat sur ce sujet entre scientifiques et acteurs gestionnaires.
En ciblant sur des thématiques maritimes précises, il est l’occasion de mettre en avant les résultats de recherches maritimes de haut niveau et de contribuer à leur appropriation par un public intéressé.

Laissant une large place au débat, ce colloque, programmé sur trois demi-journées, sera articulé autour de quatre table-rondes successives :
- Approche écosystémique et planification stratégique des espaces maritimes
- Exploration et gestion durable des ressources marines
- Observation et surveillance des océans et des zones côtières
- De l’écologie à l’ingénierie : quelles innovations pour des activités maritimes durables ?


Ce colloque, organisé par le MEEDDM dans le cadre de son programme de recherche finalisée Liteau, s’inscrit dans le cadre de la journée européenne de la mer du 20 mai 2010.
L’Ifremer, le CRAPE/CNRS, l’ONEMA et l’Agence des aires marines protégées (AAMP) sont co-organisateurs de l’événement.

Le blog médias de veille internationale Energies de la mer, créé par 3B Conseils, sera présent lors de ces journées à La Baule. Le blog vous permet de suivre au quotidien l’actualité des énergies de la mer à travers le monde.

Voir le programme
Inscriptions : jem2010@liteau.net

Consultez également la brochure « Le Grenelle de la Mer : des engagements pour préparer l’avenir »





A inscrire sur vos agendas :
Les entretiens Science et Ethique 2010, les 18 et 19 octobre à Océanopolis – Brest, sur le thème « Villes maritimes et ports du futur. Quels apports des énergies de la mer pour les villes à vocation maritime ? »

"Nous avons 10 ans pour répondre aux 1er engagements européens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors que de nouveaux rapports s'établissent entre l'Homme, les villes, la nature et la mer, des pays ont lancé de vastes programmes sur l'utilisation des énergies renouvelables de la mer.
 Les entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole souhaitent réunir des acteurs impliqués au niveau européen pour le développement des énergies renouvelables de la mer."


Sources : Liteau / CNRS / RH – 3B Conseils

lundi 10 mai 2010

Des navires de dépollution bretons sur la marée noire en Louisiane ?



Retour sur l’accident


Le 20 avril 2010, à 80 km des côtes de la Louisiane, la plateforme pétrolière exploitée par British Petroleum (BP) « Deepwater Horizon », subit une explosion majeure et prend feu. Cet accident fait 17 blessés et 11 disparus, les 115 autres personnes présentes étant évacuées par les Coast Guards américains.

Deux jours plus tard, alors que d’importants moyens de lutte antipollution sont rapidement dépêchés sur place, la plateforme sombre et les observations réalisées par les robots sous-marins téléopérés font état de ce que 159 m3 pétrole brut s’échapperaient quotidiennement du riser situé à une profondeur de 1 500 m. Quelques jours plus tard, ces estimations initiales sont révisées à la hausse. Les fuites seraient cinq fois plus importantes que prévu, avec 800 m3 de pétrole brut.

Le 23 avril, les hydrocarbures déversés forment déjà en surface une nappe de 1,6 km de large sur 8 km de long. Trente deux navires et 5 aéronefs sont mobilisés pour épandre des dispersants et mettre en œuvre des récupérateurs.

Le 25 avril , la reconnaissance aérienne révèle des irisations s’étalant désormais sur une surface de 32 km² et contenant du pétrole brut émulsifié.

Le 28 avril, des essais de brûlage in situ avec des barrages anti-feu sont réalisés puis vite interrompus par de forts vents sur la zone. Cette option présente en outre l’inconvénient de générer d’épaisses fumées très polluantes et de laisser des résidus flottants. Ce même jour, les vents rabattent les nappes vers les côtes de la Louisiane qui constituent une zone particulièrement sensible d'un point de vue écologique (*) mais aussi économique.

Le 29 avril, les premières plaques touchent des marais proches de l'embouchure du Mississippi.
Le 30 avril, après la Louisiane, c’est au tour de l’Alabama, de la Floride et du Mississippi de décréter l’état d’urgence. Parallèlement, le gouvernement fédéral des Etats-Unis déclare cette pollution "catastrophe nationale".

Le 1er mai, la superficie de la nappe est évaluée à 1 500 km2, soit la taille d'une grande agglomération comme Londres. Depuis le 2 mai, la pêche est interdite dans les eaux fédérales impactées par la pollution. BP envisage alors de contracter avec les pêcheurs pour qu'ils déploient des barrages flottants le long du littoral.
Les 5 et 6 mai, des conditions météorologiques favorables ont permis la reprise d'opération de brûlage de fragments de nappe.

En parallèle du traitement des effets, la lutte s’organise également pour enrayer la source du problème. Pendant plusieurs jours, quatre robots sous-marins ont tenté de fermer le bloc obturateur du puits qui aurait dû se déclencher automatiquement. Deux autres actions sont maintenant conduites en parallèle : couvrir le puits et le tuer.
La fabrication de deux coffrages métalliques de plus de 100 tonnes a été achevée en Louisiane, visant à être descendue jusqu’au plancher océanique de façon à « coiffer » la fuite principale située à 1 500 m de profondeur et capter vers la surface 80 % du pétrole s’échappant du gisement mais cette opération engagée semble rencontrer des difficultés opérationnelles.


Suivre les observations et mesures effectuées sur la pollution, sur les sites Air Now et pour les images satellitaires.

L’intervention de la technologie française ?

Nous évoquions dans un article de ce blog en date du 7 mai 2009 le développement par Ecocéane, société installée à Paimpol et spécialisée dans les navires de service et de dépollution, du bateau Catamar.

Des contacts sont actuellement en cours, entre Ecocéane, l’ambassade des Etats-Unis et le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), afin de venir en aide aux Etats-unis pour contrer la marée noire. Dans cette perspective et si les accords sont conclus, neuf navires d’Ecocéane pourraient y participer.
Chez Ecocéane, on confirme les discussions en cours, les navires n’attendraient que le signal de départ pour partir en Louisiane.


(*) Plus de 600 espèces animales, en particulier le pélican brun et une tortue des mers déjà en danger, sont menacées par la nappe.
134 espèces d'oiseaux au total sont menacées, de même que 445 espèces de poissons, 45 mammifères et 32 reptiles et amphibiens -alligators, grenouilles et serpents des mers -, selon les autorités du Département de la vie sauvage et des pêches de Louisiane. Le grand dauphin, le lamantin et différentes baleines risquent aussi d'être affectés de même que les coyotes, renards et ratons laveurs dont les habitats pourraient être pollués.


Relire également l’article du 17 décembre 2009 sur le Cedre (centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux).





Rappel : après le naufrage et la marée-noire de l'Erika, les entretiens Science et Ethique 2000, ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre, sur le thème "Vagues de pollutions: impacts et prévention des pollutions marines et telluriques sur les écosystèmes marins côtiers et révision de la loi sur l'eau".

Sources : Cedre / Ecocéane / RH – 3B Conseils
photo US Coast Guards