Le blog propose une veille internationale et régionale sur les sujets traités par les entretiens dédiés aux énergies de la mer dans le cadre de "Science et Ethique ou le devoir de parole" (technologies marines, énergies, aménagement du territoire, économie de la mer…). Il permet de suivre les principales évolutions des politiques maritimes à travers l'actualité médias.
mercredi 2 décembre 2009
La Politique Commune de la Pêche : La France veut être chef de file
Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, était présent hier aux Assises de l'économie maritime et du littoral organisées à Brest par l’hebdomadaire le Marin et le quotidien Les Echos où il a rappelé que la mer est un atout majeur et stratégique pour la relance économique.
Dans son discours, il a affirmé vouloir faire de la France, le chef de file des états-membres pour la réforme de la politique commune de la pêche en leur proposant un memorandum des propositions issues des assises de la pêche française (cf article du mardi 10 novembre). Grâce à cette démarche, "la France a pris un temps d'avance et compte le garder".
Le ministre a ainsi annoncé les orientations prises suite à cette concertation des acteurs de la pêche dont l'objectif est d'arriver à une "gestion durable et responsable et intelligente de la ressource halieutique".
La France souhaite que les professionnels de la pêche soient plus associés au processus de décision par une réforme de la gouvernance de la politique commune de la pêche.
Dans le même sens, il propose de favoriser les "Unités de Gestion Concertée" (UGC), appelées "Approche par pêcherie" par les pêcheurs. Cet type de démarche a pour objectif de donner une vision plus globale de la ressource avec des pêcheurs jouant le rôle de "sentinelle de la mer".
La question des quotas, très attendue, a également été abordée et le ministre s'est positionné favorablement pour le maintien de quotas mais plus à l'échelle individuelle et transférable, mais à l'échelle des captures avec une gestion "intelligente et collective" par le biais d'organisation de producteurs. "L'outil des quotas de capture reste l'outil le plus opérationnel et le plus efficace s'il est géré de manière collective par les pêcheries" a-t-il réaffirmé hier.
Lors du Grenelle de la Mer, la France s'est engagée à créer 20% d'aires marines protégées. Aujourd'hui, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche souhaite que Bruxelles s'aligne sur cet objectif.
Enfin, l'ambition française porte également sur le volet social en sollicitant une harmonisation à l'échelle européenne du statut de marin-pêcheur. Bruno Le Maire va plus loin en proposant que cette harmonisation s'aligne sur le droit du travail français surtout en matière de formation.
Les professionnels de la pêche et leurs représentants, présents hier à Brest, se sont dits satisfaits et ont apprécier la volonté du ministre de défendre, à Bruxelles, leur activité.
A l'issue de son allocution aux Assises de la mer, le ministre s'est rendu en compagnie d'André Le Berre, président du comité regional des pêches de Bretagne et de Philippe Mauguin, directeur des pêches, à la rencontre des pêcheurs puis en rade de Brest pour vérifier sur site l'état de la coquille St-Jacques.
Sources : Ouest France / Le Télégramme / Le Figaro / RH-CL – 3B Conseils.
lundi 30 novembre 2009
Les Assises de l’économie maritime à Brest - 1er et 2 décembre 2009.

Depuis 2005, les Assises de l’économie maritime et du littoral réunissent chaque année dans une grande ville maritime, dirigeants des administrations, entreprises publiques et privées des différents secteurs que compte cette économie : transport, industrie portuaire, pêche, offshore, industrie nautique, environnement et gestion du littoral, construction navale, recherche, etc...
Organisées par l’hebdomadaire le Marin et le quotidien Les Echos, en collaboration avec l’Institut Français de la Mer et le Cluster Maritime Français, les 5e Assises de l'économie maritime et du littoral devrait réunir à Brest plus de 1300 participants sur deux jours les 1er et 2 décembre, en présence d’une cinquantaine de personnalités.
Parmi les 50 intervenants annoncés le Premier ministre François Fillon, le ministre de l’agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire et la secrétaire d’Etat à l’outre-mer Marie-Luce Penchard.
Concept innovant il y a peu, cette économie maritime devient aujourd’hui une réalité avec notamment la création d’instances intersectorielles (dont le pôle de compétitivité Mer Bretagne et Paca) regroupant les industries et services maritimes.
La tenue de ces Assises et la venue à Brest du Premier ministre est d’autant plus attendue que dans la foulée du discours du Havre du président de la République en juillet dernier sur l’ambition maritime de la France, les attentes sont fortes dans tous les domaines touchant à l’économie maritime de la pêche, de la recherche scientifique, de l’industrie maritime, de l’aménagement du littoral, ou des énergies renouvelables de la mer.
Parmi les attentes qui seront portées à Brest, on se souvient que à la suite aux conclusions du Grenelle de la mer le chef de l’Etat dans son intervention au Havre avait exprimé son souhait de voir la France se doter d’ici à la fin de l’année 2009 d'une «plate-forme technologique unique », de rang mondial, dans le domaine des énergies marines" avec pour chef de file l'IFREMER ».
A l’occasion du 20ème anniversaire du Technopôle Brest Iroise (TBI), le 4 septembre dernier, Jean-Yves Le Drian, Président de la Région Bretagne, avait annoncé que celle-ci se portait officiellement candidate pour accueillir, à partir de Brest, cette grande plate-forme technologique sur les énergies marines.
Voir l’article de ce blog du 21 octobre 2009
Par ailleurs nous évoquions ici dans un article du 10 novembre sur les Assisses régionales de la pêche, les attentes de la profession. Les propositions lors des tables rondes nationales doivent précisément faire l’objet d’une restitution nationale par le ministre de la Pêche, à l'occasion de ces Assises de l'économie maritime et du littoral organisées à Brest.
C’est ce mémorandum français sera ensuite transmis à la Commission européenne avant la fin de l'année.
- Pour en savoir plus
- Voir le programme
Sources : Le Marin / Assises de l'économie maritime / RH - 3B Conseils
vendredi 27 novembre 2009
Brest au coeur des réflexions sur le changement climatique.

Brest a été en octobre dernier, le centre de discussions et de réflexions au travers des colloques organisés sur le changement climatique.
Après les 13 èmes entretiens Science et Ethique des 15 et 16 octobre derniers (créés et organisés par 3B Conseils) sur le thème : « l’Heure bleue : changement climatique et énergies de la mer » qui a permis de faire le point sur les avancées et la recherche scientifique en la matière , un autre colloque se tenait les 21 et 22 octobre au Quartz sous l’égide de la FAO avec le concours de Brest métropole océane (BMO).
Ainsi, la FAO, le PNUD et son centre d’expertise ClimSAT ont axé cette rencontre sur le thème : “Territoires, agricultures, pêches et forêts face aux changements climatiques : mieux comprendre les vulnérabilités pour mieux les anticiper ».Plus de 160 responsables de collectivités territoriales, d’organisations professionnelles et d’organismes d’appui (locaux, nationaux et internationaux) en provenance de plus de 30 pays des 5 continents y ont participé.
ClimSAT étant présent lors des 13èmes entretiens Science et éthique c’est donc naturellement que les entretiens ont participé à ces journées de la FAO.
Consultez ici la synthèse finale de la rencontre technique.
En savoir plus que cette rencontre ICI
Voir également l'article de ce blog présentant le colloque de la FAO (22 octobre 2009).
Sources : ClimSat - Pnud / RH - 3 B Conseils
mercredi 25 novembre 2009
L’enjeu du plancton : l’écologie de l’invisible





« Invisible à l’œil nu, le plancton n’en est pas moins un élément essentiel de notre planète. Pourtant, aujourd’hui, l’ensemble des activités terrestres, en particulier le déversement de produits chimiques, de métaux lourds et l’excédent d’engrais, provoquent la dégradation du plancton en quantité et en qualité.
Au travers de ce document (disponible à partir du 27 novembre) publié aux éditions Charles Léopold Mayer Pierre Mollo et Maëlle Thomas-Bourgneuf* nous entraînent à la découverte de ce monde microscopique fascinant et rappellent ainsi son rôle capital dans notre écosystème. Car, s’il est à la base de la chaîne alimentaire marine, le plancton, produit aussi la moitié de l’oxygène de notre planète et pourrait servir à l’alimentation humaine (il contient des antibiotiques naturels et est très riche en vitamines et oligo-éléments).
Mise en place de systèmes d’aquaculture durable, projets d’écloseries, protection de la mangrove (très collectrice de plancton), échanges entre chercheurs, les auteurs s’appuient sur de nombreuses expériences menées de par le monde pour proposer plusieurs modes de sauvegarde du plancton, et pour que le repeuplement des mers ne reste pas une utopie »
* Les auteurs :
Pierre Mollo est enseignant-chercheur, spécialiste du plancton. Il a réalisé des films sur le monde marin et co-anime le site www.plancton-du-monde.org avec Océanopolis
Maëlle Thomas-Bourgneuf, enseignante puis chargée d’études est devenue conceptrice de films, de livres et de site web pour mettre ses compétences au service de l’environnement
Par ailleurs, Pierre Mollo est partenaire de l’exposition “Invisible, zoom sur le plancton” présenté jusqu’à fin janvier 2010 au Centre de la Mer de l’Institut océanographique (Fondation Prince Albert 1er de Monaco).
Au travers de ce document (disponible à partir du 27 novembre) publié aux éditions Charles Léopold Mayer Pierre Mollo et Maëlle Thomas-Bourgneuf* nous entraînent à la découverte de ce monde microscopique fascinant et rappellent ainsi son rôle capital dans notre écosystème. Car, s’il est à la base de la chaîne alimentaire marine, le plancton, produit aussi la moitié de l’oxygène de notre planète et pourrait servir à l’alimentation humaine (il contient des antibiotiques naturels et est très riche en vitamines et oligo-éléments).
Mise en place de systèmes d’aquaculture durable, projets d’écloseries, protection de la mangrove (très collectrice de plancton), échanges entre chercheurs, les auteurs s’appuient sur de nombreuses expériences menées de par le monde pour proposer plusieurs modes de sauvegarde du plancton, et pour que le repeuplement des mers ne reste pas une utopie »
* Les auteurs :
Pierre Mollo est enseignant-chercheur, spécialiste du plancton. Il a réalisé des films sur le monde marin et co-anime le site www.plancton-du-monde.org avec Océanopolis
Maëlle Thomas-Bourgneuf, enseignante puis chargée d’études est devenue conceptrice de films, de livres et de site web pour mettre ses compétences au service de l’environnement
Par ailleurs, Pierre Mollo est partenaire de l’exposition “Invisible, zoom sur le plancton” présenté jusqu’à fin janvier 2010 au Centre de la Mer de l’Institut océanographique (Fondation Prince Albert 1er de Monaco).
Sources : éditions ECLM / 3B Conseils
vendredi 20 novembre 2009
Interviews Thalassa de Michel Ricard et Brigitte Bornemann-Blanc des entretiens Science et Ethique
En marge de l'émission Thalassa du 13 novembre dernier, le Professeur Michel Ricard et Brigitte Bornemann-Blanc ont répondu aux questions de Bernard Dussol, rédacteur en chef
Nous publions ci-après ces deux entretiens
Nous publions ci-après ces deux entretiens
Trois questions à Michel Ricard, Président des entretiens Science et Ethique, Responsable du réseau universitaire pour le Bassin méditerranéen et les pays des Balkans.
1/ O
n constate en France une multiplication d'associations luttant contre l'implantation de champs éoliens offshore. Comment expliquez-vous cette résistance ?
Le problème de certaines associations est double : D'une part, elles n'ont pas une approche globale, transversale des questions abordées, et restent cantonnées dans des approches verticales; en outre, les contacts avec les instances décisionnaires que sont l'État et les collectivités sont limitées du fait d'une démarche trop souvent centralisatrice qui impose plus qu'elle ne propose. D'autre part, il existe encore trop souvent, chez les associations comme chez les autres parties prenantes de notre société, une crainte de perdre sa "clientèle" et sa visibilité en adhérant à des projets ou à des idées qui n'émanent pas directement d'elles : dans ces conditions, il est plus facile de s'opposer que de s'associer. Ces deux raisons expliquent que les démarches de concertation restent encore l'exception en France avec toutes les conséquences prévisibles parmi lesquelles le blocage de la construction des éoliennes offshore à Veullettes sur Mer (Basse-Normandie), par exemple, qui en est la meilleure démonstration.
2/Quelles sont les actions très concrètes qui permettent une sensibilisation du grand public au développement durable ?
Ces actions passent par l'éducation qui doit amener chacun à adopter de nouveaux comportements en accord avec le développement durable. Pour cela, il est primordial que les enjeux soient clairement présentés et expliqués au travers de démarches corrélées d'éducation, de formation et d'information. Ces démarches doivent amener progressivement chacun à une prise de conscience des enjeux présents et à venir. Les changements de comportements ne peuvent pas se décréter, ne peuvent pas être instantanément assimilés et c’est donc une démarche éducative permanente et multiforme, inscrite dans la durée qu’il convient de favoriser sachant que la seule sensibilisation ne peut suffire à atteindre le but recherché.
Malgré la nécessité d'adopter, dans les délais les plus brefs, des changements de comportement cette éducation doit reposer sur des actions concrètes développées en partenariat au plan local, national et européen et en référence à un calendrier précis. Ces actions doivent être évaluées en permanence de manière à ce que les citoyens puissent connaître les avancées et rester mobilisés. Il est important, par exemple, de savoir si les consommations d'énergie baissent, de quelle façon et dans quels secteurs d'activité, et si la part des énergies renouvelables augmente comme cela est souhaité. Autre exemple : est-ce que les mesures visant à limiter les consommations de carburants fossiles où la production de déchets, donnent des résultats ? L'exemple des emballages montre bien que malgré la réglementation, tous les types d’emballages (pour l’alimentaire, l’électronique, les cosmétiques…) continuent d'envahir poubelles et déchetteries.
3/ Les ressources océaniques sont-elles à la base de bouleversements prévisibles dans notre futur quotidien ? Des exemples ?
Les ressources océaniques qui font l'objet d'une exploitation par l'Homme sont nombreuses, qu'elles soient biologiques ou minérales. Quelles que soient ces ressources, elles sont menacées par la surexploitation : les gisements minéraux connus seront épuisés dans les prochaines décennies. Quant aux ressources biologiques, de graves menaces pèsent sur elles en raison de la méconnaissance réelle ou voulue du fonctionnement des écosystèmes marins. En effet la surexploitation des ressources biologiques traditionnelles (poissons, mollusques, crustacés, algues) ne menace pas seulement directement ces ressources, mais toute la chaîne alimentaire à laquelle elles appartiennent ainsi que les sites qui les abritent et qui sont détruits malgré certaines protections en Europe par les engins de pêche (dragues, chaluts), sans oublier les multiples aménagements côtiers particulièrement destructeurs. Outre ces menaces nombreuses et graves qui résultent de la surexploitation, il faut considérer les conséquences de l'augmentation des gaz à effet de serre qui provoquent à la fois un réchauffement des eaux océaniques et une augmentation de l'acidité de ces eaux. Le réchauffement des eaux va avoir deux conséquences : d'une part, une baisse de la production végétale et animale des eaux de surface et, d'autre part, une migration des espèces vers des eaux plus froides et l'apparition de nouvelles espèces, ainsi qu'une perturbation des périodes de production.
Ces deux phénomènes se conjugueront pour causer un appauvrissement marqué des ressources océaniques avec une aggravation du contexte socio-économique. L'augmentation de l'acidité des eaux, causée par une augmentation de la quantité de CO2 atmosphérique capté par les océans, provoque des perturbations de la fixation du calcaire dissous dans les océans par les organismes comme le plancton, les mollusques (huîtres, moules,…), les algues calcaires (présentes dans les eaux tempérées) et les coraux. Ce phénomène entraînera également un appauvrissement des ressources océaniques exploitées par l'Homme et, au-delà, aura des conséquences sur l'environnement dont la portée ne peut pas encore être évaluée.
Propos recueillis par Bernard Dussol
Trois questions à Brigitte Bornemann-Blanc, de l’agence 3B Conseils et déléguée générale des entretiens Science et Ethique.

1/Est-ce que l’accumulation d’informations sur le thème du réchauffement climatique ne risque pas de lasser le public, voire de le démobiliser en partie ?
Si on dit parfois que trop d’informations tuent l’information, je pense au contraire qu’elles réveillent les consciences et que leur multiplication et surtout leur diversité constituent une chance. Les changements climatiques ont certes toujours existé dans les cycles d’évolution de notre planète comme dans l’histoire de l’Humanité. Nous avons cependant interféré dans les échelles de temps et ce fait est une résultante de l’activité humaine au cours du dernier siècle avec ses conséquences sur les peuples, la faune, la flore…
2/Comment trier à bon escient dans la multiplication des sources et dégager une information « juste » en-dehors de tout débat passionné ?
L’information « juste » ? Vaste débat… Je parlerais plutôt d’une information variée mais fiable. Pour cela il faut être en éveil, être curieux et avoir une formation au sens critique. Pour faire le tri, il faut d’abord aller vers des sites et des blogs de référence, parfaitement accessibles au grand public, réalisés par des journalistes, des experts, des artistes, des organismes scientifiques, des élus ou des ministères. Mais le rôle des médias demeure primordial. La responsabilité de l’auteur reste totale. Un débat passionné ne peut exclure les arguments et la controverse. Cela montre combien il est complexe d’émettre un avis et de prendre une décision. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas.
3/De quels outils disposez-vous pour sensibiliser les élus et le grand public sur les grands enjeux de la planète ?
3B Conseils a créé deux manifestations « Science et Ethique » à Brest et « Défense et Environnement » à Paris. La première est spécialisée sur le monde de la mer, la seconde sur l’impact des activités de défense sur l’environnement. Ces conférences débats largement ouverts, réunissent à la fois des experts, des élus, des scientifiques, des ONG… en présence du grand public. Tous les débats sont filmés et accessibles gratuitement sur le web. C’est grâce à la confiance des intervenants d’abord, qui ne sont pas rémunérés pour intervenir, et aux soutiens des collectivités territoriales comme la Région Bretagne, le département du Finistère, la Ville de Brest et Brest métropole océane, le ministère de la défense et d’industriels que nous pouvons avoir cette démarche.
Propos recueillis par Bernard Dussol
Pour en savoir plus sur les énergies de le mer
1/ O
n constate en France une multiplication d'associations luttant contre l'implantation de champs éoliens offshore. Comment expliquez-vous cette résistance ?Le problème de certaines associations est double : D'une part, elles n'ont pas une approche globale, transversale des questions abordées, et restent cantonnées dans des approches verticales; en outre, les contacts avec les instances décisionnaires que sont l'État et les collectivités sont limitées du fait d'une démarche trop souvent centralisatrice qui impose plus qu'elle ne propose. D'autre part, il existe encore trop souvent, chez les associations comme chez les autres parties prenantes de notre société, une crainte de perdre sa "clientèle" et sa visibilité en adhérant à des projets ou à des idées qui n'émanent pas directement d'elles : dans ces conditions, il est plus facile de s'opposer que de s'associer. Ces deux raisons expliquent que les démarches de concertation restent encore l'exception en France avec toutes les conséquences prévisibles parmi lesquelles le blocage de la construction des éoliennes offshore à Veullettes sur Mer (Basse-Normandie), par exemple, qui en est la meilleure démonstration.
2/Quelles sont les actions très concrètes qui permettent une sensibilisation du grand public au développement durable ?
Ces actions passent par l'éducation qui doit amener chacun à adopter de nouveaux comportements en accord avec le développement durable. Pour cela, il est primordial que les enjeux soient clairement présentés et expliqués au travers de démarches corrélées d'éducation, de formation et d'information. Ces démarches doivent amener progressivement chacun à une prise de conscience des enjeux présents et à venir. Les changements de comportements ne peuvent pas se décréter, ne peuvent pas être instantanément assimilés et c’est donc une démarche éducative permanente et multiforme, inscrite dans la durée qu’il convient de favoriser sachant que la seule sensibilisation ne peut suffire à atteindre le but recherché.
Malgré la nécessité d'adopter, dans les délais les plus brefs, des changements de comportement cette éducation doit reposer sur des actions concrètes développées en partenariat au plan local, national et européen et en référence à un calendrier précis. Ces actions doivent être évaluées en permanence de manière à ce que les citoyens puissent connaître les avancées et rester mobilisés. Il est important, par exemple, de savoir si les consommations d'énergie baissent, de quelle façon et dans quels secteurs d'activité, et si la part des énergies renouvelables augmente comme cela est souhaité. Autre exemple : est-ce que les mesures visant à limiter les consommations de carburants fossiles où la production de déchets, donnent des résultats ? L'exemple des emballages montre bien que malgré la réglementation, tous les types d’emballages (pour l’alimentaire, l’électronique, les cosmétiques…) continuent d'envahir poubelles et déchetteries.
3/ Les ressources océaniques sont-elles à la base de bouleversements prévisibles dans notre futur quotidien ? Des exemples ?
Les ressources océaniques qui font l'objet d'une exploitation par l'Homme sont nombreuses, qu'elles soient biologiques ou minérales. Quelles que soient ces ressources, elles sont menacées par la surexploitation : les gisements minéraux connus seront épuisés dans les prochaines décennies. Quant aux ressources biologiques, de graves menaces pèsent sur elles en raison de la méconnaissance réelle ou voulue du fonctionnement des écosystèmes marins. En effet la surexploitation des ressources biologiques traditionnelles (poissons, mollusques, crustacés, algues) ne menace pas seulement directement ces ressources, mais toute la chaîne alimentaire à laquelle elles appartiennent ainsi que les sites qui les abritent et qui sont détruits malgré certaines protections en Europe par les engins de pêche (dragues, chaluts), sans oublier les multiples aménagements côtiers particulièrement destructeurs. Outre ces menaces nombreuses et graves qui résultent de la surexploitation, il faut considérer les conséquences de l'augmentation des gaz à effet de serre qui provoquent à la fois un réchauffement des eaux océaniques et une augmentation de l'acidité de ces eaux. Le réchauffement des eaux va avoir deux conséquences : d'une part, une baisse de la production végétale et animale des eaux de surface et, d'autre part, une migration des espèces vers des eaux plus froides et l'apparition de nouvelles espèces, ainsi qu'une perturbation des périodes de production.
Ces deux phénomènes se conjugueront pour causer un appauvrissement marqué des ressources océaniques avec une aggravation du contexte socio-économique. L'augmentation de l'acidité des eaux, causée par une augmentation de la quantité de CO2 atmosphérique capté par les océans, provoque des perturbations de la fixation du calcaire dissous dans les océans par les organismes comme le plancton, les mollusques (huîtres, moules,…), les algues calcaires (présentes dans les eaux tempérées) et les coraux. Ce phénomène entraînera également un appauvrissement des ressources océaniques exploitées par l'Homme et, au-delà, aura des conséquences sur l'environnement dont la portée ne peut pas encore être évaluée.
Propos recueillis par Bernard Dussol
Trois questions à Brigitte Bornemann-Blanc, de l’agence 3B Conseils et déléguée générale des entretiens Science et Ethique.

1/Est-ce que l’accumulation d’informations sur le thème du réchauffement climatique ne risque pas de lasser le public, voire de le démobiliser en partie ?
Si on dit parfois que trop d’informations tuent l’information, je pense au contraire qu’elles réveillent les consciences et que leur multiplication et surtout leur diversité constituent une chance. Les changements climatiques ont certes toujours existé dans les cycles d’évolution de notre planète comme dans l’histoire de l’Humanité. Nous avons cependant interféré dans les échelles de temps et ce fait est une résultante de l’activité humaine au cours du dernier siècle avec ses conséquences sur les peuples, la faune, la flore…
2/Comment trier à bon escient dans la multiplication des sources et dégager une information « juste » en-dehors de tout débat passionné ?
L’information « juste » ? Vaste débat… Je parlerais plutôt d’une information variée mais fiable. Pour cela il faut être en éveil, être curieux et avoir une formation au sens critique. Pour faire le tri, il faut d’abord aller vers des sites et des blogs de référence, parfaitement accessibles au grand public, réalisés par des journalistes, des experts, des artistes, des organismes scientifiques, des élus ou des ministères. Mais le rôle des médias demeure primordial. La responsabilité de l’auteur reste totale. Un débat passionné ne peut exclure les arguments et la controverse. Cela montre combien il est complexe d’émettre un avis et de prendre une décision. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas.
3/De quels outils disposez-vous pour sensibiliser les élus et le grand public sur les grands enjeux de la planète ?
3B Conseils a créé deux manifestations « Science et Ethique » à Brest et « Défense et Environnement » à Paris. La première est spécialisée sur le monde de la mer, la seconde sur l’impact des activités de défense sur l’environnement. Ces conférences débats largement ouverts, réunissent à la fois des experts, des élus, des scientifiques, des ONG… en présence du grand public. Tous les débats sont filmés et accessibles gratuitement sur le web. C’est grâce à la confiance des intervenants d’abord, qui ne sont pas rémunérés pour intervenir, et aux soutiens des collectivités territoriales comme la Région Bretagne, le département du Finistère, la Ville de Brest et Brest métropole océane, le ministère de la défense et d’industriels que nous pouvons avoir cette démarche.
Propos recueillis par Bernard Dussol
Pour en savoir plus sur les énergies de le mer
Sources : Thalassa France3 / 3B Conseils
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