vendredi 25 mars 2011

La Bretagne : terre des Maths.....


Dans le cadre de la préparation des 15èmes entretiens Science et Ethique 2011 - 17 et 18 novembre prochains à Océanopolis-Brest- , les entretiens Science et Ethique / 3B Conseils et la Librairie Dialogues s’étaient associé pour une conférence-débat (*), autour de la redécouverte de la genèse des mathématiques en recevant Evelyne BARBIN (**) - professeur d’épistémologie, histoire des sciences et des techniques à l' Université de Nantes -, qui a dirigé la rédaction du livre « De grands défis mathématiques d’Euclide à Condorcet » (éditions Vuibert) (***).


Des idées les plus abstraites aux applications les plus concrètes, depuis l’Antiquité jusqu’aux tout récents logiciels de dessin vectoriel, comment redécouvrir la genèse des mathématiques ? ... à la lumière de l’histoire..., tel était l'objet de cette rencontre passionnante pour les passionnés de mathématiques mais aussi les esprits par les sciences en général et l'Histoire.




Découvrez de façon ludique les sciences mathématiques !


Dans ce cadre notons l'initiative de notre partenaire l'Espace des Sciences qui présente à Rennes ( les Champs Libres) à partir du 29 mars prochain ( jusqu'au 28 août) " Les Maths à la portée de la main" avec une exposition, une série d'animation pour les plus jeunes et des rencontres pour les plus grands sur toute cette période.

"Oui, il va être question de fonctions mathématiques, du théorème de Pythagore, de centres de gravité, d’axes de symétrie et autres concepts qui vous ont peut-être laissé de mauvais souvenirs. Mais vous allez découvrir qu’il est possible de faire des maths en s’amusant ! "

Cette exposition a été conçue par le Mathematikum de Giessen (Allemagne) dont le parti pris ludique permet d’attirer chaque année 150 000 visiteurs. Leur credo : aborder les maths avec des expériences concrètes, et non avec un langage formel et des théories abstraites. « Expérimenter, réfléchir et comprendre par soi-même».

Une trentaine de manipulations vont permettre aux visiteurs de découvrir les maths avec un regard nouveau : en manipulant, en expérimentant, en jouant individuellement ou collectivement.

En complément de cette exposition, l'Espace des Sciences propose également au public , deux conférences et un café des sciences ( Programme sur le site de l'Espace des Sciences).

Les conférences : - 29 mars : "Peut-on mathématiquement prédire l'avenir du système solaire ?" avec Cédric Vilani, professeur à l'Université de Lyon 1 - 14 juin : "La bosse des Maths" avec Stanislas Dehaene, professeur au collège de France.
Le Café des Sciences : - 12 mai : "Faut-il croire les sondages ?" avec la participation des mathématiciens de l'ENSAI.




(*) Cette rencontre a vu également la participation de Bruno WIRTZ, maître de conférences à l’Université de Bretagne Occidentale qui était intervenu aux entretiens Science et Ethique 2010 (voir l'intervention de Bruno Wirtz aux entretiens 2010) et Brigitte BORNEMANN, déléguée générale.



(**) Professeur d’épistémologie, histoire des sciences et des techniques à l’université de Nantes. Elle est membre du Centre François Viète et de l’IREM des Pays de la Loire, et elle est co-responsable de la commission inter-IREM Épistémologie et histoire des mathématiques. Elle est actuellement présidente de l’International Group on the Relations between History and Pedagogy of Mathematics (HPM). Elle mène des recherches sur l’histoire de la démonstration mathématique, ainsi que sur les relations entre l'histoire et l’enseignement des mathématiques. Elle est responsable du master Histoire des Sciences et des Techniques de Nantes. Evelyne BARBIN est l’auteur et/ou a dirigé plusieurs ouvrages dont : « La révolution mathématique du XVIIè siècle » (Ellipses) – « Sciences & Arts : représentation du corps et matériaux de l’Art » (UBO) – « Histoire et enseignement des mathématiques : rigueurs, erreurs raisonnements » (inter-IREM) - «François Viète, un mathématicien sous la Renaissance » ( Vuibert) – « Si le nombre m’était conté » (Ellipses) – «Les philosophes et les mathématiques » (Ellipses) – « Enseigner les mathématiques en collèges et lycées » (CRDP Créteil).

(***) Le livre « De grands défis mathématiques » : « Du collège à l'enseignement supérieur, comment s'émerveiller devant les problèmes que nous posent les mathématiques ? Il suffirait que la dimension historique soit enfin introduite dans leur enseignement.
C'est pourquoi les exemples dont le livre « De grands défis mathématiques » est composé ont tous pour point de départ un problème historique précis. Situés chaque fois dans leur contexte scientifique et culturel d'origine, ces problèmes toucheront à l'arpentage, la navigation, la typographie, les jeux de dés, mais aussi à l'inscription d'un carré dans un triangle ou encore aux calculs graphiques.
L’occasion nous est donc offerte d'observer les mathématiques en des lieux éloignés ou à des époques très différentes et de lire Euclide, Al-Khwarizmi («l'inventeur» de l'algorithmique), Leibniz, Euler ou encore le Marquis de Condorcet - sans oublier près de nous Pierre Bézier, avec ses courbes désormais célèbres. »


Article RH 3B Conseils
Sources : Vuibert / Espace des Sciences / entretiens Science et Ethique

jeudi 24 mars 2011

Réseaux et contenus du futur : B-com se positionne au niveau mondial



Le projet d'Institut de recherche Technologique (IRT) B-com, soutenu par la Région Bretagne, a été proposé dans le cadre de l'appel à projets Investissements d'avenir lancé par l'Etat. Il va se consacrer aux réseaux et contenus du futur.
C’est au cours d’une rencontre à la Maison de la Bretagne le 23 mars, en présence notamment de Jean-Yves Le Drian que le projet B-com a été présenté. (Relire également article du blog du 20/09/2010).

B-com est l’unique projet d'Institut de recherche Technologique (IRT) en France - dans le cadre du grand emprunt - capable d’intégrer, sur un même territoire, tous les acteurs de la chaîne de valeur du numérique, avec l’ambition de devenir, à l’international, leader des technologies innovantes d’immersion et d’hyperconnectivité et de fournir, dans les 10 ans à venir, les solutions qui faciliteront l’usage quotidien, par le plus grand nombre, de ces nouvelles technologies.

Autour d’une dynamique lancée il y a 10 mois par le pôle Images et Réseaux - (Relire article du blog du 21/04/2010). -se sont regroupés des grands noms de l’industrie et de la recherche, actifs dans les domaines des réseaux, des contenus ainsi que des services et usages. Soit plus de 50 partenaires à ce jour parmi lesquels Orange, porteur du projet, Alcatel-Lucent, Technicolor, TDF, l’INRIA, Supélec, Télécom Bretagne, l’université de Rennes 1 et des PME innovantes, soutenus par les collectivités, la Région Bretagne et les agglomérations de Rennes, Lannion et Brest.

B-com l'exprime par son nom : cet IRT est résolument tourné vers l’avenir mais cette ambition suppose une expertise de pointe dans les domaines des réseaux fixes et mobiles ultra haut-débit et des images du futur (ultrahaute définition, 3D, réalité augmentée et virtuelle). 100 fois plus de débit consommant 10 fois moins d'énergie: c'est un exemple des retombées positives visées par B‐com à l'horizon 2020.

Un écosystème performant, une excellence technologique reconnue à l’international

44 000 emplois, 650 entreprises, 15 000 chercheurs et un réseau universitaire européen : cette expertise de pointe, elle se concentre en Bretagne entre Rennes, Brest et Lannion autour d’un maillage serré d’acteurs performants et innovants, habitués de longue date à coopérer. Reconnu mondialement pour ses compétences et capacités de recherche en télécommunications, très haut débit et images, l’écosystème breton doit, grâce au futur IRT, gagner encore en attractivité sur la scène internationale, tout en permettant de conforter le développement économique du secteur et de créer de l’emploi en Bretagne et en France.

Une implantation stratégique avec Rennes comme site principal

BCom s’appuiera sur une Fondation de Coopération Scientifique dont le mandataire est l’INRIA. L’IRT aura son site principal à Rennes et des sites secondaires à Lannion et Brest. Dans la capitale bretonne seront construits des bâtiments spécifiques sur 6 000 m², au plus près du campus universitaire et technopolitain de Beaulieu.

Le projet B-com
Objectifs : devenir leader mondial dans les domaines de l’hyperconnexion et de l’immersion
. En 2020, 4 milliards d'humains et plus de 100 milliards d'objets seront connectés. Le nomadisme aura encore augmenté. Loisirs, éducation, travail, environnement connaîtront une révolution des usages. Déjà, la vidéo accapare une bande passante toujours plus considérable.

Parce que le quotidien de chacun sera de plus en plus imprégné par ces nouvelles technologies et les usages qui en découlent, B-com s’est donné comme objectifs de devenir un acteur majeur dans les domaines de l’hyperconnexion et à l’immersion, afin de fournir, dans les 10 ans à venir, les solutions qui faciliteront l’usage, par le plus grand nombre, de ces nouvelles technologies.

Un projet innovant entièrement consacré aux réseaux, images et contenus du futur
.
Déposé le 18 février dernier, le projet B-com a pour vocation de se consacrer aux réseaux et contenus du futur, en réponse à l’appel à projets IRT (Instituts de Recherche Technologique) de l’Agence nationale de la recherche (ANR). L’objectif visé est de devenir le « leader mondial incontournable de l’innovation dans les domaines des réseaux fixes et mobiles ultra haut débit, des réseaux multimédias convergents et des images du futur ». Résolument tourné vers l’avenir, B-com permettra d’accélérer le développement d’une expertise de pointe dans les domaines des réseaux et images du futur (ultra-haute définition, 3D, réalité augmentée et virtuelle). Son originalité est d’intégrer technologies et usages, contenus et applications pour prendre part à la diffusion massive de l’Internet du futur dans tous domaines d’activité à travers le monde.

Mobilisation exceptionnelle des grands noms de la recherche et de l’industrie

B-com répond clairement aux objectifs fixés pour un IRT : organiser, programmer, mettre en œuvre et évaluer des programmes de recherche, développement et innovation où coopèrent les organismes de recherche, les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises.

Porté par Orange, le projet B-com mobilise tous les acteurs d’envergure de la filière : Alcatel-Lucent, Technicolor, TDF, Thales, Mitsubishi…), un tissu dense de PME dynamiques basées en Bretagne (Artefacto, Astellia, ETIAM, Siradel, E3S, Teamcast…), ainsi que de grands noms de la recherche et de l’enseignement supérieur (l’INRIA, mandaté pour créer la fondation de coopération scinetifique, le CNRS, les Universités de Rennes, Supélec, Telecom Bretagne, INSA, l’ESC Rennes, l’Ecole de Design de Nantes, l’Ecole Régionale des Beaux Arts…), soit un écosystème performant, unique en son genre, au service de l’innovation et de l’excellence.

Avec le soutien des collectivités bretonnes

En prise avec la société numérique du futur, B-com se développera à partir de la Bretagne, seul territoire capable de concentrer autant de savoir-faire et de compétences dans les domaines des sciences, technologies de l’information et des communications. Le projet d’IRT est soutenu à la fois par la Région Bretagne et les agglomérations de Rennes Métropole qui accueillera le site principal, Lannion Trégor Agglomération, et Brest Métropole Océane, des collectivités particulièrement impliquées dans le développement de ces technologies et l’accueil d’entreprises et de laboratoires de recherche.

Article RH 3B Conseils
Source : Région Bretagne

mercredi 23 mars 2011

Les risques de la nature, le nucléaire et la pédagogie


La triple épreuve que vit le Japon depuis le 11 mars 2011, tremblement de terre, tsunami et accident nucléaire, remet les gouvernements de la planète en état d'alerte sur le plan politique, économique et sociétal. La dignité avec laquelle la population japonaise s'est organisée face à ses drames est exemplaire.


Si tous les médias ont réalisé des reportages exceptionnels, le blog Science et Ethique (relire également article du blog du 18/03/2011) a tenu à vous signaler certaines de ces émissions réalisées ou des articles publiés par les partenaires et les amis des entretiens Scientifique et Ethique et nous avons également demandé à deux scientifiques Marc-André Gutscher et Michel Marcelin de nous procurer leurs réflexions et sentiments sur les événements.


Quels repères pour y voir plus clair : écouter ou réécouter des émissions sur France Culture

Samedi 18 mars dernier, France Culture a consacré ses émissions sur l'accident nucléaire et l'enjeu des avancées scientifiques. Nous vous invitons à réécouter ces trois émissions sur le site de France Culture pour mieux comprendre les contraintes et les nouvelles libertés, l'exemple du désintérêt des politiques pour les nanotechnologies…

Ces émissions portent sur des discussions sur la supériorité donnée à la conscience par rapport à la compétence ... et les compétences par rapport à la technoscience... et qui se superposent.

- Energie, nucléaire, Japon, nanotechnologies et Démocratie. : - Comment mener le développement scientifique et maîtriser son adaptation ? - Comment être moderne et imaginer les nouvelles conditions humaines : les limites d'une démocratie et des techno-sciences. ? - Comment les technologies changent nos conditions de vie, mais comment elles changent aussi nos conditions humaines. Quelle prospective et quelles perspectives? - Comment les préoccupations matérielles cohabitent avec la responsabilité des scientifiques et des politiques.

- Le Japon : énergie, nucléaire et économie à l'épreuve du tremblement de terre et du Tsunami. Sur l'économie en question avec Dominique Rousset avec ses invités : David Thesmar professeur de finances - HEC, Dominique Plihon, professeur d'économie financière - Paris XIII et président du Conseil scientifique d'Attac France, Patrice Geoffron -professeur d'économie - Paris-Dauphine et Olivier Pastré
- Débat éthique sur les avancées scientifiques et l’enjeu des nanotechonologies
Au regard des réflexions de Voltaire et de Rousseau à l'occasion du tremblement de terre de Lisbonne et les termes de Catastrophes naturelles et de catastrophes industrielles donnent à repenser une nouvelle fois au débat éthique sur les avancées scientifiques et l’enjeu des nanotechonologies en écoutant l’entretien entre Alain Finkielkraut, Etienne Klein et Olivier Rey.

Le blog Science et Ethique a interrogé deux éminents scientifiques sur la zone sismique du Japon et sur l’étude de notre planète
- Marc-Andre GUTSCHER (*) Géophysicien à l’Université Européenne de Bretagne (UEB), Brest/ Institut Universitaire Européen de la Mer - IUEM/UBO
- Michel MARCELIN (**) Directeur de recherche au CNRS au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille - spécialiste de l'étude de la cinématique des galaxies.

3 Questions à : Marc-Andre Gutscher

1 / Quelles sont les particularités de la zone sismique du Japon et connaît-on bien cette région sous marine ?

La Plaque Pacifique se dirige vers le Ouest-Nord-Ouest a environ 8-9cm/an et plonge sous les îles Japonaises (qui font partie de la plaque Eurasiatique). Des séismes de moyenne et grande magnitude se produisent ou les deux plaques frottent l'une contre l'autre.

Il n'y a rien de "particulier" à cette zone au NE du Japon (par rapport a d'autres zones comparables sur la planète - Alaska, Chili, Sumatra) sauf si c'est peut-être un détail - tandis que beaucoup de zones de subduction (le terme technique ou une plaque s'enfonce sous une autre) sont marquées par une lacune sismique (activité faible, voire même absence totale) dans les décennies ou mêmes siècles avant un mega-séisme, cette partie du Japon connaissait une activité sismique importante et fréquente au cours des dernières décennies. Ceci a sûrement laisse penser que la majeure partie de l'énergie élastique (dû au mouvement entre les plaques "stockes" et pas relâches) avait pu se relâcher lors de ces événements assez réguliers (de magnitudes 5, 6 et 7 voire même un M8 a peu près tout les 50 ans).
Personne ne s'attendait a un événement de cette ampleur (M9 ce qui est 30 fois plus puissant qu'un M8).

Oui, la cartographie sous-marine est très bien connue, ainsi que la structure interne de la marge et du substratum allant de la côte Japonaise jusqu'aux domaines abyssaux adjacents. Les Japonais sont très engagés dans les recherches océanographiques (géologie et géophysique) et sont parmi les leaders
mondiaux absolus en sismologie moderne, (en terme de nombre de stations sismique, de nombre de stations GPS dans le pays et en terme du nombre de chercheurs travaillant dans ces domaines).

2 / Des informations sur l'aide de la cartographie pour anticiper les tremblements de terre et les systèmes d'alerte ? et quels sont vos contacts au japon alors que vous êtes intervenus de manière très active lors du tsunami de 2004 ?
(Voir la cartographie du séisme : http://www.japanquakemap.com/)

La cartographie des fonds marins Japonais est quasi-complète. C'est une aide aux modélisations de propagation de tsunami (pour la plateforme continentale et le domaine côtier), mais pas "indispensable" a un système d'alerte. Les Japonais ont probablement le système d'alerte au séisme et au tsunami le plus sophistique du monde.

Néanmoins il ne faut pas négliger l'aspect de l'éducation de la population.
Ce sont souvent leurs connaissances et leur capacité de reconnaître la situation et de se comporter/réagir de manière adéquate qui peut sauver leur vie (aux populations immédiatement adjacentes a une méga-faille lorsqu'elle rompe). Les Japonais font aussi un excellent travail dans ce domaine.
Mais il n'est pas exclu que localement certains ont pu croire que suite a la construction de murs/digues de protection contre un tsunami (de 5m pour citer un exemple concret) ils seraient "protégés". Le problème est que dans plusieurs baies le tsunami a dépassé 10m de hauteur et donc a pu facilement franchir le mur de 5m.

Personnellement je n'ai pas beaucoup de contacts dans le monde scientifique Japonais (dans le domaine des séismes et tsunamis). Je connais, bien entendu, certains auteurs d'articles scientifiques que je rencontre par exemple aux congres. Et j'ai plusieurs contacts à travers le programme IODP (Integrated Ocean Drilling Program) qui viennent du Japon.

3 / Y a -t-il encore des manques au sein du réseau mondial de surveillance et comment les scientifiques spécialistes travaillent ensemble actuellement pour mieux comprendre ce phénomène de catastrophes naturelles pour les prévenir et les anticiper ?

Les réseaux de surveillance en Pacifique sont plutôt exemplaires (et je n'ai rien à critiquer à ce sujet là). Au sujet de "comprendre et anticiper", alors la oui j'ai quelques suggestions et/ou critiques :
1) se pencher de plus près sur la subduction des Antilles (et pas seulement sur le risque volcanique de la Guadeloupe et de la Martinique) ;
2) regarder de plus près d'autres zones de subductions qui peuvent souvent paraître "tranquilles", mais qui peuvent potentiellement être en train d'accumuler des contraintes en attendant de les relâcher lors d'un futur séisme. A ce sujet les zones les plus inquiétantes à proximité de la France Métropole sont dans le Sud de l'Europe (domaine Méditerranéen) la Grèce, le Sud de l'Italie et la région Gibraltar (N Maroc/ SW Espagne/S Portugal).

(*) Marc-Andre GUTSCHER : Né a New York (1964) nationalité: française, allemande, américaine - Universite/formation: Bachelor of Science in Physics Williams College Massachusetts (1982-1986)- Master of Science in Geology University of Vermont Burlington (1987-1989)- PhD in Geophysics Geomar-Univ. Kiel (1992-1996) Depuis 2000 il est chercheur CNRS à l'IUEM/Univ. Brest et depuis 2010 Directeur de Recherche CNRS. Il est responsable d'équipe au sein du labo (intitulee Marges et Arcs).


3 questions à : Michel MARCELIN

1/Comment la Terre s'est créée et le phénomène de la tectonique des plaques ?

La Terre s'est formée en même temps que les autres planètes du système solaire, il y a 4,5 milliards d'années. Les blocs de roches et de poussières de la nébuleuse primitive se sont agglomérés pour former des astéroïdes puis des planètes. La Terre étant assez grosse, elle a maintenu longtemps un cœur fondu (la chaleur interne provenant principalement de la radioactivité naturelle des roches) et la croûte superficielle, composée de roches solidifiées, a pu glisser sur le manteau sous-jacent, composé de roches relativement molles. C'est la fameuse tectonique des plaques, dont la preuve la plus évidente est la dérive des continents qui est encore observée aujourd'hui. A titre comparatif, la planète Mars, plus petite que la Terre, a un cœur refroidi et ne connaît pas de tectonique des plaques.


2/ A-t-on remarqué des phénomènes particuliers dans les astres au moment des grands tremblements de terre ?
Non. Tout au plus on pourrait penser que les effets de marées, liés à la Lune et (dans une moindre mesure) au Soleil, pourraient favoriser les tremblements de terre. Mais aucune corrélation n'a pu être mise en évidence entre les fortes marées et les tremblements de terre.

3 / Quelles sont les grandes catastrophes naturelles dans l'espace qui pourraient ou qui ont des impacts sur notre planète ?
La plus probable serait la chute d'un astéroïde de grande taille (quelques kilomètres) sur la Terre. Cela pourrait engendrer un gros tremblement de terre et, surtout, un tsunami dévastateur. De plus, le rejet de grandes quantités de poussières dans l'atmosphère à la suite de l'impact, provoquerait un obscurcissement du ciel et un refroidissement marqué du climat. On pense d'ailleurs que c'est l'impact d'un astéroïde d'une dizaine de kilomètres de diamètres qui a provoqué la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d'années.

Une autre catastrophe naturelle (heureusement moins fréquente) qui aurait des effets dévastateurs, serait l'explosion d'une étoile proche en supernova. Mais aucune étoile du voisinage solaire n'est actuellement susceptible d'exploser ainsi. Quant au Soleil lui-même, il est trop peu massif pour finir sa vie sous forme de supernova, par contre il deviendra une géante rouge dans 4 à 5 milliards d'années. Il gonflera alors au point d'absorber Mercure puis Vénus et se stabilisera au niveau de l'orbite terrestre. Il faudra donc, si il y a encore des habitants sur Terre à ce moment là, qu'ils envisagent sérieusement de déménager car notre Terre deviendra inhabitable. En effet, les océans s'évaporeront entièrement et elle ne méritera plus son qualificatif de "planète bleue"...


(**) Michel MARCELIN est directeur de recherche au CNRS au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille. Il est spécialiste de l'étude de la cinématique des galaxies. Il intègre l'Ecole Normale Supérieure de Cachan en 1972 et passe l'agrégation de physique en 1975. Il fait un DEA d'astrophysique en 1976 puis obtient une bourse du CNES et soutient une thèse de 3ème cycle sur l'étude de l'exosphère de Vénus en 1978.
Il entre au CNRS en 1980 et soutient sa thèse d'état en 1983, consacrée à l'étude des champs de vitesses de galaxies avec un interféromètre de Fabry-Perot.
Avec l'équipe d'interférométrie de l'Observatoire de Marseille, il observe sur de nombreux télescopes dans le monde (dans le Caucase, en Arménie, à Hawaii, au Chili, et bien sûr en Haute Provence). Il a été directeur adjoint de l'Observatoire de Marseille de 1996 à 2000. et responsable de l'équipe Physique des Galaxies du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille de 2000 à 2008.
Il est auteur (ou co-auteur) d'une
centaine de publications dans des revues spécialisées. Il s'intéresse aussi à la diffusion des sciences et a publié trois ouvrages de vulgarisation d'astronomie chez Hachette, dont "L'Astronomie" qui a obtenu le prix du livre d'astronomie de Haute Maurienne en 1991 et en est à sa 6ème édition et a été vendu à près de 45 000 exemplaires.

La Bretagne solidaire du Japon :

La Région Bretagne ouvre un fonds de solidarité de 50 000 € pour soutenir les sinistrés de Sendai, la ville jumelle de Rennes, l’une des plus touchées par la catastrophe qui frappe le Japon.

Jean-Yves Le Drian a proposé que la Région prenne l’initiative d’organiser un concert de soutien et de solidarité à Rennes avec les artistes bretons, avec le parrainage des Bretons du Japon et en partenariat avec les Villes de Rennes (jumelle de Sendai) et de Brest (jumelle de Yokosuka). D’autre part, il a confirmé qu’il maintiendrait son déplacement au Japon mi-juillet, comme chaque année, pour rencontrer les dirigeants des groupes japonais implantés en Bretagne.



Article BB - RH 3B Conseils
Sources : France Culture /entretiens Science et Ethique / Région Bretagne
Photos : Région Bretagne / Ouest France

mardi 22 mars 2011

Conservatoire botanique de Brest : une convention de partenariat pour l'éducation à la préservation du patrimoine végétal sauvage


Le Conservatoire botanique national de Brest *, GDF-Suez et Brest métropole océane s’engagent au travers d’une convention de partenariat pour l'éducation à la préservation du patrimoine végétal sauvage, signée entre les trois partenaires, le 18 mars dernier.


Cette convention porte, pour l'année 2011, sur l'accompagnement d'activités éducatives et le développement de l’accueil sur le site du Stang-Alar, qui héberge le Pavillon d'accueil, le jardin conservatoire et les serres tropicales du Conservatoire botanique.

L'objectif est de mettre en œuvre des animations pédagogiques pour les scolaires des quartiers les moins favorisés de la Ville de Brest, et ainsi de sensibiliser et informer les enfants sur l'importance de la conservation et de la préservation de la flore, source de vie et de biodiversité.

Deux journées portes ouvertes seront par ailleurs organisées à destination du grand public, permettant l'accès privilégié aux collections d'espèces végétales menacées du Conservatoire botanique lors des «Rendez-vous aux Jardins» (juin) et des «Journées du Patrimoine» (septembre).



Créé en 1975, le Conservatoire botanique de Brest fut le premier établissement dans le monde entièrement dédié à la Conservation de la flore menacée. Son action de conservation connaît à la fois une dimension internationale, voulue par ses fondateurs mais aussi nationale et régionale dans le cadre de son agrément ministériel en tant que Conservatoire botanique national.
Sa mission de préservation des plantes menacées s'exerce en mettant en œuvre, de manière complémentaire, des actions de conservation in situ (en nature) et/ou ex situ (en culture).

* Le Conservatoire botanique national de Brest est un établissement public de type Syndicat Mixte. Il est membre de la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux.



Rappelons également que le Conservatoire botanique de Brest est partenaire depuis de nombreuses années des entretiens Science et Ethique.


Article RH 3B Conseils
Sources : BMO / Conservatoire botanique
Photos : Conservatoire botanique

lundi 21 mars 2011

Une mobilisation citoyenne autour du projet communal de cartographie de Plouarzel


La commune de Plouarzel dans le département Finistère montre l'exemple dans la démarche citoyenne pour cartographier l'ensemble de son territoire.

L'initiative remonte à 2009 . Souhaitant refaire son plan communal devenu obsolète, la commune - dirigée par André Talarmain, maire et président de la Communauté de communes du Pays d’Iroise (CCPI) - lance alors par le biais de son centre multimédia, le projet de réalisation d’une carte communale en utilisant le projet et les outils mis à disposition par Open Street Map.

La municipalité a donc mobilisé ses habitants et les associations de la commune en organisant notamment deux "cartoparties" à l’automne 2009 lesquelles réunirent une cinquantaine de participants (dont un tiers de communes extérieures). A Plouarzel, c’était apparemment la première fois qu’une municipalité se posait en porteur de projet avec l’intention délibérée de s’appuyer sur les connaissances et les compétences de ses habitants.

Les habitants munis d’un GPS et un appareil photo munis se sont répartis sur le terrain pour répertorier : chemins, routes, petit patrimoine rural, commerces... Une équipe de bénévole s’est mobilisée pendant l’hiver pour compléter et terminer la carte. Un gros travail d’homogénéisation a été réalisé sur la dénomination des chemins et lieux-dits en breton.

Fin 2010, la commune de Plouarzel disposait ainsi d’une carte réalisée collectivement, disponible sur Internet, et d’un plan édité sous forme papier en "Creative commons". Ce plan a été distribué à chacun des foyers de la commune avec une lettre du maire expliquant la démarche et incitant tous les habitants à devenir acteur du projet.

Ce projet fédérateur a permis de créer du lien social entre habitants qui se sont initiés à un logiciel libre (OSM) et renseignés sur les licences libres tout en participant à un projet de territoire. D’un projet de départ très classique (édition d’un plan communal), la commune a mis en place un projet collaboratif qui aura abouti à la réalisation d’une carte sur Internet d’un plan papier tous deux distribués sous licence libre.

Le coût de cette opération n’aurait pas pu être supporté de façon classique par le budget communal et aurait sans doute fait l’objet d’un traitement de moindre ampleur.
L’appropriation du territoire, sous la forme du document cartographique, est un élément important de la compréhension de l’histoire de la commune.

Sources / Références
Site Web du projet : http://wiki.openstreetmap.org/wiki/Plouarzel
Site français de OSM http://www.openstreetmap.fr/

Article RH 3B Conseils
Sources @Brest / imagination for people