vendredi 5 novembre 2010

Un rapport sur la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement


Elaboré par un « comité d’évaluation » composé d’anciens présidents de groupes de travail du Grenelle de l’environnement, un rapport visant à « apprécier les résultats observés et les évolutions générées à ce jour grâce à l’application des engagements du Grenelle de l’environnement » a été remis aux ministres concernés le 2 novembre 2010.

Il fait le point, thématique par thématique (énergie et climat, politique des déchets, gestion des risques, biodiversité, gouvernance…), sur le niveau de réalisation des 268 engagements initialement pris en octobre 2007 à l’issue des travaux du Grenelle de l’environnement.

Les auteurs du rapport considèrent que 18% de ces engagements sont déjà réalisés et que 60% sont en cours de réalisation. Cependant beaucoup de ces engagements sont à réalisation encore lointaine (2020 le plus souvent).

Si le ministère de l’écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM) considère les appréciations du rapport comme positives et prévoit la reconstitution prochaine des groupes de travail pour chercher les moyens de débloquer les dossiers encore à l’arrêt, du côté associatif, le bilan est plus mitigé….

En plus de la mise en doute de l’indépendance de cette évaluation (*) et du regret que les associations n’aient pas été associées à son établissement, certains acteurs associatifs et ONG croient déceler dans les deux lois votées pour l’application du Grenelle (lois du 3 août 2009 et du 12 juillet 2010) un « rabotage » progressif des engagements souscrits. Le fait que plus de 200 décrets d’application doivent encore être pris et appliqués est aussi souvent souligné avec inquiétude.



* Ce rapport a été commandé et financé le MEEDDM, après appel d’offre, au cabinet de conseil Ernst & Young qui a assuré la coordination des travaux.

Article RH 3B Conseils
Sources : MEEDDM / Documentation française
Crédits photo : Laurent Mignaux / MEEDDM

jeudi 4 novembre 2010

Les réseaux intelligents en Bretagne


Nous évoquions ici hier les actions entreprises par la Région Bretagne au travers de son « pacte électrique breton » en faveur des économies d'énergie et de production durable pour sécuriser le réseau breton.

Parmi les axes développés, nous revenons aujourd'hui sur le projet d'économies d'énergie auprès des particuliers.

Ainsi la Région Bretagne et des collectivités bretonnes avec RTE des expérimentations sont menées dans le domaine de "l'ajustement diffus localisé", c'est-à-dire la mise en place, chez les particuliers, de boîtiers permettant de couper à distance des appareils de chauffage électriques en période de pointe hivernale, afin de lisser la consommation et d’éviter les délestages. Sur ce secteurs d'activité deux opérateurs sont en pointe EDF et Voltalis.

C'est RTE (Réseau de transport de l'électricité) qui assure le suivi des expérimentations notamment celle menée sur le pays de Saint-Brieuc, zone particulièrement fragile qui fait figure de pilote en matière de maîtrise de la consommation d'électricité, à travers l'opération Vir'Volt.

Ces dispositifs d'effacement répondent aux priorités que la Région et les collectivités se sont fixées en matière de maîtrise des consommations, en apportant concrètement une réponse, parmi d'autres, pour sécuriser l'approvisionnement en électricité de la Bretagne.

Pour que ces premières expérimentations puissent donner des résultats tangibles, les collectivités (Rennes Métropole, Brest Métropole Océane, le Conseil général du Morbihan...) se sont engagées à mobiliser, sur leurs territoires, bailleurs sociaux et foyers volontaires afin que les opérateurs puissent, de manière concentrée, installer leurs boîtiers dans les meilleurs délais.

Un premier pas vers les smarts grids

Le principe de l'effacement diffus consiste à diminuer la consommation sur le réseau aux heures de pointe (le matin et entre 17h et 20h) et à compenser ainsi les déséquilibres entre demande et approvisionnement. Lors de ces pics, les opérateurs, avertis par RTE, déclenchent à distance, chez les consommateurs équipés gratuitement de boîtiers, la coupure des appareils de chauffage, pour une durée limitée qui passe inaperçue (entre 15 et 30 mn).

Au-delà des économies réalisées, ces tests grandeur nature permettront de mieux connaître les consommations individuelles des foyers et d'évaluer l'acceptation du dispositif, celui-ci ne devant, en aucun cas, impacter le confort quotidien des particuliers volontaires.

Cette expérimentation est un premier pas vers les réseaux intelligents, dits « smarts grids » (nouvel internet de l'électricité).


Article RH - 3B Conseils

Sources : Région Bretagne

mercredi 3 novembre 2010

Le Pacte électrique breton



La question de l’approvisionnement énergétique de la Bretagne réapparaît d’une manière récurrente chaque année avec l’arrivée des premiers froids et nul ne peut plus vivre comme si les ressources en énergies fossiles - pétrole et gaz - étaient infinies.

La production régionale est faible et ne couvre que 8 % des besoins énergétiques. Située en bout de « ligne » les menaces de délestage lors de périodes de surconsommation électrique sont réelles.

La Conférence bretonne de l’énergie - instance de concertation regroupant la plupart des acteurs publics - a été réunie pour la première fois au début de l'année 2010 sous l’égide de l’Etat et de la Région Bretagne.

Lors de sa réunion du 6 juillet dernier le Préfet de Région et le Président du Conseil régional ont proposé à l’ensemble des partenaires d’entrer dans une démarche opérationnelle d’élaboration d’un Pacte électrique breton autour de trois axes indissociables que sont :
_ la maîtrise de la demande en électricité,
_ le renforcement du développement des énergies renouvelables,
_ la sécurisation de l’alimentation électrique.


Lors de sa session des 21 et 22 octobre 2010 le Conseil régional de Bretagne a adopté son « pacte électrique breton » : un programme d'économies d'énergie et de production durable pour sécuriser le réseau breton que le président Le Drian appelle aussi le « triskell breton ».
Ce « triskell » c’est :
- un projet d'économies d'énergie en particulier auprès des particuliers ;
- un programme de développement des énergies renouvelables (solaire, éolien sur terre, et en mer) ;
- la construction d'une centrale thermique au gaz près de Brest, d'une puissance de 450 mégawatts.

Ce denier volet du Pacte électrique breton fait débat !


Pour ce qui concerne la maîtrise de la demande en électricité - MDE, un groupe de travail d’experts a élaboré des propositions à partir de deux contributions principales :
- d’une part, les perspectives d’évolution de la consommation électrique et les scénarii de MDE retenus par Réseau de Transport d’Electricité (RTE),
- d’autre part, les perspectives de déploiement à une échelle régionale des différentes actions menées dans le cadre de l’opération expérimentale « Vir’Volt » conduite sur le pays de Saint Brieuc.

Le scénario de « MDE renforcée », a retenu lequel conduit à une économie de consommation de 950 GWh à l’échéance 2015, et de 1200 GWh à l’échéance 2020 par rapport au scénario de référence. Cette économie correspond à une division par 2, puis par 3, aux échéances respectives de 2015 et 2020, du taux actuel d’augmentation de la consommation bretonne d’électricité.

Pour atteindre ces objectifs, il est proposé dans le projet de pacte plusieurs types d’actions :
_ l’engagement des filières professionnelles (bâtiment, agroalimentaire, industrie, …)
_ la sensibilisation aux modes de chauffage alternatifs à l’électrique, notamment pour la construction neuve
_ l’effacement diffus de la consommation
_ la rénovation thermique des logements
_ l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments d’élevage
_ le déploiement des Certificats d’économie d’énergie par sollicitation des obligés (énergéticiens, distributeurs de carburant…) pour des engagements sur des actions ayant un impact sur la consommation d’électricité
_ la sollicitation d’acteurs économiques non-obligés (entreprises ou réseaux d’entreprises fortement implantés dans les territoires…)
_ le lancement d’appels à projets « économies d’énergie » spécifiques à la Bretagne



S’agissant du «développement des énergies renouvelables – EnR- », le groupe d’experts s’est attaché à identifier les perspectives de déploiement des énergies renouvelables aux horizons 2012, 2015 et 2020.
Découlanr de ces propositions, la Conférence bretonne de l’énergie du 24 septembre 2010 propose de retenir un objectif de puissance installée de production d’énergie renouvelable de 3 600 MW à l’horizon 2020, correspondant à une production globale d’électricité de 8 800 GWh.

La part d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables par rapport à la consommation bretonne passerait ainsi de 7 % (référence 2009) à 34 % en 2020. Il convient de noter que l’énergie éolienne –terrestre et offshore- en constitue la part essentielle, avec un objectif de 1.800 MW pour l’éolien terrestre, qui correspond à un doublement de la production actuelle, et un objectif de 1.000 MW pour l’éolien offshore, incluant l’éolien posé et les premier parcs éolien flottant. Ces objectifs sont certes ambitieux mais néanmoins atteignables et se doivent d’être à la hauteur des enjeux.

Pour atteindre ces objectifs, la Région Bretagne propose d’inscrire également dans le Pacte un certain nombre d’actions opérationnelles permettant d’atteinte des objectifs ambitieux, dans un contexte ou l’acceptabilité sociale est souvent source de difficultés pour l’implantation des projets.
Il s’agit notamment :
_ de planifier le développement des énergies renouvelables conformément au Grenelle de l’environnement :
· en élaborant le schéma des EnR en Bretagne
· en accompagnant les projets territoriaux
· en facilitant l’acceptabilité des projets sur les territoires
· en fluidifiant les procédures administratives


_ d’adapter à la spécificité bretonne les procédures nationales telles que:
· l’appel d’offres « Biomasse 4 » de la CRE
· l’appel d’offres « éolien en mer »
· l’appel à projets « méthanisation » de l’ADEME


_ d’accompagner les porteurs à l’aide du fonds d’investissement dédié que le Conseil régional a initié en 2009.


Le troisième axe du Pacte concerne la sécurisation de l’alimentation électrique, avec deux éléments complémentaires à prendre en compte que sont la sécurisation du réseau de transport et le besoin d’assurer un niveau de sûreté de production d’électricité à tout instant.

Le groupe de travail de la Conférence bretonne de l’énergie a d’abord pris acte des travaux des groupes « MDE » et « EnR » et a considéré que si le scénario MDE renforcée permet d’infléchir la courbe d’augmentation de la consommation, celui reste malgré tout à un niveau élevé.

Par ailleurs le groupe estime que le développement des EnR devrait permettre de couvrir un tiers environ de la consommation d’électricité à l’horizon 2020. La multiplication progressive des sources de production permet de prendre en compte une partie de cette production, mais dans des limites relativement restreintes. Le développement de moyens de productions délocalisées, telles que la cogénération, a été abordé comme des réponses possibles a des besoins complémentaires en semi base ou en pointe. Les mécanismes d’effacement diffus de la consommation ont également été intégrés dans la réflexion et pour l’analyse des différents scénarios.

Pour autant, toutes ces solutions dont la mise en œuvre est à décliner sur plusieurs années ne permettront pas selon les experts de la Conférence bretonne d’assurer un niveau de sécurité suffisant pour faire face à l’augmentation des besoins en consommation, notamment en période de pointe.

C’est donc sur la base de cette analyse, que le Pacte propose d’inscrire diverses mesures comme :
_ le développement d’un réseau intelligent et du stockage (Recherche & Développement) relire l'article du blog du 5 févier 2010

_ la mise en place d’un moyen de production complémentaire, de type « cycle combiné gaz », d’environ 450 MW, pour un appoint de production locale permettant de soutenir le réseau, avec une implantation optimale le plus à l’ouest possible de la Bretagne.

Cette dernière option de centrale à gaz dans la périphérie brestoise fait l’objet d’un débat chez les élus régionaux.

Pour en savoir plus sur les enjeux énergétiques de la Bretagne retrouvez les débats des 14è entretiens Sciences et Ethique 2010 « Energies, Villes et ports de demain » et les archives des éditions précédentes.

Article RH 3B Conseils
Sources Région Bretagne / entretiens Science et Ethique

mardi 2 novembre 2010

Programme franco-britannique INTERREG IV : Coopérons à l’échelle de la Manche !



Qu’ont en commun des projets qui œuvrent pour une politique maritime intégrée, pour la création d’un réseau de pépinières d’entreprises ou encore pour la rénovation thermique de l’habitat social ?
Qui réunit des acteurs de l’intégration des travailleurs handicapés, des arts du cirque et de la rue, de la danse contemporaine et de la gestion des déchets ?

Il s’agit du programme européen INTERREG IV A France (Manche) – Angleterre, doté d'une enveloppe de 173,5 millions d'euros. La zone de coopération s’étend du Finistère à la Somme et au Pas-de-Calais en France, et des Cornouailles au Norfolk en Angleterre.

Le programme Interreg IVA France (Manche) - Angleterre a pour objectif de favoriser l'émergence entre les parties françaises et anglaises d'un espace de citoyenneté commune, du sentiment d'appartenance à un espace transfrontalier, et d'une identité spécifique.

Ce programme, dont l'élaboration a été co-financée par le FEDER dans le cadre du programme INTERREG IIIA France-Angleterre 2000-2006, a été approuvé par la Commission Européenne (Décision du 19 septembre 2008).

Les projets soutenus favorisent respectivement l’apprentissage de la langue et de la culture du pays voisin, le soutien à la création d’entreprises, la mise en place d’activités liées à la culture et au patrimoine, mais aussi une gestion équilibrée de l’environnement à l’échelle transfrontalière.


Coopérons à l’échelle de la Manche !
Les 8 et 9 novembre 2010, l’Autorité de Gestion et les partenaires du programme européen de coopération transfrontalière franco-britannique INTERREG IV A France (Manche) – Angleterre auront le plaisir de vous accueillir à Torquay en Angleterre à l’occasion de leur Grande Manifestation annuelle.

Le thème de l’événement ? Coopérons à l’échelle de la Manche !

L’objectif ?
- communiquer des informations pratiques à propos du programme Interreg IV A pour vous permettre d’en appréhender les objectifs et les attentes et connaître les possibilités de financements.
- favoriser les rencontres et les échanges avec des partenaires potentiels et générer ainsi de nouvelles idées de projets.

Rendez-vous européen incontournable, cet événement présentera les rouages du montage, de la sélection et de la gestion de projets de coopération transfrontalière franco-britannique. Plusieurs porteurs de projets témoigneront de leur expérience dans ce domaine. Un forum projets interactif permettra aux participants de découvrir la zone de coopération France (Manche) – Angleterre.
Des « speed meetings » autour des thématiques du développement économique, de l’insertion sociale, de la culture, du tourisme et de l’environnement ouvriront des opportunités de mises en réseau de partenaires.

La manifestation donnera à cet égard le coup d’envoi de deux outils indispensables de la coopération : le guide complet des porteurs de projets et le nouveau site Internet du programme www.interreg4a-manche.eu.


Article RH 3 B Conseils
Sources : INTERREG IV A

vendredi 29 octobre 2010

Conseil de lecture : « Le roman des marins » de Laurent Mérer


Avec un art consommé du récit et du portrait qui a fait le succès de ses précédents ouvrages (*), Laurent Mérer nous fait partager, à travers cinq histoires romanesques, sa passion de la mer, son goût de l’aventure et sa haute idée de l’homme.


« Jacques, Guillaume, Bernard...
Des marins sur leurs bateaux. Leur métier, leur vie, leurs rêves, leurs angoisses, parfois leurs cauchemars. La tempête au bout de l'étrave, les yeux rougis par la veille, l'ancre en suspens au bout de la chaîne, les mines entre deux eaux, un turban dans la ligne de mire.
Une femme au loin qui attend, une autre tout près, peau luisante, dans la lumière trouble d'un bar au milieu de nulle part. Ils labourent la mer dans les eaux tumultueuses du nord, ils se glissent entre les récifs dans les îles ensoleillées du sud, ils patrouillent dans les détroits de l'Orient. La vie parfois les rattrape, leurs destins se croisent ou se perdent sur les traces d'un enfant oublié. »


« Le roman des marins » est publié aux Editions du Rocher

Pour mémoire :

Laurent Mérer - alors préfet maritime de l’Atlantique- est intervenu aux entretiens Science et Ethique en 2005 « Le littoral est les avancées scientifiques ».

"Le littoral et les avancées scientifiques” : Comment les recherches sur le littoral et son développement s’organisent en France, en Europe, autour de l’Océan Atlantique ? Quels sont les outils qui permettent d’anticiper sur l’évolution de la hauteur du niveau des océans et ses conséquences pour ce territoire complexe entre la terre et la mer ? Comment les élus et les pouvoirs publics utilisent les données scientifiques et technologiques et le grand public y a-t-il accès ?

L' intervention de Laurent Mérer portait sur le thème « La loi Littoral et l’impact sur le rôle de la Marine Nationale ».
Revoir ici son intervention


(*) Laurent Mérer a publié précédemment :
- « Alindien : un marin dans l’Océan Indien » (2006)
- « Préfet de la mer » (2007)

- « Moi Osmane, pirate somalien » (2009)


Article RH 3B Conseils
Source : éditions du Rocher