mercredi 30 juin 2010

La "Grande dérive" des Robinsons des glaces


Plus connue pour ses traversées océaniques en kitesurf, - et avant de repartir début 2011 pour une traversée depuis le Pérou jusqu’à Tahiti - la navigatrice Anne Quéméré a rejoint le Groenland afin de participer à «La grande dérive» une opération scientifique menée par le groupe «Robinson des glaces».

"La grande dérive" consiste à vivre cinq semaines, en autonomie totale sur un territoire de glace dérivant au large du Groënland, une opération destinée à surveiller et alerter sur le dérèglement climatique.
Le chef de cette expédition, Emmanuel Hussenet, chef d'expédition, auteur d'une quinzaine d'expéditions dans ces régions boréales extrêmes depuis une vingtaine d'années, souhaitait constituer une équipe venant d’un univers maritime différent composée de :
- Emmanuel Hussenet, chef d'expédition
- Luc Dénoyer, logistique, prises de vues
- Anne Quéméré, rapports scientifiques
- Gauthier Mesnil-Blanc, illustrations, web-documentaire.

Les initiateurs du projet motivent leur démarche ainsi " pour prouver la disparition de la banquise polaire, pour montrer en direct ce phénomène dont notre avenir dépend. Les glaces marines ont un rôle majeur : elles assurent l’équilibre thermique de notre hémisphère. Sans elles, le réchauffement de la planète sera encore plus rapide ! Or les chercheurs pensent que les banquises permanentes du pôle Nord pourraient disparaître dans une dizaine d’années."


Cette équipe doit donc partir de Tassilaq dans le sud-est du Groenland pour rejoindre en bateau puis en kayak de mer un bout de banquise de 5 ou 6 mètres d’épaisseur, poussé par un courant marin de nord vers le sud.
Au fil des semaines "cette île flottante se réduira de 1.000 m2 au début de son parcours, à 100 ou 50 m2 au final. Une façon de montrer avec acuité que la banquise pluriannuelle, "formidable marqueur du réchauffement climatique".

Par ailleurs, ce séjour polaire correspondant également à la période des naissances chez les morses, Anne Quéméré se mettra à l’écoute de ces énormes mammifères marins pour le compte du CNRS en enregistrant les communications acoustiques entre les mères et leurs petits.

La navigatrice, qui collabore depuis plusieurs années avec les chercheurs d’Océanopolis à Brest, s’est vue confier la mission de prélever du plancton sous la banquise.

Pour aller plus loin nous vous invitons à retrouver les débats des entretiens Science et Ethique 2009 " l'heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer" .

Un des enjeux de l’Arctique est son nouvel intérêt géostratégique dû au réchauffement climatique. Cet enjeu géopolitique du changement climatique sur les pôles, notamment l’Arctique a été un des sujets des entretiens Science et Ethique 2009 à Brest. 



A cette occasion, l’intervention d’Anne Choquet enseignante-chercheur associée à l’AMURE – UBO lors de la première table ronde autour de la thématique : Changement climatique : les enjeux Nord Sud, la sécurité maritime et pêche, portait sur "les glaces fondent : l'Arctique est convoitée".

Retrouver également l'article du blog du 4 janvier 2010 sur "l'Appel des Pôles" , la campagne internationale lancée par l’ONG le Cercle Polaire, dans 52 pays, afin de collecter les témoignages de celles et ceux, acteurs et décideurs, engagés dans la protection des régions polaires, l'Arctique ou l'Antarctique..
Cet appel vise à mettre en réseau les actions politiques, scientifiques ou artistiques de personnalités en faveur d’une meilleure gouvernance des régions polaires, l’Arctique ou l’Antarctique.

Relire également l'article du 27 octobre 2009 sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur les populations du littoral.


Sources : Robinsons des glaces / RH - 3B Conseils
photo : Robinsons des glaces

mardi 29 juin 2010

Ecocéane à la rescousse de la Floride dans la lutte contre la marée noire ?

Nous évoquions dans un article de ce blog du 7 mai 2009 le développement par Ecocéane, société installée à Paimpol et spécialisée dans les navires de service et de dépollution, du bateau Catamar. 



Dans l’article du 10 mai 2010 nous indiquions également que des contacts étaient en cours, entre Ecocéane, l’ambassade des États-Unis et le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), afin de venir en aide aux États-Unis pour contrer la marée noire.

Dans cette perspective et si les accords étaient conclus, neuf navires d’Ecocéane pourraient y participer. Chez Ecocéane, on confirmait d’ailleurs les discussions, les navires n’attendaient que le signal de départ pour partir en Louisiane.

L'affaire semble désormais bien engagée comme le révèle le site internet de l'hebdomadaire Le Point, selon lequel l'État de Floride aurait fait l'acquisition, via une société privée, de neuf bateaux fabriqués par la société bretonne Ecocéane (*)..

Toujours d’après le Point, "le premier bateau acheté est déjà à Miami, les huit autres quitteront le chantier de Paimpol à partir de jeudi", selon qui "l'État de Louisiane pourrait emboîter le pas de la Floride".


L’objectif est de contribuer à la récupération du pétrole échappé au large de la Louisiane. La Floride qui cherche actuellement à se préserver des conséquences de la marée noire, comme l'explique un article du Miami Herald.
Le quotidien de Floride évoque un nouveau plan de lutte, financé par BP, qui passe par l'achat d'au moins trois unités.

Alors que les bateaux pompeurs traditionnels ne récupèrent que 25 % d'hydrocarbures pour 75 % d'eau, la flotte d'Ecocéane qui n'aspire que du pétrole recueille ainsi jusqu'à l'équivalent de 6.000 barils par demi-journée.
De plus ces catamarans peuvent être reliés à des tankers afin d'évacuer le pétrole au fur et à mesure.

(*) Basée à Paimpol, la société Ecocéane a été créée en 2004, après le rachat d'Armor Techniques, fabricant de barges en aluminium. Elle est dirigée par Éric Vial,. La Société est présente dans une vingtaine du pays, dont l’Australie, le Brésil, l'Angola, le Nigeria….




Pour mémoire, après le naufrage et la marée noire de l'Erika et avant celui du Ievoli-Sun d'une part, les entretiens Science et Ethique 2000 ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre. Retrouver les débats de ces journées.



Sources : Ecocéane / Le Point / RH – 3B Conseils
Photo Ecocéane

lundi 28 juin 2010

Le prix «Christian Le Provost, océanographe» : derniers pour y concourir ...


Le prix «Christian Le Provost, océanographe» est destiné à promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions, qu’il s’agisse d’applications au climat, aux écosystèmes marins, à l’exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers, qu’il s’agisse enfin d’études de processus, expérimentales ou de modélisation.

Il vise à récompenser un jeune chercheur qui aura contribué significativement par ses travaux au développement de la connaissance ou des applications. L’océanographie est une science jeune par rapport aux autres «géosciences».


Par ce prix, le Conseil Général des Côtes d’Armor et les institutions de recherche partenaires entendent stimuler la communauté des océanographes. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 juin 2010.

La décision d’attribution du prix interviendra en septembre 2010 et le prix sera remis lors de la journée du 22 octobre à Saint-Brieuc , sous l’égide des grands organismes de recherche et du Conseil Général des Côtes d’Armor.

Renseignements et inscription sur le site de l’association » Christain Le Provost, océanographe » .

Pour mémoire le prix 2009 (doté de 7 000 €), décerné par un jury international de scientifiques, avait été remis le 23 octobre 2009 à Fabrice Ardhuin, ingénieur au Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) à Brest.



Fabrice Ardhuin (34 ans) explore, parmi les thématiques délaissées par la recherche océanographique en France, les sujets susceptibles de faire avancer l'océanographie opérationnelle. Ces développements ouvrent une nouvelle ère d'applications pour la prévision des vagues, de la télédétection à la modélisation des courants à la surface de l'océan. Il est l'auteur de 35 publications dans son domaine de recherches.



Relire l'article du blog du 29 octobre 2010 et le discours de M. Claudy Lebreton, président du Conseil général.



Par ailleurs rappelons que le Prix « Christian Le Provost, océanographe » a été à l’honneur lors du 50è anniversaire de la CIO de l’UNESCO.
Un des objectifs affichés de cet anniversaire est « d’améliorer le niveau de sensibilisation du public à l'importance de la collaboration et la participation aux sciences de la mer, à tous les niveaux de la société (par exemple, la société civile, les médias, les gouvernements, les organisations internationales) ».
Dans cette logique, la France, en tant qu’état membre contributeur, a choisi de mettre à l’honneur pour cette occasion la création du prix « Christian Le Provost, océanographe ».

Sources : Association Christine Le Provost / RH - 3B Conseils

jeudi 24 juin 2010

Nantes, capitale verte de l’Europe ?



Après « Stockholm capitale verte de l'Europe en 2010 », suivie par Hambourg en 2011, Nantes sera-t-elle la Capitale verte 2012 ?

Sur les 17 villes de plus de 200.000 habitants à postuler pour le titre de "capitale verte de l'Europe", il n'en reste plus que 6, dont Nantes, seule ville française qui concoure pour ce titre dans le cadre nouveau prix lancé par la Commission européenne visant à encourager les villes et à améliorer la qualité de la vie urbaine. L'idée de créer un prix pour les villes vertueuses en matière d'environnement est venue de l'initiative de Jüri Ratas, aujourd'hui ancien maire de Tallinn (Estonie). C’est en octobre 2010 que l’on connaîtra la réponse...

Face à Nantes, se retrouve Malmö (Suède), Barcelone et Vitoria Gatez (Espagne), Nuremberg (Allemagne) et Reykjavik (Islande).

Pour désigner la ville lauréate, le jury européen (*) utilisera dix critères environnementaux pour évaluer la capacité de ces villes à se conformer à des normes environnementales élevées, leur engagement permanent en faveur d'objectifs ambitieux pour améliorer l'environnement et favoriser le développement durable ainsi que le potentiel développé pour servir de modèle aux autres villes et promouvoir les meilleures pratiques dans d'autres villes européennes.
Sur tous ces points, Nantes a indéniablement des atouts. C'est en effet un engagement environnemental de longue date qui pourrait être ainsi récompensé.

Lors de la première sélection, Nantes a été remarquée sur le travail qu'elle mène et les résultats obtenus sur le changement climatique, les transports, la qualité de l'air, la pollution sonore et la gestion des déchets.


Parmi les points forts de l’agglomération nantaise on rappellera que la métropole compte :
- 47 ruisseaux,
- 250 km de rives,
- quatre zones classées Natura 2000,
- 15 500 ha d'espaces naturels dont 9 500 de zones humides,
- 15 000 ha d'espaces agricoles.


De plus au titre des initiatives innovantes en matière de développement durable, Nantes a été la première à avoir relancé le tramway - il y a plus de 20 ans. Mais l’agglomération continue cette politique de déplacements urbains verts avec le développement de son plan vélo, le Busway en site propre et les projets de Chronobus - un système à haut niveau de service avec des bus toutes les 8 minutes aux heures de pointe - et de tram-train entre Nantes et Châteaubriant.

Outre les transports, le jury européen regardera avec attention les politiques publiques : gestion des déchets, production de l'eau, traitement des eaux usées, qualité de l'air, espaces verts, agriculture périurbaine, pollution sonore...


Nantes-Métropole rappelle également que la collectivité a massivement investi dans le programme Neptune :
- 132 millions d'euros dans la première phase pour l’adaptation du réseau d'assainissement aux besoins de l'agglomération et la construction de nouvelles stations d'épuration,

- puis 43 millions d'euros pour la restauration hydro-écologique des milieux aquatiques

- 90 millions d'euros (programme Neptune 3 qui a pris fin en 2009) pour mettre en place le service d'assainissement non collectif et de restaurer des milieux aquatiques.

Cette politique de l'eau s'imbrique avec d'autres actions menées autour de la notion de "trame verte et bleu" : travail sur les zones humides, continuités piétonnes (335 km inscrits au schéma directeur et 230 km aménagés ou programmés), gestion environnementale différenciée (sans pesticides) de 85% des 3366 ha d'espaces verts publics, création de trois forêts urbaines (sur 1.400 ha au total), corridors écologiques dans la ville.

Pour le maire Jean-Marc Ayrault, ces signes - comme le retour des abeilles ou des hérons en ville - sont des "marqueurs" de la biodiversité. "Mon pari est de continuer à faire de Nantes une ville attractive explique-t-il. Et notre atout aujourd'hui, c'est la qualité de vie". De plus, "des traces de loutres ont été retrouvées sur l'île de Versailles, au cœur de l'agglomération ».

Relire également l'article du blog du 25 mai 2010 " Nantes Métropole lance un Atelier Climat".


(*) Le jury qui désigne les lauréats est composé de représentants de la Commission européenne, de l'Agence européenne pour l'environnement, de l'ICLEI (regroupant des acteurs locaux œuvrant en faveur du développement durable), de la Fédération européenne pour le transport et l'environnement (T&E), de l'Union des capitales de l'Union européenne et du Comité des régions.



Sources : Le Moniteur / Union Européenne / RH – 3B Conseils
Photos : Commission européenne / Ville de Nantes

Une thèse doctorale sur l’éolien à l’UBO


C’est une de Thèse particulière riche d’enseignements qui doit être soutenue dans le prochains jours à l’Université de Bretagne Occidentale, sur l’Eolien par Brice BELTRAN, doctorant au sein de l'EA 4325 LBMS de l'UBO (Laboratoire Brestois de Mécanique et des Systèmes (LBMS) - Université de Brest / ENSIETA / ENIB)


Il soutiendra sa Thèse de Doctorat, le mardi 6 juillet 2010 à 10H30 dans la Salle des Conseils de l'IUT de Brest (Salle C003) intitulée :

« Contribution à la commande robuste des éoliennes à base de génératrices asynchrones double alimentation : Du mode glissant classique au mode glissant d'ordre supérieur ».

Un sujet certes pour les spécialistes et les initiés mais que nous jugeons suffisamment important et emblématique pour le signaler dans ce blog.


Brice BELTRAN présente ainsi ses travaux  :

« Le développement durable et les énergies renouvelables suscitent aujourd’hui l’intérêt de plusieurs équipes de recherches. Le développement des éoliennes représente un grand investissement dans le domaine de la recherche technologique.

Ces machines qui produisent de l’énergie électrique à partir du vent peuvent constituer une alternative technologique et économique aux différentes sources d’énergies épuisables. D’ailleurs, la croissance de l'industrie éolienne mondiale est de l'ordre de 30% par an depuis le début des années 2000.

De nombreux travaux de recherche sur le contrôle et la commande d’éoliennes ont été menés. Grâce à ces travaux, les dernières générations d’éoliennes fonctionnent avec une vitesse variable et disposent d’une régulation pitch. Il est ainsi possible de modifier la vitesse de rotation et l’angle de calage de chacune des pales, permettant alors d’améliorer la production de l'aérogénérateur. Néanmoins, il reste encore à introduire plus d’intelligence dans le fonctionnement des aérogénérateurs.

L’objectif principal de nos travaux de thèse est d’étudier les techniques de commande
robuste, de la génératrice, susceptibles d’optimiser la production d’une éolienne, en particulier celle utilisant une génératrice asynchrone double alimentation.
Par optimisation, nous entendons non seulement améliorer la qualité de l’énergie produite et le rendement énergétique mais aussi diminuer les charges mécaniques de fatigue ; ce qui aurait pour conséquence de rendre possible la fabrication d’aéroturbines plus légères améliorant de ce fait la productivité.

La ou les techniques de commande doivent donc tenir compte du comportement de l’éolienne dans son ensemble. Pour ce faire, nous avons exploré l’apport des modes glissants classiques puis d’ordre supérieur pour répondre au cahier des charges fixé.

Les techniques de commandes proposées ont été testées sur le simulateur FAST élaboré par le laboratoire Américain NREL (National Renewable Energy Laboratory). Des essais expérimentaux effectués au laboratoire Grenoblois G2Elab sur un banc de 7.5 kW ont permis la validation des techniques proposées. Elles restent cependant perfectibles ouvrant ainsi la voie à d’intéressantes perspectives. »



Pour information le jury sera ainsi composé de
:
- Maria DAVID, Professeur, Institut National Polytechnique de Toulouse / examinatrice
- Benoît ROBYNS, Professeur, Ecole des Hautes Etudes d'Ingénieur, Lille / rapporteur
- Alain GLUMINEAU, Professeur, Ecole Centrale de Nantes / rapporteur
- Jean Frédéric CHARPENTIER, Maître de Conférences, Ecole Navale, Brest / examinateur
- Emmanuel DELALEAU, Professeur, Ecole Nationale d'Ingénieurs de Brest / examinateur
- Tarek AHMED-ALI, Professeur, Université de Caen / co-encadrant
- Mohamed BENBOUZID, Professeur, Université de Bretagne Occidentale / directeur de thèse
- Abdelkrim BENCHAIB, Docteur Ingénieur, AREAVA T&D, Massy / invité

Retrouvez également l'intervention de Mohamed BENBOUZID aux entretiens Science et Ethique 2007.
Son intervention
portait sur "le simulateur d'hydrolienne".


Sources : UBO - LBMS / RH - 3B Conseils