mercredi 22 octobre 2008

Droits à polluer


PARIS (France) – 22/10/2008 – 3B Conseils – Les ministres de l’environnement sont réunis depuis hier à Luxembourg en raison du désaccord sur le paquet « énergie-climat ». Ce paquet prévoit la réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 en même temps que l’augmentation du recours aux énergies renouvelables et des économies d’énergie. Justement ce matin l’émission « Les Enjeux Internationaux» de Thierry Garcin et d’Eric Laurent portait sur la lutte contre la pollution et plus particulièrement sur : « Le commerce des droits à polluer et la logique des États dans la lutte contre le réchauffement de la planète ». Aurélien Bernier était l’invité d’Eric Laurent. Militant altermondialiste et président de l’association Inf’OGM (veille d'information citoyenne sur les biotechnologies agricoles) il rappelle dans son livre, « Climat otage de la finance », qu’il existe pour les entreprises et pour les spéculateurs un marché des droits à polluer. Une entreprise, par exemple, a le droit d’émettre une certaine quantité de carbone en fonction du quota qu’elle a obtenu. Si elle émet un volume inférieur à son quota elle peut revendre le volume qui lui reste et faire du bénéfice. C’est une mécanique dangereux. En effet, une autre disposition du protocole de Kyoto permet à des entreprises qui investissent en Chine ou en Inde (pays en développement pas directement intégrés dans ce système) de créer des quotas supplémentaires et les investisseurs peuvent revendre ces quotas en bourse. Une étude réalisée en Grande Bretagne montre que les pays occidentaux consomment des produits faits dans les pays en voie de développement et que cette consommation représente 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour Aurélien Bernier on pourrait donc rajouter au crédit des pays occidentaux 20% des émissions mondiales.

Pour en savoir plus, entretiens Science et Ethique 2008, table ronde n°2 : La connaissance : avons-nous toutes les cartes en main ? (décisions politiques et recherche) ICI
Vous pouvez réécouter l’émission Les Enjeux Internationaux ICI

Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : France Culture / 3B Conseils

mardi 21 octobre 2008

Signature d’une convention CEDRE/AESM pour lutter contre la pollution maritime


LISBONNE (Portugal) – 21/10/2008 – 3B Conseils - Une convention signée vendredi 17 octobre, à Lisbonne, au siège de l'AESM (Agence européenne de sécurité maritime), donne au Cedre de Brest (Centre de documentation de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) le rôle d’interlocuteur unique de l’AESM. « Cette convention, qui dépasse le cadre du Cedre, est un bon signe. C'est une reconnaissance de l'expertise de l'ensemble du pôle mer de Brest » indique Pierre Maille, président du Cedre et président du conseil général du Finistère. Ouest France souligne que « plusieurs mesures de lutte contre les grandes pollutions maritimes sont en préparation. Le renfort de la réglementation tout d'abord, en comptant sur les nouveaux membres de l'Union, tels que Chypre et Malte (...). Voire même en échafaudant des dispositifs opérationnels, dont celui des ports-refuges (…), ainsi que la constitution d'un véritable corps de gardes-côtes (…). Mais un tel effort financier ne pourrait pas être supporté par les seuls pays qui bordent l'entrée de la Manche. Il faudrait un accord de l'Union... » L'Amiral Anne-François de Saint-Salvy, Préfet maritime Ouest-Atlantique, a également annoncé des mesures dans la table ronde des entretiens Science et Ethique du vendredi 17 octobre sur la politique maritime européenne.
Après le naufrage de l’Erika en 1999, la Commission Européenne a renforcé la sécurité du transport maritime des produits pétroliers. L’Union Européenne a adopté les Paquets législatifs « Erika 1 » (2003) et « Erika 2 » (2005) et crée l’AESM (EMSA en anglais pour European Maritime Safety Agency). Cette dernière est opérationnelle depuis 2003, contribue à renforcer le système global de sécurité maritime dans les eaux communautaires, de manière à réduire les risques d'accident maritime et de pollution par les navires.
Dernièrement, l’AESM a affrété un navire anti-pollution, le Bahia Tres (un pétrolier opérant dans la baie d'Algésiras transformé en quelques heures en navire anti-pollution), à la demande des autorités espagnoles, après l'échouage de deux cargos, Fedra et Tawe. Depuis 2005, l'EMSA dispose d'une flotte de navires répartis le long des côtes européennes et pouvant intervenir en cas de marée noire à la demande des Etats-membres. Ce dispositif compte actuellement 13 bateaux et devrait bientôt être étendu jusqu'à la Baltique et la Mer noire. Le câblier français Ile de Bréhat, basé à Brest, fait partie de ce dispositif. Mais il cessera d'assurer sa mission au profit de la lutte contre la pollution à partir du 1er janvier 2009 car l’armateur ne souhaite pas renouveler le contrat de trois ans signé fin 2005.
Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : Ouest France / AFP / 3B Conseils
Photo (Mer Et Marine): Le cargo Fedre, échoué, à Gibraltar (© : EL PAIS)

lundi 13 octobre 2008

Françoise Péron : l’aménagement de l’espace côtier


BREST (France) – 13/10/2008 – 3B Conseils – La première table ronde des entretiens Science et Ethique 2008 portera sur « Le patrimoine maritime bâti, témoin de l'évolution économique du littoral et des activités nouvelles » (jeudi 16 octobre 2008 à 9h30). Françoise Péron, professeur émérite de géographie à l’Université de Bretagne Occidentale, y interviendra auprès Jean-Paul Alayse (Conservateur d'Océanopolis), François Cuillandre (Maire de Brest, Président de Brest métropole océane), Michel Ricard (Président du Comité national du Développement durable, Président du Comité National Français de la Décennie des Nations Unies de l'Éducation en vue du développement durable, Président des entretiens Science et Ethique), Peter Goodship (Porthmouth Naval Base Property Trust), Catherine Le Roux (SHOM) et Sylvie Andreu de France Culture (modération). Elle abordera les questions relatives aux nouveaux outils cartographiques (banque de données, SIG, atlas...). En effet, l’aménagement de l’espace côtier est au cœur des recherches de Françoise Péron et de son équipe. Les Français vivent de plus en plus au bord de la mer et sont attentifs aux héritages maritimes (habitats des pêcheurs, conserveries…), jusqu’à présent mal reconnus et menacés par la flambée immobilière. Petit à petit ces espaces se banalisent, perdent leur spécificité et c’est toute la mémoire du littoral, et celle de l’homme sur le littoral qui se perd. Le « patrimoine maritime : construire, transmettre, utiliser, symboliser les héritages maritimes européens » véritable atlas a été publié propose une typologie des ports (grands/petits, fonction…), inventaire par commune. Dans un second temps, l’équipe pilotée par Françoise Péron, et avec la collaboration du service « Inventaire général du patrimoine culturel de la région Bretagne », a mis en place un prototype d’inventaire du patrimoine maritime des communes du littoral. L’objectif étant de faire entrer le patrimoine maritime dans les systèmes d’aménagement du territoire car jusque là le patrimoine bâti culturel n’existait pas. Cet inventaire communal a permis de donner des recommandations aux élus en fonction des caractéristiques de chaque commune. Elle a présenté ses travaux et ses recommandations avec les étudiants de l’UBO de Quimper aux élus lors des Journées Nationales de l’ANEL (17,18, 19 septembre 2008) à Toulon. Pour elle le patrimoine et le dynamisme économique ne sont pas antinomiques : « le plus important c’est la conviction (…) mettre en valeur le patrimoine est un travail de longue haleine (…) les aménagements doivent pouvoir passer au-delà des modes d’aménagements. » Convaincue que la culture scientifique passe par le partage de la connaissance. Françoise Péron est aujourd’hui engagée dans la sauvegarde du port-musée de Douarnenez qui rencontre actuellement des difficultés.

Pour en savoir plus : « Le patrimoine maritime : construire, transmettre, utiliser, symboliser les héritages maritimes européens » de Françoise Péron : ICI et «Les français, la terre et la mer » sous la direction d’Alain Cabantous, et avec André Lespagnol : ICI
Retrouvez Françoise Péron dans l’émission « Vivre sa ville » de Sylvie Andreu, dimanche 12 octobre (7H45- 7H55): ICI et lors des entretiens Science et Ethique 2008 à Brest : ICI
Écoutez « Le chronique environnement » (7h11- 7h13) de Christian Buchet, parrain des entretiens Science et Ethique, sur Europe 1 : ICI

Article : SLG 3B Conseils

jeudi 9 octobre 2008

Information sur les 1ers entretiens Science et Ethique découverte dans les Côtes d'Armor


BREST (France) – 9/10/2008 – 3B Conseils - Essai transformé en 2008 après la journée pilote de l'année dernière ...., beau temps, marée haute et marée basse... pour 155 élèves, leurs professeurs et des parents d'élèves qui ont découvert l'univers des énergies de la mer en participant aux "1ers entretiens Science et Ethique découverte" à Perros Guirec, Pleumeur Bodou et Trégastel.

La journée était organisée par 3B Conseils avec le soutien de La Cité des Télécoms, du Planétarium de Bretagne, de l'Aquarium Marin, de la Maison du Littoral, du Lycée hôtelier Jeanne d'Arc, du CEVA, d'Algaïa et des mairies de Perros Guirec, Pleumeur-Bodou et Trégastel....

A nouveau, merci à tous ceux qui ont participé au succès de ce parcours découverte.

Le journal des entretiens Science et Ethique découverte ICI

Rendez-vous à Concarneau (complet) et à Brest du 14 au 17 octobre 2008
n'oubliez pas de vous inscrire ICI

L'équipe de 3B Conseils :
Charline Lasterre, Christine Naud, Véronique Rabuteau, Julien Salaün
avec Paul Gass, Sonia Le Gouriellec, Francis Rousseau et Ewann Prigent

mercredi 8 octobre 2008

Les députés européens maintiennent la pression sur les quotas de CO2


STRASBOURG (France) – 8/10/2008 – 3B Conseils – Les eurodéputés ont donné hier leur accord à l’introduction de contraintes financières dès 2013. 20% de réduction des émissions de CO2 d’ici 2020, passage automatique à 30% en cas d’accord international. Conformément au projet initial de Bruxelles, présenté en janvier 2008, la commission Environnement du Parlement européen a décidé de maintenir la pression sur les Etats membres, alors que ceux-ci s’inquiètent des faiblesses de compétitivité de l’économie européenne, déjà affectée par la crise financière. Ils ont aussi fixé de nouveaux objectifs de réduction d’émissions carbone pour l’après 2020 : 50% d’ici 2035, de 60 à 80% d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990.
Les eurodéputés membres de cette commission ont appuyé, par 44 voix pour, 20 contre et une abstention, le texte de compromis avancé par l'eurodéputée conservatrice irlandaise Avril Doyle. Ce texte renforce le système européen d'échange de droits d'émissions pour les industries européennes (ces dernières défendant le principe de quotas gratuits). Selon le texte, les producteurs d’électricité (qui compte pour 2/3 des émissions de gaz à effet de serre du secteur industriel européen) devront financer, en 2013, l’intégralité de leurs émissions polluantes, alors qu’aujourd’hui ces derniers ne payent que les tonnes de CO2 qui viennent en excédent de leurs quotas annuels. Les autres secteurs industriels, soit l’équivalent de 10 000 entreprises en Europe, bénéficieront d’un délai pour régler la facture : en 2013, l’équivalent de 85 % des droits à polluer continuera à leur être alloué gratuitement et c’est progressivement, d’ici à 2020, que la règle du « pollueur-payeur » s’appliquera pour chaque tonne de CO2 relâchée dans l’atmosphère. Hier, celle-ci s’échangeait à 22,40 euros sur le marché du carbone. Contre l’avis du Conseil, les eurodéputés ont même proposé d’introduire des sanctions à l’encontre des pays qui dépasseraient leurs plafonds d’émissions de CO2, soit 100 euros par tonne supplémentaire pour certains secteurs dont le transport.
Le texte renvoie à la publication par la Commission européenne d’une liste ciblant certains secteurs industriels au 30 septembre 2010. La Présidence française a, de son côté, demandé à la Commission une liste de ce type, mais pour 2009, c'est-à-dire avant les négociations internationales de Copenhague. (dossier EurActiv ICI)
Calendrier:
-10 octobre: Conseil énergie
-15 et 16 octobre: Conseil européen
-20 octobre: Conseil environnement
-3-4 décembre: Vote en plénière au Parlement

Article : SLG 3B Conseils
Documents de référence : EurActiv / Le Figaro / 3B Conseils