jeudi 10 avril 2008

Permis de polluer : Shell brandit la menace

BRUXELLES (AFP) - 10/04/2008 - Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a menacé mardi de ne plus investir en Europe si les dirigeants européens approuvent le principe de faire payer les permis de polluer aujourd'hui accordés gratuitement aux industriels."Si les quotas d'émission sont mis aux enchères. Cela va coûter très très cher. Pour le groupe Shell, cela représentera l'équivalent de ses profits en Europe. C'est impossible. Alors il n'y aura plus d'investissements de Shell en Europe", a averti le dirigeant de Shell France, Christian Balme, au cours d'un débat organisé au Parlement européen à Bruxelles par les chambres de commerce et d'industrie de la France et de l'Allemagne. "Je parle de 250 millions de dollars de bénéfices actuellement. Si on extrapole le prix de la tonne de CO2, nous arrivons au même niveau, c'est inacceptable", a-t-il expliqué. La tonne de CO2 vaut actuellement un peu moins de 23 euros sur la bourse d'échange européenne. Les dirigeants de l'UE se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz a effet de serre, dont le CO2, de 20% d'ici à 2020. La Commission européenne a présenté le 23 janvier un plan d'actions pour réaliser cet objectif. Il impose à l'industrie lourde européenne de réduire de 21% ses émissions de CO2 par rapport à leurs niveaux de 2005 et propose de faire payer les droits à polluer à partir de 2013. Les dirigeants de l'UE se sont engagés à parvenir à un accord sur ce plan fin 2008. Mais ils font face à des industriels hostiles, qui menacent de geler leurs investissements dans l'UE et de délocaliser certaines activités. Les émissions de CO2 -plus de 2 milliards de tonnes- représentent la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'UE. L'autre moitié provient des transports, de l'agriculture, des déchets.

mercredi 9 avril 2008

Technip remporte un important contrat subsea* au Canada

PARIS - 09/04/2008 - Technip a remporté auprès d’Husky Oil Operations Limited, une filiale d’Husky Energy, un important contrat d’ingénierie, fourniture des équipements, construction et préparation à la mise en route (EPIC) pour le développement de North Amethyst, un champ satellite du champ pétrolier White Rose. La valeur du contrat est d’environ 190 millions d’euros. Il comprend l’ingénierie, la fabrication et l’installation de 23,7 kilomètres de flowlines(1) flexibles et de 5,4 kilomètres d’ombilicaux(2), l’installation de collecteurs et la réalisation des opérations associées sur les conduites. Le centre opérationnel de Technip à St. John’s (Canada) réalisera le contrat. Les flowlines seront fabriquées dans l’une des usines de fabrication de conduites flexibles du Groupe au Trait (France). Les ombilicaux seront fabriqués dans l’une des usines de fabrication d’ombilicaux du Groupe à Newcastle (Royaume-Uni). L’installation en mer est prévue en 2009 et sera assurée par le Deep Pioneer et le Wellservicer, deux navires de la flotte de Technip. Ce contrat marque une nouvelle étape dans la relation entre Technip et Husky Energy, pour lequel Technip a réalisé avec succès en 2005 un contrat pour le système sous-marin de production du champ White Rose. La mise en service, au cours de la dernière décennie, de nombreux champs pétroliers en offshore profond, a généré des besoins nouveaux et croissants de maintenance et de réparation à de grandes profondeurs*. Le gisement pétrolier White Rose est situé dans les Grands Bancs du nord-est, à environ 350 kilomètres à l'est de St. John's, à Terre-Neuve. Il avait fait l'objet d'une consultation pour mesurer l'impact environnemental de son exploitation.
Pour en savoir plus sur l'exploitation DES RÉSERVES DE PÉTROLE
ET DE GAZ AU LARGE DE LA CÔTE EST : http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection-R/LoPBdP/CIR/835-f.htm
Info : Sources : Technip, 3B Conseils
(1) Flowline : conduite reposant sur le fond marin, permettant le transfert des hydrocarbures produits ou l'injection de fluides. Sa longueur varie de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres.
(2) Ombilical : assemblage de canalisations hydrauliques, de câbles électriques et de fibres optiques. Ce type d'assemblage est utilisé pour le contrôle des installations sous-marines.

mardi 8 avril 2008

Pollutions : l' UE face au contrôle accru du transport maritime

LUXEMBOURG (AFP) - 08/03/2008 - Malgré les catastrophes écologiques majeures des dernières années - naufrages du pétrolier Erika en 1999 et du Prestige en 2002 -, les Européens font de la résistance pour imposer de nouvelles contraintes au transport maritime, à commencer par leurs propres pavillons. Les ministres des Transports des 27 pays européens devaient faire un tour de table "de la dernière chance" lundi après-midi à Luxembourg, sur l'idée d'imposer à leurs flottes un respect obligatoire des règles de navigation internationales. Mais l'enterrement du projet semble programmé, selon des sources diplomatiques. Certains Etats - Grèce, Malte et Chypre en tête - ont inscrit sur leurs registres nationaux de nombreux navires qui portent leur pavillon mais échappent ensuite à leur contrôle. Les fameux "pavillons de complaisance" naviguant sur les mers du monde ne suivent pas toujours les règles de sécurité de navigation internationale, sans compter qu'ils emploient des équipages sous-payés et peu qualifiés. Bruxelles, partie en guerre contre les "bateaux-poubelles" et l'opacité juridique du transport maritime mondial, souhaite mettre de l'ordre dans les flottes de l'UE, pour ensuite taper du poing au niveau international. Le commissaire aux Transports Jacques Barrot insiste d'abord pour que tous les pays européens ratifient les conventions de l'Organisation maritime internationale (OMI) et respectent les obligations des Etats concernant leur pavillon. Il veut en outre rendre obligatoires certaines recommandations facultatives de l'OMI, organe de l'Onu basé à Londres, comme par exemple l'option de soumettre son pavillon à un "audit" de qualité. "Le niveau de sécurité effectif et la prévention de la pollution causée par les navires varient considérablement d'un Etat européen à l'autre", critique la la Commission.
Ce texte peu populaire fait partie d'un nouvel ensemble de mesures sur la sécurité maritime, baptisé "Erika III", composé au total de sept projets de lois européens. M. Barrot a obtenu le soutien en première lecture du Parlement européen sur ces sept lois, mais ce coup de pouce parlementaire ne semble pas avoir vaincu les réticences des gouvernements concernant un secteur traditionnellement peu soumis aux contraintes. A l'issue d'une quinzaine de réunions préparatoires, seulement quatre pays - la France, l'Italie, la Belgique et la Bulgarie - voulaient que les navires arborant un pavillon européen soient forcés de respecter toutes les règles maritimes internationales. L'Espagne, qui avait pâti sur ses côtes de la pollution du Prestige (77.000 tonnes de pétrole déversés), hésite et préfère s'en tenir aux règles de l'OMI, choisies à la carte par ses membres. Pour convaincre les gouvernements lundi, la présidence slovène de l'UE a fortement réduit la voilure du texte. Ou bien elle déclarera "la mort" de l'idée de M. Barrot, ou elle demandera diplomatiquement aux pays de l'UE "d'entretenir la flamme" en y réfléchissant encore, selon un diplomate. Egalement au menu du jour, un autre projet de loi visant à accroître la responsabilité civile des armateurs en cas d'accident maritime, semblait tout aussi promis à une voie sans issue. Il n'existe actuellement pas de système obligeant les armateurs à souscrire à des assurances pour des tiers et une convention maritime internationale plafonne les indemnités éventuellement versées. Les cinq projets restant de lois "Erika III" semblent toutefois promis à un avenir meilleur, même s'ils ont déjà été assouplis. Les gouvernements européens ont par exemple botté en touche sur l'établissement d'une liste contraignante de ports refuges pouvant accueillir des navires en détresse.

lundi 7 avril 2008

Pour protéger les requins, un film : " Les seigneurs de la mer "

PARIS (AFP) - 07/04/2008 - Le film "Les Seigneurs de la Mer" (Sharkwater), dans les salles le 9 avril, prend la défense des requins, une espèce menacée, victime de sa mauvaise réputation et de l'explosion de la demande asiatique pour la soupe aux ailerons de requins. "100 millions de requins sont tués chaque année. Dans 5 ou 10 ans, de nombreuses espèces de requins auront disparu", s'alarme le réalisateur du film, Rob Stewart. Un comble pour un animal apparu il y a plus de 400 millions d'années, bien avant les dinosaures, et qui a survécu aux cinq crises majeures d'extinction des espèces. Le film commence sur de très belles images de squales évoluant dans le grand bleu, indifférents aux plongeurs qui les entourent. "J'ai commencé le tournage il y a six ans, quand j'avais 22 ans", indique à l'AFP Rob Stewart, biologiste et photographe sous-marin. "Au début, je voulais juste faire un joli documentaire sous-marin", ajoute-t-il. Par la suite, il rejoint les membres de la Sea Shepherd Conservation Society, fondée par Paul Watson, un ex de Greenpeace, et embarque avec eux sur l'Ocean Warrior pour une campagne contre la pêche illégale de requins au large du Costa Rica et de l'Equateur. Le documentaire se transforme alors en un film d'action, avec une rocambolesque course-poursuite entre pêcheurs et écologistes en plein océan Pacifique. Les cadrages serrés s'attardent sur les requins qu'on hisse à bord, les pêcheurs qui leur tranchent les nageoires et les rejettent à l'eau, encore vivants, pour quelques heures ou quelques jours d'agonie. Incapables de nager, se vidant de leur sang, les animaux meurent de mort lente en s'asphyxiant. "L'aileron rapporte beaucoup d'argent - 4 à 500 dollars le kilo - mais la chair du requin, en comparaison, ne vaut pas grand-chose", explique Rob Stewart. Alors, les pêcheurs font place nette sur le bateau, laissent les ailerons sécher au soleil, et ne s'embarrassent pas du reste, qu'il faudrait conserver dans des chambres froides. L'aileron de requin est une délicatesse populaire en Asie - particulièrement la Chine, où elle est typiquement servie en potage à l'occasion de mariages. La demande a explosé au cours des dernières années et "plus les requins se raréfient, plus leur pêche est profitable", indique Rob Stewart. Les requins ne sont pas protégés par la réglementation internationale, s'indigne-t-il. Les propositions de classement de deux espèces de requins - l'aiguillat et le requin taupe - parmi les espèces protégées de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES) ont été rejetées lors de la dernière conférence de la CITES en juin. En 2007, les attaques de requins ont provoqué la mort d'une seule personne dans le monde, le plus faible niveau en 20 ans, selon l'Université de Floride. "J'ai passé des milliers d'heures sous l'eau avec des requins et je n'ai jamais été attaqué", s'insurge Rob Stewart, dénonçant l'image que des films comme Les Dents de la Mer ont donné de cet animal. Difficile, selon lui, d'imaginer la planète sans les requins qui ont un rôle crucial dans l'équilibre des écosystèmes marins. Il compte sur le succès de son film en France: "il y a eu le commandant Cousteau et le Grand Bleu, les gens ici ont une histoire d'amour avec l'océan".
"Les seigneurs de la mer" (Sharkwater en v.o) est un film à la fois militant et contemplatif, d’une durée de 90 minutes, déjà primé plus de vingt-deux fois dans le monde. Il invite à suivre le parcours de Rob Stewart et de l’activiste des mers Paul Watson qui tentent de dénoncer la pêche illégale et le massacre des requins, du Costa Rica aux Iles Galapagos, en passant par le Guatemala. Entre scènes violentes et d’autres d’une grande beauté, Sharkwater plaide pour l’urgente sauvegarde des requins.
Pour en savoir plus : Eric Stephan : APECS association Association pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens. L’APECS avait organisé à Brest le 11eme congrès annuel de l’EEA fin novembre 2007, ce film en ouverture

vendredi 4 avril 2008

Les "thonailleurs" marseillais, privés de pêche, accusent l'administration

MARSEILLE (AFP) - 04/04/2008 - Les "thonailleurs" des environs de Marseille ont protesté jeudi contre les lenteurs de l'administration qui ne leur a pas délivré d'autorisations pour la reprise de la pêche alors que leurs concurrents italiens et espagnols alimentent le marché hexagonal, a constaté un journaliste de l'AFP. Une quarantaine de "thonailleurs" se sont rassemblés dans l'après-midi au marché aux poissons de Somaty, près du quartier de l'Estaque, au nord de Marseille, pour assister au déchargement d'un camion transportant des thons pris par les pêcheurs italiens et vendus par un commercial espagnol aux grossistes en poissons du marché marseillais. Ils entendaient ainsi démontrer l'absurdité de leur situation, leurs collègues italiens et espagnols ayant bénéficié de la rapidité de leur administration à leur délivrer un permis de pêche alors qu'eux-mêmes en sont réduits à rester à quai. " On regarde les thons, on ne peut pas les pêcher. Qu'ils se bougent le c... pour nous donner ce permis de pêche spécial ", s'est emporté Patrick Bozonnat, président de la coordination des pêcheurs de l'étang de Berre et des environs. " Cette fois-ci, on n'est pas bloqués par une règle X ou Y mais par notre administration ", a-t-il ajouté, menaçant de bloquer le port de Fos-sur-Mer si rien ne bouge. " Avant de "travailler plus pour gagner plus", nous attendons de notre Etat qu'il nous permette de pouvoir aller travailler tout court ", expliquent les "thonailleurs" dans un communiqué. Ils rappellent qu'après l'interdiction de la thonaille (filet spécial) en juillet 2007, ils se sont équipés pour modifier leur pêche et travailler à la canne ou à la palangre. Selon M. Bozonnat, une quarantaine de bateaux, comptant chacun un équipage de trois hommes, sont concernés dans la région marseillaise par l'autorisation de pêche revendiquée.