mardi 13 juillet 2010

Des capteurs sur les navires marchands pour comprendre le rôle des océans sur le climat ?

S’il est prouvé que les océans captent une grande partie du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère, toutefois, le processus par lequel ce phénomène se produit est encore mal connu.

C’est dans ce cadre que l'Institut Leibniz des sciences marines (IFM-GEOMAR) veut mettre en place un réseau de capteurs sur les navires marchands suffisamment étendu pour répondre à de nombreuses interrogations.

La création de ce réseau, qui a pour but de mieux comprendre le rôle des océans dans le phénomène de changement climatique global, fait partie du projet OCEANET, lancé en 2008 et qui vise à étudier les échanges d'énergie et de matière entre l'atmosphère et les océans.

Ce système de capteurs a préalablement été testé sur le navire de recherche allemand Polarstern et semble désormais avoir atteint un stade de développement suffisamment avancé pour équiper des navires non spécialisés et fonctionner de manière autonome. Le test du système de capteurs embarqués à destination des navires marchands conduit sur le Polarstern était le dernier d'une série de cinq


Pour en connaître plus sur ce phénomène, il faut entreprendre de nombreux relevés, que seuls les navires de recherche étaient jusqu'ici capables d'opérer. Or ces mesures ponctuelles ne s'avéraient pas suffisantes pour comprendre le système d'échange atmosphère-océans dans son ensemble. C’est la raison qui a motivé les scientifiques à initier ce réseau de capteurs embarqués sur des navires marchands.

Le système de capteurs serait d'après l'IFM-GEOMAR équivalent à celui que l'on trouve dans les stations météorologiques à terre. Les premiers navires devront être équipés avec ce système de capteurs dès la fin 2010. Dans le cadre du projet OCEANET, l'IFM-GEOMAR prévoit, en outre, l'utilisation de robots sous-marins autonomes.

Rappelons que les entretiens Science et Ethique 2009 « l’Heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer » ont traité des questions liées aux conséquences du changement climatique sur les océans.

Nous vous invitons à retrouver quelques des interventions sur ce sujet :

- « Management du projet européen sur les conséquences du changement climatique : l'acidification des océans », par Lina Hansson, project manager du projet EPOCA (European Project on Ocean Acidifacation - Laboratoire d'océanographie de Villefranche sur Mer en partenariat avec Roscoff, l'IPEV...) ICI

- « Le rôle tampon de l’océan dans l’absorption du CO2 et conséquences dans le cadre du changement climatique", par Sabrina Speich, (Italie) chercheur au Laboratoire de Physique des Océans, LPO-IUEM-UBO ICI

- « Point sur les émissions de GES du transport maritime des marchandises, des détroits aux grandes villes » par Juan Baztan, chercheur et Président du réseau Marine Sciences for Society ICI 
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 Sources Die Welt / ADIT / science-allemagne.fr/ entretiens Sciences et Ethique / RH – 3B Conseils
illustration tirée de la présentation de Sabrina Speich pour les entretiens Science et Ethique

lundi 12 juillet 2010

Le port de Brest poursuit son adaptation de port du futur.

En 2009, la Région Bretagne s'est dotée d'une stratégie portuaire pour les ports de la Région dont elle a désormais la charge en visant à moderniser et à développer leurs capacités d'accueil.

S’agissant du projet de développement du port de Brest, dont la gestion est assurée par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Brest (CCI), il a pour objectifs de consolider les trafics et les filières existantes pour rester compétitif, positionner Brest comme un site de construction et de maintenance pour les énergies marines renouvelables et créer un nouveau terminal de transport maritime.

Ainsi en 2010, la Région a consacré 28 M€, dont 6.6 M€ pour la modernisation de la forme de radoub n°1 du port de Brest

La nouvelle forme de radoub n°1 du port de commerce de Brest qui vient d'être inaugurée le 9 juillet 2010, avait été mise en service en 1912. Elle a été modernisée afin de répondre à l'évolution du marché de la construction navale et de s'adapter aux nouvelles méthodes de réparation des navires.

La forme de radoub n°1, bassin qui permet l'accueil des navires et leur mise à sec pour leur entretien, est la plus ancienne du port de commerce de Brest et n'avait pas connu de travaux de réhabilitation depuis 1947 et 1954, suite aux destructions de la seconde guerre mondiale.

Sa configuration ne répondait plus aux exigences d'un marché en pleine évolution; en effet si elle convenait parfaitement à des bateaux à coque en V, les bateaux à coque en U plus courants depuis quelques années l'ont obligé à se redonner un coup de neuf ! Prouesse technique de ce chantier : moderniser la forme n°1 tout en préservant sa valeur historique pour le port de commerce de Brest.

Les travaux, qui ont duré 3 ans, ont abouti à :

- l'élargissement de la forme de 7 mètres sur 180 mètres de long,

- la remise en état du fond de la forme,

- la création d'une fosse à sonar, pour accueillir de navires scientifiques et militaires équipés de sonar.




S’agissant de l’attractivité du port de Brest lire également l'article du blog du 5 juillet 2010 : " Ouverture des ports de l'Ouest vers la Scandinavie et la Russie"

Pour aller plus loin sur les énergies marines renouvelables, consultez le blog des énergies de la mer (seul blog fancophone de veille internationale).

A noter sur vos agendas : Les entretiens Science et Ethique 2010 (18 et 19 octobre) à Brest Océanopolis auront pour thèmes "Villes et Ports du Futur : énergies renouvelables de la mer et aménagement du territoire".

Sources : Région Bretagne / CCI Brest / RH - 3B Conseils

vendredi 9 juillet 2010

Propreté du littoral: Gouel’Net, le navire du futur 100% lorientais

Gouel’Net 1, premier bateau collecteur de déchets flottants, conçu pour la propreté des ports et du littoral est un des projets retenus par le groupe de travail « Navire du futur » du Grenelle de la Mer. Il a été inauguré

Loïc Le Meur, maire de Ploemeur et représentant de l’association des maires du littoral, en charge de la mise en œuvre du Grenelle de la Mer au sein du groupe de travail sur « la délicate rencontre entre la terre et la mer » a souligné la pertinence de cette solution pour la nécessaire gestion des macro-déchets : « mettons en œuvre les mesures inscrites dans le plan de réduction et de gestion des macro déchets flottants échoués dans les fleuves, les ports, le littoral et en mer, en dégageant les financements nécessaires…. ».

construit à Lorient par les Ateliers NORMAND , ce bateau est né de la synergie entre les professionnels exploitants du port et la dynamique industrielle des acteurs locaux de la construction et réparation navale

Goul’Net 1 a retenu l’attention d’entreprises spécialisées dans la gestion des pollutions accidentelles, dans la collecte et le traitement des déchets, auprès des gestionnaires de ports et auprès des services de la marine et de l’action de l’Etat en mer. Il pourrait intervenir très prochainement dans les ports de la région.

Rappelons que le prototype de ce bateau avait été exposé au SERVEST, salon des Energies renouvelables et des véhicules électriques de Saint-Tropez (du 4 au 6 juin). Il a suscité l’intérêt de Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie et du développement durable (MEEDDM) qui inaugurait le salon. Le ministre avait demandé qu’on lui transmette les données techniques du bateau Gouel’Net.
Ce premier navire a été réalisé à la demande de la Compagnie d’Exploitation des Ports (C.E.P.), filiale de Véolia Environnement spécialisée dans la gestion d’installations portuaires qui envisage d’exploiter ou de commercialiser plusieurs unités de ce navire dépollueur.

Pour mémoire, rappelons enfin que Les Journées découvertes Science et Ethique à destination des scolaires organisées par 3B Conseils à Concarneau, avaient retenu comme thème central pour 2009 : « A la pêche aux déchets », en traitant notamment des questions liées à la vie des déchets de la filière pêche et au recyclage de ces déchets à bord des navires.



Un co-produit est une matière créée en même temps que la capture et la transformation d’un poisson : pêches accessoires (poissons capturés accidentellement), têtes de poissons, écailles,... C’est un produit inévitable, mais que l’on peut utiliser et valoriser ! 



En Bretagne, la pêche produit 70.000 tonnes de co-produits chaque année . La gestion des déchets issus de la pêche (vieux filets, huiles de fritures, chute d’emballage,...), mais aussi les déchets ménagers produits à bord des bateaux de pêche, est réglementée par des lois françaises et internationales.

Ainsi, il existe de nombreuses utilisations des co-produits. Ils sont d’ailleurs très largement employés pour faire des produits de beauté, de la nourriture pour les animaux. Les scientifiques et les industriels cherchent de nouvelles applications.

Relire l'article du blog du 26 mars 2010 sur les journées découvertes à Concarneau


Sources : Ateliers Normand / Journées découvertes / RH - 3B Conseils

jeudi 8 juillet 2010

Forum de Valeurs Vertes : l’exploration et l’exploitation du pétrole en eaux profondes ?

Après le naufrage de Deepwater Horizon, Valeurs Vertes organise un forum de discussion internet sur le thème « comment envisager l’exploration et l’exploitation du pétrole en eaux profondes ?

- Une catastrophe écologique peut-elle se transformer en catastrophe économique majeure ?

- La plateforme d’exploration pétrolière de BP qui pollue le Golfe du Mexique peut-elle remettre en cause l’exploration en eaux profondes ?

- Existe-t-il des procédés fiables pour juguler cette catastrophe et éviter les prochaines ?

- Les technologies de pointe de certaines entreprises françaises peuvent-elles y trouver un champ d’application ?

C’est sur toutes ces questions que Valeurs Vertes au travers de son entend susciter le débat autour de spécialistes dont :

- Michel Girin (*) : CEDRE
- François Kal
aydjian : IFP
- Yann Barthélémy :
FNE
-et d’autres notamment de l'
INERIS

Participer au forum de Valeurs Vertes ICI

Nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce blog la catastrophe dans le Golfe du Mexique :
- le 10 mai 2010 : « Des navires de dépollution bretons sur la marée noire en Louisiane ? »
- le 16 juin 2010 : « La marée noire américaines sur les côtes européennes à l’automne ? »
- le 29 juin 2010 : « Ecocéane à la rescousse de la Floride dans la lutte contre la marée noire".

Comme l’indiquait il y a quelques jours le CEDRE, durant l’effort engagé par les autorités américaines pour lutter contre la pollution de la plateforme Deepwater Horizon n’a pas faibli.

Les valeurs annoncées le 30 juin restent impressionnantes : 42 700 personnes engagées, 850 km de barrages, 1 500 km de barrages absorbants, 106 000 m3 d’émulsion récupérés, 6 000 m3 de dispersants utilisés dont 2 200 m3 à partir du fond et 275 opérations de brûlage qui auraient permis de disperser dans l’atmosphère environ 38 000 m3 d’hydrocarbure.

Cependant, la controverse sur le débit de rejet du puits se poursuit. Les quantités quotidiennes s’échappant du fond de la mer sont maintenant estimées à 7000 voir 8000 m3/ jour.

Après 71 jours cela représente un volume d'environ 500 000 m3. Les autorités américaines annoncent que 700 km de littoral sont pollués dont 400 km en Louisiane. Enfin 89 916 demandes d’indemnisation ont été présentées et 138 millions de dollars ont déjà été versés.

La société Ecocéane a vendu à la société américaine AshBritt 10 bateaux (5 Cataglop CG92 de 9,20 mètres et 5 Cataglop CG66 de 6,60 mètres) et loué pour neuf mois son navire hauturier de récupération d'hydrocarbures de 18 mètres, le Catamar.

Pour en savoir sur les moyens mis en œuvre sur zone, plus lire également les articles parus sur le blog Défense et Environnement
- 11/05/2010 : L’US Army en renfort
- 31/05/2010 : Le Corps des ingénieurs de l’armée de terre donne son feu vert à la construction d’une île artificielle
- 09/06/2010 : Des casques bleus de l’environnement ?
- 06/07/2010 : Un dirigeable de l'US Navy dans la lutte contre la marée noire


Par ailleurs rappelons que les entretiens Science et Ethique en 2003 ont traité de ces questions de forages eaux profondes, de l’exploration et l’exploitation du pétrole en eaux profondes.

Les mers et les océans présentent des enjeux scientifiques, géopolitiques et économiques mondiaux. Etudiés depuis l’espace jusqu’aux abysses, leur connaissance et leur exploitation s’appuient sur les recherches et les innovations technologiques, relèvent du droit de la mer et concernent tous les domaines de l’océanographie : géosciences, physique, biologie, spatial...



La connaissance actuelle des grandes profondeurs permet d’atteindre des richesses énergétiques et minérales toujours en cours de réévaluation. L’exploitation industrielle vise désormais les marges continentales, au-delà des plateaux continentaux, jusqu’à 3000 mètres de profondeur.



Des démarches scientifiques sont menées au niveau mondial par les Etats, les grands organismes, les centres de recherches publics et privés, les universités... pour mettre en commun les moyens de la recherche et de l’ingénierie océanique.

Il est devenu nécessaire d’étudier et d’exploiter les océans différemment et d’évaluer de manière précise la diversité et la fragilité des richesses de la mer et des océans. Ceci suppose une intervention à des niveaux européens et internationaux et une réelle prise de conscience citoyenne pour une gouvernance de l’océan.

Dans son intervention aux entretiens Science et Ethique 2003, Alain Morash s'était penché sur les technologies au service de l'exploration scientifique des océans. Revoir son intervention sur le thème : « Un exemple de collaboration industrie-recherche publique en grands fonds océaniques »


(*) Relire également l’article du blog du 2 juillet 2010 présentant le livre de Michel Girin (Cedre) sur « Les pollutions chimiques accidentelles du trasport maritimes", aux éditions Quae.

Sources : Valeurs Vertes / CEDRE/ AFP / RH

mercredi 7 juillet 2010

Vigie Aviation : quand la protection de l’environnement vient du ciel.

Créée en mars 2010 à Quimper la PME Vigie Aviation s’installe sur le créneau de la préservation de l’environnement au travers d'axes comme l'observation du littoral et des pollutions, l'observation de la biodiversité, le comptage des mammifères marins, la connaissance des écosystèmes....

Les dirigeants de la PME finistérienne - Christophe Perrier et Thierry Mentheour - précisent, qu’ils n’entendent pas se substituer au Cedre (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentation sur les pollution accidentelles des eaux) ou aux missions dévolues à la préfecture maritime de l'Atlantique notamment, mais plutôt d’agir en complémentarité avec les structures scientifiques et administratives existantes..

Reste à savoir si Vigie Aviation qui vient de réceptionner son avion de surveillance DA42, équipé de haute technologie, saura et pourra trouver sa place de l’architecture existante.

Relire l'article sur les missions du Cedre.

Sources : La Tribune / Le Télégramme / RH – 3B Conseils