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mardi 13 septembre 2011

Transactions frauduleuses sur les droits d'émissions de CO2 dans l'Union Européenne : un procès à Paris


Après le procès ouvert le mois dernier en Allemagne (relire l’article du blog du 30/08/2011) c'est à Paris qu'un nouveau procès se déroule depuis hier (jusqu’au 12 octobre) devant la 11e chambre correctionnelle du tribunal correctionnel de Paris, portant sur une importante affaire de fraude à la TVA sur le marché européen des émissions de gaz carbonique (ETS, Emissions Trading Scheme) mis en place en 2005 dans les 27 Etats membres de l’Union européenne . Selon plusieurs sources judiciaires, ce procès devrait être le point de départ de nouvelles actions devant les tribunaux français.

Les dix-sept prévenus qui comparaissent depuis hier auraient ainsi détourné 51 millions d'euros sur le marché carbone au premier semestre 2009. En janvier 2010 Interpol met au jour une gigantesque fraude à la TVA dans l'Union européenne, portant sur des transactions frauduleuses liées aux droits d'émissions de C02. L’opération s'appuie sur la différence de régimes fiscaux entre les Etats membres participant au système européen d'échange de quotas de CO2.

L’arnaque mise à jour reposait sur le fait que les escrocs achetaient des quotas dans un pays où les ventes étaient réalisées hors taxe, au moyen de sociétés basées à l'étranger. Ces quotas étaient ensuite revendus dans des pays où les transactions incluaient la TVA dans le prix (France, Allemagne, Espagne…). S’agissant de la France ils revendaient ces mêmes quotas à un prix comprenant la TVA, qu'ils ne reversaient pas à l'Etat.

Au final, entre 2008 et 2009, la fraude porteraient sur plusieurs milliards d'euros ainsi volés . Plusieurs Etats, dont la France, avaient décidé en urgence de mettre fin à la TVA sur le négoce des quotas d'émissions. Selon le sentiment d’experts recueilli par l'AFP, « les transactions frauduleuses sur les droits d'émissions de CO2 dans l'Union Européenne aurait en fait perdre au trésor public Français de l'ordre de 1,5 milliards d'euros, et près de 5 milliards au niveau européen. »

Cette arnaque s'ajoute à une longue liste de manipulations du marché carbone. Les derniers en date : l'affaire "HFC 23" et le piratage par des hackers des registres de quotas nationaux. Des hackers avaient dérobé, à la mi-janvier, près de 3 millions de quotas de CO2 dans cinq pays européens, conduisant à la suspension de toutes les transactions sur le marché au comptant.

Pour aller plus loin :
- voir la directive européenne 2003/87 CE (*).
- relire également l'article du blog du 28/04/2011 ( Quels outils financiers innovants pour les plans énergie climat territoriaux en France ?) et consultez l'étude "Villes et marchés du carbone" réalisée par L’OCDE et la CDC Climat - filiale de la Caisse des Dépôts et consignation -.

Sur vos Agendas :
Les 15è entretiens Science et Ethique 2011, se pencheront notamment sur les plans climat-énergie territoriaux (PCET), lors des deux journées de débat des 17 et 18 novembre 2011 à Océanopolis à Brest.

Le thème général des entretiens de cette année est :
"Quelle économie pour quelle croissance ? Economie bleue, plans climat-énergie territoriaux, aménagement du territoire et énergie de la mer".



(*) Depuis le 1er janvier 2005, toute installation réalisant une des activités reprises à l'annexe I de cette directive (des activités dans le secteur de l’énergie, la production et transformation des métaux ferreux, l’industrie minérale et la fabrication de pâte à papier, de papier et de carton) et émettant les gaz à effet de serre spécifiés en relation avec cette activité doit posséder une autorisation délivrée à cet effet par les autorités compétentes.
Les demandes d’autorisation d’émettre des gaz à effet de serre doivent décrire :
- l’installation, ses activités et les technologies utilisées ;
- les matières employées pouvant émettre les gaz à effet de serre indiqués à l’annexe II ;
- les sources d’émission des gaz ;
- les mesures prévues pour surveiller et déclarer les émissions.

Les autorités accordent l'autorisation si elles considèrent que l'exploitant de l'installation est en mesure de surveiller et de déclarer les émissions. Une autorisation peut concerner plusieurs installations exploitées sur le même site par le même exploitant.
L'autorisation contient :
- le nom et l'adresse de l'exploitant ;
- la description des activités et des émissions de l'installation ;
- un programme de surveillance ;
- les exigences en matière de déclaration des émissions ;
- l'obligation de restituer, au cours des quatre premiers mois de chaque année, les quotas correspondant aux émissions totales de l'année précédente.

L’autorité compétente réexamine l’autorisation d’émettre des gaz à effet de serre tous les cinq ans au moins et y apporte les modifications nécessaires.

Article RH 3B Conseils
Sources : AFP / Usine nouvelle / Union européenne

mardi 30 août 2011

Le marché européen du gaz carbonique objet de nombreuses convoitises


Le marché européen des émissions de gaz carbonique (ETS, Emissions Trading Scheme) mis en place en 2005 dans les 27 Etats membres de l’Union européenne - incluant environ 11 000 entreprises - fait l’objet de convoitises y compris de la part d’escrocs internationaux.

On se rappellera qu’une première affaire d’escroquerie à la fraude de TVA, avait été démantelée en août 2009 à Londres par la douane britannique (HMRC) - en collaboration avec Europol et les services douaniers de France et des Pays-Bas -. Une fraude sur la TVA qui portait sur 38 millions de livres (44 millions d'euros).

Une nouvelle affaire fait l’objet d’un procès où six personnes (deux Allemands, un Français et trois Britanniques) sont jugées depuis le 15 août dernier à Francfort (Allemagne) pour avoir floué l'Etat allemand de plus 230 millions d'euros de TVA. Les prévenus doivent répondre de l’accusation de fraudes fiscales massives réalisées en utilisant le système européen d'échanges de quotas d'émission de CO2.

« Le carbone est aujourd'hui une matière première presque comme les autres » , faisant l’objet d’échanges sur les marchés.
Son principe ?
L’Union européenne a mis en œuvre ce système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre en vue de réduire celles-ci de façon économiquement efficace. À l’aide de ce système, l'UE et les États membres cherchent à respecter les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre prises dans le cadre du protocole de Kyoto. Les installations réalisant des activités dans les secteurs de l’énergie, la production et transformation des métaux ferreux, l’industrie minérale et la fabrication de papier et de carton sont obligatoirement soumises à ce système d’échange de quotas.
Pour aller plus loin, voir la directive européenne 2003/87 CE (*).

Chaque entreprise se voit attribuer un quota d'émissions. Si ses émissions dépassent son quota, elle doit acheter des "crédits d'émission" auprès d'une autre entreprise qui elle, ayant émis moins que son quota, dispose d'un surplus à vendre sur le marché ETS.

Celui-ci se décline sous plusieurs formes : marché "spot" (au jour le jour), marché à terme, ou transactions de gré à gré, dites OTC ("Over The Counter"). La majorité des entreprises passent par des intermédiaires. La principale structure d'échange est la Bourse Bluenext, basée à Paris. Près de 90 % des transactions passe par elle.

La quantité de quotas délivrée chaque année pour l’ensemble de l’Union européenne (UE) diminuera de manière linéaire à partir de 2013. Pour 2013, la quantité totale de quotas pour l’ensemble de l’UE est calculée en fonction des plans nationaux, acceptés par la Commission et mis en place entre 2008 et 2012.

Les États membres mettent aux enchères l’intégralité des quotas qui ne sont pas délivrés à titre gratuit. La distribution des titres aux enchères doit être faite selon les modalités suivantes :
- 88% sont répartis entre les États membres sur base de leurs émissions ;
- 10% sont répartis à des fins de solidarité et de croissance ;
- 2% sont répartis entre les États membres dont les émissions de gaz à effet de serre en 2005 étaient d’au moins 20% inférieures à l’année de référence qui leur sont applicable en vertu du protocole de Kyoto.

Pour aller plus loin relire également l'article du blog du 28/04/2011 ( Quels outils financiers innovants pour les plans énergie climat territoriaux en France ?) et consultez l'étude "Villes et marchés du carbone" réalisée par L’OCDE et la CDC Climat - filiale de la Caisse des Dépôts et consignation -.

Sur vos Agendas :
Les 15è entretiens Science et Ethique 2011, se pencheront notamment sur les plans climat-énergie territoriaux (PCET), lors des deux journées de débat des 17 et 18 novembre 2011 à Océanopolis à Brest.

Le thème général des entretiens de cette année est :
"Quelle économie pour quelle croissance ? Economie bleue, plans climat-énergie territoriaux, aménagement du territoire et énergie de la mer"
.



(*) Depuis le 1er janvier 2005, toute installation réalisant une des activités reprises à l'annexe I de cette directive (des activités dans le secteur de l’énergie, la production et transformation des métaux ferreux, l’industrie minérale et la fabrication de pâte à papier, de papier et de carton) et émettant les gaz à effet de serre spécifiés en relation avec cette activité doit posséder une autorisation délivrée à cet effet par les autorités compétentes.
Les demandes d’autorisation d’émettre des gaz à effet de serre doivent décrire :

- l’installation, ses activités et les technologies utilisées ;
- les matières employées pouvant émettre les gaz à effet de serre indiqués à l’annexe II ;
- les sources d’émission des gaz ;
- les mesures prévues pour surveiller et déclarer les émissions.

Les autorités accordent l'autorisation si elles considèrent que l'exploitant de l'installation est en mesure de surveiller et de déclarer les émissions. Une autorisation peut concerner plusieurs installations exploitées sur le même site par le même exploitant.
L'autorisation contient :
- le nom et l'adresse de l'exploitant ;
- la description des activités et des émissions de l'installation ;
- un programme de surveillance ;
- les exigences en matière de déclaration des émissions ;
- l'obligation de restituer, au cours des quatre premiers mois de chaque année, les quotas correspondant aux émissions totales de l'année précédente.

L’autorité compétente réexamine l’autorisation d’émettre des gaz à effet de serre tous les cinq ans au moins et y apporte les modifications nécessaires.


Article RH 3B Conseils
Sources : Le Monde / AFP / Union européenne

mercredi 18 mai 2011

UE : 1 932 milliards de tonnes équivalent CO2 soit + 3 % par rapport à 2009.

Bruxelles - (UE) - 18/05/2011 - 3B Conseils - Les émissions de gaz à effet de serre des entreprises qui relèvent du système d'échange de quotas d'émission (SEQE) de l'Union européenne ont augmenté de plus de 3% en 2010 d'après les registres des Etats membres.


Cela sera un des thèmes des entretiens Science et Ethique le 17 et 18 novembre 2011, des entretiens Science et Ethique à Brest.


Connie Hedegaard, membre de la Commission chargé de l'action en faveur du climat, a déclaré que «la hausse des émissions en 2010 correspond à la reprise économique, mais même après le retour à la normale de l'économie, les émissions couvertes par le SEQE restent largement en dessous du plafond fixé pour la période d'échanges 2008-2012. Les chiffres montrent aussi que certains secteurs industriels continuent d'accumuler un excédent de quotas qu'ils pourront échanger lors de la troisième période d’échanges qui commencera en 2013 …»


Données relatives aux émissions de 2010

Le SEQE de l'UE couvre plus de 12 000 centrales électriques et sites de production dans les 27 États membres, en Norvège et au Liechtenstein. Les émissions vérifiées de gaz à effet de serre provenant de ces installationsont atteint l’an dernier 1 932 milliards de tonnes équivalent CO2, soit une augmentation de 3 % par rapport à 2009.

La hausse des émissions est conforme aux attentes générales et aux prévisions formulées par les analystes avant la publication des chiffres. Elle est due à la reprise économique faisant suite à la récession, qui avait elle-même entraîné une chute exceptionnelle de 11,6 % des émissions en 2009.

Il est toutefois probable que cette hausse soit largement inférieure à la reprise de la production des installations concernées, étant donné que l'indice de production moyen dans l'UE-27 a augmenté de 6,7 % en 2010 par rapport à 2009.

Parallèlement des militants de Greenpeace ont bloqué, ce matin 18 mai, les entrées du European Business Summit à Bruxelles pour dénoncer les entreprises qui freinent l'effort européen de réduction des gaz à effet de serre.

Article : BB

Sources : Euroactiv/ UE/ L'Avenir.net


+ d’informations:

page d’accueil du CITL: http://ec.europa.eu/environment/ets/ (en anglais)

page Europa de la DG Action pour le climat consacrée aux registres: http://ec.europa.eu/environment/climat/emission/citl_en.htm (en anglais)

SEQE révisé et questions fréquemment posées: http://ec.europa.eu/environment/climat/emission/ets_post2012_en.htm (en anglais)