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lundi 8 novembre 2010

L'éco-conception des ouvrages maritimes en débat à Brest.


Au cœur de la démarche de développement durable, la mise en œuvre d’une politique environnementale afin de contrôler et diminuer l’impact sur l’environnement des activités économiques et des produits doit se faire sur l’intégralité du cycle de vie du produit.

Ainsi, dans de nombreux secteurs industriels, la conception et la fabrication d’éco-produits sont des axes essentiels d’innovation. L’ Objectif est de réduire l’empreinte environnementale, à toutes les phases du cycle de vie, de la construction au démantèlement, en passant par l’exploitation et la maintenance.

Dans cette démarche, on ne se contente plus d’une analyse purement énergétique ou du seul bilan CO2, mais l’action doit porter sur l’ensemble des « dommages » causés à l’environnement, sous toutes ses formes.

Il importe en effet de tracer l’ensemble des matériaux utilisés, répertorier les rejets de toutes sortes et comptabiliser l’ensemble des dépenses énergétiques mises en œuvre à chaque étape du cycle de vie.

Dans cette réflexion globale et dans l’accompagnement de la démarche, le Pôle Mer Bretagne en partenariat avec le Centre d'Etudes Techniques Maritimes Et Fluviales (CETMEF) organise à Chambre de Commerce et d’Industrie de Brest (CCI) le 10 novembre 2010 (15h00 à 17h30), une rencontre-débat sur l'éco-conception des ouvrages maritimes et les mesures de compensation dans les écosystèmes marins.
 
L'objectif est d'avoir un état de l'art et de dégager des besoins d'innovation et l'émergence de projets.

Parmi les questions traitées lors de cette rencontre :

- les mesures compensatoires dans les écosystèmes marins :
1.       Méthode de dimensionnement des projets de compensation pour la restauration écologique et la valorisation des services rendus par la nature (outils et méthodes)
2.       Méthode de chiffrage des services délivrés (suivi et évaluation de la biodiversité)


- l’éco-conception des ouvrages maritimes :
1.       Récifs artificiels : conception de récifs de seconde génération conçus à partir des besoins des espaces locaux intégrés aux paysages sous-marins
2.       Béton biologique marin
3        Eco-conception de pipe-line, émissaires et cables marins : conception d'ouvrages intégrés et bio-actifs pour l'environnement
4.       Eco-conception portuaire et littorale : dimensionnement des ouvrages afin de permettre de valoriser la biodiversité intra-portuaire
5.       Eco-conception d'éoliennes offshore fixes ou flottantes.

 

Renseignements auprès de Gwenaëlle Prigent au 02.98.05.63.17 gwenaelle.prigent@pole-mer-bretagne.com


La conception, l’utilisation et l’élimination des matériels et des armes :

Après trois éditions (2007/2009) organisées à Paris, le cycle de conférences européennes "Défense et Environnement, une nouvelle manière de penser" - créé par 3B Conseils - s'est réuni pour la 1ère fois à Bruxelles.

Cette première conférence européenne Défense et Environnement a ainsi réunie le 5 novembre dernier, un groupe d’experts venant de neuf pays de l'Union euroéenne pour traiter notamment des questions des normes environnementales, de l'éco-conception, et des matériels en fin de vie.

"Les normes environnementales qui se mettent en place au niveau mondial et les nouvelles formes de conflits ont des impacts importants sur la conception, l’utilisation et l’élimination des matériels et des armes en temps d’opérations de maintien de la paix, de conflits armés et de post conflits.

- Quelles sont les adaptations à prévoir pour les ministères de la Défense face au droit européen de l’environnement ?

- Comment éviter les doublons dans les programmes de coopération ?

- Peut-on envisager une coopération entre la Namsa et les pays de l’Union européenne le cadre de l’élimination des armes et matériels en fin de vie ?

- Quel est le surcoût et comment les armées vont le financer dans une économie de crise ?"


Article RH 3B Conseils
Sources : Pôle Mer / 3B Conseils

jeudi 20 mai 2010

Plateau des Capucins : le quartier métropolitain du futur



Durant de nombreuses décennies, les activités maritimes liées au secteur de la Défense ont été le moteur incontournable de l'économie et de l'emploi sur l’agglomération brestoise.

La restructuration des industries de la Défense nationale engagée dans les années 1980, a conduit les acteurs brestois à faire face à de profondes mutations.

Au-delà de cette nécessaire adaptation du bassin d’emploi brestois et de son tissu industriel aux réalités économiques et géostratégiques, ce nouveau défi posé à Brest et à ses acteurs politiques et économiques est devenu une réelle opportunité : celle d'une redéfinition globale de stratégie pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.



Lieu emblématique de l'activité industrielle militaire et navale, l’espace Penfeld à Brest constitue un site exceptionnel. De vastes espaces militaires y ont été transférés à la collectivité depuis 2005.

Depuis 2002, la « Mission Penfeld », placée sous la co-présidence du Président de Brest métropole océane, François Cuillandre et du Préfet du Finistère, Pascal Mailhos a défini trois secteurs distincts et complémentaires devant être réaménagés :
- le Port du Château, le port d'escale et de plaisance en eau profonde de 13 hectares,
- les Capucins, site de 16 hectares en centre-ville appelé à devenir à moyen terme, un nouveau quartier métropolitain,
- le Salou (Nord Penfeld), 43 hectares appelé à devenir à long terme une zone économique à dominante maritime.

Lire l'intervention de Michel Morvan de BMO sur "la reconversion d'un ville portuaire " lors de la conférence de Défense et Environnement du 10 juillet 2007.

Le Port du Château a été la première opération réalisée et livrée le 2 mars 2009 (voir article du blog du 17 avril 2009) avec ses 650 mètres de digue de protection et 750 nouvelles places pour les bateaux, pour un coût de l’ordre de 27 millions d’euros.

Désormais près les opérations de dépollution du site par la Marine nationale, la collectivité engage désormais les actions en vue de l’aménagement du Plateau des Capucins, une opération que doit s’étaler sur une période de dix années.

Ce secteur de la ville situé sur la rive droite de la Penfeld et jouxtant le quartier de Recouvrance, est appelé à devenir à la fois la vitrine de la politique de Brest métropole océane en matière de développement durable et également le nouveau quartier à vocation métropolitaine et de centre ville.

Sur le plan spatial la zone à réaménager doit se diviser en deux parties distinctes :
- celle d’anciens ateliers de l’arsenal qui accueillera des activités innovantes, culturelles et économiques, - celle plus proprement du Plateau où devrait être réalisé un programme immobilier de 560 logements, un hôtel une zone commerciale et tertiaire et un parking souterrain de 700 places.

C’est ce dernier point qui fait l’objet de l’attention particulière de BMO en ce moment puisque la Communauté urbaine vient d’inviter de nombreux investisseurs potentiels nationaux et locaux à définir ensemble les perspectives, les orientations les enjeux urbanistiques, architecturaux et d’intégration du projet sous le prisme du développement durable.
Une première réunion de ce type se tiendra le 10 juin prochain et une seconde se déroulera à l’automne.

L’objectif pour cette première tranche du projet est clairement posé avec une ouverture à la commercialisation à la fin 2010 pour une livraison des premiers programmes deux ans plus tard, fin 2012. Parallèlement le chantier du tramway aura été fini et la ligne passera traversera les capucins.

Dès à présent et dans le cadre du projet de rénovation urbaine de la rive droite de Brest avec le plateau des Capucins et la liaison tramway, une Opération programmée d'amélioration de l'habitat de renouvellement urbain (Opah-Ru) va être engagée sur le parc immobilier du quartier de Recouvrance.

Cette opération vise à améliorer la qualité et le confort des logements du quartier et à traiter les situations d'habitat dégradé. La décision définitive de création de ce programme d'intervention sur l'habitat sera prise en conseil de communauté urbaine le 18 juin 2010.

Le dossier mis à disposition du public est ainsi consultable jusqu'au 5 juin prochain , à l'hôtel de communauté de Brest Métropole Océane (24, rue Coat-ar-Guéven, à Brest) ainsi qu'à la mairie du quartier des Quatre-Moulins, (200, rue Anatole-France). Contact Direction habitat de BMO, tél.02.98.33.52.64.



Sur les agendas : les 18 et 19 octobre 2010 à Brest – Océanopolis

Les entretiens Science et Ethique 2010 : « Villes maritimes et ports du futur. Quels apports des énergies de la mer pour les villes à vocation maritime ? »


"
Nous avons 10 ans pour répondre aux premiers engagements européens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors que de nouveaux rapports s'établissent entre l'Homme, les villes, la nature et la mer, des pays ont lancé de vastes programmes sur l'utilisation des énergies renouvelables de la mer. Les entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole réuniront à Brest-Océanopolis des acteurs impliqués tant au niveau régional, français qu’européen pour le développement des énergies renouvelables de la mer et les acteurs du développement et de l’aménagement des villes maritimes et des ports du futur."

Sources : BMO / RH – 3B Conseils
Photo SGA/ministère de la Défense

lundi 17 mai 2010

"Peut-on penser hexagonal pour la gestion de la fin de vie des systèmes d'armes et des matériels militaires ? "

A la place des industries de défense dans notre économie comme dans la tradition séculaire de la Bretagne est venu s’agréger, depuis quelques années, une problématique nouvelle, qui si elle intéresse directement notre région en dépasse largement les frontières : celle de la fin de vie des navires militaires, mais au-delà de l’ensemble des systèmes d'armes et des matériels militaires.

Cette question désormais présente dans le public après les pérégrinations de la coque Q790 (ex-Clémenceau), fait déjà l’objet de réflexions et d’actions très précises tant d’associations et d’élus, que des autorités politiques et militaires.

Ainsi, le cycle de conférences « Défense et Environnement, une nouvelle manière de penser » porte notamment cette réflexion au niveau européen de l’impact des activités militaires sur l’environnement en tant de paix, guerre et post-conflit.

« Défense et Environnement » permet depuis quatre ans de croiser les expériences, les avancées technologiques, scientifiques, environnementales et bien sûr juridiques et politiques sur ces questions.

Des sujets qui sont également abordés quotidiennement dans le blog de veille internationale Défense et Environnement.

Dès lors il nous est apparu intéressant de signaler l'éditorial de Brigitte Bornemann (fondatrice et déléguée générale du cycle de conférences Défense et Environnement) et Xavier Lebacq (consultant et ancien ingénieur général de l’armement) paru sur le portail du site de Prorecyclage :

"Peut-on penser hexagonal pour la gestion de la fin de vie des systèmes d'armes et des matériels militaires ? "



Nous reproduisons ci-dessous cet éditorial :




"Le recyclage des produits issus du démantèlement des installations et matériels ainsi que le traitement des déchets résiduels sont des secteurs industriels en pleine croissance à l’échelle mondiale. Ils s’inscrivent directement dans le développement durable de nos sociétés. Des règlementations de plus en plus strictes ont vu le jour aux niveaux international, européen et national. 



Pour les industries de défense et le ministère de la défense, l’éco-conception et la gestion de la fin de vie des systèmes d’armes et des matériels sont désormais considérées comme incontournables.



Quelles sont les contraintes réglementaires ?



Un véritable « arsenal » de réglementations encadre désormais le monde des déchets et des activités de recyclage et il s’applique d’une façon ou d’une autre au monde de la défense, sans jeu de mots ! 



La convention de Bâle régente les transferts transfrontaliers des déchets et son "Ban amendment", transcrit dans la réglementation européenne exclut toute exportation de déchet dangereux hors OCDE. Les directives sur installations classées pour la protection de l'environnement (IPCE), sur l’eau et sur l’air sont maintenant reprises dans le code de l’environnement, qui s’applique pleinement au plan national aux activités de démantèlement.



S'y ajoutent la convention de Rotterdam qui impose l’information sur les produits dangereux dans toute exportation, la réglementation européenne REACH qui va imposer la traçabilité de tous les produits et le bannissement dans l’UE de ceux qui sont dangereux et la convention de Hong-Kong qui va imposer un démantèlement des navires civils protégeant les travailleurs et l’environnement ; cette convention entrera en vigueur dans les prochaines années. Ajoutons à la liste la convention sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets, dite convention de Londres, qui interdit toute immersion de déchets..



D’autres réglementations spécifiquement militaires émergent, telle que la convention sur l’interdiction et la destruction des armes à sous-munitions qui conduit à un vaste programme de démantèlement de munitions dans le monde.



Quelle est la situation actuelle en France ?



Plus de 200 000 tonnes de matériels militaires français sont aujourd’hui stockées en attente de démantèlement dans nos bases. Le nouveau format des armées va porter le tonnage total à plus de 350 000 tonnes dans les dix ans à venir. Cela pourrait engendrer la création ex nihilo en France d’environ 200 emplois, voire moins car il convient de tenir compte de la concurrence européenne et des industries déjà existantes pour traiter les démantèlements de matériels civils et militaires en Europe. 



Un tel tonnage reste faible à l’échelle des millions de tonnes du monde civil et doit être certes sérieusement relativisé en termes de perspectives industrielles et d’emplois. Les coûts dépendront de nombreux critères tels que le degré de pollution, la complexité des systèmes, le cours des métaux, la localisation des démantèlements et les coûts de main d’œuvre …



Les munitions, avec leurs risques pyrotechniques de vieillissement, de démantèlement et leurs contraintes de stockage, ont été plus régulièrement éliminées. Bien que l'on puisse optimiser leur recyclage à parfois plus de 95% de la matière, leur démantèlement conduira toujours à une dépense de plusieurs millions d’euros. En effet, la nature et les contraintes pyrotechniques des installations de démantèlement ont un coût significatif par rapport aux revenus du recyclage. 



Des crédits avaient déjà été prévus par la DGA pour le démantèlement de missiles nucléaires, la « dénucléarisation » de nos sous-marins à propulsion nucléaire (enlèvement du combustible nucléaire et traitement différé de la tranche réacteur), la destruction des munitions chimiques de la première guerre mondiale (opération SECOIA), ainsi que le démantèlement de certaines installations industrielles. A ces crédits, il a été ajouté plus de 100 millions d’Euros sur les 6 ans à venir pour les opérations de démantèlements de munitions conventionnelles, navires, matériels terrestres, aéronefs et équipements électroniques. 



Le démantèlement des 22000 roquettes sous-munitions antipersonnel du système d’armes MLRS, roquettes désormais interdites par la convention de Dublin, absorbera une partie de ces crédits et il pourrait s’étaler sur environ 8 ans. 



Le démantèlement des navires complexes, anciens et amiantés qui sont considérés comme des déchets dangereux s’est imposé dans le périmètre de l’UE ou de l’OCDE selon la nature des opérations. Il coûtera aussi quelques millions d’Euros, même si l’objectif global reste de vendre certains navires au démantèlement comme sont parvenus à le faire nos homologues britanniques avec la remontée actuelle des cours de métaux...




Va-t-on vers des filières françaises propres aux matériels militaires?



La problématique est que, face à un tissu industriel européen déjà existant, les tonnages militaires n’appelleraient pas à eux seuls a priori de politique industrielle spécifique par rapport au jeu concurrentiel européen.



Mais, dès lors que les bases navales doivent servir en priorité au soutien et au maintien en condition des navires de la marine, vers quelles installations industrielles iront nos navires à démanteler ? Si l’on n'y prend pas garde, les chantiers déjà existants en Europe, bénéficiant déjà de synergie industrielle avec le recyclage civil et de coûts horaires plus faibles qu’en France démantèleront tous nos navires de surface. 



La création de quelques dizaines d’emplois en France pour démanteler une part de nos navires pendant une dizaine d’année n’est-elle pas quand même un enjeu ? Gardons-nous d’appréciations trop rapides au seul critère de coûts directs des démantèlements en période de chômage ! Le rapport de la mission parlementaire de Monsieur Pierre Cardo apportera son éclairage sur ces questions.



Ayons aussi à l’esprit que, au delà du caractère affectif que l’on peut garder pour nos vieilles coques de surface, il est souhaitable que nos coques de sous-marins soient déconstruites en France pour des raisons certes toutes aussi affectives mais surtout au titre de la protection de notre technologie dans le domaine de la propulsion et de la dissuasion nucléaire. 



Le cas spécifique des munitions mérite aussi une analyse particulière au titre de la sécurité des munitions, leurs éléments pyrotechniques mais aussi du contenu technologique. Cela pourrait justifier une filière française judicieusement dimensionnée et capable aussi de gagner des parts de marché sur le créneau du démantèlement international : les stocks à éliminer dans certains pays ne manquent certes pas !



Quant aux aéronefs, véhicules terrestres et déchets électroniques militaires, les tonnages et technologies en jeu ne permettent raisonnablement pas d’envisager des filières spécifiques d’autant que l’avantage économique probable à les démanteler au plus près de leur site de stockage conduira naturellement à fournir de la charge, en France pendant 10 ans, pour environ une cinquantaine d’emplois. Les industries de service à l'environnement sont bien placées dans ce domaine et peuvent créer des synergies avec les démantèlements de matériels civils.



Peut-on ou doit-on mutualiser les moyens de démantèlement ou de destruction au niveau mondial ou européen ?



Chaque pays d’Europe a ses propres stocks et flux de matériels à éliminer. Chacun a sa propre organisation pour traiter la question et les priorités sont encore diversement appréciées. Des échanges d’informations ont vu le jour dans le cadre de l’OTAN. Son agence, d'entretien et d'approvisionnement la NAMSA est déjà prestataire de service pour détruire les mines terrestres anti-personnel, et démanteler des munitions conventionnelles. Elle pourrait peut-être demain proposer ses services pour mutualiser les démantèlements de navires, véhicules et aéronefs. Cette prestation de service viendrait alléger la charge des services de soutien dans la contractualisation et le suivi des opérations de démantèlement.



En guise de conclusion



Bien que les matériels militaires ne représentent pas un volume important et que leur démantèlement ne suppose pas la création de nombreux emplois ni d’avancées technologiques particulières, ces démantèlements peuvent revêtir des aspects de sensibilité particulière en période de rareté de création d’emplois et en matière de protection de notre savoir faire technologique. Ces aspects suggèrent une réflexion nuancée sur la juste part à démanteler en France."



Lire l'article du 5 avril 2010 de Défense et Environnement sur la mission parlementaire de Pierre Cardo.

Sources : BB / RH- 3B Conseils

vendredi 15 janvier 2010

Réchauffement climatique : où en sommes-nous après Copenhague ?






Aboutissement d'un long processus au cours duquel les scientifiques du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat  GIEC ont joué un rôle essentiel, la Conférence des Nations Unies sur le climat à Copenhague - malgré des résultats bien en deçà des espérances -  doit constituer un point de départ vers un mode de développement de plus en plus sobre en carbone.

Jean Jouzel*, climatologue - Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement / Institut Pierre-Simon Laplace -, vice-président du GIEC  et prix Nobel de la paix 2007, tirera les conclusions  au cours d'une conférence à l'Espace de sciences de Rennes - Salle de conférences Hubert Curien - 26 janvier 2010 à  20h30 (renseignements /  réservation conseillée :  02 23 40 66 00).

Un bilan des résultats du GIEC et un regard sur ceux de Copenhague seront au coeur de cette présentation, au cours de laquelle des points plus proches de notre vie de chaque jour, Grenelle de l'environnement et contribution climat-énergie (la taxe carbone), seront également abordés.

Un bilan des résultats du GIEC et un regard sur ceux de Copenhague seront au coeur de cette présentation, au cours de laquelle des points plus proches de notre vie de chaque jour, Grenelle de l'environnement et contribution climat-énergie (la taxe carbone), seront également abordés.

Quelques semaines après la conférence "Climat" de Copenhague, nous saurons mieux quel sort les décideurs politiques réservent au futur de notre Planète en matière de réchauffement climatique.

* Jean Jouzel est membre fondateur du Cercle Polaire






Cette question du changement climatique, des impacts sur les océans et des énergies de la mer comme une réponse à la limitation des gaz à effet de serre a été l’axe central  des derniers entretiens Science et Ethique 2009 .

Ainsi de nombreuses populations verront dans les prochaines décennies, une modification radicale de leur environnement littoral avec son corollaire la nécessité soit de « reculer »  leur lieu de résidence ou de migrer totalement… les réfugiés climatiques  sont déjà une réalité… ils seront à terme 250 millions.

Relire également l'article du 7/12/2009 "  Pouvoirs et démocratie en Bretagne à l’épreuve du changement climatique à l’horizon 2030"

Retrouver l'intervention de Michel Rocard aux entretiens Science et Ethique 2009 sur la contribution énergie climat (taxe carbone).

 Consulter également les articles parus sur l'arctique et le changement climatique  sur le blog  Défense et Environnement, une nouvelle manière de penser.


Sources : Espace des Sciences / Entretiens Science et Ethique / RH - 3B Conseils.

vendredi 20 novembre 2009

Interviews Thalassa de Michel Ricard et Brigitte Bornemann-Blanc des entretiens Science et Ethique

En marge de l'émission Thalassa du 13 novembre dernier, le Professeur Michel Ricard et Brigitte Bornemann-Blanc ont répondu aux questions de Bernard Dussol, rédacteur en chef

Nous publions ci-après ces deux entretiens


Trois questions à Michel Ricard, Président des entretiens Science et Ethique, Responsable du réseau universitaire pour le Bassin méditerranéen et les pays des Balkans.

1/ On constate en France une multiplication d'associations luttant contre l'implantation de champs éoliens offshore. Comment expliquez-vous cette résistance ?

Le problème de certaines associations est double : D'une part, elles n'ont pas une approche globale, transversale des questions abordées, et restent cantonnées dans des approches verticales; en outre, les contacts avec les instances décisionnaires que sont l'État et les collectivités sont limitées du fait d'une démarche trop souvent centralisatrice qui impose plus qu'elle ne propose. D'autre part, il existe encore trop souvent, chez les associations comme chez les autres parties prenantes de notre société, une crainte de perdre sa "clientèle" et sa visibilité en adhérant à des projets ou à des idées qui n'émanent pas directement d'elles : dans ces conditions, il est plus facile de s'opposer que de s'associer. Ces deux raisons expliquent que les démarches de concertation restent encore l'exception en France avec toutes les conséquences prévisibles parmi lesquelles le blocage de la construction des éoliennes offshore à Veullettes sur Mer (Basse-Normandie), par exemple, qui en est la meilleure démonstration.

2/Quelles sont les actions très concrètes qui permettent une sensibilisation du grand public au développement durable ?

Ces actions passent par l'éducation qui doit amener chacun à adopter de nouveaux comportements en accord avec le développement durable. Pour cela, il est primordial que les enjeux soient clairement présentés et expliqués au travers de démarches corrélées d'éducation, de formation et d'information. Ces démarches doivent amener progressivement chacun à une prise de conscience des enjeux présents et à venir. Les changements de comportements ne peuvent pas se décréter, ne peuvent pas être instantanément assimilés et c’est donc une démarche éducative permanente et multiforme, inscrite dans la durée qu’il convient de favoriser sachant que la seule sensibilisation ne peut suffire à atteindre le but recherché.

Malgré la nécessité d'adopter, dans les délais les plus brefs, des changements de comportement cette éducation doit reposer sur des actions concrètes développées en partenariat au plan local, national et européen et en référence à un calendrier précis. Ces actions doivent être évaluées en permanence de manière à ce que les citoyens puissent connaître les avancées et rester mobilisés. Il est important, par exemple, de savoir si les consommations d'énergie baissent, de quelle façon et dans quels secteurs d'activité, et si la part des énergies renouvelables augmente comme cela est souhaité. Autre exemple : est-ce que les mesures visant à limiter les consommations de carburants fossiles où la production de déchets, donnent des résultats ? L'exemple des emballages montre bien que malgré la réglementation, tous les types d’emballages (pour l’alimentaire, l’électronique, les cosmétiques…) continuent d'envahir poubelles et déchetteries.

3/ Les ressources océaniques sont-elles à la base de bouleversements prévisibles dans notre futur quotidien ? Des exemples ?

Les ressources océaniques qui font l'objet d'une exploitation par l'Homme sont nombreuses, qu'elles soient biologiques ou minérales. Quelles que soient ces ressources, elles sont menacées par la surexploitation : les gisements minéraux connus seront épuisés dans les prochaines décennies. Quant aux ressources biologiques, de graves menaces pèsent sur elles en raison de la méconnaissance réelle ou voulue du fonctionnement des écosystèmes marins. En effet la surexploitation des ressources biologiques traditionnelles (poissons, mollusques, crustacés, algues) ne menace pas seulement directement ces ressources, mais toute la chaîne alimentaire à laquelle elles appartiennent ainsi que les sites qui les abritent et qui sont détruits malgré certaines protections en Europe par les engins de pêche (dragues, chaluts), sans oublier les multiples aménagements côtiers particulièrement destructeurs. Outre ces menaces nombreuses et graves qui résultent de la surexploitation, il faut considérer les conséquences de l'augmentation des gaz à effet de serre qui provoquent à la fois un réchauffement des eaux océaniques et une augmentation de l'acidité de ces eaux. Le réchauffement des eaux va avoir deux conséquences : d'une part, une baisse de la production végétale et animale des eaux de surface et, d'autre part, une migration des espèces vers des eaux plus froides et l'apparition de nouvelles espèces, ainsi qu'une perturbation des périodes de production.

Ces deux phénomènes se conjugueront pour causer un appauvrissement marqué des ressources océaniques avec une aggravation du contexte socio-économique. L'augmentation de l'acidité des eaux, causée par une augmentation de la quantité de CO2 atmosphérique capté par les océans, provoque des perturbations de la fixation du calcaire dissous dans les océans par les organismes comme le plancton, les mollusques (huîtres, moules,…), les algues calcaires (présentes dans les eaux tempérées) et les coraux. Ce phénomène entraînera également un appauvrissement des ressources océaniques exploitées par l'Homme et, au-delà, aura des conséquences sur l'environnement dont la portée ne peut pas encore être évaluée.

Propos recueillis par Bernard Dussol


Trois questions à Brigitte Bornemann-Blanc, 
de l’agence 3B Conseils et déléguée générale des entretiens Science et Ethique.


1/Est-ce que l’accumulation d’informations sur le thème du réchauffement climatique ne risque pas de lasser le public, voire de le démobiliser en partie ?

Si on dit parfois que trop d’informations tuent l’information, je pense au contraire qu’elles réveillent les consciences et que leur multiplication et surtout leur diversité constituent une chance. Les changements climatiques ont certes toujours existé dans les cycles d’évolution de notre planète comme dans l’histoire de l’Humanité. Nous avons cependant interféré dans les échelles de temps et ce fait est une résultante de l’activité humaine au cours du dernier siècle avec ses conséquences sur les peuples, la faune, la flore…


2/Comment trier à bon escient dans la multiplication des sources et dégager une information « juste » en-dehors de tout débat passionné ?

L’information « juste » ? Vaste débat… Je parlerais plutôt d’une information variée mais fiable. Pour cela il faut être en éveil, être curieux et avoir une formation au sens critique. Pour faire le tri, il faut d’abord aller vers des sites et des blogs de référence, parfaitement accessibles au grand public, réalisés par des journalistes, des experts, des artistes, des organismes scientifiques, des élus ou des ministères. Mais le rôle des médias demeure primordial. La responsabilité de l’auteur reste totale. Un débat passionné ne peut exclure les arguments et la controverse. Cela montre combien il est complexe d’émettre un avis et de prendre une décision. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas.

3/De quels outils disposez-vous pour sensibiliser les élus et le grand public sur les grands enjeux de la planète ?

3B Conseils a créé deux manifestations « Science et Ethique » à Brest et « Défense et Environnement » à Paris. La première est spécialisée sur le monde de la mer, la seconde sur l’impact des activités de défense sur l’environnement. Ces conférences débats largement ouverts, réunissent à la fois des experts, des élus, des scientifiques, des ONG… en présence du grand public. Tous les débats sont filmés et accessibles gratuitement sur le web. C’est grâce à la confiance des intervenants d’abord, qui ne sont pas rémunérés pour intervenir, et aux soutiens des collectivités territoriales comme la Région Bretagne, le département du Finistère, la Ville de Brest et Brest métropole océane, le ministère de la défense et d’industriels que nous pouvons avoir cette démarche.

Propos recueillis par Bernard Dussol

Pour en savoir plus sur les énergies de le mer

Sources : Thalassa France3 / 3B Conseils

lundi 8 septembre 2008

Les 100 lieux de la géopolitique


PARIS (France) – 8/09/2008 – 3B Conseils - Aujourd’hui nous souhaitons vous faire part d’une nouvelle publication à laquelle Sonia Le Gouriellec, rédactrice pour le blog Défense et Environnement et ponctuellement pour le blog Science et Ethique, a participé. Mercredi 10 septembre 2008, un « Que sais-je ? » consacré aux « 100 lieux de la géopolitique » sortira aux éditions P.U.F, coordonné par Pascal Gauchon qui dirige la collection Major au Presses Universitaires de France ainsi que l’association Anteios et Jean-Marc Huissoud professeur de géopolitique à Grenoble Ecole de Management. La géopolitique ne s'écrit pas seulement avec des mots, mais avec des lieux. De New York à La Mecque, de Suez à Malacca, du Pays basque au Chiapas, de l'Afrique à l'Europe et de l'Antarctique au Sinaï, 100 lieux sont présentés avec les enjeux qu'ils incarnent. Ils constituent le meilleur moyen pour pénétrer dans la géopolitique du monde actuel.

Sonia Le Gouriellec avait déjà contribué avec un article sur le Nigeria et l’Afrique du Sud à l’ouvrage « Les grandes puissances du XXIème siècle » sorti en décembre 2007. Elle prépare une thèse sur les politiques de sécurité américaine et européenne dans la Corne de l’Afrique dont des éléments seront abordés lors de la conférence n°3 du 13 mars 2009.

Article : 3B Conseils