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mardi 23 novembre 2010

Retour vers le Cameroun pour Claude Foko en décembre


Nous évoquions ici dans notre article du 28 octobre dernier l’élan de solidarité qui se manifestait autour de Claude Foko ce marin camerounais abandonné dans le port de Brest par un employeur indélicat…

L’association Mor Glaz et son président Jean-Paul Hellequin n’ont eu de cesse depuis des semaines d’agir afin que cette situation dramatique trouve une issue honorable et humaine.

Cette mobilisation est en train de réussir puisque d'ici le début du mois de décembre, Claude Foko devrait, enfin, pouvoir retrouver les siens au Cameroun.

Rappelons que depuis seize mois Claude Foko est à bord du cargo Ebba Victor (*), immobilisé à Brest depuis août 2009, alors que sa venue à bord était initialement prévue pour trois mois…

Totalement démuni jusqu’alors, une partie des arriérés de salaire (4100 euros) vient de lui être versée. Ses arriérés ajoutés aux aides locales qui a recu vont lui permettre de repartir chez lui.

Pour autant l’affaire n’en est pourtant finie car le compte n’y est pas encore : tous ses arriérés de salaires sont estimés à 9900 euros au 1er octobre.
En plus des 4100 euros versés par le propriétaire de l'Ebba Victor, Claude Foko va toucher 1500 euros du fonds d'aide d'urgence de l'Association de Gestion des Institutions Sociales Maritimes (AGISM).

La préfecture du Finistère a, en outre, indiqué qu'il percevrait 300 euros d'aide au retour volontaire, une somme octroyée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui organisera son retour au Cameroun.

L'association Mor Glaz réclame toujours que les autorités fassent pression sur le propriétaire de l'Ebba Victor, Armand Fokam, pour que son employé soit totalement payé.

« Armand Fokam réside dans un pays de l'Union Européenne, c'est bien pour cette raison que Mor Glaz compte bien sur les autorités des deux pays afin d'obliger le propriétaire de ce navire à respecter certaines obligations envers cet homme qui se trouve à bord de l'Ebba Victor. Le 22 octobre, le sénateur François Marc a déposé une question écrite au Sénat, nos actions auraient nous dit-on attiré l'attention de Mr le Procureur de la République et de la Chancellerie. Il est peut-être enfin temps d'exiger des comptes à Monsieur Fokam », déclare Jean-Paul Hellequin, président de Mor Glaz à l’AFP.


L'association réclame en outre la saisie du cargo pour non paiement des salaires et non respect des législations internationales (il n'a plus de pavillon) et, compte tenu de son âge et de son état, sa déconstruction à Brest.

(*) long de 48 mètres (9,15 m de large ) ce cargo a été construit au Danemark en 1964 à Frederikshavns. Ex NETTELILL et Ex SVENDBORGSUND il a été immatriculé IMO 6421921.

Jusqu’en 1973 EBBA VICTOR a été utilisé comme cargo en baltique, puis à partir de 1976 il est utilisé comme navire école, par la commune de Harnosand en Suède, sur la Baltique, qui a été son port d'attache.

Article RH 3B Conseils
Sources Mor Glaz / AFP / Le Télégramme / Sénat
photos : Mor Glaz / Sénat

jeudi 28 octobre 2010

Solidarité autour du marin camerounais Claude Foko


L'association Mor Glaz poursuit sa mobilisation pour venir en aide à Claude Foko, un marin camerounais abandonné sur le cargo Ebba Victor, immobilisé à Brest depuis août 2007.

En route pour la Tunisie, ce navire est arrivé dans le port Brest à la suite d’une avarie de propulsion. Le cargo Ebba Victor (*) ne reprendra jamais la mer depuis car, après la visite des autorités portuaires et le manque flagrant des éléments de sécurité, il est immobilisé à quai, le 25 août 2007.

C’est en 2009 - après deux années d’immobilisation, en 2009- qu'un nouveau propriétaire se manifeste et annonce vouloir remettre le navire en état afin de le faire naviguer sous pavillon cambodgien -. C’est donc dans ce cadre que le mécanicien Claude Foko est embauché.

Or, comme l’indique Jean-Paul Hellequin, le président de l’association Mor Glaz, « après quelques mois d'efforts et de réparations, le propriétaire ne donne plus signe de vie à son employé et ne paye plus les factures et les salaires».

Face à cette situation dramatique l’association Mor Glaz s’est emparée du dossier il y a un mois. « Cela fait désormais 18 mois que Claude Foko est coincé à bord de ce bateau poubelle, sans salaire, malade et éloigné de sa famille et de son pays." 

« Les premières actions de Mor Glaz ont permis de récolter assez d'argent (400 euros) pour éviter que la famille de Claude Foko restée sans ressource au Cameroun ne soit expulsée de son logement ».

L'association comme le syndicat des marins CGT mettent depuis la pression sur les autorités afin que l'armateur qui réside sur le territoire de l’Union européenne - en Allemagne - assume ses engagements et ses devoirs envers son salarié et lui paye les arriérés de salaires. L’autre priorité est aussi de faire rentrer le mécanicien chez lui.

Pour Jean-Paul Hellequin, "aujourd’hui la seule solution est de menacer le propriétaire de la saisie de son bateau pour couvrir les frais portuaires les impayés de salaires et les dépenses engagées par Mor Glaz".

Dans de pareils cas, les règlements européens en matière de sécurité en mer sont très stricts mais les autorités portuaires et administratives ont très peu de moyens pour se retourner contre les armateurs et les propriétaires irrespectueux des réglementations sociales.

Afin de récolter des fonds au profit du marin abandonné, l'artiste peintre Râmine a réalisé deux toiles s'intéressant à l'Ebba Victor et Claude Foko. « J'ai décidé de mettre mon travail au service de cette cause et de faire en sorte que le marin et chef mécanicien Claude Foko puisse retourner chez lui », explique Râmine, dont les œuvres sont mises en vente afin d'aider le mécanicien à retrouver au plus vite sa famille.

Les deux toiles sont en vente :

1-La grande toile 100x80 est une peinture acrylique sur toile de lin d'une valeur de 950€ et la mise à prix commence à 500€. Cette toile représente Claude FOKO devant EBBA VICTOR.
2-La petite toile 73x52 est une peinture acrylique sur toile de lin d'une valeur de 500€ et la mise a prix commence à 200€. Cette toile représente une tranche du cargo au niveau du château et la passerelle.


Vous pouvez envoyer vos offres de prix par internet, par courrier à Râmine ou à Mor Glaz. www.morglaz.org association.morglaz@orange.fr

Râmine
Atelier : 9 rue du Bois d'Amour - 29200 BREST - 06 64 22 03 66
ramine@laposte.net www.ramine.com

Vous pouvez également faire des dons de solidarité directement à l’Association Mor Glaz.

(*) long de 48 mètres (9,15 m de large ) ce cargo a été construit au Danemark en 1964 à Frederikshavns. Ex NETTELILL et Ex SVENDBORGSUND il a été immatriculé IMO 6421921.

Jusqu’en 1973 EBBA VICTOR a été utilisé comme cargo en baltique, puis à partir de 1976 il est utilisé comme navire école, par la commune de Harnosand en Suède, sur la Baltique, qui a été son port d'attache.


Article RH 3B Conseils
Sources Mor Glaz
photo et illustration : Mor Glaz / Râmine

mardi 13 juillet 2010

Des capteurs sur les navires marchands pour comprendre le rôle des océans sur le climat ?

S’il est prouvé que les océans captent une grande partie du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère, toutefois, le processus par lequel ce phénomène se produit est encore mal connu.

C’est dans ce cadre que l'Institut Leibniz des sciences marines (IFM-GEOMAR) veut mettre en place un réseau de capteurs sur les navires marchands suffisamment étendu pour répondre à de nombreuses interrogations.

La création de ce réseau, qui a pour but de mieux comprendre le rôle des océans dans le phénomène de changement climatique global, fait partie du projet OCEANET, lancé en 2008 et qui vise à étudier les échanges d'énergie et de matière entre l'atmosphère et les océans.

Ce système de capteurs a préalablement été testé sur le navire de recherche allemand Polarstern et semble désormais avoir atteint un stade de développement suffisamment avancé pour équiper des navires non spécialisés et fonctionner de manière autonome. Le test du système de capteurs embarqués à destination des navires marchands conduit sur le Polarstern était le dernier d'une série de cinq


Pour en connaître plus sur ce phénomène, il faut entreprendre de nombreux relevés, que seuls les navires de recherche étaient jusqu'ici capables d'opérer. Or ces mesures ponctuelles ne s'avéraient pas suffisantes pour comprendre le système d'échange atmosphère-océans dans son ensemble. C’est la raison qui a motivé les scientifiques à initier ce réseau de capteurs embarqués sur des navires marchands.

Le système de capteurs serait d'après l'IFM-GEOMAR équivalent à celui que l'on trouve dans les stations météorologiques à terre. Les premiers navires devront être équipés avec ce système de capteurs dès la fin 2010. Dans le cadre du projet OCEANET, l'IFM-GEOMAR prévoit, en outre, l'utilisation de robots sous-marins autonomes.

Rappelons que les entretiens Science et Ethique 2009 « l’Heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer » ont traité des questions liées aux conséquences du changement climatique sur les océans.

Nous vous invitons à retrouver quelques des interventions sur ce sujet :

- « Management du projet européen sur les conséquences du changement climatique : l'acidification des océans », par Lina Hansson, project manager du projet EPOCA (European Project on Ocean Acidifacation - Laboratoire d'océanographie de Villefranche sur Mer en partenariat avec Roscoff, l'IPEV...) ICI

- « Le rôle tampon de l’océan dans l’absorption du CO2 et conséquences dans le cadre du changement climatique", par Sabrina Speich, (Italie) chercheur au Laboratoire de Physique des Océans, LPO-IUEM-UBO ICI

- « Point sur les émissions de GES du transport maritime des marchandises, des détroits aux grandes villes » par Juan Baztan, chercheur et Président du réseau Marine Sciences for Society ICI 
 .



 Sources Die Welt / ADIT / science-allemagne.fr/ entretiens Sciences et Ethique / RH – 3B Conseils
illustration tirée de la présentation de Sabrina Speich pour les entretiens Science et Ethique

jeudi 7 janvier 2010

La VAE dans les secteurs maritimes



Dans notre article du 6 janvier, nous évoquions la création de l’Ecole nationale supérieure  maritime  qui délivrera un diplôme hautement qualifié d’ingénieur de la mer qui jusqu’à présent n’existait  dans cette filière.

Cette volonté de  revaloriser le niveau de qualification et de conduire à l’excellence des cursus et des hommes doit également s’accompagner d’une  valorisation des compétences acquises et des formations tout au long de la vie.

C’est le sens de l'initiative de la Région Bretagne, du Fonds d’Assurance Formation Pêche et Cultures Marines (FAF Pêche) et de la Touline, présentée lors d’une journée d'information sur la Validation des Acquis d’Experiences (VAE) dans les secteurs maritimes a été organisée le 17 décembre 2009  à l'Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM) à Brest.

Pour Philippe Illionnet, directeur régional des Affaires Maritimes  qui ouvrait cette journée,  "le secteur maritime doit sortir de son ghetto".

Ainsi, les professionnels de la pêche, des cultures marines, de la marine marchande et de la marine nationale ont pu au travers de témoignages et d'expériences concrètes,  constater que tout est mis en oeuvre pour faciliter le parcours VAE et l'obtention de certifications de niveau international.

Des professionnels de la VAE en Bretagne  ont présenté les différentes étapes clés de ce parcours, de l'information dans les PIC (points Information Conseil), le choix du certificateur, l'accompagnement fortement recommandé pour le montage du dossier jusqu' au passage devant le jury.
Une démarche qui peut être individuelle ou collective puisque la VAE c'est aussi une valeur ajoutée pour l'entreprise.

Si seulement 70 dossiers ont été déposés en Bretagne en 2009, la campagne d'information et la politique régionale en faveur du développement de la VAE, Droit Individuel à la Formation accessible à tous, devrait accroître ce chiffre dans les années à venir : un moyen pour les marins pêcheurs par exemple de valider des brevets internationaux.

La VAE est un droit pour tous, à la  seule condition de  justifier de 3 ans d'expérience.





Sources :  Région Bretagne / Bretagne VAE /  RH- 3B Conseils

mercredi 6 janvier 2010

Réforme de la formation maritime et collaboration avec l’Ecole Navale




Dans son discours au Havre le 16 juillet 2009, le président de la République avait annoncé la création d’une Ecole supérieure de formation maritime ouvrant accès à un diplôme hautement qualifié d’ingénieur de la mer avec comme objectif  de revaloriser le niveau de qualification.

Cette qualification d’ingénieur était inexistante jusqu’alors dans ce secteur d’activité puisque les écoles délivraient, après 3 années d’études, un diplôme d’élève officier de 1ère classe de la marine marchande devant être complété de 9 mois de navigation pour obtenir un premier brevet.

Puis une poursuite du cursus pouvait être envisagée sur une année scolaire, suivie de 8 mois de navigation, afin d’obtenir un Brevet de capitaine de 1ère classe de la navigation maritime.

Le Premier ministre François Fillon, lors des assises de l’économie maritime à Brest (article du blog 3/12/09) déclarait le 2 décembre  dernier : «  il ne saurait y avoir d’activités maritimes dignes de ce nom sans hommes et sans femmes qualifiés. En France, la formation aux métiers maritimes est assurée par des filières spécialisées. Je veux d’abord dire que ce choix, il n’est pas question de le remettre en cause, mais je veux aussi souligner que notre enseignement a besoin d’être adapté. 

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de créer l’Ecole nationale supérieure maritime, dont le principe vient d’être approuvé par le Parlement. Cette école sera implantée sur les sites des quatre écoles de la Marine marchande. Cette école aura le statut de grand établissement. 


Les écoles des Affaires maritimes qui forment les cadres civils et militaires des affaires maritimes, lui seront également adossées. Cette nouvelle école nous voulons qu’elle vise le plus haut niveau international. Elle formera des officiers de la marine marchande polyvalents, mais aussi des professionnels concernés par l’exploitation des moyens navals et la sécurité de la navigation. Son programme d’enseignement devra lui permettre de délivrer un titre d’ingénieur. 


Notre système doit aussi pouvoir offrir un enseignement de haut niveau en matière de construction navale. Cette une fonction est notamment assumée par l’Ecole Nationale Supérieure des Techniques Avancées. L’évolution de cette école, dans le cadre renouvelé de l’enseignement supérieur, doit être pour nous l’occasion d’étudier la création d’un master de « Génie maritime » en liaison avec les écoles d’ingénieurs brestoises. Je sais que cela répond à une attente forte de votre part. Les armateurs français ont besoin de recruter rapidement de jeunes navigants, et les industriels ont besoin d’ingénieurs pour développer les navires de demain »
.

Le texte portant création de cette Ecole Nationale Supérieure Maritime voté le 23 septembre 2009 par l’Assemblée nationale vise  donc à regrouper les écoles du Havre, de Marseille, de Nantes et de Saint-Malo sous une même entité. Les Ecoles Nationales de la Marine Marchande (ENMM) devenant des sites de l'ENSM  depuis la récente publication de la loi au journal officiel.

L'École Nationale Supérieure Maritime devient donc un établissement public d'enseignement supérieur - placé sous la tutelle du ministre chargé de la mer -  dont la vocation est, notamment, de préparer aux carrières d'officier de la marine marchande. Les règles d'organisation et de fonctionnement de l'ENSM sont encore à  fixer par décret (en cours de préparation en Conseil d'État).

Si de nombreuses dispositions pratiques restent à définir, comme la localisation de sa direction on sait cependant qu’elle fonctionnera à partir des quatre sites déjà existants (Le Havre et Marseille pour la filière A, polyvalente et fière B monovalente (promotion sociale) , Saint-Malo  spécialisé « machine » et Nantes spécialisé « pont »).

Chaque année, les quatre écoles françaises produisent environ 200 officiers sortant avec un diplôme de commandement ou de chef (dont 170 à 180 polyvalents) et 300 avec un diplôme de chef de quart ou d'élève chef de quart (transformé en chef de quart après navigation).


Par ailleurs la nouvelle école nationale entend enrichir le cursus au niveau de la pédagogie et de  la recherche au travers de coopérations renforcées  avec d’autres établissements universitaires ou avec l’Ecole Navale basée près de Brest, sur le site de Lanvéoc-Poulmic.

L’Ecole Navale forme des officiers de Marine , dont les diplômes équivalent  au titre d’ingénieur. L’objectif est de mutualiser les expériences  entre militaires et civils.


Sources :  Ouest-France / RH-3B Conseils