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jeudi 27 octobre 2011

La campagne océanographique KEOPS 2 : étude de la production primaire dans l'océan Austral


La campagne océanographique KEOPS 2 (Kerguelen Ocean and plateau compared study) dans l'océan Austral, se déroule jusqu'au 29 novembre 2011. Une équipe du LEMAR - Laboratoire des Sciences de l'Environnement Marin (IUEM- CNRS-IRD-UBO) - y participe à bord du Marion-Dufresne (*) . (Relire l'article du blog du 03/03/2011 sur le nouveau format de la flotte océanographique française).

La campagne KEOPS 2 a pour objectif d'étudier les conditions dans lesquelles s'effectue la production primaire à l'est du plateau des Kerguelen, où les algues du phytoplancton bénéficient d'un apport naturel en fer, contrairement aux eaux de l'océan Austral qui en contiennent généralement des quantités infimes.

Cette question revêt une importance particulière car la carence en fer de vastes régions de l'océan mondial y limite la production primaire donc l'efficacité de la "pompe biologique de carbone" qui permet à l'océan de capter et de stocker en profondeur une partie du CO2 atmosphérique responsable de l'effet de serre.

Cette situation a aussi donné naissance à des projets d'ingénierie climatique consistant à "fertiliser" artificiellement l'océan en fer, mais dont l'efficacité est douteuse et les conséquences à court et long terme sont encore très mal connues.

KEOPS 2 va permettre de compléter et d'approfondir les résultats d'une première campagne réalisée en 2005, en bénéficiant des avancées réalisées depuis dans le domaine des technologies de mesure de concentrations extrêmement faibles en fer et autres "éléments traces".

Plus de 50 scientifiques sont embarqués sur le Marion-Dufresne pour conduire une étude pluridisciplinaires aux frontières de l’océanographie physique, géochimique et biologique.
Une centaine de paramètres seront mesurés sur des échantillons prélevés dans l’air, la colonne d’eau et le sédiment superficiel. Des instruments autonomes permettront de réaliser des mesures in situ.

Certains d’entre eux poursuivront seuls leur périple après la fin de la campagne, et les données qu’ils récolteront seront alors transmises aux laboratoires par satellite.
A noter que KEOPS 2 peut être suivie au jour le jour sur le site de l'Ipev (Institut polaire Paul-Emile Victor).


(*) Le Marion Dufresne rentré en service en 1995 est depuis affecté au ravitaillement des terres australes et antarctiques françaises (îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam).

Article RH3 3B Conseils
Sources IUEM/IPEV

vendredi 23 septembre 2011

La 7è Nuit des chercheurs à Océanopolis


La 7è Nuit européenne des chercheurs (*) se déroule ce 23 septembre. En Europe, plus de 150 manifestations auront durant la soirée. En France, 13 partenaires sont réunis pour conduire La Nuit des Chercheurs, dans 18 villes : Angers, Besançon, Bordeaux, Brest, Clermont-l’Hérault, Dijon, Drancy, Le Mans, Marcoule, Milly la Forêt, Montpellier, Nîmes, Palaiseau, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Villeurbanne ( voir le programme national).

La Nuit des chercheurs est une occasion particulière pour les scientifiques de parler de leurs métiers, de faire côtoyer les citoyens et les chercheurs pour mieux appréhender et comprendre leurs univers ainsi que la culture scientifique.


A Brest, Océanopolis participe à nouveau à cet événement et propose au cours d’une soirée festive une rencontre exceptionnelle avec des scientifiques qui partageront leurs connaissances des océans, ils seront 120 chercheurs confirmés ou doctorants, entourés d’artistes.

Au programme : grande enquête policière, « speed-searching », manipulations et expériences en tous genres, musique, dégustations, rencontres déconcertantes...

- Espace Europe
 - (19 h à minuit) dans le forum -

Un lieu dédié aux programmes de recherche européens d’Océanopolis et de ses partenaires scientifiques. Le projet MeDON (Marine e-Data Observatory Network) a pour but de développer, tester et disséminer un nouveau concept de suivi côtier s'appuyant sur un réseau d'observatoires marins câblés temps-réel et innovants, orienté vers les utilisateurs finaux. Les partenaires de MeDON sont situés à Plymouth (Sud-ouest de l’Angleterre) et à Brest (France).
Le projet MeDON a été sélectionné dans le cadre du programme Européen de coopération transfrontalière INTERREG IV A France (Manche) – Angleterre, cofinancé par le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional).


- Speed searching avec les chercheurs !
 - (20 h à 22 h) dans la salle La Pérouse
 -
Dans un lieu feutré et convivial, le public s’invite à la table d’un chercheur pour découvrir sa personnalité, son métier, ses passions... Le chercheur est muni d’un objet insolite (professionnel ou personnel) qu’il affectionne particulièrement. Cet objet pourra être le déclencheur de rencontres étonnantes entre les chercheurs et les visiteurs dans une ambiance originale. Sur le principe du speed-dating, des faces à faces inoubliables orchestrés par un animateur extravagant.

- Jeunes Reporters des Arts et des Sciences
 - (19 h à minuit) dans la salle Antarctica -

Durant l’année scolaire 2010-2011, les élèves des premier et second degrés ont répondu à un appel à projet sur le thème des arts et des sciences. Leurs travaux seront présentés durant cette 7ème nuit des chercheurs.

- "Mystérieuse disparition à Océanopolis" 
 - (19 h à 23 h) dans les pavillons tropical et polaire
 -.
"Publiée dans un quotidien brestois du 23 septembre 2011, une lettre anonyme nous annonce la disparition d’un animal dans un pavillon d’Océanopolis. Transformés en enquêteurs le temps d’une soirée, les visiteurs mèneront l’enquête dans les pavillons tropical et polaire. Accueillis dès leur arrivée, au BIO (Bureau d’Investigation d’Océanopolis), puis, munis des précieux indices, ils iront à la rencontre des chercheurs présents dans le circuit de visite. Ces derniers par des manipulations scientifiques, activités ludiques ou présentations insolites, permettront aux enquêteurs de collecter des indices. Mais attention, Dans le circuit de visite, des suspects (comédiens, chercheurs ou personnel d’Océanopolis) déambuleront également parmi les visiteurs…L’enquête sera résolue une fois que l’espèce disparue, le lieu de la disparition, l’identité du coupable et son mobile auront été découverts…Attention ! Mêlés au public, les suspects ne seront pas tous coopératifs et pourront brouiller les pistes…"

- Melting Pot !
 - (A partir de 22 h 30) dans le forum
 -
Au cours de la soirée, les visiteurs pourront échanger avec les chercheurs autour d’un verre dans une ambiance décontractée et conviviale. Leurs métiers, leurs voyages, leurs passions n’auront plus de secrets pour les visiteurs…

- Portraits robots
 - (19 h à 23 h) dans le forum -

A partir d’une fiche descriptive d’un animal marin, le visiteur imagine et dessine son portrait-robot. A la fin de la soirée, les dessins les plus ressemblants seront récompensés.

- Chercheurs de musique
 - (19 h à minuit) dans les pavillons tropical et polaire et le forum -
Tout au long du parcours, l’ambiance de la soirée sera assurée par des chercheurs-musiciens enjoués.


(*) Cet événement a été impulsé par la Commission Européenne en 2005.

Article RH 3B Conseils
Source : Océanopolis /UE

mercredi 29 juin 2011

Premier bilan des investissements d’avenir

Présentant un premier bilan des investissements d’avenirprogramme lancé en 2009 découlant du grand emprunt – le président de la République a indiqué qu'une vingtaine de milliards d'euros, sur un total de 35 milliards, auront été engagés d'ici fin 2011, et que «près de 1500 projets avaient été déposés en un an et demi ».
Il a en outre confié son espoir de voir in fine ces 35 milliards d'euros investis par l’Etat, s’élever à 60 ou 65 milliards d'euros, grâce aux cofinancements des entreprises et des collectivités territoriales et locales.


A l’examen des projets qui ont été retenus par les jurys internationaux des inégalités territoriales très fortes sont apparues ou ont été renforcées.
Les financements se concentrent en effet dans un nombre restreint de régions, déjà à forte concentration scientifique.

Ainsi des voix se sont élevées parmi les universitaires de l’Ouest mais également en la personne de Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d’Universités (CPU) pour regretter que, dans cette première vague d’appels d’offres du Grand emprunt, le Grand Ouest de la France n'ait guère été pourvu.

Le président Vogel déclarait il y a peu « les lauréats se concentrent en région parisienne, en Alsace, en Rhône-Alpes et un peu dans le Sud. En revanche le Grand Ouest , une partie de l’est ou le nord de la France sont désertés ».

Certains parlant d’un délaissement de l’Ouest de la France, tous assurent en tout cas que ces régions entendent bien se rattraper dans les mois à venir et faire reconnaître leur potentiel scientifique.
Pour le président de la CPU en l’état actuel « il s’agit d’une « photographie » de l’état des forces scientifiques françaises et non à une vision prospective de la recherche à vingt ans ».

Retour sur les projets du Grand Ouest :
Les régions Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie ont été dotées de 86 millions d’euros pour des projets d’excellence :
- les laboratoires d’excellence (Labex) à Brest, Rennes et Caen : le labex Mer "Océan dans le changement" (Brest) dans de la recherche marine, le labex Comin Labs (Rennes) pour l’informatique à Caen pour l’énergie ; ( Relire les articles du blog du 28/03/2011 et du 29/03/2011)
- le projet d’Institut de recherche technologiques (IRT) Jules Verne à Nantes.

Quant au projet B-Com piloté depuis Rennes - destiné notamment à la téléphonie du futur - s’il n’a pas été retenu dans un premier temps par le jury de sélection ce dernier a fortement sollicité les industriels y investir davantage. (Relire l'article du blog du 24/03/2011).

Une seconde vague de projets devrait être sélectionnée dans les prochains mois avec, on l’espère des engagements forts pour l’Ouest. C'est dans ce cadre que sera attendu la reconnaissance du projet France Energies Marines dans le cadre de l’appel à projets au titre des investissements d’avenir pour la constitution d’un Institut d’Excellence des Energies Décarbonées (IEED) à Brest (Relire article du 2/06/2011).

Article RH 3B Conseils
Sources : Grand emprunt / ministère de la Recherche / Ouest-France

mardi 14 juin 2011

CIMer 2011 : la course à l'exploitation des fonds sous-marins


France (UE) - 14/06/2011 - 3B Conseils. Le 10 juin dernier, le premier ministre François Fillon, réunissait (*) à Guérande (Loire-Atlantique) un Conseil interministériel de la mer (CIMer). Une telle réunion ne s’était pas tenue depuis le 9 décembre 2009, un comité qui avait vu l’adoption du Livre Bleu sur la « Stratégie nationale pour la mer et les océans », fixant les grandes orientations stratégiques nationales pour la mer et le littoral. (Relire article du blog du 22/12/2009).
Ce CIMer a permis de faire le point sur la politique maritime de la France.

Pour le premier ministre, « avec le Grenelle de la mer et la stratégie issue du Livre Bleu de 2009, nous avons jeté les bases d'une gestion partenariale qui associe l'ensemble des acteurs. »

On se rappellera que lors du précédent CIMER, différentes mesures structurelles avaient été annoncées notamment la création de :

- la fonction Garde-côte (voir article du blog 15/09/2010 et du 23/03/2010)
- l'Ecole Nationale Supérieure Maritime (ENSM), (relire article du blog du 06/01/2010)
- le Conseil d'Orientation de la Recherche et de l'Innovation pour la Construction et les Activités Navales (CORICAN)
- la fusion du Conseil supérieur de l'Etablissement National des Invalides de la Marine (ENIM) et du Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels et du bien-être des gens de mer.


Par ailleurs le décret portant création du Conseil national pour la mer et les littoraux (CNML) – remplaçant le Conseil du Littoral - a été publié le 10 juin dernier le jour même du CIMER, une nouvelle instance dont plus de la moitié des sièges sera réservée aux élus.


Les orientations 2011-2012 


Après avoir dressé un bilan de son action le premier ministre, mettant en avant l’investissement de la France dans les secteurs d'avenir - création des laboratoires d'excellence, les Labex (voir les articles du blog sur les Labex en Bretagne du 21/01/2011, du 28/03/2011, du 29/03/2011 et du 02/06/2011), soutien financier pour la recherche publique en mer, la construction navale, les filières industrielles de l'éolien offshore (pour en savoir plus sur l'éolien offshore, consultez le blog des énergies de la mer) , création de l'ENSM... - , a présenté les grandes orientations 2011-2012

L’action de l’Etat va être mobilisée dans l'avenir sur les ressources sous-marines en plaçant la France dans la course à l'exploitation des fonds sous-marins.

Dans une déclaration le Cluster Maritime Français et l'Institut français de la Mer déclarent conjointement que « Dix-huit mois après la précédente réunion, il était nécessaire que l'engagement de les réunir régulièrement au plus haut niveau gouvernemental soit tenu et solennellement réaffirmé ; l'insistance du premier ministre sur le lien indissociable entre « développement » et « durabilité », sans lequel ni le nécessaire développement économique et social ni l'indispensable protection de l'environnement ne pourraient être mis au service des générations présentes aussi bien que futures, la nature et la diversité des sujets abordés, y compris ceux de long terme, tel l'accès de la France aux ressources des grands fonds maritimes, qui sont l'une des richesses de l'avenir et avant tout l'annonce extrêmement importante de l'organisation du suivi régulier de la stratégie maritime pour la France sous le contrôle du nouveau Conseil du Littoral et surtout du parlement ».

Pour aller plus loin sur les problèmatiques liées à la mer et au littoral, aux énérgies de la mer et l'exploration et l'exploitation scientifique, retrouver les archives des entretiens Science et Ethqiue depuis 1997.

Retrouver notamment sur l'exploration scientifique des océans

2003 : Les mers, un océan de richesses ?



2002 : Milieux Extrêmes d’un monde à l’autre, Terre, Mer et Espace








Sur vos agendas


les 15è entretiens Science et Ethique à Océanopolis Brest, les 17 et 18 novembre 2011 sur le thème "Quelle économie, pour quelle croissance ? : Plans climat territoriaux, aménagement du territoire, technologies de l'information et énergies de la mer".




(*)
Le CIMER s’est tenu en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, d'Eric Besson, ministre chargé de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique, Marie-Luce Penchard, ministre en charge de l'Outre-mer, et Thierry Mariani, secrétaire d'État aux Transports.
Article RH 3B Conseils
Sources CIMER / Cluster maritime
Photo : Hôtel Matignon (Yves Malenfer)

mercredi 27 avril 2011

Séminaire sur les données d'observation et les informations environnementales


Les observatoires se sont multipliés au cours de la décennie. Quelle que soit leur finalité (recherche, gestion, planification), ils s’appuient sur des jeux de données diachrones indispensables à la compréhension du fonctionnement et/ou du suivi de l’évolution à long terme de l’environnement et proposent la mise en place d’outils de suivi, de connaissance et d’aide à la décision.

Au sein de ces entités, des infrastructures de données spatiales (IDS) se mettent progressivement en place, répondant plus ou moins directement aux préoccupations actuelles dans le domaine de l’environnement et de l’accès à l’information par un large public. La convention d’Aarhus en 2000 et surtout la directive Inspire en 2007 marquent le besoin ressenti au niveau européen de mise à disposition du public, de données de meilleure qualité pour l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques ayant un impact direct ou indirect sur l’environnement.

Les Observatoires des Sciences de l’Univers (OSU), les Observatoires Hommes-Milieux (OHM), les Zones Ateliers (ZA) sont des « instruments » du CNRS permettant de récolter des données variées, des points de vue de leur source, de leur nature, de leur qualité, de leur format, de leur fréquence temporelle, de les archiver et de les diffuser.

De la pluridisciplinarité inhérente à ces instruments découlent des corpus importants et diversifiés : analogiques et numériques, textuels, iconiques, spatiaux, structurés ou non. Cette hétérogénéité rend difficile l’emploi d’outils standards d’archivage, de catalogage et de diffusion. Pourtant la directive Inspire impose une normalisation croissante et l’interopérabilité des systèmes mis en œuvre pour une meilleure visibilité de l’offre et un accès facilité aux ressources informationnelles disponibles pour les différents acteurs de l’environnement (politiques, scientifiques, gestionnaires, acteurs locaux).

- Au sein des observatoires scientifiques, quels sont les enjeux et les besoins des producteurs de données ?

- Comment organiser, cataloguer et diffuser des données hétérogènes diachrones afin de les pérenniser et contribuer aux connaissances actuelles sur le fonctionnement et sur l’évolution des systèmes planétaires en favorisant l’indispensable interdisciplinarité qu’implique la problématique ?

- Comment transférer des données scientifiques dans une forme appropriable par un large public ?

C'est à l'ensemble de ces questions qu'entend apporter des réponses le séminaire organisé par le "Pôle Image" de l'Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM- UBO), le 24 mai prochain.

Un qui séminaire intitulé "Données d'observation, informations environnementales hétérogènes : archivage, catalogage, diffusion. Quels enjeux pour les observatoires scientifiques pluridisciplinaires ?" et qui abordera ces différents points à travers les questionnements, projets et réalisations en cours au sein de plusieurs observatoires. un séminaire .

Si l'entrée est libre, elle nécessit par contre une inscription préalable auprès de l'IUEM avant le 1er mai (contact : Céline Diverrès).

Article RH 3B Conseils
Source IUEM-UBO

jeudi 14 avril 2011

Programme CapOeRa : « A Pâques, il n’y a pas que les cloches qui pondent des œufs ! »


L'association pour l'étude et la conservation des sélaciens (Apecs), basée à Brest particulièrement connue pour le travail qu’elle effectue dans le domaine de l’observation des requins pèlerins *, est aussi très fortement impliquée dans l’étude des raies (cousines aplaties des requins) sur l’ensemble du littoral français.

C’est ainsi qu’une cinquantaine d'espèces de raies fréquentent les eaux françaises (600 dans le monde) et restent encore mal connues. On connaît ainsi peu d’éléments sur leurs lieux de reproduction et de ponte.

C’est donc au travers du programme CapOeRa ** (Capsules d’Oeufs de Raies), projet pluriannuel d’envergure nationale, qu’elle agit notamment avec un double objectif :
- combler le manque de connaissances sur ces poissons menacés (aire de répartition de chaque espèce, période de ponte, identification des zones de reproduction). - sensibiliser le public à la présence des raies sur nos côtes et à la nécessité de connaître et préserver la biodiversité.

C’est donc à l’occasion de la période de Pâques qu’elle lance sa nouvelle campagne de collecte d’œufs de raies *** « A Pâques, il n’y a pas que les cloches qui pondent des œufs ! », en invitant le public qui trouverait ces capsules en bord de mer à les ramasser puis à faire part de sa récolte à l’association.

De nombreuses manifestations seront donc sur le littoral français ayant pour but d’inviter le public à prolonger sa collecte de capsules d’œufs de raies **** tout le reste de l’année.
L’ensemble de ces données sont particulièrement précieuses pour les scientifiques et permettront d’affiner les connaissances sur la ressource, de déterminer des zones de protection éventuelles.

Ces capsules, spécifiques à chaque espèce, sont autant d’indices de la présence de ces poissons fréquentant notre littoral. Ainsi, en collectant ces capsules et en les identifiant, il est alors possible de réaliser de façon indirecte un inventaire et une cartographie de ces fréquentations et d’identifier des secteurs à priori importants pour la reproduction de ces poissons. la méthode consiste à inventorier les récoltes de capsules de raie, les enveloppes ayant contenu les embryons et les juvéniles qui s'en sont extirpés (après une gestation sur le fond de 5 à 6 mois).


Il ressort en effet des différentes données notamment celles émanant des professionnels de la pêche que le stock est en net recul avec une diminution de 90% en 30 ans. Certaines raies encore débarquées en nombre il y a quelques années sont aujourd’hui menacées d’extinction.

La plupart des raies débarquées ne sont pas identifiées et sont enregistrées sous le terme « divers raies », ce qui rend plus difficile le suivi des pêcheries. Les erreurs d’identification compliquent encore la situation même jusqu’à compter plusieurs espèces sous un même nom scientifique. C’est notamment le cas du Dipturus Batis (Pocheteau gris qui met entre 15 et 2 0ans avant de se reproduire).

Pour aller plus loin sur la biodiversité du littoral :

- Retrouvez notamment les archives des entretiens Science et Ethique 2006 : "La biodiversité du littoral"

Rappel : Le dialogue et le partage des connaissances indispensables pour préserver et exploiter durablement les ressources nécessitent des décisions politiques locales, européennes et internationales qui soient mieux comprises.

Les 10e entretiens Science et Ethique, avaient « repéré » des recherches, des techniques, des expériences françaises, européennes et mondiales, qui modifient notre perception de la biodiversité.

Comment vivons-nous ces moments de transformation qui doivent permettre aux futures générations de poursuivre l’exploitation des ressources du littoral ?




* Après huit observations récentes de requins pèlerins menées dans le Sud-Finistère depuis le 21 mars, la campagne d'observation de l'Apecs va démarrer dès cette semaine, soit très en avance par rapport à l'habituelle campagne d'observation de la mi-juin et de juillet-août en mer d'Iroise.

** Fin 2005, face au déclin inquiétant de débarquements de raies, l’APECS décide de développer un nouveau programme baptisé CapOeRa. Inspiré du Great Egg Case Hunt lancé par le Shark Trust sur les côtes anglaises, en s’appuyant sur la participation du grand public pour collecter des capsules parmi les laisses de mer sur l’ensemble du littoral français. Après quelques actions test sur les côtes bretonnes, le programme CapOeRa est officiellement lancé en mai 2008.

*** Certaines raies sont ovipares, elles pondent des œufs sous forme de capsules. Les embryons sont ainsi protégés par une enveloppe de kératine. Une fois la raie sortie, la capsule vide, trop légère, remonte à la surface et finit par s’échouer sur les plages, se mélangeant aux laisses de mer.

****
Depuis le démarrage de l'opération nationale en 2008, 66.000 capsules ont été récoltées ou répertoriées tout au long des côtes françaises. Surtout des œufs de raie brunette et bouclée, les plus espèces les plus courantes sur nos côtes.


Article RH 3B Conseils
Sources : Apecs / Télégramme
Photos : Apecs

lundi 4 avril 2011

Nouvelle mission scientifique pour le Marion Dufresne.

Lors de sa précédente mission en 2009 dans les îles Eparses - territoires français situés au large de Madagascar et placées sous l’autorité administrative (depuis 2007) du préfet des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) -, le Marion Dufresne (*) avait notamment servi de support logistique pour une mission scientifique regroupant 46 chercheurs travaillant sur 16 programmes.

Outre les 16 programmes de recherche développés lors de cette mission, l’opération de 2009 avait notamment permis d'évacuer l'ensemble des déchets lourds (1300 m3 de déchets évacués soit 600 tonnes de déchets ferreux, 14 tonnes de batteries, 2 tonnes d'huile, 11 à 12 tonnes d'hydrocarbures périmés) présents sur les îles Eparses, seulement occupées par de petits détachements de l'armée française.




Le Marion Dufresne a donc appareillé le 1er avril dernier de l’île de La Réunion pour une nouvelle mission de plus de trois semaines, une mission en deux temps pour le Marion Dufresne : une première partie qui le mènera notamment dans les îles de Bassas da India, Europa, Juan de Nova puis il fera escale à Mayotte où une partie des personnels scientifiques sera remplacée pour effectuer des opérations aux Glorieuses et à Tromelin.

Cette seconde mission dans les Eparses aura un caractère scientifique renforcé avec la présence à bord de 72 scientifiques représentant 17 programmes de recherche concernant aussi bien les sciences de la terre que de la vie.
Pour cette organisation scientifique le CNRS, l'Agence des aires marines protégées, l'Ifremer, l'Institut Polaire Paul-Emile Victor (IPEV), l'IRD, le MNHN , la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, de l'Université de la Réunion sont parties prenantes

« La faible présence humaine sur les îles Éparses (**) permet à de nombreuses disciplines scientifiques de mieux comprendre les phénomènes naturels mais également d'isoler précisément l'impact du réchauffement climatique en milieu insulaire. A l'image des îles subantarctiques et de l'Antarctique, les îles Éparses peuvent être considérées comme de véritables laboratoires naturels où la recherche permettra de répondre, notamment, aux préoccupations environnementales majeures de la planète », expliquent les autorités du TAAF.


Relire également l'article du blog du 3/03/2011 sur la création de l'unité mixte de service pour la flotte océanographique française.


(*) Le Marion Dufresne rentré en service en 1995 est depuis affecté au ravitaillement des terres australes et antarctiques françaises (îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam.


(**) Par arrêté du 18 Novembre 1975 , les îles sont classées réserves naturelles intégrales . Aussi , l'accès aux îles est soumis à une autorisation délivrée par le Délégué . Dans la pratique , le séjour n'est accordé que lorsque les activités présentent un caractère d'utilité publique reconnue .


Article RH 3B Conseils
Sources TAAF / mer et marine

mardi 29 mars 2011

Deux laboratoires d’excellence (Labex) à Brest et Rennes (suite...)

Nous avons évoqué dans hier dans l'article du blog (voir article du 28/03/2011) l’annonce par François des 100 lauréats retenus à l’appel à projets "laboratoires d’excellence" (labex) et principalement celui dans le domaine des Sciences de la mer, centré autour de l’IUEM/UBO : Le labex Mer « Océan dans le changement ».
Un second Labex a également été annoncé par le premier ministre le 25 mars dernier : le labex Comin Labs centré à Rennes.

Retour sur ces deux projets qui marque la reconnaissance de la recherche scientifique en Bretagne.
Sur ce point, la Région Bretagne, par la voix de Bernard Pouliquen, le vice-président en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, s’est félicité de cette décision. "C’est une reconnaissance de l’excellence bretonne pour les thématiques Mer et STIC (Sciences des technologies de l’information et de la communication) dans le paysage national des labex".

De fait sur les sept projets présentés par la Bretagne (Région et collectivités locales), en lien avec les Pays de la Loire, ce sont deux dossiers portés par le PRES Université européenne de Bretagne (UEB) qui ont été retenus : le labex Mer "Océan dans le changement" (Brest) et le labex Comin Labs (Rennes). Une décision qui concerne 1 500 personnels de recherche.

Les deux projets retenus, dont la coordination scientifique est assurée par l’Université de Bretagne occidentale (Brest) pour le labex Mer et l’INRIA Rennes Bretagne Atlantique pour le labex Comin Labs, vont donc se voir doter d’une partie du milliard d’euros de cet appel d’offres que vont se partager les 100 lauréats.

Grâce à ces financements, les porteurs de projet vont pouvoir recruter, ou conserver, des scientifiques de très haut niveau pour renforcer leur excellence scientifique et leur positionnement à l’international. Ils pourront également mettre en place des projets pédagogiques innovants. Concrètement, ils auront désormais les moyens de rivaliser avec leurs homologues étrangers.

Présentation des deux Labex bretons

Brest : Le labex Mer « Océan dans le changement »
Porté par le PRES Université européenne de Bretagne, ce dossier concourrait dans la catégorie environnement – sciences de l’univers/sciences du système Terre.

Le projet, qui concerne plus de 400 personnels de la recherche, répartis entre l’Ifremer, le CNRS, l’Institut de Recherche pour le Développement, l’Ecole centrale de Nantes et cinq universités (l’UBO à Brest, l’UBS à Lorient, Rennes 2, Nantes et Caen) sans oublier le Pôle de compétitivité Mer Bretagne, va permettre de renforcer les connaissances et la compréhension du fonctionnement de l’océan.

A l’heure où des tsunamis font la triste actualité que l’on connaît, à l’heure des changements climatiques, de la disparition de certaines espèces marines, le labex Mer veut réunir les meilleurs chercheurs en sciences et technologies marines, pour répondre aux questions qu’il faudra résoudre dans les dix ans qui viennent.

Concrètement, le pôle, coordonné par Yves-Marie Paulet (IUEM-UBO, Brest), va pouvoir, grâce à cette décision, développer quatre thématiques de recherche principales :
_ de l’exploration à la valorisation de la biodiversité ;
_ le climat, les risques, vulnérabilités et ressources biologiques ;
_ les grands fonds océaniques : interactions géo-biologiques, flux de matière et ressource;
_ systèmes d’observations, hydrodynamique et énergies marines.
Il s’agit, par exemple, d’étudier les échanges thermiques entre l’océan et l’atmosphère ou encore la problématique des énergies marines.

Côté formation, on assistera à une mise en commun des masters de l’UBO, de l’UMPC Roscoff, Rennes 1, Agrocampus, ENSTA Bretagne, Centrale Nantes, etc. Ces formations couvrent les questions scientifiques et techniques autant que les aspects sociétaux (droit, économie, géographie, histoire…). De nouvelles formations, en sciences de l’environnement cette fois, complèteront le dispositif.

L’objectif est aussi de créer un centre de formation d’excellence en STM (sciences et technologies marines) reconnu au niveau international. Articulé autour des Masters et doctorats existants, à l’égal des autres grands centres mondiaux en océanographie, il inclura de nouvelles spécialités de Masters et développera les conventions internationales, notamment dans le cadre d’une école doctorale européenne.

Brest accueillera l’équipe intégrée de valorisation du triangle Rennes/Brest/Nantes, dans le domaine des STM et de leurs domaines d'application (océanographie, transport, nautisme, défense, énergie, ressources minérales, pêche/aquaculture, santé, cosmétique…).


Rennes : Le labex Comin Labs

Porté par le PRES Université européenne de Bretagne, ce dossier concourrait dans la catégorie sciences du numérique/sciences et technologies du logiciel.
Ce projet rassemble 1 100 chercheurs dans l’électronique, l’informatique, les télécommunications et les sciences humaines. Des chercheurs de l’INRIA de Rennes et
Nantes, des Universités de Rennes, Bretagne sud, Brest et Nantes, des écoles INSA, Supélec et des Mines, de l’Institut Telecom de Rennes et Brest, du CNRS, et de plusieurs laboratoires INSERM de Rennes et Brest.

Le labex Comin Labs pour « COMmunication and INFormation sciences Laboratories » s’intéresse à l’Internet du futur, des couches basses (c’est-à-dire les réseaux et télécommunications) aux couches hautes (autrement dit, les applications, services et usages).

Mais le labex, comme l’a expliqué le coordinateur du projet Albert Benveniste, veut aussi relever trois défis de société :
_ le premier est celui de l'environnement numérique pour les citoyens, avec la ville numérique comme support de communication ;
_ le deuxième concerne les images et media numériques du futur. Il vise à faciliter
l'accès des citoyens à cette base d'informations, sachant qu'aujourd'hui, on se rend compte que les « tuyaux » d'Internet ne sont pas si gros qu'on le pensait et que
l'Internet illimité sur les smartphones est menacé ;
_ le troisième défi concerne les technologies de l'information pour l'aide médicalisée personnalisée.
La dynamique scientifique repose sur trois axes avec :
_ des projets disciplinaires issus des laboratoires de très haut niveau scientifique et des projets de recherche transdisciplinaires (codage neural, STIC et efficacité énergétique, réseaux sociaux, sécurité et vie privée dans les STIC) ainsi que les trois défis de société cités auparavant.
_ un volet formation est aussi proposé. Il s'agit d'un nouveau programme d'enseignement tourné vers l'international pour attirer des étudiants et des chercheurs étrangers. Ce programme se définit selon quatre axes (internationalisation, interdisciplinarité, fonctionnement en réseau et promotion de l'entreprenariat et des relations avec le monde économique).
_ une partie valorisation, car « ce labex », pour Albert Benveniste, « reflète un secteur d'excellence de la Bretagne en matière de recherche et d'implication industrielle ».

Article RH 3B Conseils
Sources : Région Bretagne / Premier ministre

lundi 28 mars 2011

Sciences de la Mer : Brest, laboratoire d'excellence international


La liste des 100 lauréats de l'appel à projets "Laboratoires d'excellence" (*) a été dévoilée le 25 mars par le Premier ministre François Fillon qui a présenté cette sélection comme "une étape importante dans la réalisation" du programme d'investissements d'avenir. »

Doté d'un milliard d'euros dans le cadre du programme d'investissements d'avenir l'appel à projets "Laboratoires d'excellence" vise à doter les instituts de recherche ayant une visibilité internationale de moyens significatifs. Pour cette première vague de l'appel à projets, 100 projets sur les 241 reçus ont été retenus, dans le cadre du grand emprunt.

Parmi ces 100 projets retenus par un jury international, figure celui du laboratoire d'excellence brestois pour les sciences de la mer, centré autour de l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM) et présenté par l'Université de Bretagne Occidentale (UBO), et monté en partenariat avec le CNRS, l'IRD et Ifremer.

Pour Pascal Olivard, président de l’UBO l'«ambition est claire : faire de Brest, la première place mondiale en matière de sciences de la mer», un travail engagé depuis 35 ans depuis Brest et qui rayonne déjà à l’international par la qualité des équipes de chercheurs et des travaux scientitifiques.

Le programme de ce LabEx - laboratoire d'excellence - baptisé «A changing ocean» (L'océan dans le changement), a pour ambition de modifier de manière significative les relations de l'homme et de l'océan. De la capacité de l'océan à réguler le climat aux molécules pouvant piéger le carbone en passant par l'utilisation durable des espaces côtiers... Les futures recherches s'articuleront autour de sept axes.

Ce projet engage la recherche pour dix ans et une enveloppe de 14 millions d'euros devrait lui être attribuée pour les dix prochaines années, puisque le Premier ministre a affirmé l'importance de garantir les financements de ce programme d'investissements d'avenir "dans la durée, parce que la recherche a besoin de temps et de liberté". Les 100 lauréats des "Laboratoires d'excellence" disposeront de financements sur dix ans.

Pour Pascal Olivard si « le noyau dur de ce laboratoire est aujourd'hui constitué de 170 personnes. Cet argent va être utilisé en matière grise et en moyens humains. Ce laboratoire est une tête de proue qui va attirer du monde à Brest et, indirectement, générer des emplois».
Ces dotations devraient permettre de renforcer les équipes de recruter, d'attirer des chercheurs étrangers et des doctorants.

Aujourd’hui le site Brestois - avec la Station biologique de Roscoff – est le premier centre français en sciences de la mer et le troisième au niveau mondial. Pour les initiateurs du projet l’ambition est clairement affichée pour que Brest devienne le premier centre de référence dans le monde.

(*) Sur les 100 projets retenus, 26% concernent le secteur des sciences humaines et sociales, 23% la biologie-santé, 17% les sciences de l'environnement et de l'univers, 10% l'énergie, et 9 % les nanotechnologies. Ces projets sont portés le plus souvent par des laboratoires en réseau ou coopératifs. Ils bénéficieront à la fois aux chercheurs et "au tissu industriel au travers de partenariats entre les laboratoires de recherche publics et les entreprises". Collectivités locales et partenaires privés sont également incités à participer aux projets à travers des cofinancements.


Article RH 3B Conseils
Sources : Premier Ministre / UBO / Télégramme
Photo : IUEM

lundi 7 mars 2011

Création d'un laboratoire mixte international UBO-Université de Cap Town.



Cette initiative pour la création d'un laboratoire mixte international entre la République d'Afrique du Sud et la France prend ses racines dans la collaboration entamée en 1997 entre l'Université de Cape Town (UCT), Marine and Coastal Management (MCM) et l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

Au fil des ans, une collaboration de plus en plus étroite s’est renforcée entre les communautés scientifiques des deux pôles de recherche français et notamment brestois et celle sud-africaine de Cap Town.

Depuis 2009 le laboratoire de physique des océans - LPO (*) de l'Université de Bretagne occidentale UBO / IUEM collabore avec l’université sud-africaine sur le réchauffement climatique au large de l’Afrique du Sud. Il s’agit d’étudier l’impact du réchauffement sur l’écosystème marin et côtier en Afrique australe.
Cela se fait autour de trois axes : la recherche, la formation en encourageant la mobilité des étudiants à la fois de l’UBO et de Cap Town et enfin sur le terrain par un travail avec l’Institut des pêches pour assurer une meilleure gestion des parcs.

Ce projet est issu de l’appel d’offres de l’IRD avec un budget de 58.000 euros d’une part et avec l’engagement de l’UBO. C’est notamment le cas avec l’affectation de deux enseignants à l’université de Cap Town.

Il y a quelques semaines un nouveau pas a été franchi avec l’inauguration du Centre international d’éducation sur les sciences marines et atmosphériques en Afrique (Icemasa) : un laboratoire international mixte, fruit de deux laboratoires de l'IUEM/UBO à Brest, l’EME de Sète (Université de Montpellier 2) et l’Université de Cap Town.

Icemasa est une joint-venture entre plusieurs laboratoires de la République d'Afrique du Sud et en France, en se concentrant sur les sciences de la mer (les écosystèmes marins, la gestion des ressources, de l'océanographie physical, les échanges océan-atmosphère, Biochimie) sur les côtes d'Afrique australe et l'océan Austral grâce à une approche multidisciplinaire .


S’agissant des travaux de recherche en cours au sein de l’Icemasa, le directeur du LPO, Claude Roy indiquait récemment au Télégramme « Nous étudions aussi bien le plancton que les courants marins. L’un des enjeux de l’océanographie est de comprendre ce qui se passe sur de petites échelles, quelques kilomètres. Nous voulons savoir comment ces processus impactent le fonctionnement de l’océan. La zone est particulièrement riche car nous nous trouvons à un carrefour entre l’Atlantique sud, l’océan Austral et l’océan Indien ».
Retrouver l'intervention de Claude Roy aux entretiens Science et Ethique 2004.



(*) Le Laboratoire de Physique des Océans (LPO) est une Unité Mixte de Recherche placée sous la tutelle du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO). Le LPO est un des sept laboratoires qui constituent l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM).

Pour aller plus loin sur le changement climatique :












Rappelons que la question du changement climatique a été le fil conducteur des entretiens Science et Ethique 2009 « l’Heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer ».

Nous vous invitons à retrouver quelques des interventions sur ce sujet :

- « Management du projet européen sur les conséquences du changement climatique : l'acidification des océans », par Lina Hansson, project manager du projet EPOCA (European Project on Ocean Acidifacation - Laboratoire d'océanographie de Villefranche sur Mer en partenariat avec Roscoff, l'IPEV...) ICI

- « Le rôle tampon de l’océan dans l’absorption du CO2 et conséquences dans le cadre du changement climatique", par Sabrina Speich, (Italie) chercheur au Laboratoire de Physique des Océans, LPO-IUEM-UBO ICI



Pour en savoir plus sur le LPO :

L’activité scientifique du LPO s’organise autour de trois principaux thèmes de recherche :
1. les mécanismes de la dynamique océanique, de la sub-méso échelle à l’échelle des bassins ;
2. les changements climatiques : rôle de l’océan et impacts de la circulation thermohaline ;
3. la compréhension des échanges « hauturier-côtier » pour aborder la régionalisation des impacts des changements climatiques sur les marges et les écosystèmes.

Pour mener à bien ses activités de recherche le LPO a la capacité de
1. de mettre en œuvre des campagnes océanographiques pour les études de processus et le suivi de la variabilité océanique, avec la mise en œuvre éventuelle de développements technologiques spécifiques ;
2. d’assurer le développement et la mise en œuvre de techniques de validation, d'analyse et de quantification statistique de données "historiques" ou "temps réel" qui sont issues des bases du laboratoire ou de bases de données globales;
3. de développer et mettre en œuvre des codes numériques capables de simuler l’océan de manière idéalisée (pour des études de processus et des études du fonctionnement de l'océan) ou réaliste (pour des simulations de la réponse de l'océan à la variabilité climatique et des impacts régionaux).

Article RH 3B Conseils
Sources : IUEM / Icemasa / Télégramme

jeudi 3 mars 2011

Flotte océanographique française : création d’une Unité mixte de service

le Marion-Dufresne


Dotée d’un budget annuel de 60 millions d’euros (fonctionnement et d’investissement de la flotte) l’Unité mixte de service « flotte océanographique française » vient de voir le jour à l’initiative des opérateurs français de la recherche océanographique.

Au travers de cette nouvelle entité - créée pour une première période de quatre ans-, l’Ifremer, l’Institut polaire Paul-Emile Victor (IPEV), le CNRS, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), entendent mieux coordonner la programmation des navires et réfléchir en commun aux futurs navires océanographiques.

Cette création fait suite aux conclusions du Comité stratégique et technique de la flotte (C.S.T.F.) en charge de la réflexion sur la stratégie concernant les moyens navals de recherche océanographique. La Flotte Océanographique Française pourra ainsi se maintenir dans le peloton de tête des flottes internationales et plus particulièrement au niveau européen, grâce aux avancées technologiques significatives en matière de systèmes sous-marins et de carottage.

L’U.M.S. Flotte océanographique française aura pour objectifs :
- d’élaborer la programmation intégrée des navires et des équipements lourds de ses membres, prioritairement au service de la communauté scientifique tout en respectant les spécificités et les engagements contractuels des organismes,
- de coordonner les politiques d’investissement et d’anticiper le renouvellement de la flotte nationale,
- d’intégrer la nécessaire dimension européenne de la flotte.

Pour le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche : « La Flotte océanographique constitue un outil indispensable pour répondre aux besoins croissants de la communauté scientifique en matière d’exploration des mers et océans, soulignés lors du Grenelle de la Mer, en particulier pour accroître nos connaissances de la terre solide et de son histoire, pour maintenir des observations sur le long terme, pour préserver la biodiversité, pour étudier la circulation océanique et les phénomènes biogéochimiques associés qui sont déterminants pour le climat et la biosphère, et, d’une manière plus générale, pour contribuer à la découverte et à l’exploitation des fonds et des ressources marines vivantes, minérales et énergétiques encore largement méconnues aujourd’hui. »

Rappelons que jusqu’alors le gestionnaire technique de la flotte de l’Ifremer et de l’IRD était la GENAVIR à Brest qui emploie 250 marins et qui intégreront cette nouvelle structure.

La recherche océanographique française est composée de :

- Sept navires hauturiers :
Marion-Dufresne, Le Pourquoi pas ?, L’Atalante, Thalassa, Le Suroît, Antéa et Alis, capables de réaliser des campagnes océanographiques sur tous les océans (hors zones polaires). De 30 à 120 mètres de long, ils sont capables d’effectuer des levés bathymétriques des fonds marins, de déployer des systèmes sous-marins profonds afin de prélever des échantillons ou bien encore de réaliser des carottes de sédiments non déstructurées.
(Photo : Le Pourquoi Pas ?)

Une convention de partenariat passée avec la Marine nationale permet un accès au Beautemps-Beaupré, tandis que le partenariat Ocean Facilities Exchange Group (OFEG) conclu avec six autres pays européens permet de mieux coordonner l’activité des navires. Le projet européen Eurofleets en cours devrait permettre de renforcer l’intégration européenne de la flotte.

- Des engins sous-marins profonds :
comme le sous-marin Nautile ou le robot télé-opéré Victor6000 capables de travailler à 6000 mètres de profondeur, uniques en Europe, des sonars remorqués, des équipements de sismique ou de prélèvement (carottage jusqu’à 60 m sur le Marion-Dufresne ou encore le pénétromètre Penfeld) peuvent être mis en œuvre depuis la majorité des navires hauturiers.


- Six navires côtiers :
L’Europe, Gwen Drez, Thalia, Côtes de la Manche, Tethys II et Haliotis, utilisés en Manche-Atlantique et Méditerranée permettent la réalisation de campagnes scientifiques nombreuses et variées avec une capacité à assurer un continuum de moyens entre le littoral et l’hauturier.


Article RH 3B Conseils
Sources : ministère de l'enseignement supérieur
photos : ministère de l'enseignement supérieur / Ifremer

mardi 1 mars 2011

Le projet IDEALG sur la valorisation des macroalgues, retenu par l'Etat


Association de dix-huit partenaires * de la région (organismes de recherche, centre technique et entreprises), le projet IDEALG piloté par l’Université européenne de Bretagne (UEB) à la station biologique de Roscoff (UPMC-CNRS) est l’un des cinq projets lauréats de l’appel d’offres national « Biotechnologies Bioressources ». Un projet d’avenir pour valoriser les macroalgues. Ce projet d’une durée de 10 ans sera doté de 10 M€.

La Bretagne dispose de ressources naturelles importantes mais la culture d’algues y reste limitée en tonnage et les quelques 70 PME (1 600 emplois) qui transforment cette biomasse à des fins cosmétiques, alimentaires ou agricoles, n’utilisent que très peu encore les outils biotechnologiques. Seul un fort potentiel de recherche et d’innovation dans le domaine des ressources marines peut assurer l’avenir industriel de cette filière qui doit aussi intégrer dans son développement d’importants enjeux environnementaux.

IDEALG s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Grenelle de la mer de même que dans les priorités de la Région Bretagne, qui souhaite voir émerger, sur son territoire, des activités liées à la valorisation des ressources marines.

L' équipe en biologie et en génomique de Roscoff entend mettre les biotechnologies marines au service de la filière algues. Ce projet sur dix ans associe des organismes de recherche, un centre technique (le CEVA) et cinq entreprises investies dans la valorisation et l’aquaculture des algues.

Si le programme porté par la Station Biologique comporte plusieurs volets de recherche fondamentale (biologie, biochimie, génomique, physiologie, métagénomique, écologie), il intègre également 3 volets de recherche appliquée à l’aquaculture, aux biotechnologies et à la chimie, destinés à favoriser une production de masse et la sélection de variétés nouvelles.
Une évaluation sociétale, économique et environnementale est prévue avant transfert aux partenaires privés, dans le respect du milieu marin et de sa biodiversité.

* IDEALG associe 18 partenaires, dont un centre technique, le CEVA à Pleubian, et 
5 entreprises basées en Bretagne.
Les organismes de recherche associés dans IDEALG sont : l’UEB, la Station Biologique de Roscoff (CNRS-UPMC), l’Ifremer, les Universités de Bretagne occidentale (UBO) et de Bretagne Sud (UBS), université de Rennes I , université de Nantes, l’ENSC Rennes, AgroCampus Ouest et l’INRA.

Les entreprises sont : C-Weed aquaculture à St Malo, Aléor à Lézardrieux, France Haliotis à Plouguerneau, Bezhin Rosko à Roscoff, Danisco à Landerneau et Copenhague qui seront impliquées dans la valorisation et les développements de l’aquaculture des algues.

Impliquer les scolaires dans leur « Histoire d’algues » 

: deux nouvelles journées découverte en 2011.

En 2009 au Conquet et à Lanildut s’est déroulé la première « Journée Science et Ethique découverte » visant à présenter aux scolaires une activité économique qui s’est développée dans ces deux communes du littoral autour de la pêche et de l’exploitation du champ d’algues de l’archipel de Molène. 



Les algues sont un enjeu économique et social important pour les communes qui bordent le Parc marin et d’une manière générale pour les activités pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires. 



Les jeunes ont aussi pu découvrir le rôle important que revêt le plus grand champ d’algues européen de l’archipel de Molène. C’est un site de reproduction, d’alimentation pour la faune exploitée par les hommes et une ressource en matière première pour l’industrie chimique. 

Dans d’autres sites, des micro-algues seront exploitées pour les énergies du futur comme bio-carburant. 


Lors de cette journée, les scolaires sont à la rencontre des plus anciens qui ont connu de manière artisanale et semi-industrielle l’exploitation des algues.

Voir les vidéos des journées découverte au Conquet réalisée par l'école Saint-Joseph du Conquet

Deux nouvelles journées découverte sur les Algues pour la rentrée scolaire 2011 est actuellement en préparation notamment avec le soutien de la Communauté de communes du Pays d'Iroise (CCPI).

Les Journées Science et Ethique découverte sont placées sous le patronage d'APESTDD (Association pour la promotion de l'éthique des sciences et technologies pour un développement durable) dont le président est le professeur Michel Glémarec et sont organisés par 3B Conseils.

Pour aller plus loin : quelques chiffres pour mieux connaître les algues (chiffres 2009) :



- La filière algue française réalise un chiffre d’affaire d’environ 150 millions d’euros, elle emploie 1000 personnes dont 240 récoltants professionnels.


- La France est aussi le deuxième producteur mondial de carraghénanes (E 407), le cinquième producteur mondial d’alginate (E 400, 401, 403, 402, 404, 405) et le huitième producteur d’agar 
(E 406) avec 60 000 tonnes d’algues fraîches déchargées.


- Lanildut est le premier port goémonier européen de déchargement des algues en France, avec 30 000 tonnes annuels de laminaires sur les 45 000 tonnes débarquées en Bretagne.

Relire également l'article du blog du 03/07/2010 sur la radiographie du champs d'algue de Molène


Source Région Bretagne
Photo : CEVA

vendredi 18 février 2011

Les Portes Ouvertes de l'ENIB : 19 février 2011




Les Portes Ouvertes de l’École Nationale d’Ingénieurs de Brest (ENIB) auront lieu le samedi 19 février 2011 de 9h à 12h et de 14h à 17h.

Cette journée sera l’occasion pour les élèves de terminales S, STI, STL et autres filières scientifiques, attirés et motivés par les métiers de l’ingénieur, de découvrir l’école et de s’informer sur les cycles de la formation.

Enseignants et élèves-ingénieurs de l’école accueilleront les lycéens des classes scientifiques et leurs parents pour leur présenter l’établissement, les laboratoires de recherche, et plus spécifiquement la formation d’ingénieurs. Les portes ouvertes seront l’occasion de rencontrer et d’échanger avec les enseignants de l’ENIB.
C’est également un bon moyen de conforter son choix avant les inscriptions en 1ère année sur le portail : www.admission-postbac.fr jusqu’au 20 mars 2011.

Rendez-vous dès 9h pour suivre un parcours d’information en 2 temps :

- Présentations générales de l’école en amphi stiff à partir de 9h toutes les 30 minutes (durée 20 minutes).

- Visites guidées de l’établissement et des laboratoires de recherche par groupes de 20 personnes maximum à partir de 9h toutes les 20 minutes (durée 60 minutes).




À propos de l’École Nationale d’Ingénieurs de Brest (ENIB) –

L’ENIB est une école du groupe ENI, un réseau de cinq grandes écoles publiques d’ingénieurs généralistes sous tutelle du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’école est implantée au Technopôle Brest-Iroise regroupant laboratoires de recherche et industries de pointe. Elle vise à transmettre à ses élèves de solides compétences en science de l’ingénieur et sciences des Technologies de l’information et de la communication à dominante électronique, informatique et mécatronique pour tous les métiers de l’industrie.

L’école est membre du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de l’Université Européenne de Bretagne (UEB), habilitée par la CTI (Commission des Titres d’Ingénieur) et labellisée EUR-ACE (accréditation des formations d’ingénieurs en Europe).
Membre des pôles de compétitivités : « Images & réseaux » et « Mer Bretagne », l’ENIB mène au sein des 3 laboratoires de recherche des activités axées sur l’informatique des systèmes complexes, l’électronique, l’optronique et les télécommunications ainsi que la mécanique des systèmes.
Ainsi, depuis 1961 au sein du groupe des Écoles Nationales d’Ingénieurs, l’ENIB forme des ingénieurs passionnés qui recherchent l’efficacité et l’optimisation dans le respect de contraintes multiples qu’elles soient économiques, humaines ou environnementales et accompagnent l’évolution de notre société.


A l'occasion de ces Portes Ouvertes, nous rappelons que l’ENIB a participé à la création à Brest d’un mastère spécialisé dans les Énergies marines renouvelables, une formation portée par l’ENSTA Bretagne (ex ENSIETA) où intervient également l'Ecole Navale, Télécom Bretagne, l'IUEM/UBO, Ifremer et le Cetmef, avec le soutien du Pôle Mer Bretagne et d’industriels. (Relire l’article du blog du 28/09/2010)
Le blog des énergies de la mer sera présent lors de cette journée de l'ENIB.


Avec la présence à Brest de plus de la moitié du potentiel français en recherche marine, l’agglomération dispose en effet des atouts fondamentaux pour le développement d’une nouvelle filière industrielle française.


Rappelons enfin que Jacques Tisseau - directeur de l’ENIB- avait participé aux entretiens Science et Ethique 2005 dont le thème central était « Le littoral et les avancées scientifiques ».

Son intervention portait sur la «  modélisation des systèmes complexes en réalité virtuelle ». Revoir son intervention.



Article RH 3B Conseils
Sources ENIB
Photos ENIB.