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mercredi 2 mars 2011

Bretagne : 52 communes devront se doter d'un plan de prévention des risques de submersion marine


Il y a un an, la tempête Xynthia frappait les côtes atlantiques. Sa violence et ses conséquences - digues éventrées, maisons submergées, habitants victimes de la montée des eaux - ont amené l’Etat à engager un état des lieux général du littoral français : le réexamen des mesures en vigueur, la fiabilité des infrastructures de protection…., l’ensemble du dispositif en matière de risques de submersion marine (voir aussi article du blog du 5/05/ 2010).

La submersion marine est liée à la conjonction de phénomènes météorologiques comme hydrodynamiques (marée, courants...) est sans doute amener à devenir une réalité plus forte encore en raison de l’élévation du niveau de la mer liée au réchauffement climatique. Dès lors, c’est l’ensemble des acteurs locaux, des communes au services de l’Etat, qui est mobilisé sur cette question dont on a vu le caractère particulièrement sensible chez les populations récemment touchées sur la façade atlantique

Au moment de la tempête Xynthia on comptait en France 6738 Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN) inondations approuvés et 3373 prescrits sur le territoire national.
Peu de PPRN prenaient néanmoins en compte le risque de submersion marine. Ainsi, sur 864 communes littorales, seuls 46 PPRN avaient été approuvés et 71 effectivement prescrits.

Pour répondre à cette situation, un plan national de prévention des submersions et crues (60 actions) doté de 500 M€ d'ici 2016 - prélevé sur le « fonds Barnier », le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM) – a été récemment présenté par la ministre de l’écologie.

Concernant la submersion marine et la vigilance météo, un programme ''vagues-submersions'' visant à améliorer les systèmes de prévision, d’avertissement, de vigilance et d'alerte doit être mis en œuvre d'ici fin 2011, sous la responsabilité de Météo France.
Il est apparu nécessaire en effet de progresser dans la mise en place d’un volet « fortes vagues submersions marines » - volet coproduit par Météo France et le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM) -, en redéfinissant le niveau de vigilance par département, en fonction des prévisions de niveau de mer et d’amplitude des vagues relativement au large et en s’appuyant sur des seuils de sensibilité des zones côtières, en liaison avec les services de l'État et des collectivités locales.

Ainsi, pour chacun des départements littoraux Météo France définira grâce au code couleur en vigueur – orange, rouge - un niveau de vigilance sur les zones côtières les plus sensibles.

En outre, le réseau national de radars hydrométéorologiques devrait également être renforcé d’ici à 10 ans avec un dotation de 10,6 millions d'euros, dont 1,4 millions en 2011).

Avec cette révision générale des PPR, depuis juin 2010 les préfets des départements et les services déconcentrés de l’Etat ont donc été largement mis à contribution pour approuvés pas moins de 500 nouveaux plans. Ainsi fin janvier 2011, ce sont désormais 8.420 communes qui étaient couvertes par un PPR naturel approuvé ( 85% concernant également le risque d'inondation).

D’ici 3 ans, 242 nouvelles communes littorales devraient être couvertes par un Plan de prévention des risques littoraux (PPR-littoraux) et 68 communes qui en possèdent déjà un, faire l’objet d’une révision générale selon les critères intégrant : les risques pour la vie humaine, la préservation des espaces non construits soumis à pression foncière
 et la préservation des espaces non construits.

S’agissant de la Bretagne, cinquante-deux communes bretonnes vont devoir se doter d'un plan de prévention des risques de submersion marine (PPR-SM) ou réviser celui existant. Mais sans attendre, de nouvelles normes sont appliquées dans les communes littorales rendant de nombreux terrains inconstructibles.

La méthode: relever la côte.
L'élément nouveau, avec le relèvement de la côte, c'est désormais la prise en compte d'un aléa futur lié au réchauffement climatique. Les effets de la montée du niveau des océans, les impacts du réchauffement climatique en Bretagne sont en effet d’ores et déjà mesurables avec le phénomène bien décelable du «grignotage du littoral».

Si le niveau marin est en hausse depuis 200 ans, cette hausse n'est pas uniforme. Et a priori, moindre en Bretagne (2 mm par an à Brest contre une moyenne de 3 mm). Mais cette hausse est plus rapide sur les derniers 100 ans.

Dans ce cadre le département du Finistère peut faire l’objet d’une attention particulière puisqu’il est le premier département en linéaire côtier, avec ses 1 250 kilomètres de côtes - ce qui représente près du quart du linéaire littoral français métropolitain, et ses 118 communes littorales (sur 283).



Un rapport de synthèse de 2004 du Conservatoire du littoral dressait ainsi le diagnostic : «Élévation du niveau moyen de la mer (...), tempêtes plus fortes et plus fréquentes (...), accélération de l'érosion des plages et des falaises (...), submersions temporaires ou permanentes sur les espaces côtiers bas (...), accentuation de la salinisation des eaux souterraines littorales.»

Avec l’augmentation prévisible à l'horizon 2100, du niveau de la mer de 30 à 60 cm, la menace est bien réelle notamment pour l'Ile de Sein.



Relire également les articles du blog du 26/04/ 2010 sur la modélisation des vagues et du 4/12/2009 sur la Bretagne face à la montée des eaux.)


Article RH 3B Conseils
Sources : ministère de l'écologie / préfecture / Télégramme

lundi 7 février 2011

Nouvelle mission océanographique pour le Beautemps-Beaupré


Après quelques semaines d’arrêt technique (*) avec passage en forme n° 1 du port de commerce de la base de Brest, le bâtiment hydro-océanographique (BHO) de la Marine nationale Beautemps-Beaupré (A758), quitte ce lundi 7 févier Brest, son port d’attache, pour une mission scientifique de plus de neuf mois qui le mènera en Océan Indien.


Le bâtiment hydro-océanographique (BHO) Beautemps-Beaupré (**) effectue aussi bien des missions militaires de la Marine nationale que des travaux d’hydrographie générale pour le (SHOM) – le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine – basé à Brest. Il est mis à disposition du SHOM, 300 jours par an. L'Ifremer, qui l'a financé à hauteur de 5%, l'utilise 10 jours par an.

Cette nouvelle mission de relevés scientifiques, doit permettre de compléter la connaissance des fonds marins dans l’océan indien dans des zones où les informations manquent. Ces relevés constituent en effet des éléments pour assurer la sécurité de la navigation civile et militaire qu'il s'agisse d'unités de surface ou de sous-marins de la Marine nationale qui croisent dans le secteur.

Pour ce déploiement, réalisé par la Marine nationale et le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine, le Beautemps-Beaupré sera armé par ses deux équipages, qui se relaieront en cours de mission. Armé par 25 marins et pouvant accueillir 25 hydrographes, il dispose de 3 laboratoires, 4 salles de travail et de nombreux équipements de recueil de données et de mesures, comme des sondeurs multifaisceaux grands et petits fonds.

Rappelons que l'océan Indien est, aujourd'hui, la principale zone de déploiement outre-mer de la Marine nationale, qui y déploie des forces participant à des opérations de lutte contre le terrorisme, la piraterie ou les trafics illicites. Sans oublier les missions de surveillance et de protection des intérêts et de la ZEE française, notamment menées par les navires positionnés à La Réunion, à Mayotte et dans la nouvelle base d'Abu Dhabi.


(*) Parmi les travaux effectués durant cet arrêt technique, l'augmentation des capacités de transmission : Le Beautemps-Beaupré a reçu une antenne de type VSAT. Abritée sous un dôme de 4 mètres de diamètre, implantée sur le toit de la passerelle. Cet outil permettra d'augmenter le débit des transmissions en direction du Service hydrographique et océanographique de la Marine.
En bassin, le navire a également fait l'objet de travaux sur le sondeur multifaisceaux (rééquilibrage etc.), de contrôle des œuvres vives, des ballasts, de travaux de peinture.


(** ) Le BHO, d'une longueur de l'ordre de 80 mètres et d'un déplacement total de 3 300 tonnes est entré en service en 2003. Ce bâtiment a été construit à Lorient par ALN (Alstom Leroux Naval) et est équipé d'une gondole dans laquelle sont placées la plupart des bases acoustiques des équipements scientifiques, et notamment celles des deux sondeurs multifaisceaux grands fonds et petits fonds.


Article RH 3B Conseils
Sources : SHOM / Marine nationale
Photo : Marine nationale

jeudi 9 septembre 2010

PREVIMER : un système de collecte de données côtières et de prévisions à court terme


Courants, températures, vagues, hauteurs d’eau, salinité, concentration en nutriments et en plancton : le site internet PREVIMER, coordonné par le centre de l’Ifremer à Brest donne, heure par heure, les prévisions pour 96 heures sur les trois façades maritimes françaises.

Mais d’ores et déjà PREVIMER va plus encore plus loin en fournissant des prévisions à 6 jours de hauteur et de direction des vagues sur l’ensemble du globe et d’une façon plus précise encore le long des côtes françaises. Un progrès considérable obtenu en une seule année puisque, au départ, les prévisions produites allaient jusqu’à 48 heures seulement. Concernant le zonage, la couverture s’étend sur les trois façades métropolitaines (Manche, Atlantique et Méditerranée), sans exclure les DOM-COM.

D’ici 2012 - au terme de la phase expérimentale - , l’objectif est d’améliorer et d’affiner les prévisions de plus en plus à la côte et les rendre accessibles pour le développement de services en aval. Dans la phase opérationnelle, c’est donc l’ensemble du littoral qui doit être couvert avec des résolutions homogènes.

PREVIMER est basé, tout d’abord, sur un centre de données qui collecte auprès de ses différents partenaires les mesures in-situ et les données satellites indispensables aux modèles : notamment les débits des fleuves, les mesures de houle, les niveaux, la température comme la salinité de l’eau, … Le centre de données recueille également les prévisions de Météo-France.

L’ensemble des informations alimente les modèles qui tournent ensuite sur le Pôle de Calcul Intensif pour la Mer situé à l’Ifremer et qui génèrent ainsi les prévisions d’état de l’environnement côtier. Celles-ci sont à nouveau rassemblées dans le centre de données et rediffusées via un site web vers les utilisateurs.

Aujourd’hui, les grandes lignes des prévisions de PREVIMER sont :
- d’une part, le courant côtier, la température et la salinité en 3 dimensions,
- d’autre part les niveaux marins et les surcotes, les prévisions de hauteur, direction et période des vagues
- enfin tout ce qui concerne la production phytoplanctonique et les concentrations en nutriments, fortement utiles près des embouchures des grands fleuves.


Un des rôles du centre de données est de vérifier quotidiennement la bonne fourniture des données en entrée des modèles. Depuis sa création en 2006, le système est en continuelle amélioration, afin de pérenniser et sécuriser l’acquisition, et arriver aujourd’hui à faire tourner les modèles une à deux fois par jour et à les mettre en ligne avec un taux de disponibilité supérieur à 99%.



PREVIMER en quelques mots :
Fonctionnement :
Une cinquantaine de personnes sont impliquées dans PREVIMER grâce aux différents partenaires, ce qui correspond à 28 équivalents temps plein. Leur activité concerne le développement et le déploiement de systèmes de mesure, la recherche et la modélisation, la mise en œuvre opérationnelle des modèles, le suivi informatique, et la production d’informations sur le site web.

Partenariat :
Les principaux partenaires techniques de PREVIMER sont : l’Ifremer, le SHOM, et Météo-France.
PREVIMER est financé par le FEDER, et les collectivités bretonnes : la Région Bretagne, le Conseil général du Finistère, Brest Métropole Océane (BMO).


Les prévisions sont donc disponibles 7j/7 24h/24h sur le site web www.previmer.org
Contact : info@previmer.org



Article RH 3 B Conseils
Sources Pôle Mer Bretagne / Previmer

mardi 3 août 2010

« Radiographie » du champ d'algues de Molène

Situé dans le Parc marin d’Iroise, le champ d'algues de Molène est le plus important d’Europe, il est aussi reconnu comme l’un des plus diversifiés. Il fait actuellement l’objet d’une surveillance et d’un examen attentif par les scientifiques et selon les observateurs du Parc celui-ci se porte bien – a contrario du champ d'algues en Bretagne-Sud qui connaît une certaine régression-.

Le parc marin d’Iroise a initié un programme ambitieux pour mieux connaître son champ d'algues situé à la jonction des eaux froides du nord et des eaux chaudes du sud. Cette situation particulière lui confère également une diversité étonnante où cohabitent des algues venues de Norvège (laminaria digitata et hyperborea) et du Portugal (saccorhira polyschides). C’est richesse l’est aussi au niveau de la biodiversité, le champ d’algue constituant un habitat pour de nombreuses espèces comme les dauphins ou les phoques témoignant de la bonne qualité du milieu…. comme le signale Philippe Le Niliot, responsable scientifique du Parc.

Le programme du Parc marin pour connaître le champ d'algues de Molène mobilise d’important moyens comme une cartographie complète, réalisée avec le Service hydrographique de la Marine (SHOM) à partir d'un avion capable de balayages électroniques sur 240m de largeur et jusqu'à 20m de profondeur. A cela s’ajoute des levés bathymétriques avec l’Ifremer et des actions de terrains menées par les agents du parc.

Cette « radiographie » du champ d'algues doit permettre d'observer son évolution et de prendre si besoin des mesures d'adaptation pour en assurer le caractère durable. Cette une gestion responsable pour la préservation de la ressource se fera en lien avec les scientifiques, les professionnels et les élus représentés au sein du Parc marin.

Cette bonne vitalité du champ d’algue de Molène se retrouve également dans son exploitation goémonière depuis plus de 170 ans. Le port de Lanildut est d’ailleurs le premier port européen de débarquement des algues (voir article du blog du 23 juillet 2010 sur le Forum de l’algue qui se tient chaque année à Lanildut).


Cette exploitation permet une extraction chaque année, de 50.000 tonnes de laminaria digitata, algue située à un niveau peu profond (jusqu'à cinq-six mètres) au moyen du « scoubidou ». Cependant la demande de laminaires - pour la cosmétique ou l’alimentaire notamment - étant en croissance exponentielle, les goémoniers sont passés à l'exploitation de l'espèce hyperborea que l'on trouve jusqu'à 30 mètres de profondeur, avec une récolte de 12.000 tonnes effectuée au moyen du procédé dit du «peigne».


Pour aller plus loin dans la connaissance des algues :

Les journées Science et Ethique découverte
En 2009 au Conquet et à Lanildut s’est déroulé la première « Journée Science et Ethique découverte » visant à présenter aux scolaires une activité économique qui s’est développée dans ces deux communes du littoral autour de la pêche et de l’exploitation du champ d’algues de l’archipel de Molène. 



Les algues sont un enjeu économique et social important pour les communes qui bordent le Parc marin et d’une manière générale pour les activités pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires. 



Les jeunes ont aussi pu découvrir le rôle important que revêt le plus grand champ d’algues européen de l’archipel de Molène. C’est un site de reproduction, d’alimentation pour la faune exploitée par les hommes et une ressource en matière première pour l’industrie chimique. 

Dans d’autres sites, des micro-algues seront exploitées pour les énergies du futur comme bio-carburant. 


Lors de cette journée, les scolaires sont à la rencontre des plus anciens qui ont connu de manière artisanale et semi-industrielle l’exploitation des algues.

Une nouvelle journée découverte sur les algues sera organisée pour les élèves des deux communes dans les semaines suivant la rentrée scolaire 2010.


La maison de l’algue à Lanildut
Centre d'interprétation de l'algue, situé sur le port de Lanildut, au second hangar, elle est ouverte de juin à septembre. 
La Maison de l’Algue présente une exposition ludique qui retrace la place des algues dans le monde vivant, permet d’identifier les différentes familles d’algues, les zones de récolte, et de mesurer l’importance nationale du champ d’algues de la Mer d’Iroise.

Elle offre également la possibilité de revivre l’épopée des goémoniers d’autrefois en découvrant leurs bateaux, leurs outils de travail, mais aussi des maquettes,des films et des photographies qui témoignent de l’âpreté de leur vie quotidienne. La visite des 11 fours à goémon encore visibles à Lanildut aide à mesurer l’ancienneté de ce métier sur la commune.


Dans la Maison de l’Algue, des fiches et ateliers pédagogiques sont proposés gratuitement aux petits comme aux plus grands : découverte de l’utilisation traditionnelle des algues ainsi que celles d’aujourd’hui, identification des algues, initiation à la cuisine aux algues, réalisation d’un herbier marin ou d’un tableau d’algues…!
Des panneaux de l’exposition « les énergies de la mer : l’or bleu » réalisées par 3B Conseils sont présentés au public.


Le musée des goémoniers à Plouguerneau
Depuis 1985, le musée des goémoniers et de l’algue à Plouguerneau a pour pour objectif la collecte, la sauvegarde, la mise en valeur et la transmission du patrimoine maritime et culturel. L’originalité de cet écomusée se situe dans le fait que, présentant l’évolution de son territoire de référence, il affirme la modernité des écomusées à travers l’évocation du métier de goémonier. En fait, celui-ci est fortement lié au « pays » depuis le début du XIXe siècle et, aujourd’hui plus que jamais, les industriels ont recours aux algues récoltées sur la côte Nord du Finistère pour la fabrication de nombreux produits de consommation courante.

Ce métier a connu des mutations technologiques et des changements dans ses pratiques du XIXème siècle à nos jours. Les goémoniers sont bien moins nombreux qu’autrefois mais leur récolte d’algues (laminaires) est plus que jamais d’actualité et indispensable à nombre de filières agroalimentaires, cosmétiques, pharmaceutiques, paramédicales et autres.

Artcle RH 3B Conseils
Sources : Parc marin d'Iroise / Télégramme

lundi 28 juin 2010

Le prix «Christian Le Provost, océanographe» : derniers pour y concourir ...


Le prix «Christian Le Provost, océanographe» est destiné à promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions, qu’il s’agisse d’applications au climat, aux écosystèmes marins, à l’exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers, qu’il s’agisse enfin d’études de processus, expérimentales ou de modélisation.

Il vise à récompenser un jeune chercheur qui aura contribué significativement par ses travaux au développement de la connaissance ou des applications. L’océanographie est une science jeune par rapport aux autres «géosciences».


Par ce prix, le Conseil Général des Côtes d’Armor et les institutions de recherche partenaires entendent stimuler la communauté des océanographes. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 juin 2010.

La décision d’attribution du prix interviendra en septembre 2010 et le prix sera remis lors de la journée du 22 octobre à Saint-Brieuc , sous l’égide des grands organismes de recherche et du Conseil Général des Côtes d’Armor.

Renseignements et inscription sur le site de l’association » Christain Le Provost, océanographe » .

Pour mémoire le prix 2009 (doté de 7 000 €), décerné par un jury international de scientifiques, avait été remis le 23 octobre 2009 à Fabrice Ardhuin, ingénieur au Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) à Brest.



Fabrice Ardhuin (34 ans) explore, parmi les thématiques délaissées par la recherche océanographique en France, les sujets susceptibles de faire avancer l'océanographie opérationnelle. Ces développements ouvrent une nouvelle ère d'applications pour la prévision des vagues, de la télédétection à la modélisation des courants à la surface de l'océan. Il est l'auteur de 35 publications dans son domaine de recherches.



Relire l'article du blog du 29 octobre 2010 et le discours de M. Claudy Lebreton, président du Conseil général.



Par ailleurs rappelons que le Prix « Christian Le Provost, océanographe » a été à l’honneur lors du 50è anniversaire de la CIO de l’UNESCO.
Un des objectifs affichés de cet anniversaire est « d’améliorer le niveau de sensibilisation du public à l'importance de la collaboration et la participation aux sciences de la mer, à tous les niveaux de la société (par exemple, la société civile, les médias, les gouvernements, les organisations internationales) ».
Dans cette logique, la France, en tant qu’état membre contributeur, a choisi de mettre à l’honneur pour cette occasion la création du prix « Christian Le Provost, océanographe ».

Sources : Association Christine Le Provost / RH - 3B Conseils

vendredi 23 avril 2010

XII Colloque international sur l'océanographie de la baie de Biscaye à IUEM Brest



Environ 180 scientifiques sont attendus à Brest du 3 au 6 mai 2010 pour présenter les dernières avancées de la recherche océanographique dans la Baie de Biscaye.

L'objectif principal de ce colloque bi-annuel est de présenter les travaux scientifiques réalisés dans le golfe de Gascogne au sein d'un large éventail de sujets, de la géologie et l'océanographie physique du fonctionnement des écosystèmes et de la pêche.

En fin de compte, l'objectif est de favoriser les discussions entre scientifiques de différentes disciplines et à promouvoir de nouvelles recherches multidisciplinaires dans les zones côtières et de conservation de la Baie de Biscaye.

La dernière édition du Symposium a eu lieu à San Sebastián (Espagne) en avril 2008 .

La 12e édition qui se tiendra à l'Institut européen des études maritimes (IUEM), est organisé en partenariat avec l'Ifremer et le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM), trois établissements basés à Brest.

Ce colloque sera placé sous le thème général des changements globaux dans la baie de Biscaye, y compris les changements de température, la salinité, la circulation, la sédimentation, la frontière des espèces et des extinctions, les espèces envahissantes, les efflorescences algales nuisibles, les cycles de reproduction, les disponibilités alimentaires, les réseaux trophiques.

Les principaux thèmes seront les suivants:

- la circulation et le transport,
- la sédimentation et l'érosion,

- les cycles biogéochimiques,
- les indicateurs biologiques des changements environnementaux
- les espèces envahissantes et des polluants chimiques
- écotoxicologie Pêche et aquaculture: changements à long terme, fondée sur l'écosystème de gestion prévision océanique opérationnelle d'évaluation intégrée des eaux marines.


Sources : IUEM / RH - 3B Conseils

jeudi 29 octobre 2009

Le Conseil général des Côtes-d'Armor promeut la culture scientifique et technique océanique.

Remise du Prix scientifique "Christian Le Provost, Océnographe"


le 23 octobre dernier, le président du Conseil Général des Côtes d'Armor, Claudy Lebreton a remis le premier prix "Christian Le Provost, océanographe" (*) au lauréat Fabrice Ardhuin, ingénieur au Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) à Brest en présence de Dominique LE QUEAU, directeur de l'INSU et des représentants du monde scientifique.




Fabrice Ardhuin (34 ans) explore, parmi les thématiques délaissées par la recherche océanographique en France, les sujets susceptibles de faire avancer l'océanographie opérationnelle. Ces développements ouvrent une nouvelle ère d'applications pour la prévision des vagues, de la télédétection à la modélisation des courants à la surface de l'océan. Il est l'auteur de 35 publications dans son domaine de recherches.



Ce prix doté de 7 000 € (financé cette année par le Conseil général des Côtes-d'Armor), a été décerné par un jury international de scientifiques. Il est destiné à promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions (climat, écosystèmes marins, exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers etc.). Il vise à récompenser un jeune chercheur qui aura contribué significativement par ses travaux au développement de connaissances et d'applications.



Le Conseil général des Côtes-d'Armor promeut la culture scientifique et technique océanique. Il est impliqué dans une politique locale d'aménagement et de développement durable des espaces marins et des activités liées à la mer.

Nous publions ci après le discours de président Claudy Lebreton

"Du fait de mes origines, de mon enfance, des activités et des passions qui ont été les miennes jusqu'à maintenant, je suis obligé de dire que je suis un terrien. Je suis quelqu'un qui ressent, réfléchit et pense la nature et la destinée des hommes en ayant les deux pieds sur terre. Comme beaucoup, pendant très longtemps, je n'ai conçu "l'immensité bleue", la mer, que vue de la terre ou en vue des terres.

Cependant, depuis une dizaine d'années environ, depuis notamment la rédaction par le Sénateur Pierre-Yvon Trémel d'un premier grand rapport sur la "stratégie maritime des Côtes d'Armor", j'ai acquis la conviction que ce sont la mer et les océans qui vont redonner du sens et de l'espoir à l'humanité et lui offrir une nouvelle chance.

Dans son essai "Regards sur le monde actuel", dés 1931, Paul Valéry a prophétisé que "Le temps du monde fini commençait". 80 ans plus tard, beaucoup de faits lui donnent pleinement raison: le bouleversement climatique sous l'effet des gaz à effet de serre, la pénurie prévue de l'eau, l'épuisement annoncé dans les proches décennies de nombreuses matières premières à commencer par le pétrole mais aussi la crise alimentaire annoncée sous la pression démographique, la disparition des forêts tropicales, le recul accéléré de la biodiversité, etc,.

Mais si l’ère des terres vierges et des territoires libres est close, comme le pensait Valery, la planète est-elle pour autant totalement connue et possédée par les terriens que nous sommes ? Certainement pas…

Pensant que l'expansion de nos activités terrestres pouvait être éternelle, nous avons négligé l'évidence, à savoir que notre planète ne devrait pas s'appeler "Terre" mais "Océan". Les mers et les océans couvrent 71% de la surface de notre planète. Alors qu'un changement de civilisation est à l'œuvre, qu'un nouveau monde doit naître, il est grand temps de faire nôtre cette évidence.

Terriens, nous voulions croire que tout était poussière et retournerait à la poussière, or en vérité, pour ce qui constitue le vivant, tout vient de la mer et y retourne. La mer est la matrice de la création et nous avons sa mémoire dans le sang.

Ainsi à la différence près de la concentration en chlorure de sodium, il existe une analogie quasi parfaite entre notre plasma sanguin et l'eau marine. Les neuf dixième de l'évolution du vivant se sont déroulés sous l'eau.

"C'est par la mer qu'il convient de commencer toute géographie" a écrit Jules Michelet". Pendant des siècles, nous avons vogué vers des continents inconnus, voulu voler vers des astres inconnus, je pense à la lune ou encore à Mars, en espérant les fouler de nos pieds, sans comprendre que l'inconnu primordial est notre espace océanique. L'homme n'a exploré que 5 % des océans. Les abysses constituent le plus vaste habitat de notre planète.

Est-ce pour nous rappeler à l'ordre marin de nos origine et de la nature, pour nous faire comprendre qu'ils ne sont ni des espaces sans limite de chasse-cueillette, ni les poubelles de nos errements terrestres, mais qu'ils sont les grands régulateurs de la vie que notre arrogance dédaigne, que les océans s'apprêtent à augmenter leur niveau et s'acidifient au risque de brûler les dernières cartouches d'une vie soutenable pour l'humain dans ce coin du cosmos ?

On m'objectera avec raison que, jusqu'à très récemment, on ne savait pas.

On ne savait pas que :
- c'est la mer qui produit 50 % de l'oxygène que nous respirons grâce à des millions de micro-organismes que l'on commence seulement à connaître;
- ce sont les océans qui, grâce à ces micro-organismes, sont le plus grand puit à carbone de notre planète en absorbant 50 % des gaz à effet de serre;
- c'est l'espace marin qui emmagasine la majorité de la chaleur solaire;
- ce sont les océans qui régulent le climat, interviennent dans le cycle et la répartition planétaire de l'eau et influent directement sur l'air que nous respirons;
- ce sont la flore et la faune océanique qui recèlent la plus fantastique chimiothèque et pharmacopée naturelles susceptibles de soigner les maladies d'aujourd'hui et du futur;
- on ne se savait pas non plus que sans compter les poissons et les mammifères marins, les algues, les coquillages et les crustacés sont un grenier alimentaire stratégique à très haut pouvoir nutritif pour faire face aux famines menaçantes du futur;
- on ne réalisait pas que les énergies de la mer (vents, marées et courants, vague et houle, hydrothermie mais encore algues énergétiques) constituent un des maillons les plus prometteurs de l'hybridation des ressources énergétiques alternatives qu'il nous faut inventer pour demain;
Par exemple, ce n'est que depuis ans que l'on sait que 400 000 hectares de bassins de micro-algues peuvent produire en carburant propre l'équivalent de consommation annuelle mondiale tout en piégeant le CO2 et les métaux lourds alors qu'il faudrait 118 % de l'Hexagone en agro-carburant à base de tournesol pour compenser les 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole annuellement consommées en France par le transport
- etc

Il ne serait pas difficile de multiplier les exemples de connaissances nouvelles sur l'espace marin qui s'accumulent et qui fusent de toute part aujourd'hui.

Je pense que nous sommes à une période critique et charnière. Je crois que la mer et les océans sont au centre des défis que l'humanité doit relever. Je pense même qu'ils sont la clef de ces défis. Nombreuses sont les disciplines scientifiques et les sciences de l'ingénieur concernées par le devenir des mers et des océans et par la façon dont nous allons devoir - non plus les exploiter comme par le passé- mais les connaître pour vivre mieux avec eux et grâce à eux.

L'espace marin et océanique, je l'ai dit, est encore en grande partie un espace inconnu mais nous en connaissons désormais assez pour savoir qu'il est impossible de leur imposer le traitement destructeur et dévastateur que nous avons fait subir aux ressources vivantes, animales et végétales mais aussi fossiles et minérales des espaces terrestres.

La mer et les océans sont sans doute le plus vaste domaine d'innovation utile dont nous disposons dans la perspective du développement durable.

Continuer de les mettre en danger par obligation économique pour certains, mais aussi par ignorance, dédain ou cupidité pour d'autres, comme nous le faisons, ce alors qu'ils sont très certainement notre dernier espoir, c'est à mes yeux, nous condamner.

Dans ce département, dont le nom même rappelle qu'il est la Terre de la Mer, il est clair que la promotion de la culture océanique doit être une priorité. Cela explique notamment le soutien que nous apportons au film de Jacque Perrin "Océans" dont la sortie mondiale devait se faire cette semaine, au moment de la remise de ce prix, mais qui a du être reculée.

Cette culture océanique ne peut être qu'une culture du développement durable, qu'une invitation à penser, agir et innover écologiquement.

Interface entre terre et mer, littoral touché plus qu'aucun autre depuis vingt ans maintenant par le phénomène des algues vertes, nous sommes bien placés pour savoir que le retour à un mieux-vivre ensemble demain ne sera pas lié à une croissance "verte" ou une croissance "bleue" mais, pour reprendre l'expression du scientifique et journaliste Yan de Kerorguen à une croissance qui résulte du mélange de ces deux couleurs, une "croissance turquoise".

Nous avons de nombreux atouts pour devenir ce territoire "turquoise" Je ne vais pas les énumérer. Leur mise en œuvre ne peut cependant pas résulter d'un coup de baguette magique. Nous devons réunir nos forces et nos compétences autour de symboles, faire converger vers notre territoire les connaissances les plus essentielles et alimenter une nouvelle pédagogie vis-à-vis de l'espace marin et océanique et des opportunités qu'il offre désormais aux terriens que nous sommes trop restés dans nos mentalités.

Pour ce faire, il y a deux ans nous avons choisi de soutenir le développement de l'association "Le cercle Polaire" car les pôles arctiques et antarctique sont les sentinelles du devenir de l'espace océanique et du changement climatique. Comprendre ce qui s'y passe, c'est comprendre la dynamique de la planète et ce qui nous attend…

Lorsqu'un an plus tard, Madame Denise Le Provost et son fils Bertrand, sont venus au Conseil Général pour nous expliquer la carrière scientifique de Christian Le Provost, ses apports à la connaissance des océans, la façon avec laquelle il avait travaillé avec de nombreux laboratoires de recherche pour contribuer à la naissance de l'océanographie opérationnelle mais encore la place que les Côtes d'Armor occupaient dans son cœur, il nous a semblé que le risque devait être pris de créer un Prix Scientifique en Océanographie portant son nom.

Je dois vous avouer que j'ai été impressionné lorsque j'ai découvert pour la première fois la liste des personnalités qui ont accepté de faire partie du Conseil Scientifique de ce Prix. De même, aujourd'hui, je suis impressionné par la présence à la première remise de ce prix des représentants des grands instituts et laboratoires de recherche en océanographie et en sciences de l'Univers.

En vous voyant ainsi réunis en Côtes d'Armor, je me dis que ce Prix symbolise certes l'attention extrême que nous devons apporter désormais à l'espace marin mais aussi –et peut-être surtout- l'état d'esprit avec lequel nous devons le faire.

Je n'ai pas eu l'honneur de connaître Christian Le Provost mais au delà de sa passion pour les océans, pour la recherche et la connaissance, cinq mots me semblent caractériser ce qu'il symbolise au travers de l'existence de ce prix et de votre présence aujourd'hui: L'ouverture, la créativité, la confiance, la détermination et l'enthousiasme.

Puisse cet état d'esprit souffler sur la nouvelle politique de la mer que nous souhaitons désormais soutenir dans les Côtes d'Armor mais aussi en Bretagne au coté des autres départements bretons. Nous allons en avoir besoin au cours des années qui viennent si nous voulons être une terre exemplaire de la croissance "turquoise".

Nous aurons besoin de votre soutien et de vos encouragements pour avancer dans ce sens et pour poser les bases de l'ingénierie écologique marine dont les Côtes d'Armor et la Bretagne peuvent être demain les fers de lance.

Merci à vous tous, merci à vous Madame Denise Le Provost, à vous Bertrand, à vous Monsieur Bruno Voituriez pour la Présidence du Conseil Scientifique de ce Prix dont, d'ors et déjà, nous sommes très fiers en remettant cette médaille à Monsieur Fabrice Ardhuin, premier lauréat de ce prix. Merci enfin à vous Monsieur Ardhuin car vos travaux portent en grande partie sur l'hydrodynamique des espaces côtiers et le génie côtier, deux domaines dont les applications nous concernent au premier chef en Côtes d'Armor.

Ce prix vous l'avez compris symbolise pour nous l'avenir vers lequel il faut nous tourner. "



sources : Conseil général des Côtes d'Armor / Photo CG22 / Photo Thierry Jeandot - GG22 /RH - 3B Conseils