mercredi 27 octobre 2010

La Bretagne et la politique maritime intégrée de l’Europe



La Commission européenne a lancé une consultation publique ouverte sur une politique maritime intégrée pour le bassin de l'Atlantique.

C'est donc tout naturellement que le Conseil économique, social et environnemental (CESER) de Bretagne - qui s’est fortement exprimé, depuis plus de dix ans (*) , sur la nécessité de mettre en œuvre une politique maritime intégrée - a souhaité contribuer à cette consultation.

Pour le CESER, la Bretagne dispose d’une situation privilégiée, dotée d’un territoire attractif au carrefour de la Manche et de l’Atlantique et au plus près de l’une des plus grandes routes maritimes du monde. Il définit ainsi en préambule ses atouts et ses défis futurs : « Son économie maritime repose sur des activités dynamiques, variées et complémentaires. Son potentiel de recherche et d’innovation constitue un atout incontesté (recherche océanographique et halieutique d’excellence, important potentiel de formation, ingénierie navale de haut niveau) Mais la Bretagne a des défis à relever 
L’attractivité du littoral génère une pression croissante sur un territoire non extensible et fragile, suscitant de nombreux conflits d’usage. A la pointe de l’Europe, la Bretagne souffre d’une situation périphérique qui l’éloigne des centres économiques. Les ports de commerce bretons occupent des positions modestes dans les réseaux de transport maritime. Parmi les défis à relever, les enjeux liés à la gouvernance sont primordiaux »

Le CESER rappelle d’ailleurs que cette notion de politique maritime intégrée est déjà fortement présente notamment au travers des actions de la Région Bretagne qui s’est investie dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique maritime intégrée, destinée à affirmer la vocation et la spécificité maritime du territoire. La charte des espaces côtiers bretons concrétise ces objectifs en proposant un projet d’avenir pour la zone côtière bretonne et un dispositif•clé pour sa mise en œuvre, la Conférence régionale de la mer et du littoral.

Vu de la mer, l’Atlantique devient la porte d’entrée de l’Europe, son lien au reste du monde. Cette situation originale constitue un argument de poids pour faire de l’Atlantique un bassin maritime pour la mise en œuvre d’une politique maritime intégrée.

Dans sa contribution à l’intention de la Commission européenne, le CESER identifie les défis à relever pour le bassin atlantique de l’Europe.

Parmi ceux-ci :
• la pêche, la gestion des ressources halieutiques et le développement de l’aquaculture ;
• le développement des énergies marines ;
• le transport maritime et l’intermodalité ;
• la sécurité maritime ;
• le nautisme ;
• l’environnement marin et la biodiversité ;
• la recherche, l’innovation et la formation.

Nous rapportons ci-après les éléments transmis à l'Europe :

- La pêche, la gestion des ressources halieutiques et le développement de l’aquaculture :
« L’importance historique de la pêche dans les régions atlantiques, et les interrelations qu’elle suppose entre les régions (ports, zones de pêche, bases avancées) en font un enjeu phare pour la mise en œuvre d’une politique maritime intégrée. La pêche se situe à un moment clé de son évolution, et les choix qui seront faits détermineront dans un avenir proche son maintien et son importance dans les régions atlantiques. Le maintien de la pêche dépend d’un délicat équilibre entre la préservation de la ressource et son exploitation économiquement viable. Outre le renouvellement des navires, des équipements mieux adaptés (instrumentation, sélectivité des engins de pêche), une recherche d’économies d’énergie, un système performant d’information de la filière pourraient contribuer de façon significative à la compétitivité des flottes de pêche sans en augmenter les captures. Une réflexion collective devrait être engagée sur la détermination de critères de mesure de l’effort de pêche autres que les seules jauge et puissance qui, tout en assurant une véritable adéquation entre les possibilités de pêche et le dimensionnement des flottilles autorisées, ne contraignent ni la sécurité et le confort des marins, ni l'optimisation des conditions de captures (qualité des produits, économies d'énergie, usage des engins de pêche les mieux adaptés, etc.). Le développement de l’aquaculture est un enjeu majeur d’aménagement des territoires côtiers et doit relever de nombreux défis pour se pérenniser. »

- Le développement des énergies marines :
« De l’Ecosse au Portugal, l’Arc Atlantique présente un fort potentiel pour l’exploitation des énergies marines. Les régions atlantiques disposent en effet de ressources exceptionnelles, de compétences variées et complémentaires parmi les acteurs de la recherche et du développement économique, et de nombreux projets y sont en cours de développement. Le développement des énergies marines doit provoquer un effet de dynamisation des régions atlantiques.
Les secteurs mobilisables sont nombreux et présents dans ces régions. La diversification ou la création de nouvelles activités doit s’appuyer sur un renforcement de la recherche, une aide au déploiement industriel d’une filière « énergies marines » s’appuyant sur les filières existantes (construction navale, secteur parapétrolier, électrotechnique, matériaux, télécommunications, océanographie opérationnelle…), un développement de la formation aux nouveaux métiers, professionnelle et initiale, le développement d’outils de sensibilisation et de communication."

- Le transport maritime et l’intermodalité :
"Compte tenu de leur position stratégique d’ouverture sur l’océan, les régions de l’espace atlantique ont un potentiel de développement important pour le transport de marchandises, face à la saturation d’autres espaces européens. Par leur réseau de ports dits « secondaires », l’existence d’un réseau important de villes moyennes, ces régions présentent des atouts pour un aménagement équilibré du territoire. La façade atlantique doit être considérée par l’Union européenne comme une porte ouverte sur le reste du monde. Le soutien aux autoroutes de la mer et au cabotage doit être un élément fort de la politique maritime atlantique, car il ne peut pas se concevoir en dehors d’une coopération interrégionale et transnationale. Mais il y a lieu de moderniser les réseaux terrestres, et notamment ferroviaires, pour maintenir une capacité stratégique d’acheminement du fret vers et depuis les ports et de desserte des plateformes multimodales."

- La sécurité maritime :
« Les régions de la Manche bordent l’une des zones maritimes les plus fréquentées au monde, qui concentre un quart du trafic mondial. C’est un couloir entre l’Atlantique et l’Europe du Nord vers lequel convergent les plus grandes routes maritimes à destination ou en provenance des ports du « Range » nord-européen, entre Le Havre et Hambourg. L’importance du trafic maritime de marchandises fait des régions atlantiques des régions à risques. Si les marées noires, récurrentes (Amoco Cadiz, Erika, Prestige pour n’en citer que quelques-unes), ont été très médiatisées, les perturbations d’ordre chronique (déballastages, dégazages) prennent souvent le pas sur l’accidentel et portent atteinte en permanence à la qualité des écosystèmes. La nature des marchandises transportées a par ailleurs profondément changé. Le pétrole brut et les produits pétroliers ne représentent plus qu’un tiers du trafic maritime, pour laisser la place à des marchandises sèches de plus en plus diversifiées, ce qui entraîne de nouveaux risques comme la perte de conteneurs ou les pollutions chimiques, se traduisant par la libération dans le milieu marin de substances extrêmement variées dont on ne connaît ni le comportement en cas d’accident, ni le niveau de dangerosité. Le transport de ces marchandises sèches en conteneurs a par ailleurs conduit au développement de navires de très grande taille, dont la manœuvre en cas d’avarie peut poser problème, compte tenu des moyens de remorquage et d’intervention actuellement disponibles. Il est indispensable de conforter le dispositif de prévention des risques en mer par une meilleure coopération entre Etats européens, une complémentarité de moyens, et de parvenir à une harmonisation de la législation internationale sur toutes les questions liées à la sécurité maritime, aussi bien en termes de préservation de l’environnement que de sécurité des marins à bord des navires. »


- L’environnement marin et la biodiversité :
« La préservation de l’environnement marin, qui nécessite une connaissance de plus en plus élaborée du fait se sa complexité, est au cœur d’une politique maritime intégrée, car elle est une condition obligatoire au maintien du bon fonctionnement des écosystèmes côtiers, de l’attractivité et du dynamisme des territoires côtiers. Les milieux côtiers sont des milieux extrêmement riches, qui produisent des ressources et des services nombreux et variés, mais aussi vulnérables, parfois particulièrement dégradés, sur lesquels pèse une pression de plus en plus forte, d’origine anthropique mais aussi climatique. La protection de l’environnement ne doit plus être perçue comme un obstacle au développement économique : elle permet, notamment par la préservation de la qualité des eaux côtières et de la biodiversité, la valorisation d’activités diversifiées (pêche, conchyliculture, aquaculture, extraction de matériaux…) et l’anticipation des potentialités d’exploitation de futures ressources (biotechnologies…). La directive cadre Stratégie pour le milieu marin, par le niveau d’intégration qu’elle exige, impose une importante coopération entre Etats membres et entre régions marines pour sa mise en œuvre. »

- La recherche, l’innovation et la formation :
"Renforcer les coopérations interrégionales existantes en matière de recherche et d’innovation est un levier fondamental pour une stratégie de compétitivité globale en faveur de l'espace atlantique. La pluridisciplinarité des sciences de la mer et du littoral doit être mise en avant. Le fort potentiel de recherche des régions atlantiques dans le domaine maritime, aussi bien en sciences dites « dures » qu’en sciences humaines et sociales, doit permettre la coopération et l’atteinte d’une masse critique performante. Il est nécessaire de créer des liens sur des thématiques communes, liées aux spécificités partagées des régions atlantiques, d’encourager la mobilité des chercheurs et de faire dialoguer les chercheurs avec les entreprises afin de permettre une innovation et un transfert de technologie concertés. En termes de formation, il est nécessaire de s’engager dans la voie de l’harmonisation des cursus afin de les rendre plus lisibles, et de favoriser les passerelles entre métiers de la mer. L’anticipation des besoins doit permettre d’adapter en permanence l’offre de formation aux évolutions, afin de maintenir des savoir-faire dans l’ensemble des filières industrielles et artisanales des régions atlantiques. »

Retrouvez également sur l'ensemble des sujets..... :
les énergies de la mer, la biodiversité du littoral, les pollutions marines, la sécurité maritime ....

les archives des entretiens Science et Ethique







(*) les contributions du CESER sur les thématiques maritimes :
• Le transport maritime dans les régions de la façade atlantique (1999)
• Bretagne, région transfrontalière – volet maritime (1999)
• Pour le renouveau du cabotage sur la façade atlantique (2001)
• La mer et le littoral en Bretagne, pour une ambition régionale (2001)
• Pour une gestion concertée du littoral en Bretagne (2004)
• La sécurité du transport et du trafic maritime de marchandises (2005)
• L’intermodalité dans le transport de marchandises : ports et hinterlands, transport maritime (2005)
• Pour une stratégie portuaire dans une région maritime (2006)
• Transfert de technologie et innovation : enjeux de coopération pour les régions atlantiques (2006)
• Contribution au projet de charte des espaces côtiers bretons (2007)
• Pour une politique maritime en Bretagne (2007)
• Vœu sur l’enseignement maritime supérieur (2008)
• Pour une coopération interrégionale en faveur d’un nautisme durable (2009)
• Des énergies marines en Bretagne : à nous de jouer ! (2009)
• Les coopérations interrégionales de proximité (2009)
• Les conditions de succès du développement des énergies marines dans l’arc atlantique (2010)
• Pour la concrétisation d’un Réseau Nautique Atlantique (parution fin 2010)
• Milieux côtiers, ressources marines et société (parution en 2011).




Article RH 3B Conseils
Sources CESER Bretagne

mardi 26 octobre 2010

Le navire dépollueur du futur : le « Work-glop » d'Ecocéane


Nous avons parlé à plusieurs reprises ( voir articles du 29/06/2010 , du 10/05/2010 et du 07/05/2009) de la Société Ecocéane , créée en 2003, qui se consacre exclusivement à la recherche, au développement, à la construction, et à la commercialisation de navires, dans le domaine de la dépollution en mer. Elle détient notamment les brevets, pour le ramassage des hydrocarbures et déchets solides flottants en mer.

Déjà connue pour son action dans le domaine des navires de nettoyage (Cataglop, Ecoglop…) la Société Ecocéane dont le chantier naval est localisé à Paimpol dans les Côtes d’Armor, avait lancé un bateau dépollueur pour la haute mer, « Le Catamar » pouvant récupérer 100 m3 d’hydrocarbure par heure (sans créer d’émulsion) et capable de nettoyer jusqu’à 40.000 m2 par heure de surface d’hydrocarbure. En outre ce navire est opérationnel 24 h/24 en raison de son équipement en radar détectant les nappes.

Comme nous l’évoquions précédemment lors de la marée noire dans le Golfe du Mexique, la société Ecocéane vendu à la société américaine AshBritt 10 bateaux (5 Cataglop CG92 de 9,20 mètres et 5 Cataglop CG66 de 6,60 mètres) - et loué sur neuf mois son navire hauturier de récupération d'hydrocarbures de 18 mètres, le Catamar -.

Aujourd’hui Ecocéane poursuit son développement dans le domaine du bateau dépollueur du futur avec les « Work-glop », une nouvelle gamme de navires (WG 106 – WG 117 – WG 128) dont l'objectif n'est plus seulement de proposer exclusivement des dépollueurs, mais des bateaux de travail classiques équipés des dispositifs de dépollution.

Embarqués sur les tankers ou les plates-formes pétrolières, ces navires placés au plus près des autoroutes de la mer et des zones à risques pourraient ainsi intervenir au plus vite.

Ce navire polyvalent de 12,80mètres de long sera mis à l'eau début 2011. Capable de transporter 3,5 tonnes de fret, ou 12 passagers, il est aussi bateau de dépollution en cas de pépins...

Le Workglop (au coût d'environ 1,5million d'euros) utilise les techniques de dépollution mises au point par Ecocéane. Les bateaux filtrent l'eau qui passent entre leurs coques. Les macro-déchets sont stoppés par un panier et les hydrocarbures passent dans un séparateur avant d'être stockés sur d'autres navires.

Le Workglop sera capable de travailler jusqu'à force 6 et transférer en continu jusqu'à 80m³/heure d'hydrocarbures. Les marchés potentiels sont énormes, en France, certes mais les courants peuvent être aussi porteurs aux Etats-Unis.

Ecocéane vient d’ailleurs d'y créer une filiale: pour vendre aux Etats-Unis, il faut que les bateaux soient construits dans le pays.

Article RH 3B Conseils
Sources et photo Ecocéane

lundi 25 octobre 2010

Les énergies marines renouvelables, au cœur de la stratégie de développement économique de la Région Bretagne.


Le « territoire maritime français » qui est le deuxième du monde par sa superficie avec près de 18 000 km de côtes possède en effet un potentiel exceptionnel dans le domaine des énergies marines qu’il convient de soutenir, développer et valoriser.
Les énergies renouvelables de la mer sont une des composantes qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en diminuant la dépendance énergétique des territoires îliens et des villes du littoral.

La Bretagne quant à elle concentre dès à présent tous les savoir faire et compétences nécessaires à la mise en œuvre d'un tel projet : les moyens de recherche, publics et privés, mais aussi le potentiel industriel, les infrastructures portuaires nécessaires au développement à plus grande échelle de ces innovations technologiques.

Les entretiens Science et Ethique des 18 et 19 octobre ont fait le point sur les avancées scientifiques de la recherche française.

Les Présidents des trois collectivités (Conseil régional de Bretagne, Conseil général du Finistère et Brest métropole océane) ont tenu à apporter leur soutien aux 14è entretiens Science et Ethique " ENERGIES, Villes et ports de demain" lesquels ont permis aux acteurs des collectivités territoriales et locales d’affirmer une nouvelle fois leur ambition commune dans le domaine maritime pour la Bretagne, le Finistère et Brest métropole océane.

Nous publions ici les messages de soutien adressés aux entretiens Science et Ethique :


"Les entretiens « Science et Ethique » sont désormais inscrits dans le paysage maritime brestois. Mobilisant les grands acteurs de la mer, ces rencontres sont, chaque année, l’occasion de faire le point sur les avancées techniques et scientifiques en questionnant leur pertinence au profit des citoyens. Ce regard bienveillant et approfondi est aussi celui d’hommes et de femmes attachés à la sauvegarde de l’océan, qui forme un univers aussi riche que fragile.

Les 14èmes entretiens poursuivent cet élan à travers les grandes questions énergétiques qui mobilisent aujourd’hui notre attention et auxquelles l’océan est susceptible d’apporter des réponses à travers les énergies marines renouvelables.

Un enjeu qui résonne d’une manière particulière ici. Brest métropole océane compte en effet parmi les villes européennes mobilisées sur ce chantier d’avenir, à travers, le nombre, la diversité et la qualité des acteurs engagés sur ce projet. Ils sont autant de raisons de soutenir cette nouvelle édition des entretiens « Science et Ethique » 2010".

François Cuillandre
Maire de Brest,
Président de Brest métropole océane



« Le développement des énergies marines renouvelables est au cœur de la stratégie de développement économique de la Région Bretagne.

La Bretagne est riche de ses ressources marines, de son littoral, de son réseau portuaire mais elle l’est tout autant de ces hommes et femmes qui tous les jours dans leurs laboratoires , leurs écoles d’ingénieurs, leurs entreprises, leurs institutions s’attachent à mettre en place les conditions de ce développement.

Les énergies marines sont prometteuses tant sur le plan de leur potentiel énergétique que sur celui de l’opportunité de création d’une nouvelle filière industrielle susceptible d’assurer la création de nouveaux emplois. Nous devons donc nous attacher collectivement à franchir ensemble les multiples étapes que seront la recherche, l’innovation, la démonstration, les essais puis l’industrialisation.

Franchir ces différentes étapes nécessite de l’accompagnement, sur lequel la Bretagne s’engage tous les jours, mais aussi des échanges entre spécialistes, grand public afin que les Energies Marines Renouvelables soient demain l’avenir de tous.

Les entretiens Science et Ethique contribuent activement aux échanges entre spécialistes mais aussi à la diffusion de cette culture de l’innovation, souhaitons donc tous nos vœux de réussite à cette édition 2010. »

Jean-Yves Le Drian
Président du
Conseil Régional de Bretagne


"Avec son espace maritime et ses façades littorales, la France possède un potentiel important d’énergies renouvelables marines.

La Bretagne a des atouts pour l’éolien offshore posé ou flottant comme pour l’hydrolien : en effet, ici, nous connaissons vent, courants, marées, vagues, et nombreux sont les sites qui peuvent intéresser les énergies marines.

Les conditions physiques ne suffisent pas. Il faut aussi réunir les compétences scientifiques et technologiques.
Là encore, la Bretagne dispose de ces ressources : laboratoires de recherche dans les différentes disciplines de la mer, grandes entreprises de réparation ou de construction navale, sont présents depuis longtemps et disposent de l’expertise nécessaire.

Enfin, il faut une capacité à accueillir ou à fournir la logistique d’intervention en mer. Espaces portuaires pour assembler des appareillages souvent extrêmement imposants, moyens de navigation pour l’installation des matériels en mer, pour la maintenance… : les sites de production seront déterminés aussi en fonction de leur proximité avec des ports en mesure de fournir les services nécessaires.

Les entretiens scientifiques, « Science et Ethique ou le devoir de parole », proposent de réfléchir sur cette fonction nouvelle de nos ports demain.
Réflexion importante si nous voulons être prêts à accueillir ici les énergies marines renouvelables dont nous aurons besoin. Je souhaite un grand succès à ces journées de débats."

Pierre Maille
Président du Conseil général du Finistère


Article RH 3B Conseils
Sources et photos : 3B Conseils / BMO / Région Bretagne /GG29
Photo Christine Naud

vendredi 22 octobre 2010

Succès des entretiens Science et Ethique 2010

Les 14èmes entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole (créés et organisés par 3B Conseils) qui viennent de se dérouler les 18 et 19 octobre derniers à Océanopolis-Brest ont rencontré un vif succès.

32 intervenants s'y sont succédés durant deux jours devant un auditoire attentif, réactif, connaisseur et exigeant.

Plus de 220 participants ont suivi les exposés et participé aux débats d’une qualité exceptionnelle qui marque une fois de plus la place des entretiens dans le débat public entre les acteurs du monde scientifique, universitaire, les acteurs politiques, économiques, les associations et la population.

Les principaux sujets traités sur deux jours lundi 18 et mardi 19 octobre à Océanopolis ont été :

o L’économie et l’enjeu géopolitique des énergies.
Quelle place dans 10 à 20 ans, les énergies renouvelables de la mer auront-elles dans le «mix» énergétique mondial et quels sont les futurs grands acteurs de l’énergie ?

o Sommes-nous entrés dans une compétition de politiques maritimes énergétiques et de gouvernances d’espaces en Europe ?

o Quelles actions pour accompagner les mutations énergétiques menées l’Etat, les collectivités territoriales et locales et repenser leur stratégie d’aménagement de sites et de développement de territoire

o Comment penser l’aménagement du territoire au niveau local, dans une stratégie mer / terre, qui place les énergies complémentaires au cœur d’une nouvelle économie sociale du territoire et de son développement ?

o La problématique du financement, de la législation, d’usages pour les énergies renouvelables de la mer. Existe-t-il les moyens financiers pour une ambition politique en France en faveur des énergies renouvelables de la mer, de leurs filières industrielles, des structures portuaires, et des réseaux intelligents ?


Voir ICI le programme complet des deux jours des entretiens Sciences et Ethique 2010



Contexte et enjeux
Le Livre bleu rappelle l’engagement de la France à intégrer 23 % d’énergies renouvelables dans sa consommation d’énergie finale à l’horizon 2020 (50 % en Outre-mer et 30 % à Mayotte). Dans ce scénario global, la contribution des différentes énergies marines est estimée à 3 % à l’horizon 2020. Le « plan énergie bleue » devrait permettre de produire plus de 6 000 mégawatts d’énergies marines en 2020 en utilisant l’énergie marémotrice, les éoliennes flottantes, la force motrice des courants avec les hydroliennes et l’énergie thermique des mers.

Où en sommes-nous après le Grenelle de la mer et le Livre Bleu sur la stratégie de la politique maritime française et les directives européennes ?
• Rendez-vous aux entretiens Science et Ethique « Energies : villes et ports de demain »
• Quelles retombées industrielles et pour l'emploi ? Faut-il repenser l'aménagement du territoire littoral pour ces énergies de proximité dans un mix énergétique ?


Rappel
Les ressources fossiles deviennent plus rares, plus chères et sont sources de conflits. Les stratégies géopolitiques des Etats se modifient. Parfois, les adversaires d’hier deviennent partenaires aujourd’hui.

La dépendance énergétique en hydrocarbures des sociétés industrielles comme celles en devenir, ses conséquences sur le changement climatique entraînées par les activités humaines apparaissent comme une menace pour l’Homme, l’environnement et sont de nature à fragiliser les équilibres économiques.

Dans ce contexte, il apparaît comme une évidence que les énergies renouvelables de la mer constituent une véritable ressource. 
Des pays européens, la Chine, les Etats-Unis, le Canada… investissent et développent des filières industrielles.

La France, avec l’espace maritime de l’outre-mer, n’est pas exclue, et elle pourrait prendre sa place dans la future économie verte avec « l’or bleu ».

Pour compenser la pénurie énergétique potentielle et respecter d’ici 2020 et 2050 les engagements nationaux et européens... Les Régions et les collectivités locales sont les premières concernées par les nouveaux aménagements du territoire qui sont nécessaires

Après le Grenelle de la mer, plus d’un an après la déclaration du Président de la République en juillet 2009 au Havre, et à quelques semaines de l’anniversaire de l’annonce du Premier ministre à Brest en décembre 2009 qui marquait la volonté du gouvernement de créer une filière française des énergies de la mer, où en sommes-nous ?

Dans le cadre de la mise en œuvre ambitieuse d’une nouvelle politique maritime, les entretiens 2010 interrogent les décideurs sur l'apport des énergies renouvelables de la mer et leur intégration dans la stratégie des villes maritimes, des « villes-ports » et des ports.

Au sein d’une Europe qui intègre les énergies de la mer dans sa stratégie, quelle place la France va-t-elle donner à cette production de proximité, créer une filière industrielle, répondre aux critères de la commission européenne pour la réduction des gaz à effets de serre (GES), la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) et créer la gouvernance.
Serons-nous au rendez-vous pour être les acteurs des énergies de la mer des « Villes et des ports de demain »

Les intervenants aux entretiens 2010 étaient :
o Jean-Paul Alayse, Conservateur d’Océanopolis.
o Brigitte Bornemann-Blanc, Déléguée générale des entretiens, 3B Conseils.
o Christian Bucher, Président de la commission Mer et Littoral des Verts
o Henri Bourgault, géochimiste
o Morgan Carval, Analyste financier spécialiste des énergies vertes, Fédéral finance
o Fabrice Cassin, Avocat associé CGR Legal, spécialiste de l’environnement et l’éolien, vice-président de France Energies Eolienne
o Christophe Chabert, Directeur Ingenerie &Industrialisation DCNS Incubateur
o Jean-Yves de Chaisermartin, Maire de Paimpol, vice-président de la communauté de communes Paimpol-Goëlo
o Thierry Fayret, Vice-président de Brest métropole océane, chargé du littoral et de la rade
o François Gauthiez, Directeur adjoint de l’Agence des Aires marines protégées
o Jean-Paul Glémarec, Conseiller général du Finistère, délégué aux énergies
o Frederick Herpers, Chargé de Mission au Secrétariat général à la mer (Premier Ministre)
o Stéphane His, Vice-président de Technip
o Gérald Hussenot, Secrétaire général du Comité régional des pêches de Bretagne
o Jean-Jacques Le Norment, Responsable du pôle international de l’Agence économique de Bretagne
o Christophe Le Visage, consultant LittOcean
o David Le Droguène, chef de mission France Telecom Marine
o Fred Lherminier , Directeur général de Terra Nova Energy, président de la commission énergies du Centre des jeunes dirigeants
o Pierre Maille, Président du conseil général du Finistère, Président du Comité de gestion du Parc marin d’Iroise
o Jean-Michel Maingain, Directeur de la gestion Fédéral Finance.
o Violaine Merrien, Chargé de mission au Comité régional des pêches de Bretagne
o Professeur Michel Ricard, Président des entretiens Science et Ethique, Responsable du Réseau des Universités des pays méditerranéens, ancien Président du Conseil national du Développement durable
o Yann-Hervé De Roeck, Chef de projet France énergies marines, Ifremer Brest
o Vice-amiral d’Escadre Anne-François de Saint-Salvy, Préfet maritime de l’Atlantique, commandant de la zone maritime de l’Atlantique, commandant de la région maritime Atlantique-Manche-Mer du Nord
o Bruno Wirtz, Maître de conférences à l’Université de Bretagne Occidentale

et les étudiants du :
- Master EGEL de l'IUEM/UBO : Virginie Antoine, Pauline Garrigou, Claire Le Bras, Sophie Marchand-Leclere, Mélanie Ropars, Fabien Thomas
- Mastère EMR Ensieta : Antonin Caillet
- Association MerSciDoc : Thomas Alfonsi

les entretiens Sciences et Ethique sont présidés par le Professeur Michel Ricard


voir les biographies ICI



Les Journées découvertes


Les entretiens Science et Ethique ce sont aussi des « Journées Science et Ethique découverte » à destination des scolaires des villes du littoral qui rencontrent chaque année de plus en plus de succès et une demande accrue de la part des écoles et des collectivités désireuses d’entrer dans cette programmation .



Ainsi, du 4 au 8 octobre 2010, plus de 550 élèves des villes du littoral en Finistère et dans les Côtes d’Armor ont participé aux « des entretiens Science et Ethique journées découverte » dont la démarche est de relier le local au mondial à partir de la même thématique que la conférence des experts en l’adaptant aux différentes communes.



Les Journées Science et Ethique découverte sont des parcours pédagogiques traitant de la thématique des entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole mais adapté à un territoire précis et à un public de scolaire (du CE1 à la 4ème).

Pour chaque journée, un comité de programme s’est constitué composé de municipalités, de centres de culture scientifique, d’associations et d’acteurs socio-économiques locaux. Ces journées peuvent être un support pour les classes pour présenter des projets au concours « l’Ecole Agit » lancé par le Ministère de l’Education nationale.




En Côtes d’Armor, à Perros-Guirec, Pleumeur-Bodou et Trégastel (4 et 5 octobre) sur le thème : « Les énergies de la mer et le changement climatique »
.

En Finistère, avec le soutien du Conseil général du Finistère à Concarneau (7 et 8 octobre) sur le thème : « A la pêche aux déchets ! »
Gestion des déchets dans la filière pêche et valorisation des co-produits de la pêche. A quoi servent les déchets ? et dans l’avenir pourra-t-on produire de l’énergie à partir des déchets de poisson ?



Les entretiens Science et Ethique en chiffres depuis leur création c’est :


- 451 : c’est le nombre de personnalités qui sont intervenues aux entretiens Science et Ethique depuis 1997.

- 600 : c’est le nombre de lycéens Webtrotteurs (apprenti-reporters sur le net) qui ont participé aux entretiens Science et Ethique depuis 1999.

- 1476 : c’est le nombre d’élèves ayant participé aux journées Science et Ethique découverte entre 2006 et 2009
Et en 2010 ce sont plus de 550 élèves enseignants et accompagnateurs qui ont participé aux Journées Science et Ethique Journées découverte.




Pour en savoir plus :



Site Internet entretiens Science et Ethique
Le site internet entretiens Science et Ethique est la mémoire de toutes les éditions passées des entretiens. Toutes les biographies des intervenants, les programmes, les comptes-rendus et transcriptions des entretiens sont archivées et accessibles. On peut également revivre les entretiens en regardant les vidéos des interventions. Ce site Internet est aussi l’interface entre le public et l’édition des entretiens en cours. Les inscriptions pour assister aux entretiens s’y font en ligne.



Le blog des énergies de la mer

Ce blog, édité par 3B Conseils, assure une veille internationale d’informations sur la chaîne énergétique renouvelable liée à la mer. Il est devenu un moyen (le meilleur selon certains !) de rester informé de ce qui concerne les énergies renouvelables de la mer.



les Partenaires 2010
Les entretiens 2010 étaient organisés avec :
Brest métropole océane, Conseil régional de Bretagne, Agence des aires marines protégées, Ville de Brest, Conseil général du Finistère, Océanopolis, Université de Bretagne occidentale, Préfecture maritime de l’Atlantique, DCNS, Caisse des dépôts.

et la participation de Brest métropole Aménagement, le Conservatoire National Botanique de Bretagne, la Fondation Daniel Jouvance, Tébéo, Canal C2, lʼEspace des Sciences, Librairie dialogues, les web-trotteurs des Lycées Vauban et Kérichen, Bibus, et la Brasserie Lancelot - Breizh Cola, La Brûlerie du Léon – Cafés Bozec



Article RH 3B Conseils
sources 3B Conseils
Photos Christine Naud

jeudi 21 octobre 2010

Aux 14è entretiens Science et Ethique, la plate-forme technologique « France Energies Marines » affiche ses ambitions


« France Énergies marines » tel est le nom que porte désormais la plate-forme nationale technologique dédiées aux énergies marines renouvelables, coordonnées par l’Ifremer et dont le noyau dur sera implanté à Brest.

France Énergies Marines entend positionner la France au niveau des leaders européens des EMR, tant pour construire une filière industrielle nourrie par l’exportation vers le marché mondial que pour contribuer au respect de l’engagement pris de 6 GW installés en énergies marines en 2020.


C’est dans le cadre des 14è entretiens Science et Ethique que se sont tenus à Brest les 18 et 19 octobre que Yann-Hervé De Roeck, chef de projet France énergies marines a rappelé les enjeux, les ambitions et les attentes de cette plate-forme technologique nationale, annoncée par le Premier ministre, lors des assises de l’économie maritime à Brest en décembre 2009.

France Énergies Marines incarne également le fruit d’une dynamique partenariale initiée autour de projets de démonstration en mer de divers types de récupérateurs d’énergie, ainsi que de démarches prospectives pour identifier l’évolution du marché, les verrous technologiques, les critères d’insertion environnementale et de compatibilité des usages.

France Énergies Marines s’articule autour de trois domaines d’activité en interaction :
- Recherche et développement dédiés aux EMR,
- Sites d’essais et validation des démonstrateurs,
- Centre de ressources et formation.
Comme l’a rappelé Yann-Hervé De Roeck devant les participants de ces 14è entretiens le projet porté par l’Ifremer et ses partenaires l’Etat devrait catalyser cette action au travers de l'emprunt national, en soutenant la création d’un Institut d’Excellence dans le domaine des Energies Décarbonées (IEED).

Ce projet d’IEED « France Énergies Marines » porté par l’Ifremer, localisé à Brest - fortement soutenu par le Pôle de compétitivité Mer - implique également de nombreux partenaires (*) :
- neuf structures académiques et scientifiques,
- seize acteurs industriels (dont 9 grands groupes)
- les collectivités territoriales au premier rang desquelles la Région Bretagne.


Les initiateurs du projet comptent sur une dotation de 150M€ venant du grand emprunt, sur une période de dix ans, 150 autres millions d’euros devant être levés auprès des industriels et des partenaires.

Pour le chef de projet France énergies marines, «il y a urgence à pouvoir disposer de fonds pour mettre en place les différents sites d'essais, afin de tester des démonstrateurs à l'échelle 1 à l'horizon 2011-2012» .

Si un premier pas décisif a été franchi avec l'appel à manifestations d'intérêt du 10 septembre dernier, désormais le dossier pour le grand emprunt doit être remis début janvier 2011 pour une sélection d'ici avril 2011, par un jury international.

Un point sur les sites d’essais a été fait lors des entretiens Science et Ethique. Il en ressort ainsi que :
- dans le domaine de la technologie houlomotrice, le site du Croisic est en constitution,
- pour l'hydrolien, autour du projet pré-industriel Paimpol-Bréhat porté par EDF, viendrait s’adosser un site d'essais pour 4 à 6 machines.
- pour l'hydrolien en estuaire ou pour des protopypes marins, à l'échelle 1/4 ou 1/3 un projet se développe à Bordeaux.
- pour l'énergie thermique des mers, c’est à La Réunion que les actions les plus avancées se concentrent.
- pour l'éolien offshore flottant, plusieurs sites sont cités mais l'arbitrage reste à faire : cinq sur la côte Atlantique (Belle île, Groix, Iroise, Sud- Finistère, Croisic), un sur la Méditerranée (Fos sur Mer). Une étude est en cours, financée par l'Ademe et les régions concernées et qui permettra à l’Etat d’arrêter sa décision.


(*) Les Partenaires :
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Les partenaires industriels
Groupes
: ALSTOM, AREVA, Bureau Veritas, DCNS, EDF, GdF Suez, STX France SA, Technip, Veolia Environnement
PME
: Énergie de la Lune, Geocean, Nass & Wind, Nenuphar, Oceanide, Sabella, Valorem
-Les Partenaires scientifiques et académiques : CEA, CNRS, ECN, École Navale, Ecole Normale Supérieure de Cachan, ENSIETA , IFP Énergies nouvelles, Ifremer, Université de Bretagne Occidentale, Université Européenne de Bretagne.
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Les Collectivités : Régions Bretagne, Pays de la Loire, PACA, La Réunion, Aquitaine



Article RH 3B Conseils
Sources : entretiens Science et Ethique / Ifremer / Télégramme
Photo Christine Naud