lundi 5 juillet 2010

Ouverture des ports de l’Ouest vers la Scandinavie et la Russie.

L'armement néerlandais Samskip (*) vient de s'implanter sur le port de Nantes Saint-Nazaire et le port de Brest, offrant ainsi une liaison, via son hub de Rotterdam, vers la Scandinavie, la Baltique et la Russie.

Samskip a profité de l'ouverture le mois dernier de la nouvelle ligne hebdomadaire de BG Freight Line (reliant Montoir et Brest à Rotterdam) pour acheter des slots sur le porte-conteneurs Karin Shepers et, ainsi, toucher le grand ouest français.

Pour les Port de Nantes Saint-Nazaire et Brest l'arrivée de ce nouvel acteur, cumulée à celle de BG Freight Line, est une nouvelle de première importance pour leur développement stratégique.

La nouvelle ligne est d'ailleurs d'autant plus intéressante que le temps de transit entre Rotterdam et Montoir est de moins de trois jours, ce qui la rend particulièrement compétitive pour importer les marchandises arrivant dans le premier port européen. A l'expert, le transit time est à peine plus long, même avec l'escale brestoise. C'est donc une petite révolution que connaît le transport maritime dans l'ouest, d'autant que Samskip présente à une offre multimodale particulièrement développée.

La compagnie propose, ainsi, de desservir en 8 jours (au départ de Montoir et via Rotterdam) Oslo (Norvège), Gutenberg (Suède), Gdynia (Pologne), Riga (Lettonie), Klaipeda (Lituanie), Tallin (Estonie) et le marché russe, en plein développement, avec une escale à Saint-Pétersbourg. Les ports d'Aarhus (Danemark) et d'Helsinki (Finlande) sont atteints en 11 jours et celui de Copenhague en 14 jours.


(*) Samskip a été fondée en Islande en 1990, et est nommant spécialisé dans les conteneurs réfrigérés et à température dirigée. Le marché de l'agroalimentaire mais aussi des produits industriels ou forestiers nécessitant une température et une hydrothermie constante pour éviter toute dégradation. La compagnie a, par ailleurs, largement investi dans les conteneurs de 45 pieds, qui permettent de transporter, comme dans les remorques de camions, des lots de 33 palettes internationales (contre 22 pour les conteneurs classiques). Ce type de boite est disponible sur la nouvelle ligne, aux côtés des traditionnels conteneurs de 20 et 40 pieds. Aux côtés de BG Freight Line, qui connaît d'ores et déjà un franc succès avec 250 à 280 conteneurs manutentionné par escale, Samskip compte bien dépasser à Montoir les 200 boites en fin d'année. Pour y parvenir, Sogebras, son agent français, a créé spécialement un poste pour se charger du développement du service.



Sources mer et marine / RH - 3B Conseils

vendredi 2 juillet 2010

Conseil de lecture : «Pollutions chimiques accidentelles du transport maritime».


Le nombre et les volumes de produits chimiques transportés par la voie maritime n'ont pas cessé de croître depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La perspective pour les prochaines décennies reste orientée dans le sens de la croissance, avec des navires pas nécessairement plus nombreux, mais de capacité accrue.

La question des risques liés a pris, au fil des ans, une acuité évidente, et le dernier forum de recherche et développement de l'Organisation maritime internationale (OMI) a tout naturellement porté sur la question de savoir si l'accident chimique était devenu plus probable et potentiellement plus grave qu'une pollution pétrolière majeure.


Le livre «Pollutions chimiques accidentelles du transport maritime» (
éditions Quae) est le fruit des deux auteurs Brestois, Michel Girin (*) et Emina Mamaca (**). Au travers de cet ouvrage ils visent à montrer ce qu'est la situation aujourd'hui, à partir de l'analyse des connaissances existantes, de la réglementation en vigueur et du retour d'expérience de cinquante-six accidents intervenus à travers le monde depuis trente ans.

Michel Girin et Emina Mamaca, sont allés plus loin, dans ce livre inventaire, avec des retours d'expérience, qui ne prétend pas éviter une crise mais éventuellement la limiter, «en évitant la reproduction d'une erreur passée». 


Les auteurs qui révèlent que depuis 40 ans, 150 déversements en mer de produits chimiques ont été répertoriés (dont une faible partie seulement a fait aussi l'objet de documentation) indiquent qu’une des difficultés pour cerner les produits chimiques réside dans leurs différences, plus grandes que ce qui existe chez les hydrocarbures.

« Certains produits ne deviennent aussi dangereux que sous certaines conditions. Et la connaissance peut éventuellement n'être que partielle ». Si en quantité, les pollutions chimiques restent moindres par rapport à celles par hydrocarbures. En impacts comparés, les auteurs restent assez prudents : «En l'état des connaissances, le risque semble moindre avec les produits chimiques». Avec ce bémol toutefois : la chimie n'a pas de fonds affecté comme le pétrole (FipoL) et la portée des études peut être minimale ».


Les thèmes abordés par cet ouvrage très documenté sont notamment 
:
- La lutte contre les pollutions

- La connaissance des produits


- Les minerais, métaux et sels métalliques

- Les produits alimentaires et de la filière du bois

- Les matières premières de fertilisants
- 
Les liquides corrosifs


- Les produits de la pétrochimie

-Les gaz liquéfiés


- Les produits conditionnés
- 
Le tout conteneurisé
- 
Quelques déversements continentaux


- Les risques et les impacts




(*) Michel Gi
rin, docteur d'État en biologie marine, a rejoint le monde de l'antipollution après dix ans de recherche en écologie et en aquaculture et vingt ans de consultance internationale.

Actuellement conseiller du Cedre, il a dirigé cet organisme de 1995 à 2008, vivant en première ligne, auprès des autorités responsables, les crises des pollutions pétrolières de l'Erika et du Prestige, les naufrages des chimiquiers levoli Sun et Ece....

Par ailleurs rappelons que Michel Girin est intervenu lors des entretiens Science et Ethique 2000 « Vagues de pollution ». Retrouvez ICI son intervention.



(**) Emina Mamaca a débuté sa carrière scientifique par une thèse de chimie, soutenue à l'université de Bretagne occidentale (UBO), pour un travail sur les pollutions par produits chimiques et huiles végétales, réalisé au Cedre.
Elle a travaillé quatre ans à l'Ifremer et est actuellement dans l'équipe du projet européen Euro-Argo.

Sources : Editions Quae / Le Télégramme / RH 3 B Conseils

jeudi 1 juillet 2010

Le Pays de Morlaix signe la Charte des espaces côtiers de Bretagne.

La signature de la charte de gestion intégrée des espaces côtiers se poursuit. Pionnière en la matière, la Région Bretagne est la première Région maritime française à se doter d’un tel outil de GIZC – gestion intégrée des zones côtières – auquel près de 200 collectivités (villes et Départements, structures professionnelles et associatives…) se sont également ralliés.

Pêche, conchyliculture, construction navale, biotechnologies mais aussi tourisme, loisirs ou constructions immobilières, toutes ces activités ont un impact sur l’espace côtier. Alors que 95% de sa population vit à moins de 60 km de la mer, en Bretagne -plus qu’ailleurs-, chacun a un rôle à jouer pour préserver et valoriser la zone côtière.
Cependant, la Région Bretagne a bien compris que, les intérêts recherchés étant souvent contradictoires, seules des actions cohérentes menées avec une vision d’ensemble partagée permettront le développement durable de la zone côtière.

En signant cette charte, vendredi 2 juillet, Morlaix Communauté affirme sa volonté de contribuer à une gestion durable du littoral, ambition partagée par un grand nombre d’acteurs bretons.


Une large concertation engagée par la Région.

La gestion des espaces côtiers n'est pas une compétence attribuée par l'État à la Région. Mais face à la dégradation que subit la zone côtière, et aux enjeux économiques, sociaux, naturels et culturels portés par les espaces côtiers de la Bretagne, la Région a engagé une large concertation en 2006-2007.

De l'objectif affiché, visant à définir un modèle de développement durable garantissant le maintien du potentiel écologique des espaces côtiers bretons et conciliant les intérêts de l'ensemble des acteurs (élus, administrations, représentants socioprofessionnels, usagers, associations de protection de l'environnement, scientifiques...), est née la Charte des espaces côtiers bretons, (adoptée par le Conseil régional en décembre 2007).




La Charte des espaces côtiers bretons fixe les règles d'une gestion nouvelle pour que la zone côtière s'inscrive durablement à la fois comme un espace de travail, un lieu de vie et un réservoir de biodiversité.

Des projets concrets engagés par la Région

En partenariat avec les signataires de la Charte, la Région a lancé dès janvier 2008 une dizaine d'actions pilote pour atteindre les objectifs définis collectivement. Cette première série d'initiatives vise à renforcer les mesures pour la maîtrise du coût du foncier, relancer les classes de mer, faciliter l'accès des jeunes Bretons aux sports nautiques, rendre accessible au grand public les connaissances sur la zone côtière, et améliorer la qualité des eaux côtières.

Dix thèmes d'actions prioritaires ont été élaborés. 

- 1. Renforcer l'ambition maritime des Bretons ;

- 2. Inscrire les activités maritimes et côtières dans une logique de développement durable ;


- 3. Promouvoir des activités touristiques et nautiques durables ;


- 4. Maîtriser l'urbanisation et promouvoir de nouvelles formes d'urbanisation, d'architecture et de circulation sur le littoral ;

- 5. Améliorer la préservation et la valorisation du patrimoine naturel de la zone côtière ;

- 6. Garantir la qualité des paysages côtiers ;

- 7. Accélérer la restauration de la qualité des masses d'eau côtières ;


- 8. Améliorer la sauvegarde de la vie humaine et la gestion des risques environnementaux en zone côtière ;


- 9. Garantir la préservation et la valorisation du patrimoine culturel maritime ;

- 10. Mettre en œuvre une stratégie de développement durable des îles bretonnes.

Télécharger la Charte des espaces côtiers

Sources : Région Bretagne / RH - 3B Conseils
photo Ville de Morlaix

mercredi 30 juin 2010

La "Grande dérive" des Robinsons des glaces


Plus connue pour ses traversées océaniques en kitesurf, - et avant de repartir début 2011 pour une traversée depuis le Pérou jusqu’à Tahiti - la navigatrice Anne Quéméré a rejoint le Groenland afin de participer à «La grande dérive» une opération scientifique menée par le groupe «Robinson des glaces».

"La grande dérive" consiste à vivre cinq semaines, en autonomie totale sur un territoire de glace dérivant au large du Groënland, une opération destinée à surveiller et alerter sur le dérèglement climatique.
Le chef de cette expédition, Emmanuel Hussenet, chef d'expédition, auteur d'une quinzaine d'expéditions dans ces régions boréales extrêmes depuis une vingtaine d'années, souhaitait constituer une équipe venant d’un univers maritime différent composée de :
- Emmanuel Hussenet, chef d'expédition
- Luc Dénoyer, logistique, prises de vues
- Anne Quéméré, rapports scientifiques
- Gauthier Mesnil-Blanc, illustrations, web-documentaire.

Les initiateurs du projet motivent leur démarche ainsi " pour prouver la disparition de la banquise polaire, pour montrer en direct ce phénomène dont notre avenir dépend. Les glaces marines ont un rôle majeur : elles assurent l’équilibre thermique de notre hémisphère. Sans elles, le réchauffement de la planète sera encore plus rapide ! Or les chercheurs pensent que les banquises permanentes du pôle Nord pourraient disparaître dans une dizaine d’années."


Cette équipe doit donc partir de Tassilaq dans le sud-est du Groenland pour rejoindre en bateau puis en kayak de mer un bout de banquise de 5 ou 6 mètres d’épaisseur, poussé par un courant marin de nord vers le sud.
Au fil des semaines "cette île flottante se réduira de 1.000 m2 au début de son parcours, à 100 ou 50 m2 au final. Une façon de montrer avec acuité que la banquise pluriannuelle, "formidable marqueur du réchauffement climatique".

Par ailleurs, ce séjour polaire correspondant également à la période des naissances chez les morses, Anne Quéméré se mettra à l’écoute de ces énormes mammifères marins pour le compte du CNRS en enregistrant les communications acoustiques entre les mères et leurs petits.

La navigatrice, qui collabore depuis plusieurs années avec les chercheurs d’Océanopolis à Brest, s’est vue confier la mission de prélever du plancton sous la banquise.

Pour aller plus loin nous vous invitons à retrouver les débats des entretiens Science et Ethique 2009 " l'heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer" .

Un des enjeux de l’Arctique est son nouvel intérêt géostratégique dû au réchauffement climatique. Cet enjeu géopolitique du changement climatique sur les pôles, notamment l’Arctique a été un des sujets des entretiens Science et Ethique 2009 à Brest. 



A cette occasion, l’intervention d’Anne Choquet enseignante-chercheur associée à l’AMURE – UBO lors de la première table ronde autour de la thématique : Changement climatique : les enjeux Nord Sud, la sécurité maritime et pêche, portait sur "les glaces fondent : l'Arctique est convoitée".

Retrouver également l'article du blog du 4 janvier 2010 sur "l'Appel des Pôles" , la campagne internationale lancée par l’ONG le Cercle Polaire, dans 52 pays, afin de collecter les témoignages de celles et ceux, acteurs et décideurs, engagés dans la protection des régions polaires, l'Arctique ou l'Antarctique..
Cet appel vise à mettre en réseau les actions politiques, scientifiques ou artistiques de personnalités en faveur d’une meilleure gouvernance des régions polaires, l’Arctique ou l’Antarctique.

Relire également l'article du 27 octobre 2009 sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur les populations du littoral.


Sources : Robinsons des glaces / RH - 3B Conseils
photo : Robinsons des glaces

mardi 29 juin 2010

Ecocéane à la rescousse de la Floride dans la lutte contre la marée noire ?

Nous évoquions dans un article de ce blog du 7 mai 2009 le développement par Ecocéane, société installée à Paimpol et spécialisée dans les navires de service et de dépollution, du bateau Catamar. 



Dans l’article du 10 mai 2010 nous indiquions également que des contacts étaient en cours, entre Ecocéane, l’ambassade des États-Unis et le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), afin de venir en aide aux États-Unis pour contrer la marée noire.

Dans cette perspective et si les accords étaient conclus, neuf navires d’Ecocéane pourraient y participer. Chez Ecocéane, on confirmait d’ailleurs les discussions, les navires n’attendaient que le signal de départ pour partir en Louisiane.

L'affaire semble désormais bien engagée comme le révèle le site internet de l'hebdomadaire Le Point, selon lequel l'État de Floride aurait fait l'acquisition, via une société privée, de neuf bateaux fabriqués par la société bretonne Ecocéane (*)..

Toujours d’après le Point, "le premier bateau acheté est déjà à Miami, les huit autres quitteront le chantier de Paimpol à partir de jeudi", selon qui "l'État de Louisiane pourrait emboîter le pas de la Floride".


L’objectif est de contribuer à la récupération du pétrole échappé au large de la Louisiane. La Floride qui cherche actuellement à se préserver des conséquences de la marée noire, comme l'explique un article du Miami Herald.
Le quotidien de Floride évoque un nouveau plan de lutte, financé par BP, qui passe par l'achat d'au moins trois unités.

Alors que les bateaux pompeurs traditionnels ne récupèrent que 25 % d'hydrocarbures pour 75 % d'eau, la flotte d'Ecocéane qui n'aspire que du pétrole recueille ainsi jusqu'à l'équivalent de 6.000 barils par demi-journée.
De plus ces catamarans peuvent être reliés à des tankers afin d'évacuer le pétrole au fur et à mesure.

(*) Basée à Paimpol, la société Ecocéane a été créée en 2004, après le rachat d'Armor Techniques, fabricant de barges en aluminium. Elle est dirigée par Éric Vial,. La Société est présente dans une vingtaine du pays, dont l’Australie, le Brésil, l'Angola, le Nigeria….




Pour mémoire, après le naufrage et la marée noire de l'Erika et avant celui du Ievoli-Sun d'une part, les entretiens Science et Ethique 2000 ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre. Retrouver les débats de ces journées.



Sources : Ecocéane / Le Point / RH – 3B Conseils
Photo Ecocéane