LUXEMBOURG (AFP) - 08/03/2008 - Malgré les catastrophes écologiques majeures des dernières années - naufrages du pétrolier Erika en 1999 et du Prestige en 2002 -, les Européens font de la résistance pour imposer de nouvelles contraintes au transport maritime, à commencer par leurs propres pavillons. Les ministres des Transports des 27 pays européens devaient faire un tour de table "de la dernière chance" lundi après-midi à Luxembourg, sur l'idée d'imposer à leurs flottes un respect obligatoire des règles de navigation internationales. Mais l'enterrement du projet semble programmé, selon des sources diplomatiques. Certains Etats - Grèce, Malte et Chypre en tête - ont inscrit sur leurs registres nationaux de nombreux navires qui portent leur pavillon mais échappent ensuite à leur contrôle. Les fameux "pavillons de complaisance" naviguant sur les mers du monde ne suivent pas toujours les règles de sécurité de navigation internationale, sans compter qu'ils emploient des équipages sous-payés et peu qualifiés. Bruxelles, partie en guerre contre les "bateaux-poubelles" et l'opacité juridique du transport maritime mondial, souhaite mettre de l'ordre dans les flottes de l'UE, pour ensuite taper du poing au niveau international. Le commissaire aux Transports Jacques Barrot insiste d'abord pour que tous les pays européens ratifient les conventions de l'Organisation maritime internationale (OMI) et respectent les obligations des Etats concernant leur pavillon. Il veut en outre rendre obligatoires certaines recommandations facultatives de l'OMI, organe de l'Onu basé à Londres, comme par exemple l'option de soumettre son pavillon à un "audit" de qualité. "Le niveau de sécurité effectif et la prévention de la pollution causée par les navires varient considérablement d'un Etat européen à l'autre", critique la la Commission.
Ce texte peu populaire fait partie d'un nouvel ensemble de mesures sur la sécurité maritime, baptisé "Erika III", composé au total de sept projets de lois européens. M. Barrot a obtenu le soutien en première lecture du Parlement européen sur ces sept lois, mais ce coup de pouce parlementaire ne semble pas avoir vaincu les réticences des gouvernements concernant un secteur traditionnellement peu soumis aux contraintes. A l'issue d'une quinzaine de réunions préparatoires, seulement quatre pays - la France, l'Italie, la Belgique et la Bulgarie - voulaient que les navires arborant un pavillon européen soient forcés de respecter toutes les règles maritimes internationales. L'Espagne, qui avait pâti sur ses côtes de la pollution du Prestige (77.000 tonnes de pétrole déversés), hésite et préfère s'en tenir aux règles de l'OMI, choisies à la carte par ses membres. Pour convaincre les gouvernements lundi, la présidence slovène de l'UE a fortement réduit la voilure du texte. Ou bien elle déclarera "la mort" de l'idée de M. Barrot, ou elle demandera diplomatiquement aux pays de l'UE "d'entretenir la flamme" en y réfléchissant encore, selon un diplomate. Egalement au menu du jour, un autre projet de loi visant à accroître la responsabilité civile des armateurs en cas d'accident maritime, semblait tout aussi promis à une voie sans issue. Il n'existe actuellement pas de système obligeant les armateurs à souscrire à des assurances pour des tiers et une convention maritime internationale plafonne les indemnités éventuellement versées. Les cinq projets restant de lois "Erika III" semblent toutefois promis à un avenir meilleur, même s'ils ont déjà été assouplis. Les gouvernements européens ont par exemple botté en touche sur l'établissement d'une liste contraignante de ports refuges pouvant accueillir des navires en détresse.
Le blog propose une veille internationale et régionale sur les sujets traités par les entretiens dédiés aux énergies de la mer dans le cadre de "Science et Ethique ou le devoir de parole" (technologies marines, énergies, aménagement du territoire, économie de la mer…). Il permet de suivre les principales évolutions des politiques maritimes à travers l'actualité médias.
mardi 8 avril 2008
lundi 7 avril 2008
Pour protéger les requins, un film : " Les seigneurs de la mer "
PARIS (AFP) - 07/04/2008 - Le film "Les Seigneurs de la Mer" (Sharkwater), dans les salles le 9 avril, prend la défense des requins, une espèce menacée, victime de sa mauvaise réputation et de l'explosion de la demande asiatique pour la soupe aux ailerons de requins. "100 millions de requins sont tués chaque année. Dans 5 ou 10 ans, de nombreuses espèces de requins auront disparu", s'alarme le réalisateur du film, Rob Stewart. Un comble pour un animal apparu il y a plus de 400 millions d'années, bien avant les dinosaures, et qui a survécu aux cinq crises majeures d'extinction des espèces. Le film commence sur de très belles images de squales évoluant dans le grand bleu, indifférents aux plongeurs qui les entourent. "J'ai commencé le tournage il y a six ans, quand j'avais 22 ans", indique à l'AFP Rob Stewart, biologiste et photographe sous-marin. "Au début, je voulais juste faire un joli documentaire sous-marin", ajoute-t-il. Par la suite, il rejoint les membres de la Sea Shepherd Conservation Society, fondée par Paul Watson, un ex de Greenpeace, et embarque avec eux sur l'Ocean Warrior pour une campagne contre la pêche illégale de requins au large du Costa Rica et de l'Equateur. Le documentaire se transforme alors en un film d'action, avec une rocambolesque course-poursuite entre pêcheurs et écologistes en plein océan Pacifique. Les cadrages serrés s'attardent sur les requins qu'on hisse à bord, les pêcheurs qui leur tranchent les nageoires et les rejettent à l'eau, encore vivants, pour quelques heures ou quelques jours d'agonie. Incapables de nager, se vidant de leur sang, les animaux meurent de mort lente en s'asphyxiant. "L'aileron rapporte beaucoup d'argent - 4 à 500 dollars le kilo - mais la chair du requin, en comparaison, ne vaut pas grand-chose", explique Rob Stewart. Alors, les pêcheurs font place nette sur le bateau, laissent les ailerons sécher au soleil, et ne s'embarrassent pas du reste, qu'il faudrait conserver dans des chambres froides. L'aileron de requin est une délicatesse populaire en Asie - particulièrement la Chine, où elle est typiquement servie en potage à l'occasion de mariages. La demande a explosé au cours des dernières années et "plus les requins se raréfient, plus leur pêche est profitable", indique Rob Stewart. Les requins ne sont pas protégés par la réglementation internationale, s'indigne-t-il. Les propositions de classement de deux espèces de requins - l'aiguillat et le requin taupe - parmi les espèces protégées de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES) ont été rejetées lors de la dernière conférence de la CITES en juin. En 2007, les attaques de requins ont provoqué la mort d'une seule personne dans le monde, le plus faible niveau en 20 ans, selon l'Université de Floride. "J'ai passé des milliers d'heures sous l'eau avec des requins et je n'ai jamais été attaqué", s'insurge Rob Stewart, dénonçant l'image que des films comme Les Dents de la Mer ont donné de cet animal. Difficile, selon lui, d'imaginer la planète sans les requins qui ont un rôle crucial dans l'équilibre des écosystèmes marins. Il compte sur le succès de son film en France: "il y a eu le commandant Cousteau et le Grand Bleu, les gens ici ont une histoire d'amour avec l'océan".
"Les seigneurs de la mer" (Sharkwater en v.o) est un film à la fois militant et contemplatif, d’une durée de 90 minutes, déjà primé plus de vingt-deux fois dans le monde. Il invite à suivre le parcours de Rob Stewart et de l’activiste des mers Paul Watson qui tentent de dénoncer la pêche illégale et le massacre des requins, du Costa Rica aux Iles Galapagos, en passant par le Guatemala. Entre scènes violentes et d’autres d’une grande beauté, Sharkwater plaide pour l’urgente sauvegarde des requins.
Pour en savoir plus : Eric Stephan : APECS association Association pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens. L’APECS avait organisé à Brest le 11eme congrès annuel de l’EEA fin novembre 2007, ce film en ouverture
"Les seigneurs de la mer" (Sharkwater en v.o) est un film à la fois militant et contemplatif, d’une durée de 90 minutes, déjà primé plus de vingt-deux fois dans le monde. Il invite à suivre le parcours de Rob Stewart et de l’activiste des mers Paul Watson qui tentent de dénoncer la pêche illégale et le massacre des requins, du Costa Rica aux Iles Galapagos, en passant par le Guatemala. Entre scènes violentes et d’autres d’une grande beauté, Sharkwater plaide pour l’urgente sauvegarde des requins.
Pour en savoir plus : Eric Stephan : APECS association Association pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens. L’APECS avait organisé à Brest le 11eme congrès annuel de l’EEA fin novembre 2007, ce film en ouverture
vendredi 4 avril 2008
Les "thonailleurs" marseillais, privés de pêche, accusent l'administration
MARSEILLE (AFP) - 04/04/2008 - Les "thonailleurs" des environs de Marseille ont protesté jeudi contre les lenteurs de l'administration qui ne leur a pas délivré d'autorisations pour la reprise de la pêche alors que leurs concurrents italiens et espagnols alimentent le marché hexagonal, a constaté un journaliste de l'AFP. Une quarantaine de "thonailleurs" se sont rassemblés dans l'après-midi au marché aux poissons de Somaty, près du quartier de l'Estaque, au nord de Marseille, pour assister au déchargement d'un camion transportant des thons pris par les pêcheurs italiens et vendus par un commercial espagnol aux grossistes en poissons du marché marseillais. Ils entendaient ainsi démontrer l'absurdité de leur situation, leurs collègues italiens et espagnols ayant bénéficié de la rapidité de leur administration à leur délivrer un permis de pêche alors qu'eux-mêmes en sont réduits à rester à quai. " On regarde les thons, on ne peut pas les pêcher. Qu'ils se bougent le c... pour nous donner ce permis de pêche spécial ", s'est emporté Patrick Bozonnat, président de la coordination des pêcheurs de l'étang de Berre et des environs. " Cette fois-ci, on n'est pas bloqués par une règle X ou Y mais par notre administration ", a-t-il ajouté, menaçant de bloquer le port de Fos-sur-Mer si rien ne bouge. " Avant de "travailler plus pour gagner plus", nous attendons de notre Etat qu'il nous permette de pouvoir aller travailler tout court ", expliquent les "thonailleurs" dans un communiqué. Ils rappellent qu'après l'interdiction de la thonaille (filet spécial) en juillet 2007, ils se sont équipés pour modifier leur pêche et travailler à la canne ou à la palangre. Selon M. Bozonnat, une quarantaine de bateaux, comptant chacun un équipage de trois hommes, sont concernés dans la région marseillaise par l'autorisation de pêche revendiquée.
jeudi 3 avril 2008
Evaluation des OGM et "coexistence" des cultures en débat à l'Assemblée
PARIS (AFP) - 03/04/2008 - Les députés ont entamé mercredi l'examen du contenu du projet de loi sur les OGM, s'attaquant, dans un climat tendu, au problème de l'évaluation des organismes génétiquement modifiés et au sujet très controversé de la "coexistence" des cultures. L'examen des articles et des quelque 470 amendements déposés a débuté sous le regard des membres du collectif anti-OGM, dont le leader altermondialiste José Bové, installés à la tribune du public, alors que s'ouvrait à Nantes le 62e congrès du syndicat paysan FNSEA en présence de Nicolas Sarkozy. A l'image de la tension autour du texte, la condamnation mercredi par le Bureau de l'Assemblée des propos du sénateur UMP Jean-François Legrand -qui mettait en cause l'impartialité des parlementaires sur les OGM- a provoqué une vive polémique dans l'hémicycle, les députés PS et Verts se désolidarisant de cette initiative. Le projet de loi, qualifié "d'imparfait" par Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect d'une directive européenne de 2001 que la France aura longtemps tardé à transcrire en droit national. Présenté par le rapporteur Antoine Herth (UMP) comme "une base de réflexion" sur les OGM dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, le projet est toutefois dénoncé par la gauche comme "une légalisation" de la culture OGM. Après le rejet d'une dernière motion PS, les députés ont repoussé plusieurs amendements PS et PCF qui visaient à affirmer l'appartenance "du gène au patrimoine commun à l'humanité" ou à empêcher "la mise sur le marché d'animal transgénique ou cloné". Premier geste à l'égard de l'opposition, un amendement PS, visant à relancer la production de protéines végétales comme alternative aux OGM, a été voté, contre l'avis de la commission, le gouvernement s'en remettant "à la sagesse" de l'Assemblée. La discussion de chacun des amendements a été l'occasion de joutes verbales droite-gauche sur un texte déjà adopté en février par les sénateurs. En fin de journée, les députés ont débattu "des principes généraux encadrant le recours aux OGM", s'affrontant sur une phrase du texte: "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM". Les termes "avec ou sans OGM" sont rejetés par les élus de gauche, qui préfèrent la phrase "la liberté de consommer et de produire sans OGM", plus conforme, à leurs yeux, aux engagements du Grenelle de l'Environnement. "Cet article est un bras d'honneur fait au Grenelle de l'Environnement. On a l'impression que les députés UMP veulent avoir ici une revanche", a déclaré Philippe Martin (PS). Noël Mamère (Verts-GDR) a enfoncé le clou, comparant le texte à "une imposture politique" et une "trahison de l'esprit du Grenelle". "Ce n'est pas en mettant des espaces de 20, de 50, de 100 mètres entre les cultures que vous aller empêcher la contamination. C'est un choix grave et irréversible", a averti, d'un ton solennel, Pierre-Alain Muet (PS). "Messieurs les censeurs, oubliez un peu vos idéologies et aidez nous à faire progresser la science !", a répliqué l'orateur UMP Bernard Debré. Les travaux devaient se poursuivre dans la soirée avec la création du Haut conseil des biotechnologies. Viendra ensuite la très controversée question de la "coexistence" entre cultures, qui cristallise l'opposition de la gauche.
A la demande de l'opposition, le texte fera l'objet mardi d'un scrutin solennel, qui permettra de connaître le vote de chacun des députés.
A la demande de l'opposition, le texte fera l'objet mardi d'un scrutin solennel, qui permettra de connaître le vote de chacun des députés.
mercredi 2 avril 2008
OGM : le sénateur Legrand dénonce "des intérêts mercantiles" au sein de l'UMP
PARIS (AFP) - 02/04/2008 - Le sénateur UMP de la Manche Jean-François Legrand dénonce à propos des OGM "des intérêts mercantiles, ripolinés pour les rendre sympathiques" défendus au sein même de l'UMP. " Certains ont fait main basse sur l'UMP afin de défendre des intérêts mercantiles, ripolinés pour les rendre sympathiques (...) la force de frappe de Monsanto et des autres semenciers est phénoménale ", accuse-t-il dans une interview au quotidien Le Monde, daté de mercredi. L'Assemblée nationale devait entamer mardi après-midi l'examen du projet de loi sur les OGM. " Il suffit de comparer les arguments des uns et des autres - identiques - pour comprendre l'origine de leur colère. Ils ont été actionnés. J'ai été approché par Monsanto et j'ai refusé de leur parler ", insiste celui qui fut président du groupe de travail sur les OGM lors du Grenelle de l'environnement, et président de la Haute autorité provisoire sur les organismes génétiquement modifiés. Le sénateur poursuit sa charge en ajoutant que "la question des OGM est un combat d'arrière-garde, mené par ceux qui pensent encore que l'économie l'emporte sur l'homme: des obscurantistes qui ferment les yeux sur le devenir du monde". Jean-François Legrand ajoute cependant qu'il "ne renonce pas à faire valoir (son) point de vue au sein de (son) parti" lors de la deuxième lecture du texte devant le Sénat, qui l'avait fortement amendé lors du premier examen.
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