mardi 23 mars 2010

Surveillance maritime à l’échelon européen : assurer l’interopérabilité des systèmes



Lors de son déplacement à Brest en décembre dernier, dans le cadre des Assises de la mer, le Premier ministre avait annoncé un certain nombre de mesures dans le domaine maritime. Celles-ci devaient trouver leur traduction dans le Livre bleu intitulé « Stratégie nationale pour la mer et les océans », adopté par le CIMer - dans le droit fil des orientations issues notamment du Grenelle de la mer (article du 22 décembre 2009).

Ce Livre bleu qui retient comme approche une politique intégrée dans le cadre de la politique maritime de l’Union européenne entend redessiner une nouvelle ambition maritime pour la France, deuxième domaine maritime mondial.

Parmi les actions annoncées la création d’une fonction de garde-côtes qui pourrait être destinée notamment à sécuriser la navigation au large des côtes, intercepter les trafics; lutter contre les pollutions ; prévenir les accidents de mer ; protéger la biodiversité marine.

Pour le Premier ministre (voir article du 3 décembre 2009) « Tout cela relève de l’action de l’Etat en mer et recouvre aujourd’hui 45 missions différentes qui impliquent plus de dix départements ministériels. La coordination de l’ensemble des bateaux, des aéronefs, des centres de secours en mer mais aussi à terre est une tâche complexe…. La Marine Nationale, la Gendarmerie maritime, les Douanes, les Affaires maritimes, la Police, la Justice, et les Sauveteurs en mer agissent ensemble pour assurer la sécurité de nos concitoyens et la protection de notre environnement. Eh bien pour que cette organisation soit opérationnelle en tout temps, il lui faut une forte gouvernance interministérielle. »

Le Premier ministre avait ajouté « Je pense qu’on peut optimiser l’utilisation des moyens des différentes administrations. Et pour cela il est nécessaire de passer d’une logique administrative à une logique de mission. J’ai demandé dans cet esprit, que l’on réfléchisse à la création d’une fonction « garde-côtes ». Il ne s’agit pas de créer un nouveau service de l’Etat. Il s’agit d’abord de mettre en place un comité directeur de la fonction garde-côtes qui rassemblera les responsables de toutes les administrations agissant en mer, sous l’autorité du Secrétaire général de la mer. Nous allons créer un centre opérationnel de la garde-côtes, qui rassemblera les données de situation maritime provenant de toutes les administrations. Et nous allons expérimenter dans un premier temps, un centre unique d’action de l’Etat en mer, d’abord en Polynésie, là ou notre zone économique est la plus étendue. Et nous nous servirons de cette expérimentation pour poursuivre l’expérience. Je pense que la fonction de garde-côtes donnera plus de visibilité à l’action de l’Etat en mer, et permettra de mieux dialoguer avec nos partenaires européens. »

De son côté, la Commission européenne entend également se saisir des questions touchant à la surveillance maritime et assurer l’interopérabilité des différents systèmes tant sectoriels, nationaux qu’européens en allant vers une meilleure intégration de ces services pour en assurer une meilleure efficacité.

En effet, la Commission considère que les différents systèmes de contrôle et de suivi déjà utilisés pour assurer la sûreté et la sécurité maritimes, la protection de l’environnement marin, le contrôle des pêches, le contrôle des frontières extérieures et d’autres activités de contrôle de la mise en œuvre de la réglementation fonctionnent aujourd’hui de façon trop cloisonnée entre les différents secteurs. La position exprimée par la Commission est que pour qu’elle soit optimale, l’exploitation des océans doit se faire dans des conditions idéales de sécurité et de respect des règles.

Or, actuellement, les activités maritimes de maintien de l’ordre sont assurées par différents services comme la surveillance du trafic, la protection de l’environnement, le contrôle des pêches, les secours en mer, la surveillance des frontières, les garde-côtes, la marine militaire, lesquels opèrent indépendamment les uns des autres, collectant parfois sans le savoir les mêmes informations ou n’ayant pas la possibilité de partager ces données, faute de protocoles compatibles ou d’accord politique préalable.

Afin de rendre plus efficace le système, la Commission préconise donc la mise en place d’une vaste coopération non seulement verticale, entre les différents corps, mais également horizontale, entre les services des différents États membres et même, dans certains cas, des États tiers.

Mais il s’agit d’aller plus loin qu’une simple coopération. La Commission a en effet réuni un groupe d’experts des États membres pour travailler à la mise en place d’une véritable interopérabilité des services.
Ces travaux ont nourri la nouvelle communication de la Commission européenne intitulée «Sur la voie de l’intégration de la surveillance maritime: un environnement commun de partage de l’information pour le domaine maritime de l’Union européenne» . Il s’agit d’indiquer la marche à suivre pour établir une plateforme d’informations commune à tous les services chargés de la surveillance maritime, préalable indispensable à la mise en place d’une véritable interopérabilité.

Jusqu’à présent en effet, chaque corps a son propre système d’information. Par exemple, le système de surveillance des navires par satellite (VMS – Vessel Monitoring System), qui permet de localiser par satellite les bateaux de pêche, et le système d’authentification automatique (AIS – Automatic Identification System), qui permet de localiser par antennes côtières les navires de transport, ne sont accessibles que, respectivement, par les services de contrôle des pêches et par les services de surveillance du trafic maritime, sans superposition.

La Commission a donc passé en revue tous les systèmes utilisés dans l’Union européenne, et propose maintenant aux États membres de passer à «un environnement commun de partage de l’information».

Autrement dit, il faudra assurer l’interopérabilité des systèmes sectoriels, nationaux et européens, ce qui demande un gros travail en matière de développement de normes, de procédures communes et d’interconnexion des systèmes. Mais le jeu en vaut la chandelle, car cela permettra d’améliorer la qualité et l’efficacité de la surveillance et de diminuer les coûts.

Ces avantages auront des retombées positives sur la sécurité nationale, sur la sécurité et la sûreté maritimes, sur la protection du milieu marin, sur le contrôle des frontières et sur l’application de la législation en général.

En matière de surveillance maritime, la Commission veut assurer l’interopérabilité des systèmes sectoriels, nationaux et européens, ce qui demande un gros travail en matière de développement de normes, de procédures communes et d’interconnexion des systèmes.

Dans ce cadre, deux expériences pilotes sont en cours pour évaluer les obstacles rencontrés dans ce travail : l’une dans la Méditerranée et le proche Atlantique et l’autre, dans les bassins du nord de l’Europe. Il s’agira de mettre en commun les informations et les données concernant la surveillance des frontières, les douanes, le contrôle des pêches, la sécurité maritime, les opérations de recherche et de sauvetage, la pollution marine, la sûreté maritime des navires et des ports, la prévention et l’éradication des activités criminelles et l’efficacité de la navigation et du transport. Les résultats et les enseignements de ces deux projets pilotes permettront de généraliser cette interopérabilité dans toute l’Union européenne.

Pour mémoire,après le naufrage et la marée noire de l'Erika et avant celui du Ievoli-Sun d'une part et les problèmes de pollutions agricoles d'autre part, les entretiens Science et Ethique 2000 ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre.

Sources : Union européenne / Secrétariat général à la mer / 3B Conseils

lundi 22 mars 2010

35 000 ans d’histoire du vivant : un inventaire des animaux et des végétaux en France

Comprendre la biodiversité, son évolution tel est l’objet du travail colossal engagé sous la responsabilité de Cécile Callou, originaire des Côtes d’Armor, Maître de conférence au Muséum d’Histoire Naturelle, chargée de mettre en place le nouvel inventaire national du patrimoine naturel .

Développé par le Muséum national d'histoire naturelle et le CNRS, il permet de connaître la localisation d'une espèce, animale ou végétale, en France, depuis 35 000 ans, et de la situer dans son environnement. Ces informations désormais en ligne constituent une base de données unique au monde, consultable par tous.

Le site met en ligne les informations relatives au patrimoine naturel en France (espèces végétales, espèces animales, milieux naturels et patrimoine géologique) et son évolution récente à partir des données disponibles au Muséum national d'Histoire naturelle et celles du réseau des organismes partenaires.

L'inventaire national du patrimoine naturel est l'aboutissement d'un long travail qui associe scientifiques, collectivités territoriales, naturalistes et associations de protection de la nature en vue d'établir une synthèse sur le patrimoine naturel en France.

Ces milliers d'informations qui ont été saisies pour alimenter la base de données suivant rigoureusement les règles scientifiques, sont doublement vivantes. Elles le sont d’abord parce que ce site est un outil pour la connaissance et la gestion du vivant, et également parce qu'il évolue en fonction des apports de tous les partenaires.
Ainsi, près de 3 000 espèces animales et plus de 1 000 espèces végétales sont répertoriées, ainsi que plus de 4 000 sites archéologiques.

Ce travail offre un passionnant voyage dans l'histoire du vivant, à la croisée de plusieurs disciplines scientifiques et des sciences humaines. Le projet comme le rappelle Cécile Collou est parti d'un constat, dans les années 1980 : « Les fouilles se sont multipliées avec le développement de l'archéologie préventive, préalable aux grands travaux (TGV, autoroutes). Elles ont donné lieu à quantité de rapports et d'études. Si tout cela restait dormir dans des kilomètres d'archives, ce serait stérile pour la recherche et la connaissance ».

Par ailleurs en complément, pour en savoir plus sur la biodiversité du littoral, consultez les archives des entretiens Science et Ethique 2006.



Sources : MNHN / Ouest-France / RH – 3B Conseils

vendredi 19 mars 2010

Réseau Océan Mondial Agir ensemble pour l’avenir de la Planète Bleue



La 4ème Rencontre Internationale du Réseau Océan Mondial Agir ensemble pour l’avenir de la Planète Bleue s’inscrit en 2010 dans l’Année Internationale de la Biodiversité.

Elle se déroulera à Boulogne-sur-Mer, du 9 au 12 mai 2010, à Nausicaá, Centre National de la Mer, à l’initiative du Réseau Océan Mondial, coprésidé par Philippe Valette, Directeur Général de Nausicaá

Après un bilan des actions d’information et d’éducation menées ces dernières années sur l’utilisation durable de l’océan, les participants de la 4ème Rencontre Internationale élaboreront une stratégie pour étendre la mobilisation des citoyens et du public à toutes les régions du monde.

Le programme provisoire comprend une présentation globale de la Rencontre, la liste provisoire des ateliers et le programme de l’Académie de l’Océan Mondial. Voir ICI le formulaire d'inscription et le programme provisoire de la Rencontre.

En s’inscrivant avant le 12 avril 2010 à la 4ème Rencontre Internationale, il est possible de bénéficier de tarifs plus avantageux.

Cette Rencontre fera suite à la 5ème Conférence Mondiale sur les Océans, les Côtes et les Iles, Garantir la Survie, Préserver la Vie, Améliorer la Gouvernance, les Océans, le Climat, la Biodiversité : de Copenhague 2009 à Nagoya 2010, du 3 au 7 mai 2010, UNESCO, Paris, France, à l’occasion de laquelle seront établis un état des lieux de l’Océan Mondial et des propositions pour sa gouvernance.



Rappelons également que dans le cadre de l'Année internationale de la Biodiversité 2010, Brest 2010 est la capitale maritime de la biodiversité.


Pour en savoir plus sur la biodiversité du littoral, consultez également les archives des entretiens Science et Ethique 2006.




Contacts : World Ocean Network / Réseau Océan Mondial
c/o Nausicaá, Centre National de la Mer
Boulevard Sainte Beuve – BP 189 – 62203 Boulogne-sur-Mer Cedex France
Téléphone : 33 (0) 3 21 30 99 99 – Fax : 33 (0) 3 21 30 93 94
Website: www.worldoceannetwork.org www.reseauoceanmondial.org
E-mail : meeting@worldoceannetwork.org


Sources : World Ocean Network / RH - 3B Conseils

jeudi 18 mars 2010

« Trois marins pour un pôle » de Paul Tréguer


Au début du siècle dernier, le Pôle Sud n’a pas encore été abordé…. Pour beaucoup d’explorateurs cela reste encore un rêve inaccessible.

Trois explorateurs veulent cependant relever le défi, et être le premier à planter le drapeau de leur pays. Roald Amundsen pour la Norvège, Robert Falcon Scott pour le Royaume-Uni et Nobu Shirase pour le Japon se lancent dans l'aventure et mettent sur pied des expéditions dont tous ne reviendront vivants.

La mer de Ross fut le passage obligé pour atteindre le pôle Sud et franchir les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants et les soixantièmes mugissants.

L’épopée de ces trois hommes, ces trois marins de leurs équipages, et de leurs navires qui sont racontés dans le livre de Paul Tréguer, « Trois marins pour un pôle » aux éditions Quae (sortie le 20 mars 2010)

Réussites et échecs de leurs campagnes sont revisités avec les moyens modernes de la connaissance.

Paul Tréguer, professeur émérite à l'Université de Bretagne occidentale (UBO) à Brest. Océanographe, fondateur de l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM) à Brest, a consacré une grande partie de sa carrière à l’océan Antarctique et dirigé ou contribué à des programmes antarctiques au niveau national et international.
Il a participé à 7 expéditions océanographiques dans les secteurs Atlantique, Indien et Pacifique, à bord du Marion-Dufresne, du Polarstern, ou du Polar Duke. Lors d’une campagne en mer de Ross (1990), il a suivi les traces d’Amundsen, de Scott et de Shirase.


Paul Tréguer était intervenu lors des entretiens Science et Ethique 2003 dont la thématique cette là était « les mers, un océan de richesses ? ».
Son intervention portait sur « l’océan peut-il réguler le climat de la planète Terre ? »

Retrouver la vidéo de son intervention.



Sources : Editions Quae / RH – 3B Conseils

mardi 16 mars 2010

Le projet PISCENLIT : pour des activités piscicoles et aquacoles intensives et durables




Le projet PISCEnLIT, labelisé par le Pôle Mer Bretagne, s’inscrit dans un contexte mondial où la pêche atteint un seuil limite tandis que l’aquaculture dont la production rejoint, en volume, les quantités pêchées en mer, voit son nécessaire développement compromis par des problèmes environnementaux et sociaux.

PISCEnLIT vise à utiliser les principes de l’écologie afin d’intensifier l’activité piscicole tout en assurant une meilleure insertion territoriale. Il s’agit de produire mieux, de façon plus efficace, en respectant les services rendus par les écosystèmes.

Le projet abordera cette question dans une approche interdisciplinaire qui prendra en compte les questions techniques, biologiques, sociales, organisationnelles, environnementales, économiques.

Quatre terrains de recherche ont été définis afin d’étudier la diversité des systèmes productifs aquacoles et des écosystèmes dans lesquels ils s’inscrivent. Il s’agit des étangs piscicoles et des systèmes d’élevage en circuits recyclés en France, des étangs intégrés au Brésil, et de la pisciculture de Pangasius en Indonésie.

PISCEnLIT définira les conditions de mise en œuvre de systèmes de production piscicoles et aquacoles efficaces en se basant d’une part, sur l’analyse des cycles de vie (ACV), c’est-à-dire sur les quantités de matières (aliments, infrastructures, travail…) et d’énergie utilisés ainsi que les polluants émis (gaz à effet de serre, azote et phosphore dans l’eau, …) par ces systèmes aquacoles.

Par ailleurs, les autres fonctions des systèmes aquacoles, dépassant la simple production (recyclages, épurations, emplois, valorisation de sous-produits…) seront aussi évaluées.

L’ambition et l’originalité du projet tiennent dans la prise en compte d’objectifs pouvant paraître contradictoires : une volonté de développer des activités piscicoles et aquacoles pour répondre au besoin croissant de nutrition de l’humanité, mais avec une obligation de respecter, aujourd’hui, des normes écologiques, environnementales et sociales pour un développement durable de ces activités.

À terme, et à la condition que les méthodes préconisées soient acceptées par les éleveurs pour leur mise en œuvre, et reconnues par les institutions et la profession dans son ensemble pour leur application réglementaire, PISCEnLIT pourrait déboucher sur des innovations technologiques et des propositions de développement pour la filière professionnelle.

LES PARTENAIRES DE PISCENLIT :
Les centres de recherche :
- INRA, UMR INRA Agrocampus Ouest « sol, agro et hydrosystème, spatialisation », Rennes, porteur du projet
CIRAD, Unité de Recherche « aquaculture et gestion des ressources aquatiques », Centre de coopération en recherche agronomique pour le développement, Montpellier
IRD, Unité de recherche Caviar, Montpellier
IFREMER, Département « biologie des organismes marins exploités », laboratoire d'aquaculture Languedoc Roussillon, Station expérimentale de Palavas les Flots
LAMETA, Laboratoire Montpelliérain d'Economie Théorique et Appliquée, Montpellier
Unité de Recherche « animal, fonctionnalités des produits animaux », Nancy
ITAVI, Institut Technique de l'Aviculture / service technique Aquaculture, Paris.



Sources Pôle Mer Bretagne / INRA / RH – 3B Conseils
Photo Pôle Mer