jeudi 29 octobre 2009

Le Conseil général des Côtes-d'Armor promeut la culture scientifique et technique océanique.

Remise du Prix scientifique "Christian Le Provost, Océnographe"


le 23 octobre dernier, le président du Conseil Général des Côtes d'Armor, Claudy Lebreton a remis le premier prix "Christian Le Provost, océanographe" (*) au lauréat Fabrice Ardhuin, ingénieur au Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) à Brest en présence de Dominique LE QUEAU, directeur de l'INSU et des représentants du monde scientifique.




Fabrice Ardhuin (34 ans) explore, parmi les thématiques délaissées par la recherche océanographique en France, les sujets susceptibles de faire avancer l'océanographie opérationnelle. Ces développements ouvrent une nouvelle ère d'applications pour la prévision des vagues, de la télédétection à la modélisation des courants à la surface de l'océan. Il est l'auteur de 35 publications dans son domaine de recherches.



Ce prix doté de 7 000 € (financé cette année par le Conseil général des Côtes-d'Armor), a été décerné par un jury international de scientifiques. Il est destiné à promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions (climat, écosystèmes marins, exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers etc.). Il vise à récompenser un jeune chercheur qui aura contribué significativement par ses travaux au développement de connaissances et d'applications.



Le Conseil général des Côtes-d'Armor promeut la culture scientifique et technique océanique. Il est impliqué dans une politique locale d'aménagement et de développement durable des espaces marins et des activités liées à la mer.

Nous publions ci après le discours de président Claudy Lebreton

"Du fait de mes origines, de mon enfance, des activités et des passions qui ont été les miennes jusqu'à maintenant, je suis obligé de dire que je suis un terrien. Je suis quelqu'un qui ressent, réfléchit et pense la nature et la destinée des hommes en ayant les deux pieds sur terre. Comme beaucoup, pendant très longtemps, je n'ai conçu "l'immensité bleue", la mer, que vue de la terre ou en vue des terres.

Cependant, depuis une dizaine d'années environ, depuis notamment la rédaction par le Sénateur Pierre-Yvon Trémel d'un premier grand rapport sur la "stratégie maritime des Côtes d'Armor", j'ai acquis la conviction que ce sont la mer et les océans qui vont redonner du sens et de l'espoir à l'humanité et lui offrir une nouvelle chance.

Dans son essai "Regards sur le monde actuel", dés 1931, Paul Valéry a prophétisé que "Le temps du monde fini commençait". 80 ans plus tard, beaucoup de faits lui donnent pleinement raison: le bouleversement climatique sous l'effet des gaz à effet de serre, la pénurie prévue de l'eau, l'épuisement annoncé dans les proches décennies de nombreuses matières premières à commencer par le pétrole mais aussi la crise alimentaire annoncée sous la pression démographique, la disparition des forêts tropicales, le recul accéléré de la biodiversité, etc,.

Mais si l’ère des terres vierges et des territoires libres est close, comme le pensait Valery, la planète est-elle pour autant totalement connue et possédée par les terriens que nous sommes ? Certainement pas…

Pensant que l'expansion de nos activités terrestres pouvait être éternelle, nous avons négligé l'évidence, à savoir que notre planète ne devrait pas s'appeler "Terre" mais "Océan". Les mers et les océans couvrent 71% de la surface de notre planète. Alors qu'un changement de civilisation est à l'œuvre, qu'un nouveau monde doit naître, il est grand temps de faire nôtre cette évidence.

Terriens, nous voulions croire que tout était poussière et retournerait à la poussière, or en vérité, pour ce qui constitue le vivant, tout vient de la mer et y retourne. La mer est la matrice de la création et nous avons sa mémoire dans le sang.

Ainsi à la différence près de la concentration en chlorure de sodium, il existe une analogie quasi parfaite entre notre plasma sanguin et l'eau marine. Les neuf dixième de l'évolution du vivant se sont déroulés sous l'eau.

"C'est par la mer qu'il convient de commencer toute géographie" a écrit Jules Michelet". Pendant des siècles, nous avons vogué vers des continents inconnus, voulu voler vers des astres inconnus, je pense à la lune ou encore à Mars, en espérant les fouler de nos pieds, sans comprendre que l'inconnu primordial est notre espace océanique. L'homme n'a exploré que 5 % des océans. Les abysses constituent le plus vaste habitat de notre planète.

Est-ce pour nous rappeler à l'ordre marin de nos origine et de la nature, pour nous faire comprendre qu'ils ne sont ni des espaces sans limite de chasse-cueillette, ni les poubelles de nos errements terrestres, mais qu'ils sont les grands régulateurs de la vie que notre arrogance dédaigne, que les océans s'apprêtent à augmenter leur niveau et s'acidifient au risque de brûler les dernières cartouches d'une vie soutenable pour l'humain dans ce coin du cosmos ?

On m'objectera avec raison que, jusqu'à très récemment, on ne savait pas.

On ne savait pas que :
- c'est la mer qui produit 50 % de l'oxygène que nous respirons grâce à des millions de micro-organismes que l'on commence seulement à connaître;
- ce sont les océans qui, grâce à ces micro-organismes, sont le plus grand puit à carbone de notre planète en absorbant 50 % des gaz à effet de serre;
- c'est l'espace marin qui emmagasine la majorité de la chaleur solaire;
- ce sont les océans qui régulent le climat, interviennent dans le cycle et la répartition planétaire de l'eau et influent directement sur l'air que nous respirons;
- ce sont la flore et la faune océanique qui recèlent la plus fantastique chimiothèque et pharmacopée naturelles susceptibles de soigner les maladies d'aujourd'hui et du futur;
- on ne se savait pas non plus que sans compter les poissons et les mammifères marins, les algues, les coquillages et les crustacés sont un grenier alimentaire stratégique à très haut pouvoir nutritif pour faire face aux famines menaçantes du futur;
- on ne réalisait pas que les énergies de la mer (vents, marées et courants, vague et houle, hydrothermie mais encore algues énergétiques) constituent un des maillons les plus prometteurs de l'hybridation des ressources énergétiques alternatives qu'il nous faut inventer pour demain;
Par exemple, ce n'est que depuis ans que l'on sait que 400 000 hectares de bassins de micro-algues peuvent produire en carburant propre l'équivalent de consommation annuelle mondiale tout en piégeant le CO2 et les métaux lourds alors qu'il faudrait 118 % de l'Hexagone en agro-carburant à base de tournesol pour compenser les 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole annuellement consommées en France par le transport
- etc

Il ne serait pas difficile de multiplier les exemples de connaissances nouvelles sur l'espace marin qui s'accumulent et qui fusent de toute part aujourd'hui.

Je pense que nous sommes à une période critique et charnière. Je crois que la mer et les océans sont au centre des défis que l'humanité doit relever. Je pense même qu'ils sont la clef de ces défis. Nombreuses sont les disciplines scientifiques et les sciences de l'ingénieur concernées par le devenir des mers et des océans et par la façon dont nous allons devoir - non plus les exploiter comme par le passé- mais les connaître pour vivre mieux avec eux et grâce à eux.

L'espace marin et océanique, je l'ai dit, est encore en grande partie un espace inconnu mais nous en connaissons désormais assez pour savoir qu'il est impossible de leur imposer le traitement destructeur et dévastateur que nous avons fait subir aux ressources vivantes, animales et végétales mais aussi fossiles et minérales des espaces terrestres.

La mer et les océans sont sans doute le plus vaste domaine d'innovation utile dont nous disposons dans la perspective du développement durable.

Continuer de les mettre en danger par obligation économique pour certains, mais aussi par ignorance, dédain ou cupidité pour d'autres, comme nous le faisons, ce alors qu'ils sont très certainement notre dernier espoir, c'est à mes yeux, nous condamner.

Dans ce département, dont le nom même rappelle qu'il est la Terre de la Mer, il est clair que la promotion de la culture océanique doit être une priorité. Cela explique notamment le soutien que nous apportons au film de Jacque Perrin "Océans" dont la sortie mondiale devait se faire cette semaine, au moment de la remise de ce prix, mais qui a du être reculée.

Cette culture océanique ne peut être qu'une culture du développement durable, qu'une invitation à penser, agir et innover écologiquement.

Interface entre terre et mer, littoral touché plus qu'aucun autre depuis vingt ans maintenant par le phénomène des algues vertes, nous sommes bien placés pour savoir que le retour à un mieux-vivre ensemble demain ne sera pas lié à une croissance "verte" ou une croissance "bleue" mais, pour reprendre l'expression du scientifique et journaliste Yan de Kerorguen à une croissance qui résulte du mélange de ces deux couleurs, une "croissance turquoise".

Nous avons de nombreux atouts pour devenir ce territoire "turquoise" Je ne vais pas les énumérer. Leur mise en œuvre ne peut cependant pas résulter d'un coup de baguette magique. Nous devons réunir nos forces et nos compétences autour de symboles, faire converger vers notre territoire les connaissances les plus essentielles et alimenter une nouvelle pédagogie vis-à-vis de l'espace marin et océanique et des opportunités qu'il offre désormais aux terriens que nous sommes trop restés dans nos mentalités.

Pour ce faire, il y a deux ans nous avons choisi de soutenir le développement de l'association "Le cercle Polaire" car les pôles arctiques et antarctique sont les sentinelles du devenir de l'espace océanique et du changement climatique. Comprendre ce qui s'y passe, c'est comprendre la dynamique de la planète et ce qui nous attend…

Lorsqu'un an plus tard, Madame Denise Le Provost et son fils Bertrand, sont venus au Conseil Général pour nous expliquer la carrière scientifique de Christian Le Provost, ses apports à la connaissance des océans, la façon avec laquelle il avait travaillé avec de nombreux laboratoires de recherche pour contribuer à la naissance de l'océanographie opérationnelle mais encore la place que les Côtes d'Armor occupaient dans son cœur, il nous a semblé que le risque devait être pris de créer un Prix Scientifique en Océanographie portant son nom.

Je dois vous avouer que j'ai été impressionné lorsque j'ai découvert pour la première fois la liste des personnalités qui ont accepté de faire partie du Conseil Scientifique de ce Prix. De même, aujourd'hui, je suis impressionné par la présence à la première remise de ce prix des représentants des grands instituts et laboratoires de recherche en océanographie et en sciences de l'Univers.

En vous voyant ainsi réunis en Côtes d'Armor, je me dis que ce Prix symbolise certes l'attention extrême que nous devons apporter désormais à l'espace marin mais aussi –et peut-être surtout- l'état d'esprit avec lequel nous devons le faire.

Je n'ai pas eu l'honneur de connaître Christian Le Provost mais au delà de sa passion pour les océans, pour la recherche et la connaissance, cinq mots me semblent caractériser ce qu'il symbolise au travers de l'existence de ce prix et de votre présence aujourd'hui: L'ouverture, la créativité, la confiance, la détermination et l'enthousiasme.

Puisse cet état d'esprit souffler sur la nouvelle politique de la mer que nous souhaitons désormais soutenir dans les Côtes d'Armor mais aussi en Bretagne au coté des autres départements bretons. Nous allons en avoir besoin au cours des années qui viennent si nous voulons être une terre exemplaire de la croissance "turquoise".

Nous aurons besoin de votre soutien et de vos encouragements pour avancer dans ce sens et pour poser les bases de l'ingénierie écologique marine dont les Côtes d'Armor et la Bretagne peuvent être demain les fers de lance.

Merci à vous tous, merci à vous Madame Denise Le Provost, à vous Bertrand, à vous Monsieur Bruno Voituriez pour la Présidence du Conseil Scientifique de ce Prix dont, d'ors et déjà, nous sommes très fiers en remettant cette médaille à Monsieur Fabrice Ardhuin, premier lauréat de ce prix. Merci enfin à vous Monsieur Ardhuin car vos travaux portent en grande partie sur l'hydrodynamique des espaces côtiers et le génie côtier, deux domaines dont les applications nous concernent au premier chef en Côtes d'Armor.

Ce prix vous l'avez compris symbolise pour nous l'avenir vers lequel il faut nous tourner. "



sources : Conseil général des Côtes d'Armor / Photo CG22 / Photo Thierry Jeandot - GG22 /RH - 3B Conseils

mercredi 28 octobre 2009

Le grand emprunt au service de la recherche et de la croissance verte ?



Intervenant ce mercredi 28 octobre sur France 2 lors de l'émission les 4 vérités, Michel Rocard, a indiqué que la commission sur le grand emprunt qu'il co-préside avec Alain Juppé, rendrait son rapport à la mi-novembre avec ses recommandations sur ce grand emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy le 22 juin dernier. Le grand emprunt doit être mis en oeuvre début 2010, parallèlement au plan de relance visant à doper l'économie.

L'ancien Premier ministre a considéré que "l'urgence" est "de recréer si nous en sommes capables des positions de leader mondial de la France" sur des questions comme les énergies du futur, la voiture électrique, les biotechnologies ou les nanotechnologies.

Il considère que l'emprunt doit se concentrer sur "des urgences scientifiques, de création du savoir et de rénovation de l'université". et que son montant devrait se situer "entre 20 et 30, 35, 40" milliards d'euros.

Dans une interview au journal Les Echos (19 octobre), Michel Rocard indiquait déjà que la Commission s'attachait à quatre thématiques fortes : la ­recherche, l'université, le haut débit, la croissance verte.
"Il s'agit d'abord de maintenir ou d'obtenir un très haut niveau de recherche fondamentale et appliquée en France. Faut-il consolider nos points forts ou rattraper notre retard dans certains domaines ? Je penche plutôt pour la première option."


Enfin, le 16 octobre dernier, lors des entretiens Sciences et Ethique 2009 , Michel Rocard est intervenu au cours des tables rondes sur :
- « De l'information à la décision politique »
- « Economie et financement des énergies renouvelables de la mer »


Sources : France 2 / AFP / Les Echos / entretiens Science et Ethique / RH – 3B Conseils

mardi 27 octobre 2009

Le réchauffement climatique et ses conséquences sur les populations du littoral


Selon le rapport publié par WWF, le réchauffement climatique aura des conséquences dramatiques sur les populations, puisque 25 % d'entre elles pourraient être victimes de la fonte des glaces de l'Arctique avec son corollaire la montée du niveau des mers et océans.

Le rapport intitulé « Les rétroactions du climat en Arctique : implications mondiales », souligne les conséquences mondiales désastreuses du réchauffement de l’Arctique qui s’avèrent bien plus graves que les prévisions précédentes, selon l'ONG. Ce rapport rédigé par des scientifiques reconnus dans le domaine, fait le point sur les connaissances actuelles sur le réchauffement de l’Arctique.

Pour le Dr Martin Sommerkorn, conseiller scientifique sur le changement climatique pour le programme Arctique du WWF « leurs conclusions dressent un tableau vraiment inquiétant » . « Ce que révèle ce rapport, c’est que le réchauffement de l’Arctique constitue bien plus qu’un problème local, c’est un problème mondial. En clair, si nous ne maintenons pas l’Arctique à des températures assez basses, des populations des quatre coins du monde en subiront les effets.»

Selon ce rapport l'Arctique se réchauffant deux fois plus vite que le moyenne terrestre. le niveau des eaux devrait monter d'un mètre d'ici à 2100, inondant de fait de nombreuses régions côtières.

De même, de nombreuses rétroactions liées aux bouleversements du climat de l’Arctique rendront le dérèglement climatique mondial bien plus grave que ce que nous indiquaient les projections les plus récentes, notamment celle du dernier rapport du GIEC en 2007.

La fonte spectaculaire des glaces de mer " influencera radicalement la circulation atmosphérique et les conditions météorologiques en Arctique et dans le monde. Cela pourrait changer radicalement le climat (températures et précipitations) en Europe et en Amérique du Nord, affectant ainsi l’agriculture, les forêts et les réserves d’eau."

Le rapport de WWF met en évidence le fait que les sols et zones humides gelés contiennent deux fois plus de carbone que l’atmosphère. "Etant donné le réchauffement en Arctique, ces sols vont fondre et relarguer du dioxyde de carbone et du méthane dans l’Atmosphère, à des rythmes bien plus rapides. Les taux de méthane dans l’atmosphère, un gaz à effet de serre particulièrement puissant, ont augmenté ces deux dernières années. Cette augmentation semble liée au réchauffement de la toundra septentrionale".

Enfin, pour l'organisation non gouvernementale, l'élévation du niveau des océans s’accélère. En intégrant dans les prévisions, le sort des calottes glaciaires du Groenland et de l’Ouest de l’Arctique dans des prévisions de niveau mondial des mers, elle conclut que le niveau des mers risque fortement de s’élever d’au moins un mètre d’ici à 2100, ce qui est le double de ce que prédisait le rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Les inondations provoquées par ce phénomène dans les régions côtières toucheront plus d’1/4 de la population mondiale.

Selon le Dr Sommerkorn « ce rapport montre qu’il est urgent de ralentir les émissions de gaz à effet de serre tant qu’il est encore temps. Si on laisse l’Arctique devenir trop chaud, il n’est pas sûr que nous puissions garder ces rétroactions sous contrôle ».


Par ailleurs 11 ONG dont WWF s'associent dans un appel solennel au président de la République au travers de la    campagne de signatures "Ultimatum climatique"  dont l'objectif est de recueillir 1 million de signature pour le climat.



Les 13èmes entretiens Science et Ethique dont le thème était "l'Heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer" ont largement débattu des enjeux environnementaux, économiques et géostratégiques liés au changement climatique et ses effets sur l'Arctique.

Voir les entretiens en vidéos.


Sources : WWF / entretiens Science et Ethique / RH - 3B Conseils

vendredi 23 octobre 2009

Des entretiens Science et Ethique au Festival polaire de Saint-Brieuc


Apres les entretiens Science et Ethique, Anne Choquet, enseignant-chercheur au CEDEM-Université de Bretagne Occidentale, interviendra le 30 octobre dans le cadre du Festival polaire qui se tient au port du Légué à Saint-Brieuc.

Un des enjeux de l’Arctique est son nouvel intérêt géostratégique dû au réchauffement climatique. C’est à Saint-Brieuc aussi que l’appel pour l’Arctique a été lancé. Durant le festival, vous pourrez retrouver les grands témoins de cet appel, notamment Michel Rocard, ambassadeur pour les pôles, Laurent Mayet avec Stanislas Pottier, co-fondateurs du cercle polaire, Claudy Lebreton, Jean-Claude Gascard …

Le programme est disponible ici
Pour plus d'informations, contatez Michel Leteurtrois au 06.48.23.02.11 ou mleteurtrois@lecerclepolaire.com

jeudi 22 octobre 2009

Rencontre internationale de la FAO / PNUD à Brest « Territoires, agricultures, pêches et forêts face aux changements climatiques (21-22 oct. 2009)



En décembre 2009, les Etats membres de l’ONU se retrouveront à Copenhague pour finaliser les négociations en vue d’un accord post-Kyoto dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC)

Dans cette perspective Brest est depuis plusieurs jours le centre de discussions et de réflexions au travers des colloques organisés sur le changement climatique .

Après les 13 èmes entretiens Science et Ethique des 15 et 16 octobre derniers (créés et organisés par 3B Conseils) sur le thème : « l’Heure bleue : changement climatique et énergies de la mer » qui a permis de faire le point sur les avancées et la recherche scientifique en la matière , un nouveau colloque se tient ces 21 et 22 octobre au Quartz sous l’égide de la FAO avec le concours de Brest métropole océane. (BMO)

Cette rencontre internationale organisée par la FAO et le PNUD entre responsables des collectivités territoriales et des organisations professionnelles, sur le thème "Territoires, agricultures, pêches et forêts face aux changements climatiques : mieux comprendre les vulnérabilités pour mieux les anticiper"

En 2008, plusieurs événements ont attiré l’attention sur l’importance de l’agriculture, les pêches et les forêts dans les questions de changement climatique. L’agriculture, l’élevage, la pêche et les forêts sont responsables d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Mais ils sont aussi un des éléments clef de la solution à ces problèmes au vu des nombreuses possibilités qu’ils offrent en matière d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques.

C’est pour rappeler ce message que la FAO a organisé la « Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale : les défis des bioénergies et du changement climatique » en juin 2008 à Rome. La conférence a recommandé dans sa déclaration finale d’accroître les investissements dans l’agriculture et la capacité de récupération des actuels systèmes de production alimentaire face aux défis du changement climatique.

En octobre 2008, la Journée mondiale de l’alimentation consacrée au même thème que la conférence de juin a permis de poursuivre les débats et faire le point sur ces questions au niveau national dans de nombreux pays.

En complémentarité des efforts des États et des organisations internationales, fin octobre 2008, le « Sommet mondial des Régions - Changement climatique : les régions en action » http://www.worldsummitofregions.org/ a permis d’associer le niveau de gouvernance des régions à la réflexion sur les changements climatiques. Ce sommet a été organisé par le Réseau des gouvernements régionaux pour le développement durable (Network of Regional Governments for Sustainable Development, nrg4SD) et la région Bretagne avec l'appui de la Conférence des régions périphériques maritimes d'Europe (CRPM)
qui regroupe près de 160 régions ayant en commun une façade maritime, particulièrement concernée par le problème du changement climatique.


C’est aussi dans ce cadre que le PNUD a créé ClimSAT à Brest, avec l’appui de la Région Bretagne, du Conseil général du Finistère et Brest métropole océane . Il s’agit d’un outil d'appui technique aux régions du monde pour les études territoriales de vulnérabilité au changement climatique.
ClimSAT étant d’ailleurs partenaires des entretiens Science et Ethique 2009.

Suite à la Conférence de juin 2008 et au Sommet d’octobre 2008, la FAO et le PNUD ont souhaité poursuivre la réflexion et les échanges d’expériences entre régions et acteurs locaux et internationaux sur cette articulation entre changements climatiques/sécurité alimentaire et régions.

La FAO se propose de rejoindre le partenariat lancé par le PNUD avec le PNUE. La FAO en association avec les réseaux nrg4SD, FOGAR et CRPM et avec l’aide du Centre PNUD ClimSAT souhaite faciliter la réflexion par l’organisation d’une rencontre autour du thème : « Territoires, agricultures, pêches et forêts face aux changements climatiques : mieux comprendre les vulnérabilités pour mieux les anticiper ».

L’événement est prévu les 21 et 22 octobre 2009 à Brest. Il précédera les Assises de la
solidarité internationale
également organisées à Brest par la Région Bretagne les 23 et 24 octobre 2009 sur les thèmes de la coopération et des problématiques des cultures alimentaires en Afrique de l’Ouest.



L’objectif de cette rencontre internationale :

L’objectif est de dynamiser la réflexion sur le caractère essentiel d’une alliance renforcée entre les gouvernements régionaux et les organisations professionnelles aux fins de relever le défi du changement climatique, en lien avec la recherche.

Elle a donc pour but de mettre autour d’une même table des représentants de régions et gouvernements régionaux, des représentants des organisations paysannes, de pêcheurs, de forestiers et autres acteurs locaux, de chercheurs et des représentants d’organisations internationales travaillant sur les questions de changement climatique et sécurité et sûreté alimentaires pour :

Cerner les contours des problèmes : importance des changements climatiques possibles ; identification des risques environnementaux en lien avec ces changements ; identification des dangers en matière de sécurité des aliments
Comprendre et discuter comment les professionnels agricoles, des pêches et de la forêt et leurs organisations réagissent, envisagent et abordent les problématiques liées aux nouveaux dangers induits par le changement climatique et perçoivent les mutations économiques et sociales à venir
Comprendre et discuter comment les collectivités territoriales abordent la mise en œuvre de politiques d’aménagement du territoire destinées à réduire l’exposition des secteurs sensibles au climat et les aider à opérer les mutations rendues nécessaires par le changement climatique et envisagent le travail en partenariat avec les organisations professionnelles concernées


Les messages de cette rencontre seront portés par les agences et les organisations de
Régions à Copenhague en décembre dans les discussions de la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique en vue d’un accord post- Kyoto. Ils constitueront également des contributions pour la préparation d’autres rencontres susceptibles d’alimenter et d’approfondir le dialogue, comme par exemple le « Sommet mondial sur la sécurité alimentaire » organisé par la FAO les 16 et 17 novembre à Rome ou le « Sommet des Régions du monde sur la sécurité alimentaire » organisé par le FOGAR et la CRPM qui se tiendra à Dakar, à l’invitation de M. Wade, Président de la République du Sénégal, les 18 et 19 janvier 2010.


C’est donc dans cette perspective que Brigitte Bornemann-Blanc, déléguée générale des entretiens Science et Ethique intervient au cours de la journée de 22 octobre pour présenter l’action et les recommandations pour Copenhague émises lors des entretiens Science et Ethique 2009 avec la mise en perspective des enjeux du changement climatique et les apports des énergies renouvelables de la mer comme une réponse participant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre suivant les objectifs européens.

Le réchauffement climatique met en question tant l’avenir de la planète, de l’humanité et de l’ensemble des espèces que nos habitudes de vie, notre santé et l’aménagement de nos communes.
Quels que soient les efforts déployés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, des changements profonds sont désormais inéluctables

Aujourd’hui, nos consommations énergétiques au niveau mondial, sont actuellement assurées à 36 % par le pétrole, à 25 % par le charbon, à 22 % par le gaz naturel. En d’autres termes plus de 80 % de l’énergie consommée sur la planète provient des trois grandes énergies fossiles, polluantes et non-renouvelables.

Dès lors, la problématique de l’énergie et celle du changement climatique sont liées de façon indissociable et il faut agir à plusieurs échelons :
à l’échelon international car pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous avons à gérer un bien collectif , le climat qui appartient à plus de six milliards d’individus (neuf milliards vers 2050) ;
à l’échelon européen au travers de la décision de l’Union européenne de s’engager dans l’objectif des « trois vingt » à l’horizon 2020 : réduire de 20 % les émissions, améliorer de 20 % l’efficacité énergétique, porter à 20 % la part des énergies renouvelables ;
à l’échelon national, en affichant des objectifs encore plus ambitieux notamment au travers de grenelle de l’environnement, du grenelle de la mer et des investissements futurs qui pourraient être dégagés dans le cadre de l’emprunt national ;
à l’échelon régional et local enfin où les collectivités ont un rôle majeur à jouer dans la prise de conscience des populations, dans la mise en œuvre d’expériences pilotes et dans l’édification d’un futur énergétique exemplaire.


Voir le programme de la rencontre

Voir le programme et les vidéos des entretiens Science et Ethique 2009


Sources : PNUD / FAO / BMO / entretiens Science et Ethique / RH – 3B Conseils