mercredi 16 avril 2008

Pollution de l'estuaire de la Loire : le nettoyage continue

NANTES (AFP) - 16/04/2008 - 3B Conseils -Un mois après la pollution de l'estuaire de la Loire par du fioul lourd échappé d'une raffinerie, le nettoyage continue et devrait encore durer plusieurs mois, alors que la quantité réelle de fioul rejetée dans l'estuaire soulève des interrogations. Le 16 mars, 400 tonnes de fioul se sont échappées de la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique). Selon une première estimation de Total, quelque 300 tonnes auraient été retenues sur la berge de la raffinerie et environ 100 tonnes rejetées dans l'estuaire. Mais l'ampleur des zones polluées, de La Baule aux îles de Ré et d'Oléron (Charente-Maritime), a semé le doute sur ces estimations, notamment auprès de communes touchées et d'associations écologistes. "On pense que tout ou presque est parti dans l'estuaire, ils (Total, NDLR) ne s'en sont pas rendu compte, ils n'ont dû récupérer sur leur berge que 50 tonnes environ", a estimé mardi Guy Bourlès, membre de la Ligue de protection des oiseaux. Selon des écologistes, quelque 250 à 300 oiseaux ont été retrouvés souillés ou morts au large de l'île de Ré et dans les environs où les boulettes de fioul ont dérivé. Et "pour +coller+ 300 oiseaux, il faut plusieurs centaines de tonnes de fioul!", a souligné M. Bourlès. Cette pollution a été qualifiée dès le 17 mars de "grave" par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo en raison de la nature du lieu souillé, une zone sensible classée Natura 2000. Elle a mobilisé plusieurs centaines de personnes quotidiennement pour le nettoyage. Ils étaient ainsi plus de 650 sur les sites souillés mardi. La totalité des frais de dépollution est payée par Total qui en a estimé le coût à au moins 10 millions d'euros. Elle va durer "plusieurs mois", prévoit Guy Bourlès. Selon lui, la dépollution totale des sites, notamment grâce au lessivage de la mer, se fera "en deux à trois ans". L'équivalent d'environ 300 tonnes de fioul ont été récupérés en fin de semaine dernière par les équipes de nettoyage, mais il restait encore mardi des quantités importantes de pollution visibles le long de l'estuaire. A Paimboeuf, commune la plus touchée car située en face de la raffinerie, le maire Michel Bahurel a estimé mardi que "65%" seulement des zones touchées sur le périmètre de sa commune avaient été dépolluées. Il reste cependant à nettoyer les zones d'accès plus difficiles comme les enrochements ou les roselières qui longent la Loire. En attendant, à Paimboeuf, "les gens en ont marre, tout le matériel est encore sur place, des rues sont bloquées, les quais et les enrochements sont encore recouverts de tissu de protection et au niveau de l'esthétique, ce n'est pas terrible", estime M. Bahurel. La situation reste donc difficile à vivre pour les habitants, "mais Total nous a annoncé que fin mai ce sera terminé", souligne le maire.

mardi 15 avril 2008

Phoques : le Canada accusé de " piraterie "

OTTAWA (AFP) - 15/04/2008 - 3B Conseils - Une organisation de défense des animaux a accusé lundi les autorités canadiennes de "piraterie" pour avoir arraisonné son navire, tout en reconnaissant que cette opération fait une publicité inespérée à sa cause. Les autorités canadiennes ont arraisonné samedi le Farley Mowat, navire de la Sea Shepherd Conservation Society qui voulait observer la chasse aux phoques afin de la dénoncer et arrêté le capitaine néerlandais et le second suédois du navire. Paul Watson, le chef de la Sea Shepherd Society a annoncé lundi qu'il allait payer une bonne partie de la caution de 10.000 dollars fixée pour la libération conditionnelle des deux hommes en pièces de deux dollars. "Puisqu'ils ont pris d'assaut notre navire en haute mer et saisi notre propriété, je considère que ce sont des pirates et nous allons leur payer une rançon de pirates", a-t-il dit dans une interview à la chaîne publique CBC. M. Watson affirme que le Farley Mowat se trouvait hors de la limite de 12 milles des eaux territoriales canadiennes lorsque des hommes en armes de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) sont montés à son bord, ce qui est contraire au droit maritime et constitue selon lui un "acte de piraterie". Les autorités canadiennes reprochaient aux défenseurs des animaux de s'être approchés, sans permis, à moins de 900 mètres des chasseurs de phoques et affirment que l'opération a eu lieu dans leurs eaux. L'objectif de la Sea Shepherd Society est de collecter des images sur "le massacre inhumain" de phoques afin de convaincre les parlementaires européens d'interdire l'importation de produits dérivés du phoque, a indiqué M. Watson, ne cachant pas que l'opération contre le Farley Mowat donne un relief inespéré à sa campagne. "J'avais dit que la meilleure chose qui pourrait nous arriver serait d'être arraisonné. Mais je ne pensais pas que (le ministre des pêches Loyola) Hearn serait assez bête pour faire ça", a-t-il dit. Le quotidien de référence The Globe and Mail, a jugé "disproportionné" dans un éditorial lundi l'opération contre le Farley Mowat, estimant qu'Ottawa a rendu service à M. Watson en lui fournissant "plus de publicité gratuite qu'il ne pouvait en rêver". Le Canada a autorisé cette année l'abattage de 275.000 phoques, un chiffre supérieur au quota de 270.000 fixé l'année précédente. La chasse commerciale aux phoques s'est ouverte le 28 mars dans le golfe du Saint-Laurent. Elle a été marquée cette année par la mort de quatre chasseurs, qui se sont noyés lorsque leur navire s'est retourné alors qu'il était remorqué par une brise-glace des garde-côtes.
M. Watson avait provoqué des réactions indignées en jugeant la mort de milliers de bébés phoques plus tragique que celle des quatre chasseurs.

lundi 14 avril 2008

" Chaud les coraux " : une exposition à Brest

BREST (AFP) - 14/04/2008 - 3B Conseils - Oceanopolis, le parc de découverte des océans à Brest, propose jusqu'en mars 2009 une exposition intitulée "Chauds les coraux" dans le cadre de l'année internationale des récifs coralliens menacés de disparition. "10% des massifs coralliens ont été détruits et 40% sont en situation de haut risque à l'échelle de quelques décennies", a souligné samedi Bernard Salvat, professeur et observateur des milieux tropicaux depuis une quarantaine d'années, lors de l'inauguration. Fil rouge de cette exposition volontiers pédagogique, les photographies sous-marines de Laurent Ballesta qui a signé l'une des photos les plus profondes au monde par 192 mètres de fond en Méditerranée, un corail jaune sur fond bleu. Parmi les autres clichés montrant des espèces très peu connues vivant à différentes profondeurs en milieu corallien, un poisson-lune, un oursin-crayon, un crabe, une colonie de coraux rouges. L'exposition montre également d'étonnantes toiles marines de Malvina, artiste qui peint sous l'eau et qui restitue les paysages sous-marins. "La dégradation des coraux est liée à l'activité humaine directe plus qu'au réchauffement climatique", a souligné M. Salvat, qui évoque notamment les constructions d'aéroports, de ports et de marinas, ainsi que les remblais de lagons. Selon lui, le sauvetage des coraux passe par des plans de gestion que devraient "s'approprier les populations riveraines"."Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme. Nous n'avons pas d'éléments pour affirmer que les coraux ne s'en sortiront pas" , a toutefois ajouté M. Salvat. Les massifs coralliens qui existent depuis près de 500 millions d'années sont l'habitat de plusieurs centaines de milliers d'espèces marines. Leur dégradation, notamment dans le Sud-Est asiatique et les Caraïbes, provient également de la mauvaise gestion des zones côtières surtout en ce qui concerne la pêche.
Oceanopolis reçoit entre 400.000 et 500.000 visiteurs chaque année.

vendredi 11 avril 2008

Pollution de l'estuaire de la Loire : suites judiciaires

SAINT-NAZAIRE (AFP) - 11/04/2008 - Une information judiciaire a été ouverte jeudi 10/04/2008 par le parquet de Saint-Nazaire sur la pollution de l'estuaire de la Loire par du fioul lourd échappé de la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique), a-t-on appris de source judiciaire. L'information judiciaire "pour pollution" a été confiée à une juge du TGI de Saint-Nazaire, a-t-on précisé de même source. Plusieurs communes, des associations écologistes et le port autonome Nantes/Saint-Nazaire ont porté plainte ou annoncé leur intention de le faire à la suite de cette pollution intervenue le 16 mars. Environ 400 tonnes de fioul lourd s'étaient écoulées par une brèche sur une canalisation de la raffinerie, dont environ 100 tonnes dans l'estuaire.Plus de 500 personnes restent mobilisées pour les opérations de dépollution. Total a estimé le montant des dégâts de la pollution à au moins dix millions d'euros et a promis de régler la facture des opérations. Concernant les préjudices écologiques ou d'image, l'entreprise a indiqué avoir missionné un cabinet pour apprécier les préjudices qu'elle s'est engagée à réparer "à hauteur de leur estimation".

jeudi 10 avril 2008

Permis de polluer : Shell brandit la menace

BRUXELLES (AFP) - 10/04/2008 - Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a menacé mardi de ne plus investir en Europe si les dirigeants européens approuvent le principe de faire payer les permis de polluer aujourd'hui accordés gratuitement aux industriels."Si les quotas d'émission sont mis aux enchères. Cela va coûter très très cher. Pour le groupe Shell, cela représentera l'équivalent de ses profits en Europe. C'est impossible. Alors il n'y aura plus d'investissements de Shell en Europe", a averti le dirigeant de Shell France, Christian Balme, au cours d'un débat organisé au Parlement européen à Bruxelles par les chambres de commerce et d'industrie de la France et de l'Allemagne. "Je parle de 250 millions de dollars de bénéfices actuellement. Si on extrapole le prix de la tonne de CO2, nous arrivons au même niveau, c'est inacceptable", a-t-il expliqué. La tonne de CO2 vaut actuellement un peu moins de 23 euros sur la bourse d'échange européenne. Les dirigeants de l'UE se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz a effet de serre, dont le CO2, de 20% d'ici à 2020. La Commission européenne a présenté le 23 janvier un plan d'actions pour réaliser cet objectif. Il impose à l'industrie lourde européenne de réduire de 21% ses émissions de CO2 par rapport à leurs niveaux de 2005 et propose de faire payer les droits à polluer à partir de 2013. Les dirigeants de l'UE se sont engagés à parvenir à un accord sur ce plan fin 2008. Mais ils font face à des industriels hostiles, qui menacent de geler leurs investissements dans l'UE et de délocaliser certaines activités. Les émissions de CO2 -plus de 2 milliards de tonnes- représentent la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'UE. L'autre moitié provient des transports, de l'agriculture, des déchets.